COINTELPRO:Le programme global de Contre Intelligence pour neutraliser les organisations dissidentes legitimes

Vendredi 18 avril 2008

COINTELPRO

http://fr.wikipedia.org/wiki/Operation_COINTELPRO

 

Comment le FBI a liquidé les Panthères noires

http://www.monde-diplomatique.fr/1995/08/COMBESQUE/1675

Les Blacks Panthers et le COINTELPRO

http://solidarite93.free.fr/museum_bpp.php

L’affaire de la Tribu Ka : une resucée de vieux montages du Cointelpro

 

http://quibla.net/protocoles2006/protocoles15.htm

COINTELPRO UK

 

Spartakus R.

23 11 1997

Spartakus R, Le programme global de Contre Intelligence et ses effets sur la communauté noire africaine du
Royaume Uni, Conférence prononcée à Londres le 23 11 1997

Introduction

Au  nom de nos ancêtres, et dans l’esprit de Maat, Hotep à tous, frères et sœurs, et merci à frère
Lester Lewis et à l’association Hackney Black People qui a permis cette rencontre :

Une guerre est en cours, et vous êtes pris dedans ; plus exactement, vous êtes en première ligne ; il s’agit d’une guerre qui fait
rage depuis plus de deux mille ans, la guerre entre l’Afrique et l’Europe [désormais à l’échelle globale, mondialisée ; pour simplifier, on peut dire entre monde noir et EMPIRE DE LA
SUPREMATIE BLANCHE, ndt].

 

Le programme de Contre Intelligence, plus connu sous le nom de Cointelpro, a été lancé par le FBI sous la présidence de Edgar Hoover, afin de
coordonner et d’encadrer les campagnes éventuelles de neutralisation contre des individus et des organisations dissidentes des Etats-Unis. Evidemment, pour être effectif, ce programme avait
besoin de la coopération secrète de toutes les agences d’intelligence, FBI, CIA, services militaires, ministère de la Défense, Maison Blanche, autorités municipales et forces de police, de façon
à constituer des Red Squads, des « Escadrons Rouges » sur le terrain. Au départ, en 1956, la cible était le Parti Communiste, puis cela s’appliqua à d’autres organisations de la
« gauche blanche » ; ensuite cela s’étendit aux « groupes blancs haineux », comme une couverture pour protéger en sous-main des organisations terroristes blanches telles
que le Ku Klux Klan. A un moment donné, un quart des assassins du KKK qui terrorisaient la communauté africaine était composé d’agents actifs du FBI.

En 1971, Cointelpro était censé avoir mis fin à ses agissements, mais une controverse internationale surgit lorsqu’un petit nombre de ses
dossiers secrets parvint jusqu’aux médias. Par la suite, ce nom de Cointelpro n’a plus été utilisé, mais ses rouages à usage interne fonctionnent à une échelle internationale désormais, sous le
contrôle de la CIA.En 1967, le FBI a démarré une action secrète de Cointelpro avec l’intitulé « Groupes noirs nationalistes haineux ». Ils ne faisaient pas de distinction : tout
groupe afro qui s’exprimait ou agissait au nom de la communauté africaine était classé comme « groupe noir nationaliste haineux » La guerre contre l’Afrique Globale est très ancienne.
Ils ont eu l’impression qu’ils disposaient de l’arsenal nécesssaire pour contenir cette guerre entre Afrique et Europe dans le cadre qui leur convenait. Un grand nombre d’organisations militantes
africaines noires est apparu, et ils admettent avoir déclenché 295 opérations contre la communauté africaine pendant quatre ans, dont 233 visaient le Parti des Panthères Noires ; évidemment,
ils ne mentionnent pas celles qui ont raté ou qui étaient si infâmes qu’elles ne pouvaient pas être mentionnées. L’objectif explicite du Cointelpro était de :

« Exposer, casser, fourvoyer ou neutraliser d’une autre façon les activités des organisations

nationalistes noires haineuses, ainsi que leurs dirigeants, leurs porte-paroles, leurs membres et sympathisants, et de contrer leur propension à
la violence et aux troubles publics ».

