SOCIOLOGIE ETIENNE CHOUARD VIDEOS ALTERMONDE

« Résistance démocratique : la répression politique s’étend aux États-Unis »
par Naomi Wolf :
http://www.voltairenet.org/article152166.html

« Depuis cinq ans, nous alertons l’opinion publique mondiale sur la volonté de l’administration Bush de transformer les États-Unis en État autoritaire. Notre analyse, qui s’appuyait sur l’étude de projets de loi, n’a pas été alors prise en considération par certains en raison du choc psychologique du 11-Septembre. Ce qui était une intention est désormais une réalité, les textes sont mis en pratique : le nouveau régime intimide, harcèle et en définitive muselle ses opposants. Naomi Wolf recueille des témoignages de cette répression et tente de mobiliser ses concitoyens pour défendre leurs libertés.

« Depuis quelques mois je parcours les États-Unis, du Colorado à la Californie, et je parle avec des États-uniens de toutes les couches de la société sur les questions des libertés, sur les attaques qu’elles subissent en ce moment et sur le programme en dix étapes qui est en cours pour faire de ce pays une société fermée et répressive.

La bonne nouvelle est que les États-uniens se sont réveillés et sont conscients des dangers qui les guettent. Quand je me suis mis en route je pensais que j’allais affronter de l’opposition, de la résistance ou au moins de l’incrédulité quand je parlerais de l’obscurité qui s’étend lentement sur notre pays et l’héritage de liberté que nous ont légué nos ancêtres.

Mais je me retrouve à parler devant des assemblées qui n’ont pas besoin de moi pour être inquiètes. Des gens qui ont peur, qui ont perçu depuis longtemps le danger qui grandit et la société qui se prépare.

À mon grand soulagement, j’ai redécouvert une société états-unienne qui est intelligente et alerte, courageuse et indomptable, des gens qui n’ont pas peur d’entendre des mauvaises nouvelles et d’agir en conséquence. Et ce sont des patriotes, des vrais, qui aiment leur pays à cause des valeurs sur lesquelles il a été construit.

Mais je suis écorchée vive par les histoires que l’on vient me raconter lors de ces réunions. Et je n’arrive plus à lire mes mails ces derniers temps, tellement ils sont pleins de témoignages effarants.

Et partout où je vais, il y a toujours, au moins une fois par jour, une personne dans l’assemblée qui se lève pour parler. Elle a toujours l’air solide et forte, courageuse… et soudain elle va se mettre à pleurer, submergée par la peur, au beau milieu de son témoignage.

L’autre jour, à Boulder, une jeune mère de deux enfants, la trentaine, l’image même de la jeune états-unienne dynamique, s’est effondrée alors qu’elle me parlait : « Je suis outrée par tout ce que j’entends et vois, je voudrais tellement faire quelque chose ! Mais j’ai tellement peur. Je regarde mes enfants et j’ai peur. Comment lutter contre cette peur qu’ils ont planté en nous ? Qu’est ce qui est mieux pour l’avenir et la sécurité de mes enfants ? Est-ce que je dois agir et tenter de changer les choses ou bien me taire et ne pas me faire remarquer ? J’ai tellement peur de me retrouver fichée quelque part. »

À Washington DC, la semaine dernière, un directeur de service dans une administration, ancien joueur de foot, beau gosse, probablement membre du Parti Républicain, m’a confié, loin des micros, qu’il avait peur de signer le papier autorisant le FBI d’accéder à toutes les informations le concernant, comme l’y encourage l’agence anti-terroriste. « Mais en même temps, j’ai peur de ne pas la signer, si je ne le fais pas, je risque de perdre mon boulot, ma maison… c’est comme en Allemagne lors du fichage des fonctionnaires » me dit-il d’une voix résignée.

Ce matin, à Denver, j’ai parlé pendant plus d’une heure avec un très haut et très courageux gradé de l’armée, hautement décoré qui s’est retrouvé sur la liste des personnes surveillées (et interdites de prendre l’avion) parce qu’il a critique la politique de l’Administration Bush. Il m’a montré des documents qui prouvent que non seulement il est surveillé par les services secrets mais que toute sa famille est également espionnée et harcelée. Tout au long de sa carrière militaire, cet officier a mené de nombreuses missions très dangereuses au service de son pays, mais aujourd’hui, quand il me parle de sa crainte que ses enfants soient harcelés par le gouvernement à cause de ses opinions, sa voix se brise.

Ailleurs je suis abordée par une juriste qui travaillait pour le Ministère de la Justice. Un jour elle s’est opposée à « l’interrogatoire musclé » d’un détenu qui subissait une technique reconnue comme étant de la torture. Non seulement elle s’est retrouvée devant une commission de discipline, mais en plus elle a été sujette à une enquête criminelle, a perdu de l’avancement, a vu son ordinateur fouillé et ses mails effacés… et maintenant elle est sur la liste noire et ne peut plus prendre l’avion.

Lors d’une conversation dans une soirée, un technicien informatique travaillant pour une grande compagnie aérienne —et qui ne fait pas mystère de sa sympathie pour le Parti Républicain— m’explique qu’une fois que vous êtes sur la liste, il est impossible d’en sortir. « Même si on te dit que ton nom est effacé, ce n’est pas vrai, nous avons un système double qui n’efface jamais rien. »

Elisabeth Grant, de la Coalition contre la guerre, a montré lors d’une conférence de presse la note manuscrite et le petit drapeau états-unien retrouvé dans sa valise après un voyage en avion. La note disait que l’agence anti-terroriste n’appréciait pas ses lectures.

Comme à l’époque du Mur de Berlin, quand je fais le queue pour me faire fouiller dans les aéroports, je me surprends à passer une nouvelle fois en revue le contenu de mon sac.

L’autre jour, à New-York, je me suis fait violence en jetant à la poubelle un exemplaire du dernier livre de Tara McKelvey Monstering que j’étais entrain de lire. Cet excellent ouvrage dénonce les pratiques d’interrogatoire utilisées par la CIA. Malgré le fait que j’avais acheté le livre dans une librairie grand public en ville… on ne sait jamais, il contient des informations « classifiées » et on pourrait m’accuser de faire le jeu des terroristes en les lisant. (…) Dans mon Amérique à moi, celle qu’on m’a apprise à l’école, on ne se comporte pas comme ça. (…) Et tout le monde me pose la même question : que pouvons nous faire ?

Cette avalanche de témoignages d’abus et d’atteintes aux libertés des citoyens états-uniens montre clairement qu’un réseau criminel et de surveillance est en train de prendre de plus en plus de citoyens innocents dans ses filets. Il est évident que ceci n’a rien à voir avec la démocratie — ni même avec l’habituelle corruption de la démocratie. Et il est clair que nous aurons besoin d’une action plus énergique que de simplement envoyer des lettres à notre député.

Les gens qui viennent témoigner ne sont pas des illuminés anarchistes, Ils sont de toutes les obédiences politiques, conservateurs, apolitiques, progressistes. La première régle d’une société en cours de fermeture ou bien déjà fermée est que ton alignement avec le parti politique au pouvoir ne te protège en rien ; dans un véritable État policier, personne n’est à l’abri.

Je lis mon journal le matin et je n’en reviens pas :

• Sept soldats ont publié une lettre dans le New York Times pour critiquer la guerre : peu de temps après, deux sont morts dont un d’une balle dans la tête tirée à bout portant.
• Une femme comptable de l’armée qui voulait dénoncer les abus et détournements financiers est morte dans son baraquement, abattue d’une balle dans la tête, ici aussi à bout portant.
• Pat Tillman, qui avait écrit un mail à un ami où il envisageait de dénoncer des crimes de guerre dont il avait été témoin : une balle dans la tête.
• Donald Vance, un employé de l’armée qui avait dénoncé des trafics d’armes au sein de l’armée en Irak — kidnappé par des soldats US à l’intérieur même de l’Ambassade US de Bagdad et enfermé et torturé pendants des semaines sur une base militaire US, sans accès à un avocat — et officiellement menacé des pires représailles s’il parlait à quiconque à son retour au pays.
• Et dans le dernier numéro de Vanity Fair un sous-traitant de l’armée qui avait dénoncé des malversations raconte qu’il a été kidnappé par des soldats US masqués et armés, passé à tabac toute une nuit dans un préfabriqué avant d’être expulsé d’Irak le lendemain. L’administration militaire a refusé d’entendre sa plainte et l’a fait éjecter du bureau.

