NIGERIA … SOCIOLOGIE HISTOIRE

Evénement: Nigeria 2008

Bandeau Nigeria une vie sous la charia

En marge des carnets de route d’Un dromadaire sur l’épaule, diffusés tous les jours entre 14h00 et 15h00 sur La Première, Cyril Dépraz vous propose ses notes de voyage prises lors de la dizaine de jours qu’il a passés dans le nord du Nigeria entre février et mars 2008.
Textes, mais aussi photos, films et sons captés avec son collègue Illia Djadi racontent, jour après jour, quelques-unes de ces vies sous la charia.

Un dromadaire sur l’épaule | Photos | Carte Afrique | Carte Nigeria (détail)

Poste frontière de Magama, entre Maradi et Katsina  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

«If you say good things it’s good, if you say bad things, it’s not good

Bienvenue au Nigeria. Avec la sévérité d’un père à son fils, l’officier de l’immigration explique au journaliste-visiteur les risques, «pour sa sécurité», qu’il peut y avoir à relater des «choses négatives» sur son pays, en gros tout ce qui touche à la politique, à l’administration ou à la religion.

Un formidable coup de tampon sur le passeport clôt l’entretien. Il manque aussi de mettre en pièces la petite table en bois, qui trône seule dans la salle aux murs verts qui sert de poste de douane.

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Un jour avant, voyage entre Niamey et Maradi  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Entre Niamey et MaradiDouze heures de bus sur de mauvaises routes, coincés les uns contre les autres, les genoux sous le menton.

Derrière moi, un vieillard au bouc gris, les yeux fatigués, grand et sec dans son costume traditionnel. Son seul bagage est un grand seau de plastique rouge, empli aux deux tiers d’enveloppes brunes couvertes de signes. Ce sont des grigri, m’explique un voisin, l’homme est un médecin traditionnel.

Effectivement, après chaque escale, depuis le fond du bus, le guérisseur se met à bonimenter. Il parle de sa famille, explique qu’il est très connu à Maradi, raconte comment il a appris le secret des pharmacopées, puis, dans une mélopée qui dure plusieurs minutes, détaille les mille et un symptômes des mille et une maladies qu’il est capable de soigner, y compris, jure-t-il, une dysenterie «aussi impitoyable que le gouvernement des Etats-Unis».

Le guérisseur dans le bus…

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Katsina  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Dans les rues, le soir, une odeur forte qui donne très vite la nausée. Celle de l’essence. Le Nigeria sent la benzine.

A Katsina, devant ses commerces, ses mosquées et ses maisons, on respire comme dans une station service. D’ailleurs la ville en est une. A cause de la proximité avec le Niger où l’essence coûte plus cher et se revend en contrebande. A cause surtout de la situation interne au Nigeria. Le pétrole y coule à flots mais ses infrastructures sont dans un état catastrophique de délabrement.

Au nord du pays, les centrales électriques n’arrivent pas à couvrir les besoins de la population. Les coupures sont donc fréquentes et la population ne peut espérer plus de huit heures de courant par jour. Pour alimenter les maisons, les commerces, les hôtels, pour allumer les petites ampoules des échoppes du bord des rues ou les néons des supermarchés, pour faire fonctionner les frigos, les ventilateurs, les téléviseurs et parfois un climatiseur, les Nigérians utilisent donc des générateurs. Des milliers de générateurs. Des petits, devant les boutiques à même le sol, qui pétaradent comme des vélomoteurs et d’immenses dans les arrière-cours qui rugissent comme des moteurs d’avion. Illia me dit que le Nigeria serait un des plus gros importateurs de générateurs au monde. On en trouve des dizaines le long des rues, flambant neufs, empilés les uns sur les autres.

Tout comme on croise des montagnes de bidons oranges. Des bidons d’essence, dont le prix – 7 centimes le litre! – fait aussi tourner la tête.

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Katsina, le soir, à la lampe de poche, l’arithmétique du scandale  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Lu dans le Courrier international (16 mai 2007).

a. Le Nigeria produit 3,8 millions de barils de pétrole par jour.

b. Membre de l’OPEP, il ne peut en vendre que 2,2 millions de barils / jour.
c. Sa consommation propre n’excède pas 300′000 barils / jour.
d. Où sont passés les 1,6 millions de barils restant ?
e. Au prix moyen de 100$ le baril, cela fait 160 millions de dollars qui disparaissent – chaque jour – dans la nature.
f. Au Nigeria, les 70% de la population vivent sans électricité, une personne sur deux sans eau potable. Mais le pays est tellement riche, à cause du pétrole, qu’il ne bénéficie quasi d’aucune aide internationale.

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Katsina, au matin  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Brume...Départ pour Kano, la grande ville du nord. 200 kilomètres d’une route large et en bon état. Le paysage est fantomatique. Nous roulons les phares allumés dans une espèce de « fog » sahélien, sec et brûlant déposé par l’harmattan, le vent du désert.