Il y avait cinq objectifs à long terme (énoncés comme suit dans le même document) :

 

Empêcher toute coalition de groupes nationalistes noirs militants. L’unité fait la force, c’est bien connu, et c’est toujours important. Un
front commun entre ceux-ci serait le premier pas vers un véritable « Mau Mau » en Amérique, le début d’une véritable révolution noire.

Empêcher l’apparition d’un « Messie », d’un leader charismatique qui puisse unifier et électrifier le mouvement militant nationaliste
noir. Malcolm X aurait pu le devenir ; il est devenu le martyr de mouvement, aujourd’hui. Martin Luther King, Stokely Carmichael et Elijah Muhammad peuvent tous prétendre au rôle de
« messie ». Mais Elijah Muhammad est trop âgé ; Martin Luther King pourrait sérieusement y prétendre, au cas où renoncerait à son « obéissance » supposée aux
« doctrines blanches libérales » de la non-violence, et s’il embrassait le nationalisme noir. Carmichael a le charisme nécessaire pour être une menace réelle.

Prévenir la violence de la part des groupes nationalistes noirs. Ceci est d’une importance primordiale, et c’est bien entendu l’un des objectifs
de notre activité d’enquêteurs ; cela devrait également faire partie du Programme de Contre Intelligence. La contre intelligence devrait permettre de repérer les fauteurs de trouble et de
les neutraliser avant qu’ils exercent leur potentiel de violence.

 

Empêcher les groupes nationalistes noirs et leurs dirigeants de gagner en respectabilité, en les discréditant dans trois directions :
d’abord, auprès de la communauté noire responsable ; ensuite, au regard de la communauté blanche, tant la communauté des gens responsables que celle des « libéraux » qui ont des
vestiges de sympathie pour eux simplement parce qu’ils sont noirs. Enfin, ces groupes doivent être discrédités aux yeux des radicaux noirs, des gens qui les suivent. Ce dernier domaine exige des
tactiques entièrement différentes de ce celles qui conviennent avec les deux premiers groupes. La publicité sur les tendances à la violence et les mots d’ordre radicaux rattachent les
nationalistes noirs au groupe des Noirs radicaux ; cela leur confère une « respectabilité » d’un autre ordre.

Un objectif ultime devrait être d’empêcher la montée en puissance d’organisations militantes noires nationalistes, particulièrement dans la
jeunesse. Il faut développer des tactiques spécifiques pour empêcher ces groupes d’attirer les jeunes.

Marcus Garvey était sous contrôle il y a trente ans.

 

La Garvey-connexion

Les attaques contre Marcus Garvey et son organisation, la Universal Negro Improvement Association (UNIA) ont constitué la première campagne de
neutralisation globalement coordonnée contre une personne en particulier, grâce à la mise en œuvre de forces combinées de l’Europe Globale. Ceci a comporté au moins une tentative
d’assassinat.

A la tête de la plus grande organisation au monde, qui comprenait à une époque plus de six millions de membres, regroupés en 900 sections, et
couvrant le monde entier, Garvey était reconnu comme l’ennemi numéro 1 de la Global Europe. Ils réagissaient instinctivement, négativement, à sa personne et à ses enseignements.

Ce qui est arrivé à Garvey lorsque la puissance politique de chaque pays sous contrôle blanc a été mobilisée contre lui et ce qui s’est
passé dans les années 1960 sous la direction de Cointelpro est exactement ce qui se passe aujourd’hui. La seule différence, c’est la dénomination et le degré de sophistication.