Ce matin le New York Times écrit que le Département d’État (employeur des mercenaires de Blackwater USA) refuse officiellement de coopérer avec le Ministère de la Justice ou le FBI dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de 17 civils irakiens innocents. La Maison-Blanche soutien l’attitude méprisante du Département d’État vis à vis de la justice de ce pays.

Ce n’est pas une information anodine. Mes lecteurs qui ont retenu quelque choses de l’histoire du XXè Siècle seront horrifiés mais pas surpris. La « Deuxième étape » de la fermeture d’une société ouverte est la démonstration par l’État aux citoyens que la force paramilitaire est au dessus des lois du pays et que la loi ne peut donc plus servir de refuge à la dissidence.

En permettant au FBI et à la CIA d’arrêter n’importe quel citoyen états-unien et de le priver de ses droits légaux, le secrétaire à la Justice a fait comprendre aux citoyens US une leçon très simple : Nul d’entre vous n’est à l’abri de l’arbitraire d’État. Nous pouvons venir comme cela nous chante, enfoncer votre porte et vous faire disparaître pour toujours… en toute légalité.

(…) Si l’administration de ce pays annonce publiquement qu’elle ne sanctionnera pas les agissements criminels de ses propres employés en Irak et fera obstacle à la justice — alors est ce que les députés du Congrès auront le courage d’affronter les agissements similaires de Blackwater quand cette société remportera le contrat qu’elle convoite, celui de la sécurité intérieure aux États-unis ?

Ou bien cette force paramilitaire et protégée par l’État sera t-elle assez puissante pour intimider nos représentants — et nous mêmes ?

Est-ce que nous oserons encore manifester dans la rue si nous savons que nous risquons de recevoir le même traitement que les civils de Bagdad, mitraillés depuis des hélicoptères de Blackwater ? Est-ce qu’un député osera proposer une loi contre Blackwater s’il sait qu’il peut se faire tuer d’une balle dans la tête, en toute impunité ?

(…) N’oubliez pas que, dans la situation actuelle, le département de la Sécurité de la Patrie (Homeland Security) a le droit légal de déployer les mercenaires de la société Blackwater dans votre ville dès ce soir.

Naomi Wolf

Journaliste et écrivain féministe. Dernier ouvrage paru : The End of America : A Letter of Warning To A Young Patriot. »

Mon commentaire : voilà ce qui finit par arriver (et ça nous pend au nez, à brève échéance) dans un pays où les institutions ne permettent pas de résister aux abus de pouvoir.

Il ne suffit pas de clamer, de proclamer, de rabâcher, que « nous sommes en démocratie ». L’incantation ne suffit pas. La démocratie s’impose juridiquement, dans les institutions : la démocratie, au sens moderne, passe par un réel contrôle des pouvoirs et ce contrôle ne peut exister sans une radicale séparation des pouvoirs.

Ne pas oublier — et aussi apprendre à nos enfants — cette immense parole de Montesquieu qui formalise peut-être la meilleure idée du monde :

« La démocratie et l’aristocratie ne sont point des États libres par leur nature. La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Mais elle n’est pas toujours dans les États modérés ; elle n’y est que lorsqu’on n’abuse pas du pouvoir ; mais c’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites.

Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »

Montesquieu, L’esprit des lois (1748), livre XI, chapitre IV.

Or, les élections ne permettent pas du tout le contrôle des pouvoirs. Il n’y a que les élus pour (faire semblant de) croire cette sottise que nous n’aurions besoin que d’élections pour garantir notre liberté.

Le contrôle des pouvoirs exige plus qu’un processus électoral, mais ce « plus », JAMAIS les élus ne nous le donneront eux-mêmes, car cela irait contre leur intérêt personnel : nous sommes perdus parce que nous avons abandonné — négligé, DÉLÉGUÉ AUX PARTIS — le processus constituant : à l’évidence pourtant, j’en suis sûr, ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.

Et vu sous cet angle, la réunion des exécutifs européens pour nous imposer les institutions que nous venons pourtant de refuser expressément par référendum, ce sommet des chefs d’État qui se réunissent pour s’affranchir encore un peu plus de tout contrôle citoyen, ce sommet de Lisbonne est la négation même du libéralisme des Lumières (Locke, Montesquieu, Benjamin Constant, etc. qui, comme Platon et Aristote, cherchaient tous à limiter le pouvoir de la puissance publique — l’État, ce Léviathan — pour protéger les libertés individuelles) : LE PROCESSUS ACTUEL DE L’UNION EUROPÉENNE EST PROFONDÉMENT ANTI-LIBÉRAL EN CECI QU’IL NOUS IMPOSE UNE CONFUSION DES POUVOIRS DANS LES MAINS DES EXÉCUTIFS, il vide ainsi nos libertés de leur substance, il nous dépouille.

Je rappelle l’article 16 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen (1789) :
« Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »
Le Traité Modificatif Européen (TME) est une félonie et ce sommet des chefs d’État est un Cartel de Tyrans.

Ni en France, ni en Europe, la séparation des pouvoirs n’est instituée. Nous n’avons pas de Constitution, nos libertés sont en danger.

Au nom de Montesquieu et au nom de la Déclaration des droits de l’Homme, je réclame une vraie séparation des pouvoirs, je réclame une vraie Constitution !

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Commentaires

1. Le vendredi 19 octobre 2007 à 21:18, par tom75

C’est presque incroyable de voir les États européens s’asseyant sur le vote NON des peuples français et néerlandais au référendum sur le TCE et que, sous prétexte de la suppression de certaines appellations ou mesures symboliques, ils ont adopté sans aucune gêne un traité qui reprend l’essentiel de ce qui avait été rejeté !

Autrement dit, nous avons LA PREUVE que les citoyens ne sont pas conviés à cette construction européenne (a moins de « penser bien » et d’aller dans le sens préconisé) et qu’avec l’aide de la presse, ils font ce qu’ils veulent puisqu’ils ont été élus ou nommés…

Pour nous défendre ? Mais non, allons…
Pour conduire le troupeau, bien sûr !

2. Le samedi 20 octobre 2007 à 12:55, par Dom

Je dirais surtout qu’on ne peut pas laisser faire sans réagir. Mais comment ? Pétition ? Manifestations ?

3. Le samedi 20 octobre 2007 à 17:26, par Instit

Le 9 mars 2007, à Bruxelles, François Bayrou s’est engagé en faveur de l’organisation d’un référendum sur le traité simplifié :

« François Bayrou fait un tabac à Bruxelles.

L’envolée dans les sondages de François Bayrou n’a pas échappé au microcosme bruxellois.La bibliothèque Solvay était comble, hier matin, pour son discours devant les « Amis de l’Europe ».

Du ministre belge des Finances, le libéral Didier Reynders, il y a quelques semaines encore farouche partisan de Nicolas Sarkozy, à Joëlle Milquet, présidente des démocrates-chrétiens francophones, toute la droite belge se pressait pour saluer le nouveau favori des sondages. Plusieurs directeurs généraux de la Commission s’étaient déplacés, jusqu’à l’ambassadeur de la France auprès de l’Union, Pierre Sellal, flanqué de son adjoint et de son porte-parole. Même l’ambassadeur du Japon a voulu découvrir le phénomène, invité, in extremis, à déjeuner avec les Premiers ministres libéraux européens par Guy Verhofstadt, le Premier ministre belge. Point fort de son discours européen, François Bayrou, très applaudi, a affirmé que « seul le peuple peut refaire ce qu’il a défait », en s’engageant à soumettre à référendum un nouveau traité « court, lisible et compréhensible par tous ». Il se distingue ainsi de Nicolas Sarkozy, favorable à une ratification parlementaire d’un traité simplifié, et de Ségolène Royal, qui souhaite garder la substance du traité actuel en l’agrémentant d’un protocole social. »

http://bayrou2007.canalblog.com/archives/p92-2.html

Il faudrait demander aux députés et aux sénateurs du PS, du MoDem, etc, de tenir leur engagement. Il faudrait leur demander de ne pas voter la ratification parlementaire du traité simplifié en décembre 2007 lors du Congrès à Versailles.

