ETIENNE CHOUARD SOCIOLOGIE VIDEO ARTICLES ALTERMONDE

« Le mépris des principes est la cause des malheurs publics »

Une forte réflexion de l’excellent Christian Darlot sur l’ordre juridique
après la ratification parlementaire du traité de Lisbonne

http://www.revue-republicaine.fr/spip.php?article1574

En commentaire au coup d’État de Versailles, plusieurs juristes ont affirmé que ratifier le traité de Lisbonne par voie parlementaire était peut-être politiquement choquant mais constitutionnellement possible.

Cette opinion ne résiste pas à un instant de réflexion, car elle cantonne la Constitution à sa lettre. Or non seulement la Constitution est un ensemble logique et articulé, inspiré d’une pensée politique cohérente, mais des principes fondamentaux du droit existent, supérieurs aux textes juridiques par leur prééminence, et situés à la base de l’édifice juridique pour leur solidité.

Certains sont très généraux et très connus, souvent cités sous la forme d’un adage de droit romain. Par exemple l’autorité de la chose jugée (non bis in idem) ou la légalité et la non-rétroactivité des peines (nullum crimen, nulla poena sine lege praevia). D’autres sont plus particuliers : « Le lieu régit le droit » (locus regit actum), ce qui suffit à renvoyer Bolkestein au néant ; « nul ne peut alléguer de sa propre turpitude » (nemo auditur propriam turpitudinem allegans), etc. Les énoncés de ces principes résultent de siècles d’expérience, qui les ont fait reconnaître comme indispensables à la paix civile et à la liberté personnelle.

D’autres principes portent sur l’usage de la puissance politique. Ainsi « Que les consuls veillent à ce que la chose publique ne subisse aucun dommage » (caveant consules ne quid detrimenti respublica capiat). Nos politiciens qui asservissent la France devraient y être rappelés.

Et il y a bien sûr des principes exprimés en bon français, au premier chef la Déclaration des droits de 1789, dont les traités européens violent tous les articles politiques.

Or parmi les plus fondamentaux des principes fondamentaux du droit, deux principes parallèles et étroitement liés sont la hiérarchie des normes et la hiérarchie des pouvoirs. Il va de soi, en effet, que les principes sont plus importants que la Constitution, celle-ci supérieure aux lois, qui sont à leur tour supérieures aux règlements et à la jurisprudence. Ainsi les principes fondent la Constitution, qui fonde les lois etc. C’est la hiérarchie des normes. De même, une décision prise par une autorité peut être cassée par une autorité supérieure, mais pas par une inférieure. C’est la hiérarchie des pouvoirs ; c’est le bon sens même.

Une décision prise par référendum ne peut donc évidemment être modifiée que par le même moyen, puisqu’il n’y a pas d’autorité supérieure au souverain. Les mandataires ne sont pas supérieurs aux mandants et il serait extravagant qu’ils s’imaginent l’être lorsqu’ils n’ont pas été explicitement mandatés. Violer ce principe, c’est renverser tout l’ordre juridique, puisque, comme leur nom l’indique, les principes fondamentaux sont à la base du droit !

Soutenir que le Parlement puisse ratifier un traité contre la décision du peuple souverain suppose que l’on considère le droit de façon irrationnelle, sans conscience de son origine ni de ses règles, sans souci de logique et sans prévoir les conséquences sociales ni politiques de l’effondrement de l’ordre juridique.

Nier que le respect des principes fondamentaux conditionne la validité de tout texte et de tout acte reviendrait à réduire le droit à un ramassis d’usages pratiques inarticulés qui pourraient être changés à tout moment par des pouvoirs non habilités à le faire. C’est d’ailleurs ce que sont les textes émanant de ce pouvoir sans fondement qu’est l’Union européenne, et c’est pourquoi les traités européens, incohérents et anti-démocratiques, ne peuvent être approuvés, en leur état, par quiconque jouit de quelque cohérence mentale.

Sur cette pente, c’est tout l’ordre social, la paix civile et la sûreté personnelle qui sont en danger. Le mépris des principes a des conséquences économiques, sociales, politiques, qui ne se font pas sentir tout de suite mais sont terribles à long terme.

La trahison de Versailles nous a fait entrer dans le non-droit. Violer la souveraineté du peuple, c’est rétablir sans le dire le despotisme, obliquement éclairé, et le suffrage censitaire (dont les effets désastreux sont, hélas, connus : 1790, 1848, 1954 !). Mais comment les fonder ? Trois siècles d’évolution vers la pensée rationnelle ne permettent plus de se référer à la coutume, ni au droit divin. Pour rétablir l’inégalité, il faudrait bien pourtant lui trouver un fondement philosophique, au-delà de la mondialisation inéluctable et de la lutte contre le terrorisme ! Mais c’est évidemment impossible. Aussi tout cet échafaudage de traités bancals s’écroulera-t-il, ensevelissant ses auteurs, et beaucoup d’innocents, sous les ruines.

L’Union européenne est morte désormais ; maintenant reste à savoir comment elle s’effondrera, et comment limiter les dégâts qui résultent de quatre décennies d’erreurs.

Il faut rétablir la République.

Christian DARLOT

(site perso : http://www.aass.oru.se/~ser/index_darlot.htm)


« La trahison de la République… par son président »

Par Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l’Université Rennes I :

Les belles intentions du président laissent présager le pire en matière de respect des fondements mêmes de la Constitution.

Lors de sa conférence de presse du 8 janvier, Nicolas Sarkozy n’a pas manqué d’introduire son opération de communication par l’annonce d’une nouvelle révision de la Constitution. Le rapport sur la réforme des institutions commandé au comité Balladur n’a pas encore donné lieu à un projet abouti qu’il lui faut déjà créer un autre comité, présidé cette fois par Simone Veil, auquel sa feuille de route est également dictée.

Celle-ci n’est cependant pas du tout de la même nature que la précédente. La lettre de mission du comité Balladur concernait essentiellement l’aménagement des pouvoirs et contenait la ferme interdiction de modifier la responsabilité présidentielle et gouvernementale, de telle sorte qu’un changement radical de régime politique était a priori exclu.

L’enjeu de la nouvelle révision constitutionnelle annoncée est tout autre, et bien plus inquiétant. Il ne s’agit plus de modifier seulement les institutions de la cinquième de nos Républiques, mais de s’attaquer aux fondements de la République tout court, à travers une remise en cause des dispositions constitutionnelles de fond, et non plus des seules règles d’organisation. Le président Sarkozy prétend, en effet, vouloir s’en prendre maintenant au préambule de la Constitution dans lequel sont exposés la philosophie politique de la France et les droits et libertés des citoyens.