Si vous étiez la CIA et si vous deviez mettre un nom aux actions coordonnées contre la Communauté
globale africaine aujourd’hui, mais que vous deviez donner l’impression que vous êtes en train d’essayer de nous aider, vous parleriez probablement de Guerre à la drogue, Guerre contre le crime
organisé, ou encore Guerre contre le terrorisme. Si vous tenez compte de la sensibilité extrême qui existe aux Etats-Unis autour du terme « guerre », et de la possibilité d’un retour de
flamme, vous appelleriez votre programme « L’herbe et la graine » [la « mauvaise » herbe contre la « bonne » semence, ou encore « le bon grain et
l’ivraie », ndt.], Weed and Seed, c’est le nouveau nom d’une série de campagnes qui sont en train de prendre racine aux Etats-Unis là où une communauté entière se voit promettre des
investissements  financiers faramineux (qui ne se matérialisent en général pas) en échange de leur coopération active, ou de leur complicité
silencieuse, pour neutraliser la jeunesse, le secteur le plus actif, créatif, vibrant et volatile de la communauté.

Leurs méthodes

 

Comment ont-ils réussi à convaincre un secteur significatif et suffisant, dans la communauté africaine des villes principales du monde entier, y
compris ici à Londres, pour qu’ils conspirent avec eux contre nos jeunes ? Ils ont utilisé tous les moyens à portée de leur imagination, sans se soucier de savoir s’ils étaient légaux ou
non. Comme ils l’ont déclaré, l’efficacité de la contre intelligence dépend de la qualité et de la quantité d’information positive disponible au sujet de la cible, et de l’imagination et de
l’initiative des agents qui mettent en œuvre le programme. Ces initiatives comprenaient les infiltrations et les agents provocateurs, les indics, la manipulation médiatique et la diffamation
personnalisée, l’attentat physique, le harcèlement judiciaire, les conflits internes, les ragots à la base, les exclusions (par les chiens de garde), le contrôle de la perception, la surveillance
électronique et téléphonique ou « Elsurs ». Egalement, les fouilles (spontanées, par surprise ou encore causant le maximum de dégâts et d’atteinte à la propriété). Ils organisaient des
intrusions (afin d’installer des équipements ou de récolter des preuves pouvant servir à incriminer, ou encore pour voler des documents importants ou l’équipement nécessaire au fonctionnement de
l’organisation).

Le terrorisme n’était pas exclu (ceci fait partie intégrante de chaque opération de Cointelpro) ; souvent ce sont des groupes terroristes
indépendants tels que le KKK qui sont utilisés afin de légitimer ensuite le terrorisme d’Etat. Enfin, ils ont provoqué des purges. Ces points seront développés ci-dessous.

Voici quelques exemples :

 

Infiltrés et provocateurs

Virtuellement, toute organisation africaine a été effectivement infiltrée par le FBI et d’autres agences des services secrets. Vous vous
souvenez de Gene Roberts, le « garde du corps » qui a été photographié en train d’étouffer Malcolm X après qu’on lui ait tiré dessus ? C’était un agent profondément double. Il a
ensuite infiltré les Panthères Noires et il a été démasqué en 1971 quand il est apparu comme témoin appelé par l’accusation dans le procès de treize Panthères accusés de conspiration pour faire
exploser des bâtiments. Le FBI à lui seul avait plus de 4000 Africains inscrits à la rémunération la première année de fonctionnement du Cointelpro. Cela ne parle guère en notre faveur, mais je
garde confiance malgré tout.

 

(C’est à cause de leur manque de succès pour infiltrer la communauté noire britannique, et parce qu’ils s’étaient trop souvent exposés en
utilisant des informateurs peu entraînés contre nous, que le service secret britannique et la police nous ont alertés ouvertement et ont fait avancer l’idée qu’il fallait de nouvelles recrues
dans la communauté noire. Le degré de réussite auquel ils sont parvenus sera visible dans les cinq prochaines années, quand ils auront entraîné et lâché parmi nous leurs agents
empoisonnés).

b) Indics

Leur présence et leur nuisance est aussi vieille que l’histoire des résistances. Judas, celui du récit biblique, qui était le disciple de Jésus,
pourrait parfaitement être un indic moderne. Avant même d’avoir institué Cointelpro, le FBI avait des douzaines d’indics. Pour un seul projet, le Programme Infos sur le ghetto, ils mirent en
place un réseau de 3 248 traîtres de la communauté noire en un an.