4. Le samedi 20 octobre 2007 à 17:34, par Instit

Pendant la campagne électorale, le PS s’était engagé à organiser un référendum sur le traité simplifié :

« Nous proposerons l’élaboration d’un Traité strictement institutionnel qui organisera efficacement les pouvoirs, avec un Parlement Européen exerçant ses pleines responsabilités législatives et budgétaires, un Président de la Commission élu par le Parlement, un Conseil Européen, avec à sa tête un Président de l’Europe. Une fois renégocié un tel traité sera soumis au peuple par référendum.« 

http://projet.parti-socialiste.fr/tag/le-texte-du-projet/partie-iv-faire-reussir-la-france-en-europe-et-dans-le-monde/

Il faudrait faire pression sur les députés et sur les sénateurs du PS et du MoDem pour qu’ils tiennent leur engagement.

5. Le lundi 22 octobre 2007 à 10:32, par Étienne


« Daniel Ellsberg : l’homme le plus dangereux des États-Unis revient… »

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=30524

« Daniel Ellsberg, c’est l’homme qui en rendant public des documents secrets du pentagone déclencha le scandale des Papiers du Pentagone (Pentagon Papers) en 1971, une affaire d’État qui contribua à condamner la guerre du Vietnam aux yeux de l’opinion publique américaine.

35 ans plus tard, Daniel Ellsberg s’inquiète des dérives autoritaires de l’exécutif, et appelle ses concitoyens à faire barrage à la coterie qui s’est saisi des leviers de l’État et s’apprête à nouveau à entraîner le pays dans une guerre catastrophique contre l’Iran.

L’affaire d’État que constitua le Pentagon Papers à une époque où les médias américains ne craignaient pas d’affronter une administration « en guerre », participa de la fin de la guerre du Vietnam.

Les documents « secrets » jetés en place publique étaient accablant pour le Pentagone, mettant en lumière le systématisme des mensonges dans la communication de l’administration Nixon sur la question vietnamienne… Le New-York Times publia les « papiers du Pentagone » durant une quinzaine de jours, rendant fou Kissinger qui déclara Daniel Ellsberg « L’homme le plus dangereux des États-Unis »… L’affaire s’acheva devant la Cour suprême, mais les dégâts furent considérables en termes d’opinion publique et de méfiance des médias : l’administration Nixon ne s’en remit jamais vraiment.

Les années suivantes virent la fin du désastre vietnamien et l’affaire du Watergate, qui conduisit Nixon à quitter le pouvoir en 1974… »

Ce citoyen « donneur d’alerte », Daniel Ellsberg, écrit aujourd’hui :

« Un coup d’État a eu lieu. »

A Coup has occurred (20 septembre 2007)

Publication originale Consortium News, traduction Contre Info

« Je pense qu’il n’y a pas de priorité plus urgente que de prévenir une attaque contre l’Iran qui s’accompagnerait, je le crois, d’un nouveau changement dans l’exercice du pouvoir aux États-Unis ayant pour effet de nous conduire vers ce que j’appellerai un état policier.

S’il se produit un nouveau 11-Septembre sous ce gouvernement, cela signifiera qu’ils utiliseront à plein l’appareil policier qui a été patiemment construit, largement en secret tout d’abord, mais finalement révélé, connu et accepté par les élus démocrates du Congrès et par les Républicains.

Restera-t-il un domaine où la surveillance de la NSA sur les citoyens pourrait encore s’accroître ? Ils peuvent ou pas avoir atteint les limites de leurs capacités technologiques aujourd’hui. Mais si ce n’est pas le cas, cela le deviendra après un nouveau 11-Septembre.

Je crois qu’après des représailles iraniennes en réponse à une attaque américaine, nous assisterions à une escalade des attaques contre l’Iran, qui serait également accompagnée par une suppression totale de l’opposition dans ce pays, y compris avec des camps de détention.

Il m’est assez difficile de dissocier ces deux circonstances. Elles pourraient advenir ensemble : soit un autre 11-Septembre ou une attaque contre l’Iran dont les réactions contre Israël, nos navires, nos troupes en Irak, et peut-être dans ce pays, justifieraient l’entière panoplie de mesures qui ont été préparées, légitimées, et jusqu’à un certain point promulguées sous la forme de lois.

Nous avons affaire au gouvernement à une équipe malfaisante très particulière, même du point de vue des Républicains. Mais je crois que les successeurs de ce gouvernement ne reviendront sans doute pas sur les entorses à la constitution. Ils en tireront avantage, les exploiteront.

Hillary Clinton décidera-t-elle de mettre fin aux agissements de la NSA après 5 ans de surveillance illégale ? Privera-t-elle le gouvernement de sa capacité de protéger les citoyens américains d’un éventuel terrorisme en se privant de tout ce que la NSA peut fournir comme informations ? Je ne le crois pas.

À moins que grâce à un changement — radical — dans le climat politique, ces mesures soient annulées avant que le nouveau gouvernement ne soit en place — et il n’existe aucun indice en ce sens — je ne vois pas cela se produire sous le prochain gouvernement, qu’il soit républicain ou démocrate.

Le prochain coup d’État

Permettez-moi d’être direct et de ne pas faire de phrases. Un coup d’État à eu lieu. Je me suis réveillé l’autre matin en me rendant compte qu’un coup d’État avait eu lieu. Il n’est pas seulement question d’un prochain coup d’État qui pourrait avoir lieu après un nouveau 11-Septembre. Car il s’agirait là du prochain, venant compléter le premier.

Durant les cinq dernières années, nous avons assisté à un assaut soutenu sur tous les fondements de notre constitution, que le reste du monde regardait comme une expérience modèle depuis 200 ans, grâce à ses procédures de contrôle, au rôle limité du gouvernement, à son Acte des droits fondamentaux, à la protection des droits de l’individu par le Congrès, sa justice indépendante, la possibilité de révoquer un président.

Par le passé, ces principes ont été violés par de nombreux présidents. La plupart des actes commis par Bush dans le domaine des surveillances illégales et autres avaient été accomplis sous la présidence de mon patron, Lyndon Johnson durant la guerre du Vietnam, comme l’emploi de la CIA, du FBI, de la NSA contre des citoyens américains.

Je pourrais citer une liste d’exemples remontant à la suspension par Lincoln de l’Habeas Corpus durant la guerre civile, et encore avant, à la Loi sur les Étrangers et les Actes de Séditions au XVIIIe siècle. Mais je crois qu’aucun de ces présidents n’était du genre de ce qui décrit selon moi ce gouvernement : un ennemi intérieur de la constitution.

Je pense qu’aucun de ces présidents, malgré toutes ces violations de la loi qui auraient provoqué leur empêchement si elles avaient été connues — mais elles n’ont été révélées qu’après leurs mandats — ne représentait un défi comparable à celui d’aujourd’hui.

C’était le cas en ce qui concerne le premier mandat de Nixon, et certainement de Johnson, de Kennedy et d’autres. Ils méritaient d’être destitués, même s’ils n’ont pas été découverts à temps, mais je pense qu’il n’était pas dans leurs intentions, lors des crises qui ont motivé leurs actes, de transformer la nature de notre gouvernement.

Il devient de plus en plus clair, après chaque nouvel ouvrage publié, chaque indiscrétion, que Richard Cheney et son actuel chef de cabinet David Addington ont eu précisément ce projet à l’esprit dès le début des années 1970, et non pas depuis 1992, non pas depuis 2001. Ils ont cru à la prééminence du pouvoir exécutif, sous un président — élu ou pas — bénéficiant de pouvoirs sans contrainte. Ils ne croient pas à la contrainte.