Le refus des déterminismes en question

C’est pour inscrire le régime dans la continuité républicaine que la loi constitutionnelle du 3 juin 1958 avait prescrit au gouvernement du général de Gaulle de garantir dans le projet de nouvelle constitution les libertés essentielles reconnues à la fois par la Déclaration libérale de 1789 et le Préambule social de 1946. La cohabitation de ces deux références dans notre norme fondamentale n’a pas toujours été chose facile, et l’on se souvient des contorsions auxquelles dut se livrer le Conseil constitutionnel pour « concilier » le principe des nationalisations de 1946 et le droit de propriété réputé « inviolable et sacré » en 1789.

L’affirmation conjuguée de philosophies prônant respectivement l’interventionnisme de l’Etat et son laisser-faire n’est pas évidente à appliquer, mais la République a pu gérer parallèlement les droits-libertés et les droits-créances, dès lors que l’universalisme issu des Lumières et de la Révolution demeurait commun aux deux types d’exigences. En effet, pour avoir revendiqué la prise en compte des conditions matérielles d’existence des individus, la philosophie socialiste n’en est pas moins restée fidèle au refus des déterminismes biologiques et ethniques, et de la prise en compte des origines et des « appartenances ». Libérale et/ou sociale, la République française a toujours constamment rappelé l’égalité des citoyens devant la loi « sans distinction d’origine, de race ou de religion » et « sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents ».

Discrimination positive = discrimination négative

Or, c’est la négation de cette tradition républicaine que le président Sarkozy s’apprête à consacrer par une révision constitutionnelle qu’il présente abusivement comme un simple « rajout » de « nouveaux droits », alors que ceux-ci révèlent le mépris absolu des conceptions précédentes. Inscrire le « respect de la diversité » dans le préambule de la Constitution revient à anéantir l’égalité « en droits » proclamée en 1789, et à substituer l’homme situé et déterminé à l’homme libre qui s’auto-détermine.

Il s’agit, bien entendu, de contourner, entre autres, la récente décision du Conseil constitutionnel jugeant les statistiques ethniques contraires à la Constitution. La discrimination positive, c’est-à-dire le passe-droit ethnique, qui se cache derrière le propos présidentiel, contredit en effet frontalement le préambule et l’article 1er de la Constitution actuelle. Ce procédé a récemment été décrit avec beaucoup de franchise (ou d’inconscience) par le Pdg de l’Oréal : « Lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chance d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche » (Le Monde du 13 juillet 2007). On ne saurait mieux démontrer que la discrimination positive à l’égard de l’un est une discrimination négative à l’égard de l’autre, évidemment contraire à l’éthique républicaine. Quant à l’égalité des sexes, elle est déjà inscrite dans le texte qui affirme que « la loi garantit à la femme dans tous les domaines des droits égaux à ceux de l’homme ». Mais on comprend bien que c’est l’égalité de fait et non de droit que vise la président de la République à travers une parité coercitive et liberticide parfaitement contraire à l’interdiction de catégorisation des citoyens maintes fois rappelée par le Conseil constitutionnel.

Une commission pour une trahison

Sans doute le président Chirac a-t-il déjà sournoisement entamé le processus de reniement du modèle républicain au point de susciter les remontrances d’Yves Guéna dénonçant des « coups de canif » dans la Constitution, tandis que Jean-Louis Debré déplorait « la République en morceaux », que Michel Charasse accusait « C’est la République qu’on assassine » et que Pierre Mazeaud, en son Conseil constitutionnel, s’escrimait à défendre « l’identité constitutionnelle de la France » contre toutes les formes de communautarisme. Mais le successeur de Jacques Chirac va plus loin en proposant effectivement un changement de civilisation renonçant à la philosophie des Lumières et à la Révolution pour revenir à la pensée réactionnaire de Joseph de Maistre : « J’ai vu des Français, des Italiens, des Russes, mais quant à l’homme je déclare ne jamais l’avoir rencontré de ma vie ». Les militants ethniques s’y sont d’ailleurs bien reconnus, en affûtant d’ores et déjà leurs amendements sur les langues minoritaires et régionales.

On a le droit de vouloir changer de civilisation, donc de constitution, en choisissant éventuellement le parti de la réaction, mais on ne peut bouleverser à ce point le contrat social d’un peuple sans qu’il y consente. Jamais, durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy n’a proposé aux Français l’abandon du modèle républicain qu’il n’a, au contraire, pas cessé de vanter. Il n’a donc pas été mandaté pour opérer ce bouleversement et une telle proposition nécessite assurément un référendum constituant. On sait que l’actuel président, contrairement encore à la tradition gaulliste, n’apprécie guère le procédé référendaire et préfère l’opinion au peuple, le sondage au suffrage, les scoops aux valeurs et la communication à la conviction. Il n’est pas certain, cependant, que le peuple français supporte une nouvelle fois la « trahison des clercs ».


« Laïcité en danger »

Deux textes importants de Jean-Luc Mélenchon :

Choc des civilisations ou laïcité ? (1/2)

« Réplique au discours de Latran »

http://www.voltairenet.org/article154954.html#article154954

 

Choc des civilisations ou laïcité ? (2/2)

« Non au retour du religieux dans le politique »

http://www.voltairenet.org/article154980.html#article154980

 

« Mai 68 : une histoire sans fin »

Un entretien formidable avec Gérard Filoche chez Daniel à Là-bas si j’y suis :

http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=1361

Il faut écouter ça !

 

Et lire le livre « Mai 68 : histoire sans fin.
Tome 1 : Liquider Mai 68 ? Même pas en rêve ! »

« Compte rendu du Congrès de Versailles sur La Chaîne Parlementaire (LCP) :

http://www.lcpan.fr/rattrapage_eve_congres_040208.asp?tc=eve_congres_040208

Je cause 2 minutes (rien quoi), à 1:51 puis 1:57. C’est nul, désolé.
Je sens que ça va être ultra court, qu’il n’y en aura que pour les traîtres, et ça me coupe la chique… désolé.
Ensuite, c’est une litanie de mensonges répétés, martelés, sans contradicteur, faux débat…
Il faut cependant mettre à part les communistes, qui sont finalement les seuls à nous défendre,
avec aussi les autres partisans du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes,
appelés « souverainistes » (avec mépris) par la Police de la pensée des salauds,
les salauds qui nous violent aujourd’hui sans vergogne, en riant.

« La grande illusion »

La juste colère d’Agnès Maillard sur le blog du Monolecte :

http://blog.monolecte.fr/post/2008/02/05/La-grande-illusion

avec sa proposition de bulletin blanc
pour toutes les prochaines élections
avec ces salauds de prétendus « socialistes » :



« « On se fout de nous » avec le traité européen »

Un point de mes réflexions sur rue89.com,
le jour où nous avons perdu l’État de droit et où le sang de la République tache les murs du Congrès.

http://www.rue89.com/2008/02/04/etienne-chouard-on-se-fout-de-nous-avec-le-traite-europeen


J’avais pensé aussi à ce titre :

« Constitution, monnaie, chômage, salaires…
Industriels et banquiers… Médias achetés… Élections pipées…
Cleptocratie. »

« Braves gens, n’ayez plus peur ! »

un film documentaire très intéressant
(téléchargeable gratuitement)
réalisé par le collectif panic!

http://www.collectifpanic.org/

 

« Le film « Braves gens n’ayez plus peur » du collectif stéphanois panic! traite du thème de l’analyse des pratiques et des discours sécuritaires du début des années 60 jusqu’à l’avènement d’une quasi obsession sécuritaire de 1997 à 2004.

