ECOLOGIE MICHELIN OR VERT DE de Bibendum

Depuis plus de six ans,
Michelin développe dans le nord
du Brésil un projet exemplaire
qui associe population locale et
intérêt industriel.

En 1999, la plantation de caoutchouc de
Michelin située près de Salvador, dans
l’Etat de Bahia, au Brésil, semblait vouée
à un inexorable déclin. Le prix du caoutchouc
était en baisse, de même que le
rendement des 9 000 hectares de l’exploitation
– ses 2,5 millions d’arbres étaient
parvenus au bout de leur vie productive. De surcroît,
la plantation était dévastée par le Microcyclus
ulei – un champignon qui ravage les hévéas
d’Amérique latine en attaquant les feuilles des
jeunes plants -, ce qui rendait leur régénération
encore plus coûteuse. La seule option envisageable
était de vendre l’exploitation à quelqu’un
qui en ferait un meilleur usage. Et c’est ce
qu’a fait Michelin, mais d’une façon peu classique.
Quand un industriel vend une entreprise,
il décline généralement toute responsabilité pour
la suite des événements. Dans le cas du projet
Ouro Verde [Or vert], c’est l’inverse qui s’est produit.
Quand l’entreprise Michelin a étudié les
possibilités qui s’offraient à elle, raconte Lionel
Barré, le dynamique directeur de la plantation,
elle s’est trouvée face à un puzzle dont certaines
pièces avaient des formes bizarres.
Tout d’abord, la production brésilienne étant
loin de couvrir les besoins de l’entreprise :Michelin
avait besoin d’une quantité plus importante
de caoutchouc. Les pneus absorbent 70 % de la
production mondiale de caoutchouc naturel et
la demande, entraînée par la croissance chinoise,
ne cesse d’augmenter.
Ensuite, il y avait la forêt. Chacun sait que
la forêt pluviale amazonienne est en trainde disparaître, mais la forêt atlantique, très
morcelée entre Salvador et Rio de Janeiro, est
dans un état encore plus alarmant. Il ne reste
que 5 % de la superficie originelle, et 3 000
hectares, soit 3 % du total, appartenaient à
Michelin.
Or ces terres abritaient plusieurs
espèces animales menacées d’extinction, ainsi
qu’un vaste échantillon de la fabuleuse diversité
végétale du biotope.
Enfin, il y avait le facteur humain. Une
grande partie des 250 employés de la plantation
travaillaient pour Michelin depuis des
années. Dans ce coin du Brésil où seulement
25 % des adultes ont un emploi officiel, il était
capital, explique M. Barré, que ces travailleurs
ne perdent pas le leur.
Il n’a pas été facile d’assembler les pièces
du puzzle, mais elles ont fini par entrer dans un
modèle de partenariat public-privé. L’industriel
français a conservé l’infrastructure, en particulier
une usine de traitement modernisée,
des laboratoires et une garderie, et il a vendu la
plus grande partie des activités en parcelles
de 400 hectares à 12 de ses cadres brésiliens.
Deux ans plus tard, les résultats d’Ouro
Verde dépassent toutes les espérances. Dans
cette région pauvre où le taux de chômage est
très élevé, les nouveaux propriétaires ont créé
250 emplois stables. Les profits de la coopérative
formée par les 12 producteurs sont en
avance sur le budget, et elle projette de
construire une usine de traitement du cacao,
ce qui permettra de conserver une part plus
importante de la valeur ajoutée dans la région
de production. La forêt pluviale est mieux
entretenue, et un réseau de couloirs reliant les
étendues existantes entre elles est en cours
de développement.
Bien que les producteurs soient libres de
vendre leur récolte à d’autres clients, Michelin
s’assure une quantité plus importante de caoutchouc.
A la différence des caoutchoucs synthétiques,
à base de pétrole, le caoutchouc naturel
est une ressource dont la production s’inscrit
dans la durée. En outre, les arbres jouent un
rôle utile en absorbant le carbone et en protégeant
la faune et la flore sauvages.
Michelin a également gagné en légitimité
en prouvant que le projet pouvait bénéficier à
tous – clients, employés, fournisseurs et société
en général – et à lui-même. Comme le souligne
M. Barré, l’exploitation de Michelin au Brésil
est une entreprise commerciale comme une
autre, à ceci près que « sa croissance profite
à l’économie locale ». Simon Caulkin

Une Réponse to “ECOLOGIE MICHELIN OR VERT DE de Bibendum”

  1. Pawlowski Says:

    Bonjour,
    Cette démarche de réhabilitation est tout à fait surprenante et louable, s’il est possible de collecter d’autres éléments concernant ce projet, je suis preneur.
    Bravo pour l’esprit du « papier ».

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