En déclarant ceci, je ne prétends pas qu’il s’agisse de traîtres. Je ne crois pas qu’ils aient en tête une quelconque allégeance à un pouvoir étranger, ou qu’ils aient le désir d’aider un pouvoir étranger. Je pense qu’ils ont en eux un attachement à ce pays, et à ce qu’ils imaginent de meilleur pour celui-ci. Mais ce qu’ils imaginent comme le meilleur est directement en contradiction avec la pensée des Pères Fondateurs et de la constitution.

Ils croient que nous avons désormais besoin d’un autre genre de gouvernement, sous la forme d’un pouvoir exécutif, gouvernant par décret, ce qui est le cas lorsque le président signe des ordonnances. Nous en parlons comme de veto, ce qui est une façon de les reconnaître comme anti-constitutionnelles, mais d’un autre côté nous nous contentons de dire que le président déclare qu’il « décide des lois à promulguer, qu’il légifère. » (…)

Les Fondateurs avaient raison

Je qualifie ces événements de crise, non seulement parce qu’il s’agit là d’une rupture dans les traditions, mais parce que je crois au plus profond de moi, et grâce à mon expérience que les Pères Fondateurs avaient raison sur ce point.

Il ne s’agit pas seulement de « notre façon d’agir » qui serait en cause. Les fondateurs de la République avaient une compréhension aiguë de la force corruptrice du pouvoir pour quiconque, y compris les Américains. Ils voulaient des procédures et des institutions qui puissent instaurer un contrôle du pouvoir, car en leur absence, l’alternative c’est ce que nous avons vécu : des guerres comme le Vietnam, des guerres comme l’Irak, des guerres comme celle qui vient.

Ceci m’amène à mon second argument. Ce pouvoir exécutif, dirigé par Bush et Cheney, malgré l’opposition de la plupart des membres du gouvernement, même ceux des ministères, veut clairement une guerre contre l’Iran, qui se justifie selon les critères habituels de l’impérialisme. Critères acceptés non seulement par quasiment l’ensemble des membres de l’exécutif, mais aussi par la plupart des dirigeants du Congrès. Critères qui sont les intérêts de l’empire, la nécessité de préserver l’hégémonie américaine, notre droit et notre besoin de contrôler les ressources pétrolières du Moyen-Orient et ailleurs. Il y a là un consensus dans les cercles dirigeants.

Mais même selon ces critères, une attaque de l’Iran est une folie. Je dis cela tranquillement. Il ne s’agit pas de rhétorique. Bien sûr, c’est non seulement une agression, une violation des lois internationales, un crime majeur, mais c’est aussi, en termes de pouvoir impérial, une folie à cause de ses conséquences.

Cela rend-il cette attaque impossible ? Non, évidemment. Plus encore, cela ne la rend même pas invraisemblable.

Deux raisons concourent à cela en dehors d’une acceptation pour diverses raisons par le Congrès — Démocrates et Républicains confondus — par l’opinion, par les médias.

Tout d’abord nous avons libéré la Maison-Blanche — président et vice-président — de potentiellement toute limitation posée par le Congrès, la justice, les médias et autres.

Ensuite, les hommes à la tête du gouvernement qui jouissent de ces pouvoirs sans limites sont des fous. Pas complètement certes, mais ils n’en reste pas moins qu’ils ont des croyances folles.

La question devient alors, que pouvons-nous faire ? Nous nous dirigeons vers une folle entreprise, pas à coup sûr, mais sans doute. Je voudrais être réaliste en la circonstance, et nous encourager à faire ce que nous devons, ce qui doit être fait. En ayant pleine connaissance des faits. Rien n’est impossible.

Ce dont je parle, cette dérive vers un État policier, vers une attaque contre l’Iran, n’est pas acquis. Rien n’est encore certain aujourd’hui. Mais je pense que c’est probable, plus vraisemblable qu’invraisemblable, que dans les 15 ou 16 mois qui restent à ce gouvernement, nous assisterons à une attaque de l’Iran. Probablement. Et quoi que nous fassions.

Et nous ne parviendrons sans doute pas à influencer le Congrès. Et le Congrès n’empêchera sans doute pas le président de le faire. Voilà vers quoi nous nous dirigeons, et c’est une perspective dangereuse, très dangereuse.

Quoi qu’il en soit, je pense qu’il nous appartient d’accroître les faibles chances de prévenir ceci durant les 15 prochains mois, sans parler de ce que nous aurons à faire pour le restant de nos jours.

Restaurer la République

Réinstaurer un gouvernement constitutionnel et l’améliorer prendra du temps. Je pense que si nous n’entreprenons pas ce travail aujourd’hui, il ne débutera pas sous le prochain gouvernement.

Sortir d’Irak prendra beaucoup de temps. Mais prévenir une action contre l’Iran, prévenir un nouveau coup d’État après un 11-Septembre, une autre attaque, ce sont les tâches pour aujourd’hui qui ne peuvent être différées. Cela nécessitera un courage moral et politique que nous n’avons que peu vu se manifester jusqu’à présent.

Il y a dans cet auditoire une concentration très inhabituelle de gens qui ont changé de vie, changé de situation, perdu la plupart de leurs amis, et ont pris le risque de se voir désigner par le terrible nom de « traître », de « faibles devant le terrorisme », le genre de qualificatifs que les politiciens veulent éviter à tous prix.

Comment ferons-nous pour qu’encore plus de gens au gouvernement et dans la société changent leurs vies de façon radicale dans un contexte de crise ? Comment convaincrons-nous Nancy Pelosi et Harry Reid, par exemple ? Quel genre de pressions, quel genre d’influences devront être mises en œuvre pour amener le Congrès à faire son travail ? Il ne s’agit pas d’ailleurs seulement de les faire travailler. Il s’agit de leur faire respecter le serment qu’ils ont prêté en prenant leur fonction.

J’ai prêté serment de nombreuses fois. Comme lieutenant des Marines, comme fonctionnaire du département de la Défense, comme fonctionnaire du département d’État et comme fonctionnaire des Affaires étrangères. J’ai prêté le même serment que celui qui est prononcé par tous les membres du Congrès, tous les fonctionnaires des États-Unis, et tous les officiers de l’armée américaine.

Et ce serment n’est pas effectué envers un commandant en chef, un führer. Pas plus qu’à des officiers supérieurs. Ce serment engage à protéger et défendre la constitution des États-Unis.

Ce serment je l’ai violé chaque jour durant des années au département de la Défense, sans m’en rendre compte, lorsque je me taisais, lorsque je savais que l’on mentait à l’opinion publique au sujet de la guerre, comme on lui a menti pour l’Irak, et comme on lui ment pour la guerre contre l’Iran.

Je savais que j’avais les preuves de ces mensonges, et je ne les ai pas produites. Je ne respectais pas alors mon serment — ce que j’ai fait plus tard.

J’ai souvent dit que le lieutenant Ehren Watada, qui est aujourd’hui poursuivi pour avoir refusé les ordres de déploiement en Irak qu’il jugeait à raison inconstitutionnel et relevant d’une guerre d’agression, est le seul officier de l’armée des États-Unis qui a pris au sérieux son serment.

Le président viole clairement ce serment. Tous ceux qui sont sous ses ordres et qui comprennent de quoi il s’agit — ils sont très nombreux — violent leur serment. Voilà les exigences que nous devrions poser.

Courage parlementaire

Sur le plan politique, en ce qui concerne les Démocrates, je crois que nous devrions demander aux dirigeants à la Chambre et au Sénat — et également aux Républicains — que leur unique priorité ne soit plus d’être réélus ou de conserver une majorité démocrate pour que Pélosi soit maintenue en fonction au Parlement et Reid au Sénat.

Je ne prétends pas que les politiques pourraient ignorer cette question, ou qu’ils devraient changer entièrement de comportement ou ne plus s’en préoccuper.