Le thème du sentiment d’insécurité a occupé une place de plus en plus centrale dans les médias et les dicours politiques, notamment lors des dernières campagnes électorales. En parallèle, sous l’influence anglo-saxonne, les politiques de sécurité repressives et mettant à mal les libertés individuelles ont fait leur entrée dans l’administration judiciaire et le monde de la police.

Nous nous sommes interrogés sur le pourquoi de ce déchaînement, et sur l’intérêt sous-jacent du pouvoir à l’avénement de cette quasi « obsession sécuritaire générale ». Notre analyse des discours et pratiques sécuritaires s’étend du début des années 60 jusqu’à cette récente boursouflure médiatique et donne la parole à des intervenants qui ont en commun la critique du discours dominant. »

« Quand les Multinationales détricotent la démocratie »
http://www.france-libertes.fr/article.php3?id_article=524

 

« La commune de Neufchâteau (Vosges) c’est-à-dire ses presque 8 000 habitants ont été condamnés par le Tribunal Administratif de Nancy à verser près de 1,7 millions d’euros (soit plus de 217 euros par habitants y compris les enfants) à une filiale du groupe VEOLIA à cause de la résiliation par le maire du contrat de gestion de l’eau qui liait (et étranglait) la commune à ce géant de l’Eau, pour cause d’irrégularités et pour manque absolu de transparence.

« L’UFC Que choisir avait déjà souligné les surfacturations importantes du service de l’eau fournis dans de nombreuses villes par les géants privés de la distribution de l’eau comme Veolia et Suez.

« Pour nous tous, cette condamnation est un avertissement : inconsidéré. Une entreprise privée qui n’est plus autorisée par des élus du peuple à faire des profits sur le dos des citoyens dans un service public vital, a le pouvoir de faire payer à ces mêmes citoyens des amendes colossales pour compenser le manque à gagner financier de ses actionnaires.

« Pendant que nos politiciens nous amusent avec des idées vagues, des images de comédie et de boulevard ou nous effraient avec le chiffon rouge élimé du danger migratoire, des enjeux démocratiques fondamentaux sont gravement menacés en coulisses : Les conditions de notre survie, de notre dignité, de notre citoyenneté réelles sont en train d’échapper totalement à notre contrôle pour le plus grand profit d’une oligarchie que nous n’avons pas élue et sur laquelle nous n’avons AUCUN contrôle. C’est cela qui devrait être en couverture du Nouvel Observateur ou de l’Express et pas telle ou telle starlette d’un jour.

« Ne nous laissons pas impressionner par des explications alambiquées et contradictoires, par des schémas économiques plus ou moins controuvés, des arguments statistiques ou financiers facilement maquillés.

« Ce qui est en jeu est très simple : la domination d’intérêts financiers privés totalement incontrôlables sur tous les aspects de notre vie. L’eau que vous buvez, les transports publics que vous emprunterez pour aller vous promener ou travailler, le journal où vous croyiez lire des faits objectifs, la nourriture que vous croyiez saine et sans tromperie, et demain peut-être l’air que vous respirerez, seront entièrement aux mains de gens qui n’ont AUCUN compte à vous rendre. »

Danielle Mitterrand


Je serai à Versailles, le 4 février, pour protester contre le coup d’État
et si tout se passe comme prévu, je participerai au débat sur LCP entre 17 h et 18 h :

http://www.lcpan.fr/index.asp

Les provençaux qui ne peuvent pas venir protester à Paris lundi,
peuvent se réunir nombreux à Aubagne, dimanche 3 à 17 h :


« Oil, smoke & mirrors »

Une vidéo intéressante, sous-titrée par reopen911.info :
« pétrole, fumée et miroirs » :

http://video.google.fr/videoplay?docid=-6305684796532777868&pr=goog-sl

« Nicolas Dupont Aignan est l’invité de Christophe Barbier sur LCI »

http://tf1.lci.fr/infos/france/politique/0,,3700134,00-nicolas-dupont-aignan-est-invite-christophe-barbier-.html


L’expression forte de « chiens de garde »,
reprise par Halimi, décrit de mieux en mieux
ces prétendus « journalistes »
en cette période détestable
où le mépris des peuples
apparaît sans complexe
sur le sujet tabou
des oligarchies.

Interrogatoire
brutal.

Étonnants journalistes : charmants, intelligents et ouverts sur la plupart des sujets de réflexion et,
sur l’Europe et le néolibéralisme, métamorphosés en brutes, méprisantes et cyniques.
C’est incompréhensible. D’habitude, j’aime bien l’intelligence vive de Barbier, mais là, c’est un autre homme.

« Noam Chomsky, celui qui dit la vérité »

http://cybersolidaires.typepad.com/ameriques/2008/01/noam-chomsky-ce.html

Passionnantes vidéos d’un humain considérable.
Invitation intelligente à une résistance planétaire.
Cet homme étonnant semble se souvenir de tout.
J’admire sa faculté à connecter toutes ces connaissances avec rigueur
au service d’une humanité et d’une générosité irréprochables.


« Interview passionnante de Francois Asselineau du 31 janvier 2008 »

http://www.u-p-r.org/ab/index.php?page=page22

Je n’ai pas le temps de retranscrire cet entretien, mais il est pa-ssio-nnant.

Le patron de la Société Générale, Daniel Bouton, vient de publier un rapport pour le MEDEF
qui explique l’éthique nécessaire dans la rémunération des patrons d’entreprises cotées.
Pourtant, ce même personnage gagne lui-même 10 000 euros par jour…
Son salaire est même de 30 000 euros par jour avec les stock-options !

Ce qui rappelle à François Asselineau cette phrase (incroyable) de
Raymond Lévy, ancien patron de Renault :
« La mondialisation, c’est le salaire des patrons américains pour les patrons
et le salaire des ouvriers chinois pour les salariés français ».

