SCANDALE THÉORIE DE RICHARD GARDNER Aliénation parentale

LA THÉORIE DE RICHARD GARDNER : Gardner, professeur de pédopsychiatrie à l’université

de Columbia, a créé en 1987 cette théorie en s’appuyant sur ses observations personnelles de

familles vivant des litiges de garde d’enfants.

    1. Une approche sectorielle focalisée sur la triade parents-enfant

Le « syndrome d’aliénation parentale » a été créé par le psychiatre Richard Gardner pour

expliquer l’attachement unilatéral d’un enfant à un parent (le plus souvent la mère) quand il

s’accompagne d’une attitude de rejet à l’égard de l’autre parent (le plus souvent le père.)

La théorie de Gardner se limite à l’observation du fonctionnement d’une triade qui fonctionnerait
en vase clos. Le syndrome frapperait le parent aliénant dont on mesure l’influence sur l’enfant

selon le comportement de ce dernier.

1.1- Le parent aliénant est défini comme manipulateur, cherchant à se venger de l’autre parent

par l’intermédiaire de l’enfant dont il « lave le cerveau », usant volontiers d’allégations

mensongères pour que l’enfant n’accorde plus sa confiance à son autre parent.

1.2- L’enfant aliéné (âgé généralement de 9 à 15 ans, selon Gardner) a un

comportement qui se caractériserait par :

► rejet, voire haine à l’égard du parent ciblé

► les raisons qu’il avance pour justifier cette haine sont peu crédibles (rationalisation

absurde)

► absence de culpabilité de l’enfant face à l’égard des conséquences supportées par le

parent « victime ».

► conformité des paroles de l’enfant à ce qu’attend le parent aliénant

► absence d’ambivalence : un parent est tout mauvais, l’autre parent est ressenti comme

absolument bon.

► reprise par l’enfant de la terminologie employée par le parent aliénant.

► l’animosité de l’enfant s’étend à la famille du parent visé.

► L’enfant oublie des expériences positives avec le parent aliéné.

1.3- Le parent victime est présenté dans ce système sectoriel comme peu réactif,

dépressif, à la recherche d’un soutien juridique qui condamne le parent aliénant et contraigne

l’enfant aliéné à l’aimer davantage.

    2 – Les limites de la méthode de Gardtner

► Gardner a imposé ce SAP, ce phénomène mal connu pour lequel aucune approche

scientifique n’a été mise en oeuvre, aucune définition précise n’a été donnée, pas plus que ses

causes et ses véritables effets. (Francine Cyr : professeur chercheur à Montréal). Les idées de

Gardner ne satisfont pas à des normes, mêmes minimales, de scientificité. Selon Robert E.

Emery, psychologue et chercheur, « le SAP doit être considéré comme rien de plus qu’une

hypothèse ».

► Le schéma imposé par Gardner coupe la triade de son environnement, comme si la crise

et les comportements qu’elle suscite ne concernaient que trois personnes et en particulier le

parent aliénant qui serait la seule cause du désamour de l’enfant pour l’autre parent.

EXEMPLE : Marie voit fréquemment son père battre sa mère . Il la critique sans cesse et

l’injurie. Le couple se sépare et la maman obtient la garde de l’enfant. Lors des hébergements

paternels le retour de l’enfant s ’accompagne chaque fois d’une promesse : « tu ne vas pas

rester longtemps avec ta mère »

Il y a tout lieu de penser que la petite Marie présente tous les symptômes de l’enfant aliéné.

Elle rejettera son père, avec de bonnes raisons objectives.

    3- La limite de cette théorie est très liée à la personnalité même de Gardner qui

semble avoir inventé ce syndrome pour protéger les parents accusés d’agressions sexuelles sur
leur enfant.

Les positions de Gardner en matière de pédophilie sont effrayantes :

►Pour Gardner (1992) les activités sexuelles entre adultes et enfants font partie du

répertoire naturel de l’activité sexuelle humaine. Propagandiste de la zoophilie, de la

nécrophilie, de la coprophilie, il avance que la pédophilie peut améliorer la survie de l’espèce

humaine en servant des « buts procréateurs » (1992,). De plus, Gardner (1992,) soutient qu’une
agression sexuelle n’est pas nécessairement traumatisante ; ce qui détermine un éventuel

traumatisme chez l’enfant, c’est l’attitude de la société envers ces rencontres sexuelles.