Bien sûr, il y a là pour eux une préoccupation majeure, mais ils agissent comme si c’était là leur seul souci. Celui de la poursuite des affaires courantes. « Nous avons une majorité, ne la perdons pas, conservons-la, conservons nos présidences aux deux chambres.  » Mais qu’ont fait pour nous ces deux présidences dans les deux dernières années ?

Je suis choqué de lire aujourd’hui que les Républicains menacent de faire de l’obstruction si nous restaurons l’Habeas Corpus. La remise en cause de l’Habeas Corpus avec l’aide des Démocrates ne nous a pas ramené à l’époque de la domination anglaise sur la colonie américaine. C’est une contre-révolution qui nous a ramené 700 ans en arrière.

Je crois que nous devons trouver le moyen de leur faire respecter leur serment de préserver la constitution, qui mérite d’être défendue, car c’est à travers le pouvoir que cette constitution donne au Congrès que nous pouvons protéger le monde des fous qui sont au pouvoir à la Maison-Blanche et qui ont l’intention d’attaquer l’Iran.

Les généraux qui ont compris que ce serait une catastrophe ne se sont pas non plus pas manifestés. Il peut s’agir de gens qui ont par le passé risqué leur vie au Vietnam ou ailleurs, comme Collin Powell, et ne risqueraient pas leurs carrières ou leur accointances avec la présidence.

Tout ceci doit changer. Et c’est l’exemple de gens comme ceux qui sont rassemblés ici, qui d’une certaine façon rappellent à nos élus qu’ils ont, en tant qu’humain et en tant que citoyen, le pouvoir d’agir et de trouver en eux-mêmes le courage de protéger ce pays et le monde.

Merci. »

Daniel Ellsberg.

 

6. Le lundi 22 octobre 2007 à 20:06, par Marc

Je lis votre article. Oui, la démocratie est en danger du TCE bis. Quelle violence et quelle gravité ? Que faire ? Comment faire alliance des NON et demander le minimum de respect de la volonté des peuples.

7. Le mardi 23 octobre 2007 à 18:45, par philéas

Vous semblez oublier qu’il n’y a pas de démocratie sans information « libre et non faussée » (pour paraphraser devinez quoi).

Le nouveau traité comprend :

Renoncement au projet constitutionnel et à ses symboles

Réécriture des objectifs de l’Union européenne et élimination de la concurrence libre et non faussée qui n’est plus un objectif transversal mais une ligne de conduite applicable à la politique de concurrence, c’est à dire à UNE PARTIE seulement de l’action de l’Union

Relations entre l’Union et les Etats membres : le traité est moins explicite que ne l’était le traité constitutionnel, et limite la liberté d’action de l’Union européenne en réintroduisant un contrôle renforcé des états : « système de freinage », renforcement du rôle des parlements nationaux qui non seulement auront un droit de regard mais pourront s’opposer à des décisions communautaires. Idem pour le Conseil. Ce qui change beaucoup la donne.

Communautarisation du troisième pilier (justice et affaires intérieures) donc, contrôle démocratique par du Parlement européen

Protocole sur les services publics qui reconnaît et protège la marge de manœuvre des états dans la fourniture, la mise en service et l’organisation des services d’intérêt économique général d’une manière qui réponde autant que possible aux besoins des utilisateurs

Par contre, c’est vrai, le traité reprend la plupart des dispositions institutionnelles (ex : accroissement des compétences législatives du Parlement européen, modification du vote au Conseil), celles de l’appartenance à l’Union, de la communautarisation du troisième pilier , justice et affaires intérieures (donc le Parlement européen aura son mot à dire ce qui n’est pas le cas aujourd’hui le Conseil décidant seul), et la Charte des droits fondamentaux.

Quant aux politiques de l’Union européenne (la fameuse partie III du traité constitutionnel) elles ne sont pas incluses dans le nouveau traité.

Conclusion: prétendre que le nouveau traité est la copie du traité constitutionnel c’est de la galéjade.

8. Le mercredi 24 octobre 2007 à 06:32, par Étienne

Philéas,

je dois m’occuper de mes étudiants, je dois filer rapidement et je serai pris toute la journée, et je manque de temps pour vous répondre ici (je l’ai déjà fait maintes fois en détail, un peu partout sur ce site).

Je crois que vous ne vous trompez pas sur tout, mais je crois que vous vous trompez sur tout ce qui est important.

En tout cas, que vous ne savez pas entendre ce qu’on dit et que vous obstinez à parler d’autre chose (je ne sais pas pourquoi vous faites ça et je ne vous fais pas de procès d’intention ; il me semble que vous êtes de bonne foi).

Personne ne dit qu’il n’y a pas d’amélioration, personne ne dit qu’il n’y a rien de bon, dans ce texte par rapport à la situation précédente : ce qu’on vous dit, — et il faudrait que vous restiez sur ces thèmes-là, décisifs, pour qu’un débat constructif puisse avoir lieu, pour éviter un dialogue de sourds où chacun parle de son sujet à lui — c’est qu’il y a dans ces textes (qui nous sont imposés sans débat honnête, ni référendum) plusieurs institutions absolument inacceptables ; inacceptables parce que très dangereuses, dangereuses pour vous aussi — et donc profondément antilibérales même, au demeurant, dans l’acception classique du mot « libéral » qui est née d’une crainte farouche des abus de pouvoir de l’État, ce Léviathan, sur les individus.

Je reviendrai à vous bientôt, dès que j’aurai un peu de temps (les vacances prochaines me donneront un peu de temps pour résister :o)

Amicalement.

Étienne.

9. Le mercredi 24 octobre 2007 à 09:02, par Vladimir

lu ce commentaire:

Franchement, vous vous plaignez de l’aspect élitiste du mini-traité? Mais la situation était tragiquement prévisible: dès la fin 2004 il était parfaitement évident que les porteurs du Non, ayant les présidentielles pour seul horizon, seraient incapable de faire de leur victoire quelque chose d’utile: ils auraient pu aller chercher d’autres sympathisants de leur causes, d’autyres adepte d’une démocratisation renforcé de l’Europe dans les autres états membres. S’ils avaient eu un peu de jugeotte, ils auraient utilisé les 30 mois qui ont suivis pour fonder et structurer une opposition audible à l’échelle du continent, mais ils ont préféré le confort de la contestation franco-française. Dès le début il était visible que le rejet du TCE allait aboutir à quelque chose de pire, et ce quelque chose de pire est arrivé.

Haute trahison

par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public, auteur de Droit constitutionnel (Economica, 2007).

http://www.marianne2.fr/Haute-trahison_a78911.html

Je souscris à cet avis avec le bémol, il n’est pas trop tard, l’émission d’ARTE d’hier sur les finances de l’Europe, prévient de la mise en place de l’IMPOT EUROPEEN dès l’adoption du nouveau traité.

10. Le mercredi 24 octobre 2007 à 14:36, par Philéas

Etienne

« Je crois que vous ne vous trompez pas sur tout, mais je crois que vous vous trompez sur tout ce qui est important ». Mais bien sûr ! Comment n’y avais-je pas pensé moi-même ?

Le problème c’est que dans mon post antérieur, je cite tout ce que le traité modificatif « modifie » (logique). Donc, «tout ce qui est important » serait ailleurs (comme dans x files : la vérité est ailleurs).

« Ailleurs » cela serait donc: dans ce qui n’est pas modifié dans les traités actuels et qui donc, continuera à s’appliquer que le traité modificatif soit ratifié ou pas. Par conséquent, vous refusez les avancées du traité modificatif pour que les traités actuels, moins démocratiques, mon sociaux, etc.. puissent continuer à s’appliquer. Vous êtes payé par Berroso ?

Allez, je plaisante. Je pars du principe moi aussi que vous êtes sincère. Mais l’enfer est pavé de bonnes intentions et c’est donc un enfer ultra libéral (selon votre analyse) que vous acceptez, dans l’espoir qu’un jour viendra où ce système s’écroulera et où des hommes libres et bons prendront le pouvoir pour guider l’humanité vers un avenir radieux (c’est beau).