« Officiel : l’Europe aux ordres des USA »

les États-Unis donnent ouvertement à la Slovénie leurs directives écrites
sur la politique à suivre pendant la présidence de l’UE

http://www.u-p-r.org/ab/index.php?page=article&id=19

 

« La semaine dernière, le quotidien slovène Dnevnik a eu le courage de publier un véritable scoop :

il a osé publier un « document interne » du gouvernement américain dans lequel Washington énumérait au gouvernement slovène des « directives » pour exercer la présidence slovène de l’Union européenne. »

« Avant de manger de la boue »

par Jean-Luc Mélenchon :

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=552

 

« Worldometers »
statistiques mondiales en temps réel

http://www.worldometers.info/fr/

 


« Les riches, l’impôt et la fortune »

Documentaire de Jacques Cotta et Pascal Martin

Ce soir, jeudi 31 janvier, à 23 heures, sur France 2,

dans la série « Dans le secret de… »

Témoignage d’un ex-US Marine de retour d’Irak

Jimmy Massey : « J’étais un assassin psychopathe »

par Rosa Miriam Elizalde :

http://www.voltairenet.org/article153248.html

 

« Jean-Luc Mélenchon était l’invité de Nicolas Demorand »
ce jeudi matin, 31 janvier 2008, sur France Inter

et il a été vraiment excellent :

http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuftrente/

Mais le site de France Inter, juste ce jour-là, est en panne sur ce podcast-là…
Vous ne pourrez donc pas écouter les paroles fortes de Mélenchon contre l’UE et Attali.

Cette panne sera sans doute réparée lundi soir, après le coup d’État de Versailles…

C’est extravagant, la brutalité du silence imposé sur cette saloperie de traité, extravagant.


« À l’instar d’Hitler, mise en branle de la planche à billets aux États-Unis

Accélération de l’inflation dans le monde »

par William A. M. Buckler , The Privateer, Australie :

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=716

Un article très intéressant et utile pour comprendre la logique ultralibérale.

«On se sert du terrorisme pour faire peur et pour restreindre les libertés fondamentales»

La politique devient toujours plus cynique et amorale

Interview de Dick F. Marty, conseiller aux États :

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=715

« Les listes noires violent les droits de l’homme (…) »

« Où va le fédéralisme? »

Réflexions pendant la phase préparatoire de la 2e Conférence nationale sur le fédéralisme

par Werner Wüthrich, docteur ès sciences politiques, Zurich

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=711

 

« Les jeux informatiques brutaux détruisent le sentiment d’empathie »

Conseils aux parents sur la manière dont ils peuvent reconnaître les jeux informatiques brutaux
et protéger leurs enfants contre ceux-ci

Communiqué de presse de l’Association allemande de psychothérapie scientifique centrée sur la personne

http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=709

 

« Système financier : le prochain domino est encore plus gros »

par Paul Gallagher, EIR :

http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=3765

 

Courroie de transmission :

« La propagande de Reporters sans frontières contre Cuba »

par Salim Lamrani :

http://www.voltairenet.org/article154785.html

Vues de notre travail de réflexion démocratique, les intrigues américaines
— même pas cachées — contre un État souverain étranger sont évidemment révoltantes.
Il suffit d’imaginer (hypothèse d’école ou évidence empirique ?) que ces intrigues criminelles
visent aussi la France et l’Europe — dans un but autre que l’intérêt général…

pour être très inquiet.

Et le rôle des médias professionnels est cardinal dans l’intox
qui va conduire les peuples à désigner eux-mêmes leur bourreau,

dans la joie d’élections « gagnées »…

Une note officielle évoque ‘l’impératif de discrétion qu’impose le processus de ratification’

http://www.observatoiredeleurope.com/

« Le European Policy Centre, puissant think tank fédéraliste installé à Bruxelles, a publié fin novembre une étude complète sur la création et la mise en place du futur Service Européen d’Action extérieure (article 13 bis), c’est à dire d’une diplomatie progressivement unique, après la ratification du Traité de Lisbonne. Avec le passage à la majorité qualifiée de 11 compétences de politique étrangère et la création d’un « Haut Représentant » c’est-à-dire un « Ministre » des affaires étrangères « sans le nom », le traité programme une «européanisation » progressive des carrières des diplomates nationaux, qui seront amenés à occuper des postes au siège du service à Bruxelles ou dans les délégations à l’étranger.

L’on peut en particulier y lire que Antonio Missiroli, co-auteur du rapport et directeur des études de l’EPC, relève un « paradoxe entre l’urgence du dossier«  (la mise en place est prévue au début de l’année 2009 si le Traité est ratifié dans les délais prévus) et… « l’impératif de discrétion qu’impose le processus de ratification du traité tout au long de l’année 2008 » ! Selon lui, la présidence française de l’UE au second semestre 2008 héritera de cette « responsabilité ».

Le pire est que ces incroyables recommandations de « discrétion » sur la ratification du traité de Lisbonne, sont exprimées sans complexe par son auteur mais aussi citées, sans plus de complexe par une note de janvier 2008 intitulée « Panorama des Think tanks bruxellois » de la Représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles…autrement dit de la diplomatie française elle-même. »


 

« C’est si grave que certains électeurs deviennent rancuniers
et jurent de se souvenir désormais des détestables menteurs « socialistes » »

http://www.etrecitoyen.fr

« Le PS annonce qu’il refuse de voter lors du Congrès du 4 février.

Comment peut-on voter pour des élus qui :

  • refusent de voter ?
  • m’interdisent de voter ?

Faites pression sur le PS pour obtenir qu’il vote NON au Congrès du 4 février et permette ainsi aux citoyens de ‘exprimer sur le traité européen.

Je déclare que:

  • J’ai déjà voté PS
  • je boycotterai tout candidat PS aux municipales et aux cantonales »

Nom:

Prénom:

Dépt / Ville:

email:

Tapez 3552:

Pour signer cette promesse : http://www.etrecitoyen.fr


« Je suis un traité modificatif qui ne simplifie rien et aggrave tout… »
une bonne série de passionnantes vidéos de Raoul Marc Jennar :

01- Je suis un traité modificatif qui ne simplifie rien et aggrave tout…

02 -Je fais l’impasse sur les droits de l’Homme

03- Je fais la part belle à l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC)

04- Je privatise les services communaux et les services publics

05- je suis pour les cantines privées

06- Services d’Intéret Général? J’aime bien jouer sur les mots!

07- Je privatise les chemins de fer les plus rentables

08- Je maintiens un euro fort pour justifier les délocalisations

09- Plus j’élargis l’Europe, plus j’augmente la concurrence… C’est bon pour les actionnaires!

10- La Démocratie, j’en fais mon « ‘affaire »… !

11- J’aimerais mieux ne pas vous parler de ma Commission Européenne!

12- Je renforce le poids des religions

13- Je confie ma politique de défense à l’OTAN

14- Je suis absent du débat et je passe inapercu

15- Le 04 février, je modifie la Constitution Françcaise pour passer sans référendum

16- Mais j’ai un maillon faible… Vous pouvez toujours agir !

« Et On Se Dira, Merde Alors: Si J’Avais Su, J’Aurais Gueulu »

par Sébastien Fontenelle sur son excellent blog AJT :

http://vivelefeu.blog.20minutes.fr/archive/2008/01/21/je-ne-doute-pas-qu-ils-modifieront-bientot-la-constitution-p.html

« L’Europe d’après »

« Une fois de plus l’actualité avec la crise financière et la rocambolesque affaire de la Société Générale chasse des écrans et des antennes, le débat pourtant essentiel sur la ratification du traité de Lisbonne.