Dans ce brouillard se découpe parfois la silhouette tordue des baobabs ou celle, plus ronde, des manguiers. On croise aussi de temps en temps un champ de mil ou d’oseille, de manioc ou d’igname.

Au bout d’une heure de ce paysage plat, l’impression de voir les mêmes maisons, les mêmes espaces cultivés ou désertiques, de croiser les mêmes camions, le sentiment de tourner en rond, de ne plus avancer.

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Sur la route entre Katsina et Kano  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Sortie d’école. [cyril dépraz / rsr]La brume enveloppe toujours ce pays de la charia. Un village. La sortie des classes. Nous rattrapons lentement une centaine d’élèves qui rentrent à la maison pour le repas de midi. Les garçons sont à droite, les filles à gauche, voilées de blanc.

Tous me traitent de « Balarabe », à savoir d’Arabe.

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Kano  Ouvrir l'article au format PDF

Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Kano, la mégapole du nord du Nigeria. La ville la plus pauvre du pays, paraît-il. Deux millions d’habitants selon certains, plus de trois selon d’autres.

Les 80 % de la population y vivraient avec moins d’un dollar par jour. Des quartiers entiers sans égouts, ni eau courante. On y meurt de diarrhées, du choléra, des violences interreligieuses, et sûrement aussi de respirer un air sursaturé en gaz d’échappement.

En 2000, lors des débats sur l’opportunité d’instaurer la loi coranique dans l’Etat de Kano, les tenants d’un Islam radical prédisaient : c’est la charia ou le chaos. Il y a aujourd’hui les deux à Kano.

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Kano, à l’heure du petit déjeuner  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Dans la rue, un peu à l’écart de la circulation, les pieds dans le sable, nous prenons notre petit déjeuner, assis sur un des trois bancs qui entourent la grande table où officie le patron de la buvette.

Le menu est toujours le même. Un grand pain carré-brioché-sucré-sûrement-hérité-de-la-présence-britannique. Du café composé de: thé épicé, lait condensé, sucre, café en poudre et refroidi à grands gestes par le Chaï man.

Nigeria: le café refroidi par le Chaï man.

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Tudun Wada  Ouvrir l'article au format PDF

Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

VitusRendez-vous ce matin avec le révérend Matty Mourtala, un responsable d’église, pour nous parler des relations entre communautés chrétiennes et musulmanes.

Dans l’Etat de Kano, les violences interreligieuses ont fait des centaines de morts depuis l’instauration de la charia en 2000. Le pasteur nous emmène à Tudun Wada, à une centaine de kilomètres de Kano. C’est dans cette ville de 500′000 habitants, le 28 septembre 2007, que des émeutes contre les chrétiens ont fait trois morts et plusieurs blessés.

Ruines d'�glise � Tudun WadaNous rencontrons sur place Vitus Ahams, un Ibo, catholique, commerçant, d’une quarantaine d’années. Il nous emmène dans ce qui reste de sa maison. «Cela a commencé entre huit et neuf heures du matin, le vendredi 28 septembre 2007, raconte-il. J’ai entendu une foule crier «Djihad ! Djihad ! Djihad !». Elle s’approchait, excitée, armée de machettes. Ma femme était à la cuisine. Les enfants étaient déjà partis à l’école. Nous avons juste eu le temps, ma femme et moi, de fuir sur une moto. Ils ont tout brûlé.»

Aujourd’hui Vitus vit seul. Sa femme est partie avec les enfants au sud-est du pays, là où les Ibos sont majoritaires.

Ruines d'�glise � Tudun Wada

Vitus Ahams nous fait faire un tour de ville. Le long des rues, parfois, une maison en cendres. Elle était habitée par des chrétiens. Autour, la vie n’a pas changé. Plus de 200 habitations sont parties en fumée ce 28 septembre 2007, de même que les huit églises de la ville. Vitus ne veut pas nous montrer les restes calcinés de ses deux magasins. Il a peur. Les voisins pourraient ne pas apprécier qu’il parle à des journalistes étrangers. D’autant que depuis 5 mois, aucune enquête de police n’a été ouverte, aucun meneur arrêté, aucune victime indemnisée.

Vitus quitte notre voiture d’un coup. Il est un peu fâché. Il pensait que nous travaillions pour une ONG et que nous allions pouvoir l’aider à reconstruire son commerce et à rebâtir sa vie. Il ne veut donc plus prendre de risques inutiles pour nous. Je le comprends.