James A. Harrison, un assistant proche de Martin Luther King et dirigeant de haut niveau de la Conférence des Chrétiens du Sud (SCLC), était un
indic apprécié du FBI.

 

Julius Butler, toujours en vie, dirigeant ecclésiastique réputé, était l’informateur payé et envoyé par les Blancs, dont le faux témoignage
servit à inculper Geronimo Pratt pour un meurtre dont le FBI savait qu’il ne pouvait pas l’avoir commis.

(Durant mon procès pour utilisation d’articles volés, la police a révélé, à l’occasion d’un examen par recoupages, qu’un informateur payé avait
été utilisé pour me vendre des biens volés en octobre 1992, dans le cadre d’une conspiration élaborée pour mettre en faillite mon commerce d’ordinateurs, m’enfermer et jeter la clé (Voir GAP News
4). L’un des facteurs clé dans cette cabale était un nègre kounichette du nom de Len Woodley, QC, qui était censé gagner les faveurs de son maître en agissant à la fois comme juge, juré et
bourreau).

c) La manipulation médiatique et la diffamation personnalisée

Les médias sont parmi les armes les plus efficaces contre la communauté, mais ce sont aussi des outils décisifs à la portée des militants,
particulièrement la presse indépendante et la radio.

 

Les  cadres de Cointelpro ont reçu des instructions pour que les militants noirs n’aient jamais
accès aux médias. Dans le cas où le talent des militants parviendrait à contrer l’exclusion en s’auto-publiant et en organisant des actions autonomes, telles que des rencontres communautaires
locales, l’agent a l’ordre d’agir comme suit :

« La contre-attaque doit se produire dans un organe de diffusion massive capable de toucher toute la population noire. Il y a des journaux
et des magazines qui pourraient être utilisés s’ils acceptent nos articles. S’ils refusent, il faut utiliser la radio et surtout la télévision. »

(Exemple : au Royaume Uni, Jackass Howe, l’esclave du Démon, a démoli des frères et sœurs qui ne s’y attendaient nullement, tels le
professeur Leonard Jeffries et le Dr. Betty Shabbaz, dans un programme de télé qu’il dirigeait, tandis qu’il refusait de donner l’antenne à Spartacus R., dont Jackass « le jacasseur »
sait par expérience qu’il est redoutable sur n’importe quelle tribune).

 

d) L’attentat (revendiqué ou par procuration)

L’assassinat de combattants noirs pour la liberté a toujours été un facteur clé dans la relation entre Global-Europe et Global-Afrique.
Toussaint Louverture, Nat Turner, Malcolm X, Martin Luther King, Shaka, Fred Hampton, Mark Clard, Maurice Bishop, Nzingha, Cudjo, Chris Har., Togagara, Steve Biko, Yaa Asante Wa, etc, les
exécutions par la police de Panthères Noires, certains d’entre eux dans leur lit ; la Global-Europe a adressé le même message à la jeunesse de la Global-Afrique pendant des siècles. Et le
message a été explicité à nouveau par le FBI en 1968 en ces termes :

« Le Nègre veut avoir des sujets de fierté, il en a besoin. Il faut faire comprendre à la jeunesse nègre et modérée que si elle succombe
aux prêches révolutionnaires, elle se retrouvera parmi les révolutionnaires morts. Aussi il vaut bien mieux être un héros sportif, un athlète professionnel bien payé, ou un amuseur dans le
showbizz, ou encore un salarié modestement rémunéré, soit ouvrier soit employé, un homme de paix entouré d’une famille ou une personne bien intégrée, plutôt que d’être un nègre qui s’est fait
connaître parce qu’il a porté un coup à l’establishment, mais qui a anéanti du même coup sa cellule familiale et qui a attiré sur lui et sur toute sa communauté la haine et la méfiance des Blancs
pour toutes les années à venir… »