Une fois de plus, les émissions auxquelles je suis invité sont annulées les unes après les autres, presque toujours en dernière minute. Il y a comme une paroi de verre érigée entre nous et les Français. Tout est fait pour dissimuler au peuple le forfait institutionnel perpétré dans leur dos.

À croire que les prescriptions du puissant centre de recherche fédéraliste, l’European Policy Centre, un « think tank » qui a pignon sur rue et bénéficie de nombreuses largesses financières, sont suivies à la lettre : ce dernier, fin novembre, a ainsi publié une étude (communiquée à la diplomatie française) invitant à respecter un « impératif de discrétion qu’impose le processus de ratification du traité tout au long de l’année. » Un souci de « discrétion » qui paraît le mieux partagé du monde dans les arcanes de l’eurocratie et qui a inspiré en septembre dernier à Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et président de l’Eurogroupe, à propos de la Constitution bis, cet aveu chuchoté : « Bien entendu, il y aura des transferts de souveraineté. Mais serais-je intelligent d’attirer l’attention du public sur ce fait ? » (Lire la suite…)

« Débat sur le référendum au Sénat :
un début de bataille bien engagé ! »

par Jean-Luc Mélenchon :

http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=551

Heureusement qu’il y en a quelques uns comme lui…
Ils ne sont pas tous pourris au PS. Sacré bagarreur :o)


« La politique simultanée »

Une belle utopie, peut-être pas si utopique, pour abattre tous les problèmes du monde :

http://www.simpol.org/dossiers/dossier-Fr/html-Fr/interface-Fr.html

« Imaginez un monde

Dans lequel les valeurs comptent réellement

Dans lequel les leaders sont à l’écoute

Dans lequel la superpuissance mondiale, c’est

Nous, le Peuple.

Comment pouvons-nous faire, nous, le peuple, pour que nos leaders nous écoutent et pas seulement ceux qui sont riches et puissants ?

De quelle manière pouvons-nous les faire adhérer à nos valeurs, comme :

Des pratiques commerciales loyales et des moyens d’existence décents,

Le respect pour la vie, la santé et la durabilité sur le plan environnemental,

Une véritable démocratie – et non pas la « corporatocratie« ,

La liberté , la sécurité et l’égalité des chances pour tous,

La tolérance zéro à l’égard d’actes terroristes en tous genres, y compris la terreur exercée par certains Etats et la tyrannie dans le milieu familial,

L’unité dans la diversité parmi les peuples, nations et cultures,

L’interdiction des armes de destruction massive et l’interdiction de faire la guerre, ce moyen obsolète qui est incapable de résoudre les conflits.

Si nous, le peuple, avions notre mot à dire, est-ce que nous voterions pour des politiques qui privilégient des questions d’argent ou préconisent la primauté de la force sur le droit ou est-ce que nous voterions pour l’adoption de lois et de droits justes pour les individus et les collectivités ? Est-ce que nous voterions pour partager et conserver les ressources de la planète ou pour les accumuler et les gaspiller ?

Voici le vote que nous proposons

L’Organisation Internationale de Politique Simultanée (ISPO) est une association en plein essor, composée de citoyens du monde entier, qui utilisent leurs votes d’une manière coordonnée et efficace afin d’amener toutes les nations à coopérer et à résoudre la crise que nous subissons à l’échelle planétaire. ISPO ne se limite pas à réclamer une plus grande responsabilité politique. Elle offre aux citoyens un nouveau moyen de restaurer une véritable démocratie, légitimement et pacifiquement, vote par vote.

Des activistes respectés prônant la justice sociale – comme l’économiste Hazel Henderson ou l’analyste politique Noam Chomsky – pensent que notre projet de nouvel ordre mondial, meilleur et plus mesuré, pourrait réussir. Nous n’avons besoin que d’une chose, que la plupart d’entre nous possèdent déjà d’ailleurs, mais que nous n’utilisons pas toujours, peut-être par cynisme, il s’agit de notre droit de vote.

L’action des électeurs transnationaux est cruciale

Aujourd’hui, les marchés mondiaux et les entreprises ont une telle emprise sur les nations individuelles qu’aucun politicien ni aucun parti politique n’ose faire le premier pas pour résoudre les problèmes mondiaux, par crainte que leur propre nation ne subisse une perte d’avantage concurrentiel. Si les législateurs savent parfaitement que des problèmes graves comme le réchauffement de la planète, la puissance économique représentée par des sociétés monopolistiques, la pauvreté et la destruction de l’environnement, exigent tous une action décisive, il n’en demeure pas moins qu’ils répugnent à mettre en œuvre les politiques nécessaires à la résolution de ces problèmes – comme l’augmentation de l’impôt sur les sociétés et l’adoption de lois plus strictes sur la protection de l’environnement. Ils craignent, à juste titre, que, dans l’économie mondiale entièrement libéralisée qui est la nôtre aujourd’hui, les investisseurs, les sociétés et les emplois ne prennent tout simplement le large et n’aillent s’installer dans des contrées plus « accueillantes ». Malgré leurs bonnes intentions, les Etats se sentent obligés de respecter la camisole de force qui leur a été imposée par le marché ainsi que des politiques favorables aux milieux d’affaires. C’est la raison pour laquelle, malgré leurs promesses électorales, même des partis dits « progressistes » sur le plan social finissent par suivre plus ou moins les mêmes politiques lorsqu’ils sont élus et peu de changements, voire aucun, ne sont réalisés en fin de compte.

Mais, grâce à la stratégie électorale mondiale de ISPO, nous sommes en mesure de surmonter cet immobilisme en utilisant nos votes d’une manière complètement différente afin d’exercer une pression – et d’habiliter – chaque Etat individuel, l’un après l’autre, en premier lieu à adopter par principe puis à mettre en œuvre simultanément notre politique démocratique, avec, pour objectif, de résoudre les problèmes auxquels aucun gouvernement n’ose s’attaquer seul. Nous avons appelé cette politique la Politique Simultanée (Simpol, sous sa forme abrégée). L’objectif de Simpol est d’apporter au monde entier justice économique, durabilité environnementale, paix, dignité et sécurité. » (Lire la suite…)


« Gloire aux Quatre-vingts de l’an Quarante ! »

Un bon pamphlet de Christian Darlot :

« Le Parlement est appelé à se réunir bientôt en Congrès, afin de modifier la Constitution pour rendre possible de ratifier le traité de Lisbonne. Comme les dispositions de ce traité ont déjà été rejetées par le Peuple Souverain en 2005, cette ratification, si elle avait lieu, serait un pur abus de pouvoir, qui n’engagerait évidemment en rien le Peuple Français ni la République.