Vitus Ahams

Moins d’une demi-heure après, le téléphone du révérend Matty Mourtala sonne. A Kano, une église que nous avions visitée le matin même vient de se faire attaquer…

Ecoutez ci-dessous le témoignage de Vitus Ahams, diffusé dans l’émission Hautes Fréquences, le dimanche 9 mars 2008 (10 minutes)

Ecoutez le témoignage de Vitus Ahams, diffusé dans l’émission Hautes Fréquences, le dimanche 9 mars 2008 (10′32″).

–> voir également le Dromadaire sur l’épaule du 21 mai 2008

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Sur la route entre Tudun Wada et Kano  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Je pense à l’histoire de Vitus. Elle me rappelle les pogroms des années trente en Europe. Les mécanismes se ressemblent. D’abord il y a la déconsidération de l’autre. On accusait les juifs d’avoir tué le Christ, un crime impardonnable mais qui, surtout, rabaisse celui qui le commet au rang de sous-homme, l’Untermensch.

Au nord du Nigeria, il existe un mot haoussa que les musulmans utilisent pour parler de tous ceux qui ne partagent pas leur foi musulmane, qu’ils soient chrétiens ou non. Ce mot, c’est «Arna», c’est à dire littéralement « celui qui ne croit pas en Dieu, qui ne le prie pas ». Terme extrêmement péjoratif donc car dans une culture qui accorde tant de place à la religion et à la spiritualité, seule une bête ne prie pas Dieu. Et encore !

On peut donc vivre avec ces «Arna», faire des affaires avec eux, entretenir des relations de voisinage, mais en même temps on peut aussi attaquer leurs commerces, brûler leurs maisons et voler leurs biens sans offenser Dieu.

Eglise en chantier � Katsina

Le deuxième ingrédient est ethnique. Il y a les Haoussas et il y a les Ibos. Les Haoussas sont majoritaires dans le nord. Les Ibos viennent du sud-est. On les tolère s’ils se tiennent tranquilles. Les nazis parlaient, eux, des Fremdkörper, des « corps étrangers ».

Troisième ingrédient: la crise économique, la vie chère, le chômage, le manque de perspectives attisent le ressentiment et la convoitise à l’égard de ces Ibos qui, pour la plupart, tiennent des commerces.

Enfin, dernier composant de ce cocktail explosif, il y a l’Etat qui, soit ne joue pas son rôle de protecteur des minorités, soit encourage directement les discriminations.

Dans ce contexte au mieux d’impunité, le « Arna » devient une cible idéale. Son magasin peut être pillé. Il ne dira rien. Comme Vitus, il rasera les murs noircis de sa maison pour éviter qu’on s’en prenne à sa vie. Peut-être quittera-t-il la région ? Bon débarras. Peut-être recommencera-t-il à zéro ? Jusqu’au prochain pogrom qui le ruinera à nouveau.

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Ailleurs au Nigeria  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Dans d’autres régions du pays, là où les chrétiens sont majoritaires, les représailles se préparent peut-être. Les violences interreligieuses ont déjà fait plusieurs dizaines de milliers de morts au centre et au nord du Nigeria.

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Kano, les rues, vers midi  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Joséphine. [cyril dépraz / rsr]Elle s’appelle Joséphine. Elle tient un petit troquet près du lieu où nous logeons. Quatre tables, des bancs, quelques chaises, un frigo, des marmites où mijotent du riz, une sauce dans laquelle nagent quelques morceaux de viande, du Pounded Yam, des boules compactes de farine d’igname.

Plus le sourire.

Plus, toujours, une mélodie qu’elle fredonne.

Ecoutez Joséphine chanter!

L’interview de Joséphine:
Ecoutez l’interview de Joséphine

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A Malumfashi, sur la route de Kano à Gusau  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Sur la route des coupeurs de route...

Nous avions prévu d’avaler d’un coup les 200 – 300 kilomètres qui séparent Kano de Gusau. Départ en fin d’après-midi. A 18 heures nous n’en sommes qu’à mi-parcours et le soir commence à tomber.

Nous nous arrêtons dans la petite ville de Malumfashi. A la gare routière, des chauffeurs signalent que des «coupeurs de route» sévissent dans la région et qu’il est plus prudent de ne pas rouler la nuit. Des «coupeurs de route» ? Oui, des bandits de grands chemins qui posent des barrages et dévalisent les voyageurs.

Omar nous raconte comment il a été attaqué une nuit en 2003:

Omar nous raconte comment il a été attaqué une nuit en 2003

A la gare routière, comme partout ailleurs dans ce nord du Nigeria, les gens sont avides de parler, et lorsque nous sortons un micro, tout de suite, c’est l’attroupement. Dix, vingt, cinquante personnes se pressent autour de nous, tendent l’oreille, commentent les propos, demandent la parole. Avec ces chauffeurs de taxi – souvent des gens formés à l’Université mais qui n’ont pas de travail -, la discussion passe très vite des «coupeurs de route» à tous les autres problèmes de la vie quotidienne, à l’incompétence du gouvernement et à la corruption de la classe politique.