En conséquence, Gardner (1992) considère que notre société a une attitude excessivement

punitive vis-à-vis des pédophiles. Il plaide pour l’abolition du signalement obligatoire des

maltraitances (1995) . Il recommande de ne pas incarcérer les pédophiles car cela gêne leur

guérison. Expert devant les tribunaux, il se suicide en 2003 en se lardant de coups de

couteaux… (voir : Dallam, S. J. (1998). Dr. Richard Gardner ,« Examen critique des théories et

opinions du Dr Richard Gardner en matière de sexualité atypique, de pédophilie et de traitement ».

UNE AUTRE VOIE : L’ APPROCHE SYSTEMIQUE

De nombreux chercheurs authentiques (Francine Cyr, Marie-Hélène Gagné), conscients

qu’aucune étude scientifique n’a été menée sur l’aliénation parentale veulent lancer cette

recherche en s’appuyant sur l’acquis des travaux de leurs confrères (Johnston, en particulier)

qui abordent les problèmes, non sous l’angle de l’idéologie, mais au moyen d’une

expérimentation et d’une observation rigoureuses. Réfutant a priori la terminologie de «

syndrôme » (propre à la pathologie) , ils considèrent qu’il s’agit avant tout d’analyser l’aliénation
parentale selon une approche systémique.

Cette dernière permettra de replacer la triade (enfant-parents) dans sa constellation de vie.

Ainsi le comportement de chacun des protagonistes sera appréhendé en tant qu’action, réaction

ou interaction par rapport à son environnement, particulièrement lorsqu’il interfère

objectivement sur la triade. Ces agents « extérieurs » sont aussi importants dans le rejet par

l’enfant de l’un des parents.

    1- Le parent rejeté :

♦Certes, il peut être parfaitement neutre, subir le conflit entretenu unilatéralement par

l’autre parent . Il sera, selon la formule de Paul Eluard :« L’innocente victime au regard si

doux»

♦Il peut aussi être partie prenante dans le conflit et rendre coup pour coup.

♦Il peut être aussi la cause du rejet de l’enfant par sa violence verbale, physique ou

sexuelle à l’égard de l’enfant ou de sa mère. Il suffit de renvoyer le lecteur à toutes les

statistiques concernant ces domaines sans entrer dans la polémique des chiffres. Quand c’est le

cas, est-il honnête de suspecter une aliénation parentale ?

2- L’environnement familial :

La famille qui environne la « triade » va avoir son rôle et influencer parents et enfant.

2.1- La scission de la famille élargie va, en règle générale avoir lieu en fonction de la

acite solidarité de sang. En pratique des variantes se font jour, le conflit parental n’excluant pas

des affinités avec le parent supposé « adverse » avec lequel chacun a pu vivre des moments

heureux.

2.2- C’est l’enfant qui, de toute évidence, va souffrir de l’éclatement familial né de la

séparation des parents et c’est parfois sur lui que grands-parents, frères et sœurs des parents

tenteront d’agir pour infléchir son « choix ».

2.3- Il faut souligner également le rôle souvent très actif des nouveaux partenaires des

parents de l’enfant, lesquels s’investissent plus que de raison dans le conflit jusqu’à devenir les

exécuteurs des basses oeuvres. Le rejet de l’enfant n’en sera que plus fort.

2.4- Il est une famille invisible qu’il y a lieu de ne pas oublier quand l’un des parents a

souffert de l’absence d’une mère, de la violence d’un père (ou l’inverse). On sait à quel point

ces rémanences influent sur le comportement des futurs père ou mère.

3- Les institutions :

Lorsqu’il y a conflit et séparation, le couple parental, pour survivre, s’en remet généralement

aux institutions. Ainsi vont intervenir des acteurs censés agir dans l’intérêt de l’enfant, ce que

nous ne saurions comprendre que comme la préservation de son état physique et mental et la

garantie de son développement harmonieux.