Ce traité bafoue la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, et tous les principes du droit constitutionnel ; il viole la souveraineté nationale, supprime la séparation des pouvoirs, la démocratie représentative, et la responsabilité politique. Sa ratification abrogerait en fait la Constitution et abolirait la République.

Cependant la classe politique presque unanime s’apprête à perpétrer cette trahison, non seulement le parti présidentiel, mais aussi des parlementaires qui se prétendent défenseurs des droits et intérêts des classes sociales modestes. En agissant ainsi, ils abandonneraient pourtant celles-ci au pouvoir des puissances financières internationales qui règnent sans contrôle sur la Commission de Bruxelles et sur la Cour de Luxembourg.

Or chacun sait qu’il ne tiendrait qu’au groupe socialiste de réunir autour de lui les deux cinquièmes des suffrages exprimés nécessaires pour que la ratification soit soumise à la décision du Peuple Souverain. Maintes gens s’indignent du reniement du Parti Socialiste, qui paraît n’être plus qu’un champ clos de rivalités.

Les républicains attendent pourtant avec espoir la décision des parlementaires socialistes. En refusant de trahir, ces parlementaires couperaient court à des agissements désastreux, agiraient selon l’honneur, et aussi selon leur intérêt. Mais s’ils trahissaient la Nation en obéissant à leurs chefs, la preuve serait faite que le Parti Socialiste ne représente plus que la nouvelle bourgeoisie prête à tout pour se fondre dans l’ancienne et figer la situation sociale à son profit.

Si le suffrage universel et la souveraineté nationale étaient niés, la dégradation de la société mènerait bientôt à la violence, et les parlementaires qui se seraient rendus complices de ce crime en porteraient la faute.

Ils en rendraient compte au jour du rétablissement de la République.

Vive la République !

Christian Darlot Vingt et un janvier 2008 »

« Pourquoi les pauvres votent à droite »

Sur le site de Marianne, une recension du livre très intéressant de l’américain Thomas Frank
sur une énigme cardinale pour nos démocraties et dont les explications fonctionnent pour l’Europe :

http://www.marianne2.fr/Pourquoi-les-pauvres-votent-a-droite_a83201.html?print=1

 

« Daniel Cohen était l’invité des Matins de France Culture ce jeudi 24 janvier »

http://web2.radio-france.fr/chaines/france-culture/emissions/matins/fiche.php?diffusion_id=59229

Daniel Cohen, conseiller de la banque Lazard devient littéralement passionnant sur la fin de l’entretien :

J’ai noté pour vous :

(1’20’’) Ali Badou : On voyait la réaction de la banque américaine : baisser rapidement les taux, et le refus de Jean-Claude Trichet, président de la banque centrale européenne, de baisser les taux d’intérêts (pas d’inflation, pas de baisse de taux) ; est-ce que ces deux attitudes sont vraiment contradictoire ?

Daniel Cohen : oui, totalement, totalement contradictoire, on a d’un côté une banque centrale américaine qui fait de la lutte contre la récession (annoncée et à venir) la priorité, au risque de relancer l’inflation en 2008 et d’écorner sa crédibilité (surtout si l’inflation apparaît en même temps que la récession), et, en face, une BCE qui fait le pari exactement inverse, c’est-à-dire d’ignorer le risque de récession (à l’image de la Fed qui ignore de risque d’inflation) et ne se préoccupe (là encore en image inversée de la Fed) que de l’inflation : deux positions radicalement opposées et, je trouve, aussi extrêmes l’une que l’autre. (…)

Ces politiques sont le résultat d’une histoire : dans le cas de la Fed, la crise de 29 continue d’habiter les esprits : Ben Bernanke lui-même est un ancien professeur d’économie dont la thèse portait sur la crise de 1929 et dont la thèse était que — à l’image de ce que disait déjà Milton Friedman—, la Fed, à l’époque, a porté une grande part de responsabilité dans la crise de 1929 parce qu’elle avait sous-estimé le risque de cette crise et laissé entrer en crise les banques américaines (près de 50 000 banques avaient fait faillite en l’espace d’un an et la Fed avait laissé, impavide, ces banques aller à la faillite), donc ça, c’est une erreur que la Fed ne veut pas reproduire, en tout cas que Ben Bernanke ne veut pas reproduire (…)

(1’25’’10) Donc, on a des banques qui perdent parfois 30-40% de leur valeur, ça veut dire, tout d’un coup, leur capital qui se réduit comme peau de chagrin ; du coup, des difficultés qu’elles trouveront à se refinancer aussi ; bref, tout un mécanisme qui est dangereux chez nous aussi et vis-à-vis desquels la seule solution est une baisse des taux : quand une banque est en difficulté (prenez City Bank, elle a perdu 60% de sa valeur en l’espace de six mois)… comment aider une banque qui fait faillite à se redresser ?

Il n’y a que deux solutions : soit vous avez des capitaux frais qui la refinancent, et ça c’est ce que les banques US essaient de faire en faisant appel à Singapour, à Abou Dabi, à des fonds souverains qui viennent les refinancer ; soit, au fond, l’État met de l’argent au pot, or (et c’est d’ailleurs une des causes de la crise de cette semaine : on attendait un plan Bush destiné à refinancer les banques et) ça a été un plan en généralité destiné en réalité à préparer la réélection d’un républicain en donnant des baisses d’impôts un petit peu à tout le monde, bref quelque chose qui coûte beaucoup d’argent mais qui est complètement à côté de la plaque.

Donc, si l’État ne vient pas soi-même au service de la recapitalisation des banques d’un côté, et si les grands fonds veulent bien mettre de l’argent mais pas au point de resolvabiliser, qu’est-ce qui reste comme solution ? Et bien il n’y en a pas beaucoup, parce que mettre des liquidités dans le système comme font les banques centrales depuis l’été, ça ne resolvabilise pas quelqu’un qui est en défaut : « vous n’avez pas d’argent, je peux vous en prêter mais si je vous demande de rempbourser… »

Ali badou : … oui, mais ça le sauve alors qu’il serait en faillite autrement…

Daniel Cohen : oui mais ça le sauve temporairement : faire une avance de crédit à une banque en difficulté ne sort pas cette banque de la difficulté.

Alors cette situation, ça n’est plus la crise de 1929 qui devient la bonne référence, mais c’est plutôt la crise japonaise des années 1990 : les banques japonaises ont été brutalement plombées par le retournement du cycle hypothécaire, déjà, il y a eu une bulle immobilière extravagante dans les années 80 au Japon (…) qui s’est retournée comme prévu en réalité, et du coup, les banques se sont retrouvées avec un portefeuille complètement insolvable de crédits hypotécaires, et elles ont mis dix ans, chaque année en mettant un peu de profit de côté à reconstituer leur capital.