Affisou, chauffeur de taxi:

Affisou, chauffeur de taxi

Abdulai, chauffeur de taxi:

Abdulai, chauffeur de taxi

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Gusau. Capitale de l’Etat de Zamfara  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

IbrahimComme tous les matins, nous prenons notre petit déjeuner avec Illia dans un troquet du bord de la route. Et comme chaque matin, nous sommes entourés par une horde de gosses, mal vêtus, peu nourris et dont le seul bien se limite à une gamelle de fer ou de plastique.

Talib�sCe sont des «talibés», ces enfants placés parfois pour plusieurs années par leurs parents auprès d’un maître d’école coranique. Comme leur professeur, ils vivent de la mendicité.

Rencontre avec par Ibrahim, 10 ans, qui vient de l’Etat de Kano, à plusieurs dizaines de kilomètres de Gusau.

Ibrahim récite une des sourates qu’il a apprises par cœur:

Ibrahim récite une des sourates qu’il a apprises par cœur

L’interview d’Ibrahim:

L’interview d’Ibrahim

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Evénement: Nigeria 2008

Bandeau Nigeria une vie sous la charia

En marge des carnets de route d’Un dromadaire sur l’épaule, diffusés tous les jours entre 14h00 et 15h00 sur La Première, Cyril Dépraz vous propose ses notes de voyage prises lors de la dizaine de jours qu’il a passés dans le nord du Nigeria entre février et mars 2008.
Textes, mais aussi photos, films et sons captés avec son collègue Illia Djadi racontent, jour après jour, quelques-unes de ces vies sous la charia.

Un dromadaire sur l’épaule | Photos | Carte Afrique | Carte Nigeria (détail)

Gusau, toujours au petit déjeuner  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Après avoir parlé avec les enfants, nous souhaitons leur donner une miche de pain. Un habitant du quartier nous aide à organiser la distribution.

Illia filme la scène. Il me traduit ensuite ce que l’homme dit aux enfants : «Regarde la caméra ! Je te préviens, on vous surveille! Ne reviens pas chercher un autre morceau de pain. Tu es filmé!»

Distribution de pain aux enfants:

Gusau, distribution de pain

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Gusau, le vendredi vers 13h00  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Le vieil homme de la mosquée. [cyril dépraz / rsr]

Zamfara est le premier Etat du nord du Nigeria a avoir instauré la charia en octobre 1999.

Des tribunaux islamiques ont été créés. Une police des mœurs, appelée hisbah, a été formée. Les cinémas, les bars ont été fermés. L’alcool interdit et les prostituées chassées. En 2000 et 2001, deux voleurs ont été amputés de la main droite. A en lire les journaux de l’époque, il régnait à Gusau un petit air de Téhéran des années 1980.

Aujourd’hui Ahmad Sani, l’ancien gouverneur – plébiscité en 1999 et réélu en 2003 pour son programme exclusivement basé sur la charia – ayant terminé son mandat, le climat semble s’être un peu détendu.

Avec Illia nous partons pour la grande mosquée de Gusau, afin de «sentir» l’ambiance un jour de prière. Sur une colline, un grand bâtiment blanc et vert-olive. Sobre, lumineux, élégant. La mosquée est encore en construction. Seul un des quatre minarets pointe vers le ciel.

Vers 13 heures, sous un soleil de plomb, des milliers de fidèles affluent des rues avoisinantes, s’alignent en rangs, déroulent leur tapis en plein soleil, secouent le sable de leurs chaussures, s’asseyent, échangent encore quelques mots avant le grand calme qui précède l’appel à la prière. Nous sommes noyés dans cette foule. Quelques regards curieux. Aucune animosité.
Après la prière, nous sommes abordés par un vieil homme.

Le chant du vieil homme de la mosquée:

Gusau, le chant du vieil homme de la mosquée…

L’interview du vieil homme de la mosquée:

Gusau, l’interview du vieil homme de la mosquée…

–> A propos de cette journée à la mosquée, voir également Un Dromadaire sur l’épaule du 20 mai 2008

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Dans les rues du Gusau, plus tard  Ouvrir l'article au format PDF


Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Toujours des chants, mais moins mystiques cette fois.

Quoique !

Le long d’une des artères de la capitale, nous croisons des dizaines de recrues de la police en plein footing…

Le footing de la police à Gusau…

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Gusau, hall d’hôtel  Ouvrir l'article au format PDF

Publié par Cyril Depraz 13 mai 2008

Les Haoussas du nord du Nigeria accordent un soin fou au protocole. Courbettes, inclinaisons de tête, longues salutations à l’arrivée et au départ des voyageurs, malheur à celui qui veut aller trop vite ou ne pas respecter l’étiquette.

Lu au-dessus du guichet de l’hôtel où nous logeons:

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