3.1- Les juges :

Décideurs du mode de garde des enfants selon les articles de la loi de 2002, il ont la

compétence juridique. Soucieux de prendre la meilleure décision, ils font appel à des experts

psychiatres qui tentent d’analyser les personnalités des parents et de l’enfant et de déceler, le

cas échéant, des pathologies contre-indiquées pour tel type de garde.. Le syndrome d’aliénation
parentale étant une pathologie (scientifiquement mal définie, difficile à diagnostiquer), il

n’appartient pas au juge (comme c’est parfois le cas) de suivre les divagations d’un avocat mal

intentionné pour se livrer à un exercice illégal de la médecine.

3.2- Les travailleurs sociaux :

Leur rôle est important et lourd de conséquences. Accablés par des excédents de dossiers,

les juges s’abritent de plus en plus derrière leurs rapports. Personnels non assermentés,

insuffisamment formés, tous n’ont pas les qualités humaines qui les incitent à agir avec

neutralité dans les cas les plus difficiles. Certains, manifestement prennent parti pour l’un ou

l’autre parent. Il est vrai que la consigne qu’ils reçoivent est de maintenir coûte que coûte le lien
de l’enfant avec chacun des parents. Tout ce qui va à l’encontre de cet objectif est jugé digne

d’être sanctionné par le juge. La petite Aurélie qui se plaignait d’être battue lorsqu’elle était chez
son père avait reçu de son éducatrice cette réponse : « Si ton père te bat, c’est qu’il t’aime. » Le
juge décida le maintien de hébergements.

   4- L’environnement social :

Cet ensemble très vague est néanmoins très présent et très agissant sur les acteurs de la

triade.

4.1- L’école :

♦ Censée être pour l’enfant un milieu protégé et neutre, il lui est parfois difficile de

résister au jeu social des influences, voire aux petits cadeaux de l’un des parents. Les propos

des enseignants (réels ou non) rapportés par les travailleurs sociaux pourront nuire à l’autre

parent

♦ Censée veiller sur les enfants, elle doit signaler l’enfant qui va mal aux autorités.

Si l’enfant confie des faits graves à sa maîtresse, un rapport est établi et les responsables

hiérarchiques alertés. La justice fera procéder à des expertises. Même alarmantes, celles-ci

risquent fort d’être classées sans suite ou suivies d’un non lieu comme le dira la défenseure des

Enfants, Claire Brisset, : « 70% des plaintes pour viols de mineurs échappent à toutes

poursuites ». Les rapports des experts (gynécologues, pédopsychiatres) faisant état de

traumatismes subis par l’enfant devraient conduire la justice au moins à protéger l’enfant. En

réalité le coupable risque fort d’être vite désigné : l’autre parent vicitme d’un SAP. La preuve :

l’enfant refuse d’aller chez cet autre parent. Il hurle et menace souvent de se suicider (ce qui ne
saurait pourtant être suggéré par le parent dit « aliénant ». )

4.2- Le tissu social et les réseaux de protection :

Le fait pour un parent d’être inscrit dans un groupe social lui garantit a priori un soutien

spontané. Pour peu qu’il soit notable, membre de clubs, de groupes d’influence divers (auxquels
les travailleurs sociaux et les juges ne sont pas forcément étrangers) , il peut bénéficier d’une

certaine bienveillance. De même, un parti pris tout aussi favorable peut concerner des

personnes très défavorisées considérées comme d’innocentes victimes.

4.3-Les idéologies et les religions :

Une famille (la triade) soumise à des pratiques et des règles religieuses peut agir en fonction de
règles qui échappent à la justice et aux travailleurs sociaux. Ainsi des parents sont-ils rejetés

par des enfants qui refusent des contraintes liées à la religion (ou à des sectes). Pour peu

qu’une mère s’allie à son enfant pour le protéger de la rigueur paternelle et comprendre son

rejet de celui qui veut imposer ce type de valeurs , doit-on, pour autant parler de SAP ?

L’APRÈS-GARDNER : AUJOURD’HUI… :

  1- Le Belgo-Canadien Hubert Van Gijseghem , professeur de psychologie a repris le

flambeau.