Donc, on peut être dans une situation qui peut être dure et durable si les banques sont amputées des réserves qui leur permettraient de faire des crédits sans aucune solution de sauvetage. (…) et dans une situation comme celle-là, il n’y a que des taux d’intérêts très faibles pendant longtemps qui peuvent sauver les banques, parce qu’avec des taux faibles, elles peuvent, ; progressivement, reconstituer des marges en se finançant bon marché et en faisant des crédits un petit peu plus onéreux, mais ça, c’est la voie que l’Europe, pour l’instant, a fermée. (…)

(1’34’’32) Ali Badou ; Georges Soros disait qu’on sortait d’un cycle de 60 ans de création monétaire et d’endettement et que c’était la fin du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Vous partagez ce point de vue ?

Daniel Cohen : non, la référence à un cycle de 60 ans ne me paraît pas la bonne ; on vit certainement la fin d’un cycle commencé par Greenspan quand il a pris ses fonctions en 1987, donc c’est un cycle plus court, de 20 ans : les USA avaient glissé vers l’inflation dans les années 60 et 70 ; avec la politique de Paul Volker, un immense coup d’arrêt à cette dérive inflationniste avait été fait et avait été très coûteuse, c’est une des récessions les plus sévères d’après guerre que les USA avaient connu en 1982, la deuxième année du mandat de Raegan à l’époque, et l’inflation avait été éradiquée d’une certaine façon définitivement, et c’est ce qui avait permis à Alan Greenspan de surfer sur la vague de croissance due au boom des nouvelles technologies, sans se préoccuper de l’inflation (le souci de Greenspan était simplement d’éviter la récession). On a d’ailleurs eu à cette époque l’illusion qu’une croissance permanente était possible. (…)

(1’45’’45) On a l’impression qu’il n’y a plus de communication entre la BCE et les différents Conseils des Ministres, c’est tragique : c’est tragique qu’il n’y ait pas un consensus, une discussion, entre pairs qui font un diagnostic, qui peuvent diverger par moments mais qui visent un même but. Alors là, justement, c’est le but qui n’est pas le même, alors c’est une cacophonie. (…)

(1’46’’50) Une bonne politique, quand on a à la fois un risque d’une monnaie surévaluée et un risque inflationniste, une bonne politique, en tout cas dans les livres, ce qu’on enseigne à nos élèves, c’est à la fois d’avoir une politique monétaire laxiste pour empêcher que la monnaie se surévalue et que les taux d’intérêt ne restent à des niveaux trop élévés, et une politique budgétaire restrictive. Le bon policy mix face à une situation comme celle-là, ça n’est pas d’appuyer sur tous les boutons à la fois. (…)

(1’47’’40) Ce débat sur le policy mix, en Europe, il n’a jamais eu lieu. Chacun veut prendre le domaine de compétence de l’autre : la BCE dit : « faites une politique budgétaire rigoureuse parce que c’est la seule façon de crédibiliser l’euro », et les ministres des finances disent à la politique monétaire : « soyez laxiste », donc chacun essaie d’empiéter sur le territoire de l’autre et il n’y a pas de coordination possible. (…) Mais comme la politique budgétaire consolidée n’existe évidemment pas, et qu’on empile des politiques hétérogènes, la BCE ne considère pas qu’elle a un interlocuteur capable de délivrer, comme on dit en anglais, une politique budgétaire adaptée à une stratégie. C’est ce déséquilibre institutionnel-là qu’on retrouve à l’œuvre dans cette cacophonie, en effet, de l’Eurogroupe d’un côté, et de la BCE de l’autre.

(1’49’’35) Alain-Gérard Slama : je voudrais vous renvoyer du problème des institutions au problème des acteurs : on nous disait toujours que le capitalisme s’autorégulait, et en particulier les banques, alors comment se fait-il qu’elles aient été à ce point prises à défaut ?

Daniel Cohen : tous ceux qui ont pu penser que le système financier pouvait s’auto-réguler sont des naïfs ou des incompétents. C’est la seule chose dont on peut être sûr : c’est que le système financier, dans toute son histoire éternelle, va de crise financière en crise financière. L’idée qu’on puisse demander aux acteurs d’arrêter de prendre des risques lorsque tout le monde connaît la pathologie du système, qui est que dans tout système financier normalement constitué, lorsqu’il y a des gains, c’est pour les opérateurs qui les ont générés, et lorsqu’il y a des pertes, elles sont toujours mutualisées, soit parce que c’était les déposants (c’était le cas jusqu’en 1929), soit parce que c’est les États qui viennent au secours des pertes…

Donc, à partir du moment où on a un jeu assymétrique — et encore une fois, c’est toujours le jeu des marchés financiers —, il est sûr que les marchés financiers vont toujours à la limite, à la limite du risque parce que celui — raisonnons en terme de stocks options, c’est un très bon exemple — « je gagne si ça monte, mais si ça baisse je ne perd pas », puisque ma rémunération est indexée à la hausse, le système financier fonctionne suivant ce principe : si ça marche, vous faites un bon deal, bravo, formidable bonus, et si ça marche pas, si vous faites perdre des milliards, bon ben vous perdez votre job, vous allez en trouver un autre, mais vos pertes ne sont pas proportionnées aux pertes que vous faites subir à la société.

Donc, tout système financier est forcément instable pour cette raison même, on le sait, et l’enjeu est donc 1) d’avoir des régulations qui permettent, autant que faire se peut de limiter les excès (les régulations sont toujours détournées au bout du compte, il n’y a aucune régulation qui ne vaut très longtemps ; ça ne veut pas dire qu’il n’en faut pas) ; 2) et surtout, il faut protéger la société de ces excès. C’est ce qu’on a fait après 1929, on a compris qu’il fallait protéger les déposants des risques que les banques leur faisait courir : et on a un système de garantie de dépôts aux Etats-Unis qui fait qu’on n’a plus de crise systémique ; on a des crises bancaires, mais on n’a plus de crise de système comme il y a eu après 1929.

Donc, c’est cette réflexion qu’il faut toujours avoir, mais l’idée que les marchés financiers pourraient trouver eux-mêmes la voie de la raison est une méconnaissance complète des mécanismes.

Alors juste pour conclure sur ce point parce que c’est important, dans la régulation de Bâle, c’est-à-dire dans la régulation que les banques s’imposent à elles-mêmes, on est arrivé en effet, et c’est sans doute de l’idéologie qui a été à l’œuvre, au point où on a demandé aux banques d’évaluer elles-mêmes leur coefficient de risque pour fixer les niveaux de réserves prudentielles !

Alors ça, c’est le comble de la déréglementation : quand on voit qu’aujourd’hui les banques sont totalement incapables d’évaluer les risques qu’elles ont pris, qu’elles ont fait prendre à leurs actionnaires, avec ces produits mathématiques que personne ne comprend, et sans doute pas même ceux qui les ont inventés, c’est extravagant de se dire qu’au cœur du logiciel bancaire, il y a une auto évaluation des risques que les banques prennent.