(En 1989, j’ai été victime d’un empoisonnement, tandis que je me rendais en tant que principal conférencier à la 14ème conférence annuelle des
étudiants afro-américains de Floride. J’ai subi une opération en urgence et l’ablation d’une partie de l’intestin ; faute de quoi, ma mort aurait figuré parmi les milliers d’assassinats
déguisés dont on ne soupçonne même pas que la fourberie y ait pris part. Par deux fois, la police de Lambeth et les politiciens locaux ont offert des récompenses à d’autres dans la communauté
afin de m’évincer moi et mon groupe, de bâtiments que nous avions occupés. Dans les deux cas j’ai reçu des menaces de mort. Dans un cas, alors que Linda Bellos présidait, j’ai été sévèrement
frappé par trois voyous qui représentaient les poulains de deux femmes, Joan Cutino et Patricia Cotterel, inspirées par un individu douteux, du nom de Paul Adams, qui par la suite obtint un
emploi dans le conseil, pour lequel elle n’était pas qualifiée. Le Conseil leur dit que s’ils arrivaient à se débarrasser de Spartacus, on leur donnerait le bâtiment ; et bien sûr les
imbéciles l’avaient cru. A ce moment j’écrivis que :

« L’agent provocateur et salarié qui a manipulé et dirigé des énergies destructrices est issu des rangs des incompétents ambitieux,
ignorants, megalos, envieux, jaloux, politiquement fanatiques et imbus de chauvinisme organisationnel ».)

e) Le harcèlement judiciaire

 

Cela a été mis en œuvre pour la première fois avec une grande efficacité contre Marcus Garvey lorsqu’il lui fut refusé d’être libéré sous
caution pendant trois mois et que la UNIA a dû annuler sa Convention annuelle de 1923. Cette pratique a atteint des niveaux inédits de naïveté à l’époque de Cointelpro. Les agents avaient l’ordre
d’arrêter les individus visés ou les membres clé des organisations visées, sous les accusations les plus  invraisemblables, qu’il y ait ou non la
moindre preuve pour étayer l’accusation. Le résultat, c’est par exemple le cas de Mumia Abu-Jamal, qui languit toujours en prison ; on provoque la ruine financière de la personne visée ou de
l’organisation, parce que les coûts de la défense deviennent astronomiques, et que cela distrait des ressources matérielles et vitales considérables, aux dépens du mouvement.

(Au cours des 20 dernières années, j’ai été arrêté au Royaume Uni au moins 30 fois. J’ai été poursuivi en justice 13 fois, et j’ai eu deux
procès dans le cadre des « articles volés », qui m’ont coûté des milliers de livres et ont absorbé une grande partie de mes ressources. Au moment culminant de ce harcèlement, j’ai été
arrêté et interrogé trois fois en une seule nuit, lors d’un trajet entre le nord-ouest de Londres et le sud de Londres, ce qui m’a retardé d’une heure et demie.)

f) Conflits internes

Si quelqu’un veut provoquer un conflit entre deux ou plus de gens qui ne saisissent pas la manœuvre, le plus grave est qu’il y parviendra. Ainsi
dans le cas du mouvement Black Power, le Mouvement pour les Droits civiques, et tout autre mouvance populaire contre laquelle le gouvernement US aura lancé une opération par procuration.

L’une des personnes coincée dans la guerre interne au parti des Panthères Noires fut Kathleen Cleaver, la femme d’Eldridge Cleaver et ministre
de l’information. Elle a raconté que :

 

« Les médias ont fait en sorte que cela paraisse de façon accidentelle, comme s’il n’y avait pas de relation entre le plan du FBI et le
fait que tellement d’entre eux, les Panthères, soient arrêtés, et que tant de mariages furent rompus. Pourtant, quand c’est à vous que ces choses-là arrivent, vous savez que ce n’est pas par
hasard. Nous savions à l’époque qu’il y avait une conspiration, mais nous ne pouvions pas imaginer à quel point la coordination était sophistiquée. Nous ne savions pas que cela s’appelait la
Cointelpro, et que cela impliquait le FBI, la CIA, le ministère de la défense, la Maison Blanche… »