Pourquoi ne dites-vous pas que vous voulez le retrait de la France de l’Union européenne ? Autrement, votre position n’a aucun sens sachant que votre refus du traité modificatif est une acceptation des traités en vigueur. Si ceux-ci sont fondamentalement détestables, il faut donc appeler à sortir de l’Union Européenne. Pourquoi ne le faites-vous pas ? Parce qu’il faudrait aussi expliquer ce que seraient les conséquences d’une telle décision ? Difficile. Je comprends dès lors que nombre de « nonistes » ne se sentent pas d’attaque pour cela et préfèrent orienter le débat sur un terrain moins dangereux et noyer le poisson. Et c’est ce que vous appelez un « débat constructif », avec le sens de l’humour qui vous caractérise.

Actuellement, je conseille un « petit » fournisseur étranglé par un « gros » client distributeur qui est adepte de la concurrence très faussée que vous défendez. Bizarrement ce fournisseur qui il y a peu était encore hostile à l’Union européenne comprend à présent l’intérêt qu’il y a à se défendre avec les armes que nous donne le droit communautaire. C’est un exemple. J’en ai d’autres de par mon travail.

Bref, je préfère l’action concrète aux parlottes et à la masturbation intellectuelle (simple écho au « viol » dont vous vous prétendez victime en jetant de hauts cris : puisque vous prisez la métaphore sexuelle autant y aller franchement)

Quant à mes étudiants (j’en ai aussi), je leur apprends à se méfier des « contrefaçons » des toutes espèces. C’est aussi cela la démocratie: garder l’esprit critique.

11. Le jeudi 25 octobre 2007 à 01:16, par Laurent_K

Bonjour Philéas,

Sur le sujet des ressemblances entre le traité rejeté en 2005 et le nouveau, je vous invite à lire la page suivante . C’est une compilation de textes de partisans des deux traités (VGE, Angela Merkel,etc…). C’est édifiant.

Par ailleurs, si je suis votre logique, nous devons accepter le mini-traité car il est moins pire que celui de Nice ou sortir de l’Europe ? Mais je vous rappelle que :

1°) Nous n’avons pas été consultés sur Nice, pas plus que sur l’élargissement de 2004. Nous ne les validons donc pas. Nous rejetons simplement ce qui nous déplait la seule fois où on nous pose la question depuis 13 ans. Cela ne signifie pas que nous approuvons le reste, au contraire.

2°) L’Europe est déjà à plusieurs vitesses (zone Euro, espace Schengen, dispositions spéciales pour la Grande-Bretagne et la Pologne). Alors pourquoi ne pas faire la même chose pour nous tout en restant dans l’Europe ?

Laurent

12. Le jeudi 25 octobre 2007 à 13:35, par AJH

@ Phileas

Je ne suis pas certain que les conséquences d’une sortie de l’UE soient si « catastrophiques » … Après tout la Suisse, le Liechtenstein, le Japon, le Canada ne font pas partie de l’UE et leur PIB / habitant est malgré cela supérieur à celui de la France. De plus nous avons quand même quelques atout qui ne nous impose nullement de nous être regroupés dans ce « machin » qu’est devenu de groupe des 27; La France est relativement indépendante en terme de satisfaction des besoins de la population et d’indépendance militaire si elle le souhaite: mais c’est vrai que nous avons aussi signé les cycles de l’OMC qui ont détruit notre tissus industriel et ces accrds, commes les Traités de l’UE nous « ligottent »…

Ce n’est pas mon souhait (de voir la France quitter l’UE): par contre une « vraie » UE devrait disposer d’une monnaie unique, jouer la performance mais avec les mêmes régles sociales, les mêmes taux de fiscalité et des salaires lissés (c’est tout cela qui fait une « concurrence non faussée »). Je suis donc de ce point de vue partisant d’une UE limitée aux pays de la zone euro, le second cercle restant celui des partenaires économiques privilégiés…

13. Le samedi 3 novembre 2007 à 01:06, par stefan

Pour faire vite, parce qu’il est déjà très tard et que je m’intéresse depuis des heures à toutes les discussions du blog, j’aimerais vous laisser un lien en relation avec l’article de Naomi Wolf, sur la peur exercée par l’Exécutif sur la population et la peur des dérives

Même si, en France, on nous parle ici de décadence sécuritaire, http://lmsi.net/ , assurément ça laisse à méditer…

14. Le mercredi 7 novembre 2007 à 18:29, par Adrien

Les caméras dans les lignes de métros parisiennes poussent comme des champignons. Dans la station près de chez moi, j’en ai recensé 22. Il y a 2 ans, il ne devait pas y en avoir plus de quatre… Il s’agit d’une station qui n’est parcourue que par une seule ligne. Sur un quai, vous pouvez en recenser 6. Sur le quai opposé, 5. Cette station, récemment rénovée, est tout sauf un cas particulier. Chaque matin, depuis quelques semaines, j’éprouve un malaise certain devant la perspective d’un monde orwellien qui se fait jour dans mon quotidien.

M’intéressant au sujet, je suis tombé sur un libre génial, indispensable – indispensable, je vous assure – mais très alarmant : « Sous l’oeil des puces » – La RFID et la démocratie (Michel Alberganti, Actes Sud, mars 2007).

L’auteur, journaliste au monde et présentateur de l’émission Science publique sur France Culture, enquête sur les nouvelles puces RFID, leur fonctionnement, ses applications et ses futures usages. J’essaierai de vous décrire le contenu, mais c’est très dense, et je doute de ma qualité de synthèse. Je ne peux que vous inciter, tous, très fortement à le lire.

Présentent des avantages de sécurité et de facilité d’approvisionnement indiscutables, Le système de traçabilité qu’induit cette technologie fait peser une véritable menace sur nous ; tous nos déplacments, habitudes, nos préférences et nos pensées, seront scrutés grâce à ces puces présentes dans tous nos objets (et peut être sous notre peau). Ces puces communiqueront via Internet et rendent possible le plus grand réseau de surveillance jamais créé.

Internet reliera davantage des objets que nous humains, et il se pourrait bien que nous devenions asservis.

Sachant que les RFID sont déjà en circulation et que vous en avez peut être déjà chez vous (passe « navigo » à Paris, carte de Bibliothèque Nationale de France, collier à puce de votre animal), ce livre est à lire d’extrême urgence.

15. Le samedi 8 décembre 2007 à 00:53, par Olivier P.

Hein, quoi ? Qu’est-ce qui se passe aux États-Unis ?

Les fonctionnaires doivent signer un accord d’abandon du droit à la vie privée pour rester en poste ? Les opposants politiques y sont surveillés par les services secrets ? Leurs enfants sont harcelés par le gouvernement ? Leurs carrières sont brisées ? Les déplacements des opposants politiques sont contrariés (à coup de fouilles rectales je suppose) ? La détention de livre y est considérée comme du terrorisme ? Les militaires qui s’opposent à ces dérives y sont systématiquement assassinés ? Et surtout, bientôt, ce sera le tour des représentants et des sénateurs de se faire descendre ???

Mais on ne m’avait rien dit ! Heureusement, Vanity Fair, Voltaire.net et le Plan C veillent au grain.

Vous croyez que je caricature ? Relisez bien cet article. Il nous dit :
1- les USA virent au fascisme pur et dur (version Pol Pot),
2- sans une constitution ratifiée par le peuple, l’Europe prendra le même chemin.

Allons, un peu de sérieux. Cet article est tellement excessif qu’il en est ridicule.

16. Le samedi 8 décembre 2007 à 10:31, par Étienne

C’est vrai, Olivier, il faut savoir rester raisonnable et se garder de tout excès.

Heureusement que votre sens du compromis et de la mesure nous alerte sur le ridicule des positions les plus outrées : les enlèvements arbitraires et la torture dans les camps de concentration externalisés, n’est-ce pas, il en faut un peu (pensez aux affreux terroristes qui menacent vos biens et vos proches, pensez-y, allez) et cet article monte en épingle une série de microscopiques détails. Tout cela n’est pas nouveau et pas spécifique : pas besoin de faire tout ce ramdam pour quelques musulmans emprisonnés sans procès ni défense puis torturés pendant des années loin de tout.