Là, il y a certainement un immense retrour de bâton qui va se produire avc la crise des subprimes, et il faut évidemment revenir sur ces dispositions qu’on appelle de « Bâle 2 », il faut être capable de dire : « si moi, régulateur, je ne comprends pas cette formule, alors j’assume le pire, comme on dit en anglais, je suppose que c’est le plus risqué possible, et ne venez pas me dire comme ça a été le cas à propos des subprimes, qu’en fabricant des cocktails de crédits à des ménages insolvables, on arrive à fabriquer des crédits de la plus haute qualité », hein, je rappelle que les subprimes, c’est à l’origine des crédits fait à des délinquants américains, mais qui, combinés par des formules mathématiques, devenaient des crédits de qualité égale à la dette des gouvernements, ce qu’on appelle des crédits triple A ! C’est extravagant de penser qu’on arrive à fabriquer les uns à partir des autres, c’est pourtant ce qui s’est passé. Là, la régulation doit passer pour empêcher ça.

Olivier Duhamel : mais alors, comment, en attendant, sortir du dilemme diabolique d’aujourd’hui si on est responsable politique et encore plus si on est responsable des grandes banques centrales, première ligne Etats-Unis ? Si je ne fais rien, je laisse arriver une récession catastrophique ; si j’interviens, je viens payer à la place des gangsters…

Daniel Cohen [qui n’envisage pas une seconde, curieusement, qu’on retire définitivement aux banques privées le droit de création monétaire, alors que ce serait, à l’évidence, la seule bonne solution durable aux crises du capitalisme. ÉC] : il n’y a pas de solution. Il faut toujours naviguer entre ces deux maux. Sauver les banques aujourd’hui serait la bonne solution : injecter les 100 milliards (si les 100 milliards promis par Bush avaient été injectés dans les banques, il n’y aurait plus de crise), mais évidemment, en faisant cela, je récompense les gangsters, évidemment ce n’est pas possible.

Alors, il faut trouver, il faut ruser, il n’y a pas de solution simple, et les crises financière font partie, encore une fois, du monde dans lesquel on vit, et il faut sans cesse ruser sans cesse avec ça. Je pense qu’on aurait pu couper la poire en deux, je ne veux pas être aristotélicien, chaque fois sur les questions que vous me posez, c’est-à-dire prévoir un fonds de sauvetage pour les banques les plus en difficulté, mettre de côté 50 milliards pour rassurer (…), et puis criminaliser les dirigeants (comme on l’a fait à la suite de l’affaire Enron), dire « il y a des sanctions, y compris pénales, de responsabilité des dirigeants » face à des maux de cette nature parce qu’ils ont mis en péril la communauté. »

Vous pouvez réagir sur le fil (important) du forum consacré à la reconquête de la création monétaire :
http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=3180#p3180

« Le coup d’État simplifié »

C’est le titre du dernier livre de Nicolas Dupont-Aignan,
un des rares résistants parmi nos prétendus « représentants » :

http://www.debout-la-republique.fr/Non-au-coup-d-Etat-simplifie.html

 

Je trouve que c’est un bon livre : tonique, précis, incisif, positif, agréable à lire.
Reproche amical : NDA n’a pas encore perçu la gravité du sabordage
de la création monétaire (mais il y viendra sans doute 😮).
Ce vif pamphlet résume assez bien notre colère,
il a la rudesse que nos élites pourries méritent.

A paraître aux éditions du Rocher, le 24 janvier 2008.

On peut lire quelques bons extraits sur le site de Marianne :
http://www.marianne2.fr/Dupont-Aignan-contre-le-coup-d-Etat-simplifie-de-Sarkozy_a82938.html

« Contre-expertise du rapport Attali »

http://la-forge.info/site/wp-content/uploads/2008/01/la-forge-contre-expertise-rapport-attali-def.pdf

40 EXPERTS FONT-ILS LE CONSENSUS ?

Il existe aujourd’hui une tendance lourde qui vise à soustraire des sujets toujours plus nombreux à l’examen critique, au crible du débat contradictoire et à conclure à l’archaïsme du clivage gauche/droite.

On finit par se convaincre qu’il existe une réalité objective, décrite par ceux qui savent, les experts.

Conséquence de ce « diagnostic unanime », les solutions (les politiques) peuvent différer sur le dosage ou le

rythme, pas sur leur nature.

En 250 pages et plus de 300 propositions, le rapport Attali énumère sans hiérarchie véritable, souvent des poncifs, quelquefois de solides préjugés idéologiques, mais parfois aussi des mesures utiles. Ce bloc où selon son architecte principal « tout se tient », décrit-il la seule politique efficace possible ou une option parmi plusieurs ?

Le rapport Attali doit être lu pour ce qu’il est : un rapport politique, un parti pris évident en faveur des recettes libérales classiques. Cela le rend-il moins sérieux ? À l’évidence non. Cela le rend-il moins légitime ? À l’évidence oui.

D’autres experts réunis par la Forge font à partir des mêmes chiffes, des constats différents. Ils en déduiront d’autres politiques. Ils proposeront d’autres stratégies. Le champ économique même mondialisé propose des options radicalement différentes au choix des citoyens. Notre rôle est de rappeler par cette contre-expertise que ce choix existe. » (Lire la suite…)


(Le Canard Enchaîné n°4552, 23 janvier 2008)


« Raoul Marc Jennar explique le Coup d’État du traité de Lisbonne »
en 16 petites vidéos très intéressantes :

http://www.etrecitoyen.fr/rmj.html

 

Tony Blair devient conseiller de la banque américaine JPMorgan


LONDRES, 10 jan 2008 (AFP) – L’ancien Premier ministre britannique Tony Blair a été embauché jeudi comme conseiller à temps partiel par la banque américaine JPMorgan, a annoncé celle-ci dans un communiqué, et ce pourrait [n’]être que son premier pas dans le secteur privé, selon la presse.

M. Blair conseillera la direction générale de la banque, « apportant son immense expérience internationale pour lui fournir un avis stratégique et une vision de l’intérieur sur les questions politiques mondiales et sur les tendances émergentes », se félicite JPMorgan dans le communiqué.

L’ancien Premier ministre participera de surcroît au nom de JPMorgan à certains évènements et conférences, selon la banque.

« Nous sommes honorés » de la décision de M. Blair, s’est félicité le président directeur général Jamie Dimon, estimant que l’ancien dirigeant « apportera à nos responsables et à nos clients une vision mondiale unique et irremplaçable, particulièrement précieuse dans une période aussi tourmentée ».

Cité dans le communiqué, M. Blair a souligné pour sa part « cette grande occasion de pouvoir contribuer au travail de JPMorgan Chase », qualifiée de « compagnie de premier ordre à la pointe de l’économie mondiale, avec une présence pratiquement dans chaque partie du monde ».

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