(Ce qui m’a fait revenir à la question de la Global Cointelpro, c’est mon expérience récente avec un jeune frère africain du Soudan, appelé Deng
K. Ajak, qui, sans raison apparente, menaça de me tuer et commença à s’y préparer sérieusement depuis une tribune publique. Plutôt que d’entrer en conflit direct avec ce frère, j’expliquai la
situation à quelques membres de la communauté, et cela se régla à l’amiable avec l’aide d’un ancien respecté, le chef yorouba Adelkan, comme médiateur.

C’est au cours du processus de médiation que les détails de la conspiration que je soupçonnais se sont révélés. Il devint clair pour moi que
frère Deng avait reçu des « indications » de la part de membres de l’université d’East London, où il travaillait ainsi que d’autres, proches de lui. J’arrivai à la conclusion que ces
gens sont soit des agents eux-mêmes qui font un travail, soit des instruments inconscients d’agents très rusés).

g) Les ragots

Ceci inclut le colportage de méchancetés gratuites, la désinformation et les mensonges effrontés sur des sujets hautement passionnels, tels
que : le détournement de fonds de l’organisation, les mouchards à solde, l’homosexualité, les abus sexuels sur enfants, etc. Il s’agissait de miner le Black Panther Party et cela, que les
faits existent ou pas, pour donner lieu à des accusations. S’il y a des faits patents, cela aide au succès de l’opération, mais le bureau considère que l’entreprise peut réussir même s’il n’y a
le moindre fait sur lequel s’appuyer.

 

Un exemple célèbre de ceci est la mauvaise réputation qui a été faite à Kwame Ture (qui s’appelait alors Stokely Carmichael) par l’intermédiaire
d’un infiltré appelé Peter Cardoza (et qui était son garde du corps) et d’autres. Un document du FBI indique :

« Il faut donner l’impression que Carmichael est un informateur de la CIA… Cela aidera à faire éclater l’entente entre Carmichael et la
communauté noire. On suggère aussi d’informer un certain pourcentage de criminels de confiance et d’indicateurs noirs que « nous savons de source sûre que Carmichael est un agent de la
CIA ». On espère que les informateurs répandront la rumeur dans plusieurs vastes communautés noires de tout le pays.

 

(Je ne mentionnerai pas certains mensonges que j’ai entendus, autour du nom de Spartacus R, parce que cela ne servirait qu’à accréditer
certaines saletés qui sont parmi les plus incroyables que j’ai jamais entendues, et cela contribuerait à perpétuer la légende).

h) Les exclusions par les chiens de garde

Le militant africain révolutionnaire est un proscrit du fait de la nature même de son environnement. Nous vivons dans un environnement hostile
et dans une culture étrangère qui cherche à nous démoniser aux yeux de notre propre peuple. Le pire c’est quand des gens de notre propre communauté conçoivent leur rôle comme celui de chiens de
garde, pour nous empêcher d’inter-agir avec notre communauté et de l’informer.

Quelques uns de ces frères et sœurs sont des agents ou des indics convaincus, mais ce n’est pas le cas de la majorité. Ils sont avant tout mal
guidés, désinformés, et ce sont des individus ambitieux qui voient plus d’avenir dans le monde des Blancs que dans le nôtre. Ces individus, à cause de leur position dans la société ou leurs
ambitions, peuvent se sentir menacés par la seule présence d’un militant révolutionnaire qui pourrait révéler leur double-jeu et leur conduite réactionnaire.

Voilà pourquoi des membres de la National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP) et d’autres « nègres au service de
l’establishment » ont démarré une campagne sur le thème « Garvey doit partir », et ils ont écrit des lettres au Procureur des USA en le suppliant de déporter Garvey d’urgence.
Voilà pourquoi Malcolm X s’est vu interdit de parole par Elijah Muhammad, et pourquoi les « Kounichettes », comme il les appelait, l’ont mis au rancart et ont essayé de le faire
taire.