Expert devant les tribunaux, il dit que l’enfant agressé ne doit pas être conduit à révéler une

agression sexuelle car « l’exposition de la blessure est plus nocive que l’inceste » (extrait de :

Santé mentale au Québec – 1992)

   2- Un disciple actif :

En 2004, il a été invité à assurer une formation sur le SAP à l’Ecole Nationale de la

Magistrature.

Alors même que le Judge’s Guide », publié par le National Council of Juvenile and Family

Court Judges, condamne vigoureusement le recours au SAP, qualifié de syndrome

« discrédité » , on l’enseigne aux futurs magistrats français. Il ne faut pas s’étonner, dans ces

conditions, que des juges puissent se croire investis d’une qualification de psychiatre et

diagnostiquent ce syndrome que les vrais experts condamnent.

3- Selon Pierre Lassus

Ce psychanalyste et directeur général de l’Union Française pour le Sauvetage des Enfants

affirme que « les considérations [de H. Van Gijseghem] mettent gravement en cause les acquis

récents, fragiles et précaires, en matière de prévention des abus sexuels et du soin des enfants

victimes.

Il ne faut pas s’étonner davantage, dans ces conditions, que les Pays-Bas aient vu la

réclame l’abaissement de l’âge des relations sexuelles à 12 ans, l’éducation sexuelle dès la

maternelle et le droit d’avoir des relations sexuelles avec les animaux. Les Néerlandais ont

demandé l’interdiction de ce parti à 82%. Ils n’ont pas encore été entendus. Qui mène cette

danse satanique à travers le monde ?

UTILISATION PERNICIEUSE DU SAP : les remarques qui suivent sont empruntées à des «

cas» réels, à des situations vécues dont nous avons eu connaissance.

♦  Parent abandonné qui veut se venger : il lui suffit de provoquer une situation de conflit,

d’induire une attitude protectrice de l’autre parent, pour que l’institution s’oriente vers une

suspicion d’aliénation parentale.

• Simulation de violence ou d’attouchements sexuels sur l’enfant.

• Violences sur l’autre parent (coups, agressions verbales) qui

entraînent chez l’enfant une défiance à l’égard du parent agresseur.

♦ Parent réellement incestueux ou violent qui sait que toute plainte a de très grandes

chances d’être classée sans suite avec, à la clé, la mise en cause de l’autre parent pour

accusation mensongère.

♦  Avocats cupides qui utilisent sans scrupules cette théorie (n’hésitant pas à poser des

diagnostics psychiatriques) et qui entrainent dans cet exercice illégal de la médecine, des

travailleurs sociaux ( psychologues, éducateurs, heureux de paraître savants et à la pointe de la
mode). Ces apprentis sorciers induisent alors chez certains juges des décisions cruelles et

aberrantes qu’ils reprennent avec d’autant plus de conviction que ce syndrome non prouvé

(scientifiquement et très décrié par la plupart des psychiatres) est néanmoins enseigné à l’ENM

(école nationale de la magistrature).

                                                             …………


DISCUSSION DE LA PERTINENCE DU SYNDROME D’ALIENATION PARENTALE

(Docteur Carol JONAS, psychiatre des hôpitaux, chef de service au CHU de TOURS, docteur en

Droit, expert près la cour d’appel d’Orléans)

« La formule : syndrome d’aliénation parentale est de plus en plus souvent utilisée devant les
tribunaux, notamment à l’occasion de ruptures conjugales. Elle a été introduite par un

pédopsychiatre américain en 1986. Depuis lors elle n’a jamais fait l’objet d’un consensus et ne

repose sur aucune théorie scientifique reconnue. Le diagnostic, selon les défenseurs de

ce syndrome, repose uniquement sur des manifestations prêtées à l’enfant allant d’une

campagne de rejets et de diffamations, à des rationalisations absurdes en passant par une

absence d’ambivalence normale chez l’enfant ou encore une hostilité marquée entre tous les

membres de la famille du parent rejeté. L’étude de la littérature sur ce syndrome révèle qu’

aucune enquête sérieuse n’a été réalisée avec des outils diagnostiques reconnus permettant de

déceler chez le parent aliénant un type de personnalité qui pourrait expliquer la manipulation et ‘

l’utilisation de l’enfant. »

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