Ah, Olivier, vous avez bien fait de venir, votre solide argumentation me rassure enfin.

Et puis, tant que ce n’est pas nous qui sommes torturés, hein Olivier, on va pas se prendre le chou pour des arabes, n’est-ce pas.

[Attention, ne pas m’envoyer de tueurs à la maison, ceci est de l’ironie]

Vous avez le regard clair : nous sommes excessifs par ici.

Et puis ces soldats qui rentrent de la guerre en la conchiant publiquement dans les journaux et qui meurent par balle, personne ne sait qui les a tués, finalement, hein ? Ils ne sont peut-être pas tout blancs non plus, ils traficotaient peut-être à gauche à droite, c’est ça que vous voulez nous dire, sans doute, Olivier. Effectivement, il ne faut pas parler en l’air ; comme vous êtes sage, vous alors… Tout ça, c’est des racontars ou des exagérations : heureusement que vous intervenez pour exiger des preuves.

Allez, c’est vrai que ça tourne à la parano par ici : soyez raisonnables, amis lecteurs, cessez donc de réactiver votre vigilance envers les pouvoirs, Olivier nous préserve du ridicule et nous garantit que tout va bien : vous feriez mieux de regarder TF1 pour vous informer sérieusement.

Merci Olivier.

Étienne.

17. Le samedi 8 décembre 2007 à 23:04, par Adrien

Rassurez-vous ! La vidéo-surveillance nous protègera.

Les assises de la vidéosurveillance ont eu lieu le mois dernier et ont fait des émules parmi les élus locaux de France et de Navarre. http://www.reseau-ideal.asso.fr/video2/videosurveillance_urbaine/programme.html

Ainsi, la préfecture de police de Paris envisagerait l’installation de 1000 caméras avec le concours financier de la ville, qui s’eleverait à 45 millions d’euros (une paille!), sans compter les charges liées aux matériels associés et au personnel nécessaire pour « gérer le dispositif ».

La fuite en avant continue…

18. Le dimanche 9 décembre 2007 à 00:29, par Étienne

Thierry Meyssan interrogé par Alain Soral

Un entretien passionnant (une heure de vidéo en trois parties de 20 minutes) où Thierry Meyssan, animateur du réseau Voltaire, est interrogé par Alain Soral à partir de son dernier livre.

La partie 1 est très intéressante sur les techniques utilisées par les médias pour diaboliser les principaux résistants, dont Meyssan fait partie. Comme d’habitude, il faut lire les auteurs directement dans le texte, bien plus que les critiques.

Mais je vous recommande particulièrement les parties 2 et 3 où sont évoqués le Patriot Act et la contagion du recul des libertés prévisible en Europe, l’abandon atlantiste de nos nouveaux dirigeants, les enlèvements arbitraires en Europe et la torture organisés par l’empire étatsunien, le projet américain d’affaiblir économiquement l’Europe, la tentation néo-pétainiste de céder au puissant dominant, en faisant même du zèle pour lui plaire…

Bref, des analyses utiles sur des sujets graves abordés sur ce fil de blog (et jugés parfaitement ridicules par Olivier ;o)

http://www.dailymotion.com/video/x3ol2v_thierry-meyssan-par-alain-soral-par_politics

Étienne.

19. Le dimanche 9 décembre 2007 à 12:30, par j-jour

Bonjour Etienne,

Outre le fait que je ne peux pas voir de vidéos n’ayant pas de vitesse suffisante de connexion, l’entretien conduit par quelqu’un qui s’est engagé à côté de Jean-Marie Lepen http://www.bladi.net/forum/84832-alain-soral-choisit-fn/
qui est en quelque sorte par procuration déjà arrivé au pouvoir chez nous avec Sarkozy, discrédite à mes yeux cet interview.

Sinon, sur les libertés individuelles en voie de disparition aux États-Unis, je viens de découvrir cette loi HR1955 qui n’a plus qu’à passer au Sénat pour être adoptée (et par Bush, mais ça, y aura pas surprise)

http://j-jour.over-blog.com/article-7297713.html

20. Le dimanche 9 décembre 2007 à 12:50, par Étienne

Bonjour J-jour,

Je comprends votre message et pourtant, Thierry Meyssan dit là des choses que je trouve intéressantes et qu’on ne lit pourtant presque jamais.

Alors quelle est la bonne attitude ? Je ne sais pas. J’essaie de ne m’interdire aucune lecture, par principe, même si je sais que c’est parfois dangereux.

Ce qui est important, c’est que les hommes ne sont pas noir ou blanc, et qu’il y a du bon en chaque humain. Parfois, il faut chercher plus longtemps.

Par ailleurs, rien n’est définitif, nous ne sommes pas en porcelaine ; et le débat change les gens, petit à petit.

Je crois profondément aux vertus du débat démocratique. Mes amis m’accusent parfois de ne pas respecter des limites qui seraient imposées (sans débat ?). Je crois pourtant, malgré tout, à la solution du débat public imposé (c’est l’idée géniale du Parlement, le vrai, celui où tout le monde peut s’exprimer publiquement), à la solution universelle de la mise en scène des conflits, des vrais conflits, une solution que je place au-dessus de tout.

Mais je sais que je peux me tromper.

Je cherche.

Amicalement.

Étienne.

21. Le dimanche 9 décembre 2007 à 17:00, par j-jour

Je comprends ce que vous dites là, Etienne, j’étais moi-même partagée en envoyant mon message précédent en me disant que l’engagement de celui qui fait l’interview n’avait peut-être rien à voir avec la qualité de son interview sur le sujet.

En fait ce que je pense que je voulais dire sans réserve c’était: Il faut aussi avoir présent à l’esprit où est engagé Alain Soral, il faut le savoir. D’autant que si l’entrevue aborde le thème de « la torture organisés par l’empire étatsunien », j’ai entendu récemment Monsieur Lepen- auprès de qui il s’est donc engagé- à l’émission Ripostes de France5 ne pas réprouver l’utilisation de la torture dans « certaines circonstances ».

Cordialement.

22. Le dimanche 9 décembre 2007 à 22:54, par Étienne

Bonsoir,

je viens de recevoir un message d’une journaliste suisse qui connaît Thierry Meyssan et qui l’apprécie.

J’ai moi-même rencontré Thierry Meyssan (cet été) et nous avons parlé quelques heures.
Je confirme que c’est un homme charmant, calme et cultivé, rigoureux dans ses analyses, très convaincant sur une série de sujets qu’il connaît parfaitement.

Voici le message de Silvia :

« Thierry Meyssan : un journaliste d’investigation compétent, intègre, et scandaleusement ostracisé. »

« C’est avec intérêt que j’ai écouté ces deux vidéos, trouvées sur l’excellent site d’Etienne Chouard.

www.etienne.chouard.free.fr

http://www.dailymotion.com/related/6185911/video/x3omqd_thierry-meyssan-par-alain-soral-par_politics

http://www.dailymotion.com/related/6188053/video/x3ooll_thierry-meyssan-par-alain-soral-par_politics

Quand on entend Thierry Meyssan, et quand on a la chance de le rencontrer, de converser avec lui, on est à chaque fois impressionné par ses capacités d’analyse, son sérieux et sa clarté d’esprit ; et charmé par sa gentillesse, sa modestie.

Et on ne comprend pas comment dans un grand pays comme la France, tous les médias, gauche et droite confondues, en sont arrivés à le diffamer, puis à le maintenir au ban de la société, depuis ce jour où il est devenu célèbre pour son livre : « L’effroyable imposture », un succès de librairie pourtant mérité.

Si l’on comprend bien pourquoi le Président Bush considère Thierry Meyssan comme l’homme à abattre et a demandé à ce que la France le mette sur la liste des « terroristes », on a du mal a comprendre pourquoi, non seulement le quotidien Le Monde et Libération, mais aussi la gauche et les sites altermondialistes, l’ont traîné dans la boue, pour l’isoler, le faire taire.