(Et c’est comme cela que Koro Salah, Kwame Ture et Louis Farrakhan sont encore à ce jour bannis en Grande Bretagne. Et des gens comme Bernie
Grant, Diane Abbot, Trevor Phillips, Darcus Howe, Lee Jasper du Trust bien doté financièrement en 1990, l’Adotey Bing du Africa Center et d’autres, stipulent que Spartacus R. devrait être exclu
de certains rassemblements et manifestations publiques.

Voilà pourquoi en 1989, quand Nilou Hawthorne et moi avons démarré le mouvement populaire pour la justice électorale, afin d’élire le premier
membre de Parlement noir et indépendant, Lee Jasper et David Muir (à l’époque membre salarié du parti travailliste) se joignirent à la campagne comme agents catastrophiques. Ils réussirent à nous
marginaliser, Nilou et moi, qui avions tous les deux investi de l’argent dans l’aventure, et la campagne fut tout de suite paralysée.

 

Voilà pourquoi lorsque, à peine quelques semaines plus tard sur la station de radio Genesis, avec mon talk-show au nom de Global Eyes, j’étais
l’un des présentateurs les plus populaires de la station, et j’ai été viré par le directeur, un certain Coolie, sans raison aucune hors le fait que c’était quelque chose de
« personnel »).

i) Le contrôle de la perception

Ceci a été développé en tant que projet à financement particulier par le Bureau dirigé par le général africain aveugle Colin Powell en 1987.
Leur définition du concept, selon Jamaal Goree est celui du « contrôle de ce que considérons comme vrai ; il ne s’agit pas forcément de ce qui est vrai, mais de ce que les
gens  perçoivent comme tel, parce que cette perception est ce qui dicte leurs comportements. Et de toute évidence, le contrôle de la perception
s’exerce sur nous depuis vraiment longtemps, bien avant la représentation de Dieu, du Christ et de tous ses anges comme des Européens, par Michel ange par exemple. Ce contrôle est à l’origine de
la version du FBI au sujet du Livre des couleurs des Panthères Noires.

j) Le détournement de la correspondance

Ceci inclut l’interception du courrier et l’enregistrement de son contenu, la réécriture de messages et leur envoi à des gens à qui ils ne sont
pas destinés, le détournement du courrier afin qu’il n’arrive pas à destination, la création de documents et de lettres avec des en-tête falsifiés, la rétention et le retard des messages urgents
et la destruction de lettres qui ne parviendront jamais à leur destinataire.

 

k) Rappel des autres types d’agression

Surveillance électronique et téléphonique ; cambriolages et dégâts, atteintes surprise à la propriété et attentats. Intrusions, pour
installer un équipement , pour constituer des preuves, ou pour voler des documents importants ou des équipements nécessaires à la bonne marche de l’organisation.

l) Terrorisme

 

La pratique terroriste est intégrée à chaque opération de Cointelpro ; souvent des groupes terroristes « indépendants » tels que
le Ku Klux Klan sont utilisés pour légitimer le terrorisme d’Etat.

m) Organisation de purges et de confinements

Les évictions ont pour effet d’isoler la personne bannie de la communauté sur laquelle on craint qu’elle puisse avoir une influence positive.
Toute personne africaine, telle Winnie Mandela, dont on voit qu’elle est capable d’avoir une influence sur la communauté afin de la faire agir dans un sens contraire aux intérêts de ceux qui
veulent la contrôler, doit être écartée, empêchée d’agir dans la communauté, ou parquée dans une zone restreinte de celle-ci. Avec les moyens électroniques, il est maintenant encore plus facile
et économique de contrôler les mouvements individuels.

Marcus Garvey a probablement été la personne la plus marginalisée de l’histoire des déplacements internationaux. Il a été proscrit de chaque
région d’Afrique. A un moment donné, Kwame Ture était interdit dans 35 pays, y compris à Trinidad, son lieu de naissance, et en Angleterre, où il reste interdit, et où il est sans doute la seule
personne au monde à avoir été interdit de séjour deux fois.

 

Certains des Pnthères Noires ont été chassés de leur propre voisinage, là où résidaient les autres membres de leurs familles.

(En Angleterre, tandis que je menais mes campagnes de boycott contre la commercialisation des produits d’Afrique du sud, avec un succès total,
je me suis vu interdire l’accès au centre de Brixton, où j’habite et où je faisais habituellement mes courses, et ceci sans avoir été poursuivi pour le moindre crime).

Qu’est-ce qui pousse une personne à agir contre son propre intérêt et dans l’intérêt de
ses ennemis
?

Voilà une question difficile parce qu’il y a de nombreuses raisons combinées, autant de raisons, peut-être, que l’on en a de se trahir soi-même.
Parmi les motivations les plus courantes que l’on met en avant, soit pour diminuer l’importance de la trahison, soit pour l’aggraver, citons :

L’ambition (dans le domaine politique, social ou professionnel)

Le chauvinisme (religieux, politique, organisationnel, lorsque l’alliance avec l’ennemi est censée rapporter des bénéfices au groupe qui en
conséquence apparaîtra comme plus performant que les autres)

L’ego (malmené par la personne ou l’organisation qui a été trahie, mais largement alimenté par les sycophantes et la flatterie des médias de
l’ennemi)

 

La jalousie (envers la personne ou l’organisation qui a été trahie)

La peur (de conséquences graves, de l’échec, de pertes, de blessures, de la marginalisation)

La cupidité matérielle (parfois juste un emploi)

Le goût du pouvoir (sur une section de votre communauté, ou au regard de l’ennemi)

 

Le manque d’éducation ou la mauvaise éducation (certains ne savent pas faire mieux)

La pauvreté (« je n’avais pas le choix »)

Les promesses (généralement non tenues, suivies de pièges)

 

La vengeance (pour des actes perçus comme erronés, ou effectivement regrettables, de la part de la personne ou de l’organisation trahie)

La haine de soi (généralement combinée avec une divinisation de l’ennemi)

Quelles que soient les raisons ou excuses offertes, on en revient toujours à une base fondamentale : l’ignorance.

Bien sûr, il y a des gens qui savent exactement ce qu’ils font et qui choisissent consciencieusement le camp de l’ennemi, en vue d’un profit
individuel à court terme. Mais c’est un calcul qui relève aussi de l’ignorance.

 

Si je dis tout cela, c’est parce que nos Ancêtres nous ont appris que la connaissance de soi est la clé de l’existence. Et ils ne le disaient
pas seulement par rapport à la conscience individuelle, mais aussi par rapport aux groupes dont nous faisons partie. Ils disaient, et c’est ce que je dis, que si vous connaissez la vérité sur
vous mêmes, votre histoire, la réalité de votre situation présente, vous vivrez ; parce que si vous avez l’information nécessaire, vous prendrez toujours, j’insiste, toujours, la décision
correcte pour la conduite à tenir, au sens le plus étroit ou le plus large.

Pour simplifier :

Sans information, vous mourez ; avec une information erronée, vous vous tuez vous même ; avec l’information correcte, vous êtes vivant
pour toujours.

Comprenez-moi bien : je ne dis pas que l’ignorance est une excuse. Il n’y a jamais aucune excuse pour se trahir soi-même parce que quelle
que soit l’information dont nous disposons, quand nous choisissons de voir ou d’ignorer, nous restons responsables des conséquences de nos décisions. Donc, même si l’ignorance est compréhensible,
en tant que raison principale de toute trahison, et de la trahison à soi-même, l’ignorance n’est jamais une excuse acceptable.
(suite de l’article: http://horte.over-blog.fr/article-18861148.html)

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