Et on ne comprend pas pourquoi il ne se soit trouvé personne, y compris dans les rangs progressistes, pour se dresser pour sa défense, alors qu’il avait écrit le livre qu’il fallait écrire, où il posait les questions que toute personne sensée aurait dû se poser sur ce qui s’était réellement passé le 11 septembre 2001 et sur les perspectives terrifiantes que ces questions ouvraient.

Les censeurs, ceux qui excluent tel ou tel auteur d’un journal, d’un site, sont connus de nous tous. Il suffit d’observer ce que chaque media dominant ou progressiste diffuse pour savoir qui est exclu du débat.

Les lecteurs ne sont pas dupes ! Ils savent reconnaître les voix qui ne se sont pas asservies aux vérités officielles.

Quant à ceux qui ne savent pas encore, s’ils ont l’occasion d’entendre la voix de Thierry Meyssan, ils comprendront eux aussi, pourquoi les gens qui dévoilent les vrais enjeux apparaissent comme une menace pour les grands et petits pouvoirs en place. Et pourquoi on cherche à les museler.

Silvia Cattori

8 décembre 2007 »

23. Le dimanche 9 décembre 2007 à 23:15, par j-jour

Sur la polémique grandissante aux Etats-Unis, concernant la destruction des vidéos de la CIA, il me semble qu’on se focalise sur la possibilité que la CIA aurait ainsi eue de faire disparaître des preuves de traitements inhumains, de tortures, mais pas sur le fait — pourtant à envisager aussi — que ce qui y est dit pourrait remettre en cause la version officielle concernant les actes de terrorisme et leur organisation.

24. Le dimanche 30 décembre 2007 à 07:49, par Étienne

Les États-Unis détiennent le record mondial de privation de liberté

http://www.voltairenet.org/article153821.html

« Selon le Département de la Justice, le nombre total de prisonniers aux États-Unis (incluant les détenus des prisons fédérales, des prisons d’État, des prisons locales, des prisons militaires, des prisons indiennes, etc.) a atteint en 2006 le chiffre de 2 385 213 personnes.

À ceux-là doivent être ajoutés 5 035 225 personnes placées sous contrôle judiciaire.

Le total de cette population correctionnelle du « pays de la Liberté », soit 7 420 438 personnes, représente 3,2 % de la population adulte, record du monde absolu. Il s’agit d’une augmentation considérable depuis le 11-Septembre 2001 et le vote de l’USA Patriot Act, en moyenne de 2 % par an.

Ces chiffres ne tiennent pas compte des prisonniers étrangers détenus par les États-Unis hors de leur territoire (Guantanamo, Bagram et autres prisons secrètes de la CIA).

À titre de comparaison, pour plus d’un milliard d’adultes en Chine, il n’y a qu’1,5 million de prisonniers. »

25. Le lundi 31 décembre 2007 à 17:00, par Adrien

Une émission de « Sur les Docks » de France Culture de prospective : « La société sous surveillance en 2050« . En particulier, à travers les mutations de l’Internet et l’apparition des puces RFID dans nos vies.

http://www.tv-radio.com/ondemand/france_culture/SUR_DOCKS/SUR_DOCKS20071231.ram

C’est important.

26. Le mercredi 2 janvier 2008 à 21:10, par stefan

Bonne Année à tous,

bientôt on va avoir honte d’être humain pour pouvoir penser les choses d’une manière aussi pourrie sans respect des fondements d’une démocratie, de la valeur du travail, même les patrons sont dépouillés en France, voir les fleurons de l’industrie française ou européenne par des actionnaires dépourvus de valeurs… »Comme si on te tirait dans le dos sur un 100 mètres », y en a qui préfèrent la »star ac » mais ne sont pas bien informés…

27. Le samedi 5 janvier 2008 à 09:24, par martin eden

Bonjour

Je m’étonne que vous ne releviez pas que sur la video, Alain Soral affirme, sans être contredit par Thierry Meyssan, que le Réseau Voltaire était « soutenu » par la Russie et par Poutine.

Thierry Meyssan préfère botter en touche et il dit clairement que le Réseau Voltaire était soutenu, jusque très récemment par « la France ». C’est-à-dire par les réseaux de Dominique de Villepin.

En fait, depuis la parution du livre sur le 11 septembre, le Réseau Voltaire est devenue une officine qui se vend au plus offrant.

Pour preuve, l’un des fondateurs du Réseau Voltaire, Michel Sitbon en a démissionné avec éclat quand dans une réunion interne l’une des grosses têtes du Réseau a détaillé les résultats de son voyage en Chine et a demandé aux personnes présentes d’évaluer ce qui pouvait être demandé aux « services chinois ».

Tout ceci est facile à vérifier. De même qu’il est facile de vérifier qu’une autre partie des fondateurs du Réseau Voltaire ainsi que le représentant direct de Marie-George Buffet ont quitté le navire à l’arrivée d’un chercheur au CNRS, Claude Karnoouh, collaborateur de Alain de Benoist et défenseur, en 1980, du négationniste Robert Faurisson. Ce Karnoouh est célèbre pur avoir déclaré à la barre du Tribunal, que les chambres à gaz n’existaient pas.

Le Réseau Voltaire est également lié, via une de ses succursales Axis for Peace, à l’extrême-droite américaine, celle-là même qui a été la première à faire circuler la version conspirationniste sur le 11 septembre 2001.

On trouve par exemple le célèbre Lyndon LaRouche, sénateur US passé du trotskysme de sa jeunesse à l’extrême-droite radicale et au compagnonnage avec le Ku Klux Klan. Et l’inévitable Claude Karnoouh croise dans les couloirs un autre membre éminent, l’historienne Annie Lacroix Riz dont vous dites le plus grand bien.

Vous pourriez également parler de son estomac qui a l’air d’être d’une solidité à toute épreuve.

Le Réseau Voltaire a eu son heure de gloire il y a une dizaine d’années dans sa lutte contre le Front National. Voir aujourd’hui Thierry Meyssan en compagnie du nègre de Le Pen, Alain Soral, donne une idée de la dérive des sentiments, plus rapide encore que celle des continents.

Martin Eden

28. Le dimanche 13 janvier 2008 à 02:14, par Étienne

Incroyable témoignage
Aaron Russo raconte les confidences de Nick Rockfeller
sur la programmation du 11 septembre et la façon de penser des maîtres du CFR

http://www.jp-petit.org/nouv_f/nef_des_fous/la_nef_des_fous2.htm

Ça décoiffe, effectivement… C’est vraiment intéressant.

29. Le dimanche 13 janvier 2008 à 02:29, par Étienne

« Martin Eden »,

Je découvre tardivement votre étonnant commentaire…

Est-ce que vous pourriez prouver ce que vous affirmez ?

Parce que tout ça paraît simplement extravagant, sans rapport avec ce qu’on lit de ces gens (ça compte, ce qu’ils écrivent ?) et de ce qu’on sent quand on les rencontre.

Je ne sais pas qui vous êtes, mais je trouve que ce que vous dites n’est pas cohérent avec ce que j’observe par ailleurs (et je lis pas mal).

Larouche d’extrême droite, ça n’a pas de sens, pour ce que j’en sais : en lisant de nombreux documents du site de Cheminade (certes, je n’ai pas tout lu), je trouve du Keynes, ça oui, et l’intervention de l’État prônée avec raison pour réguler l’économie… Mais du fascisme, pas un brin.

Au contraire, partout, et soigneusement documentée, un lutte acharnée contre un fascisme financier. Ça vous gêne ?

Chez Annie Lacroix-Riz, de même : des démonstrations, archives en main : des faits, des faits, des faits…

Et il se trouve que l’actualité quotidienne prend un sens cohérent avec leurs analyses.
Pas avec vos « thèses » (pas encore, disons).

Tel qu’on vous découvre, vous pourriez être aussi de ceux qui salissent Chomsky pour négationisme… n’importe quoi, quoi…

Vous êtes proche d’un milliardaire, peut-être ? Vous êtes « lié » à qui ? (comme vous dites)

Étienne.

30. Le vendredi 1 février 2008 à 00:48, par Étienne

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