scandales LA PAUVRETE DANS LE MONDE

Pauvreté

  • 1. Manque d’argent, de ressources; état d’une personne pauvre.
  • 2. Aspect de ce qui dénote le manque de ressources; dénuement apparent. La pauvreté d’un intérieur.
  • 3. État de ce qui est pauvre, peu fécond; infécondité, stérilité, insuffisance. Pauvreté d’un sol.Le Petit Larousse illustré © Larousse
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »Article 25 (i) de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté. »

L’hostilité d’un environnement est, avant tout, directement proportionnelle à sa pauvreté. : Si l’environnement ne nous offre plus tout ce à quoi nous sommes habitués, ce peut être tout simplement parce qu’il ne l’a pas! Les raisons de cette pauvreté, pour une immense majorité des pays de notre planète, se nomment : sous-développement, endettement, détérioration des termes de l’échange. Sur l’endettement du Tiers-Monde, beaucoup a déjà été dit. Précisons simplement que certains états en sont aujourd’hui réduits à encore emprunter, uniquement pour pouvoir payer les intérêts de leur dette!

Selon le PNUD, chaque vache de l’UE reçoit 3 dollars de subvention par jour, alors que 40% des Africains vivent avec moins de 1 dollar par jour. (Le Monde, 9 aout 2003)
La Chine veut décourager les voleurs de couvercles de bouches d’égout en fer en les remplaçant par des matériaux recyclés. : Des trous béants sur les trottoirs et les chaussées sont en effet responsables de plusieurs centaines de morts et de blessés par an, a rapporté vendredi l’agence Chine Nouvelle. Shanghai a déjà remplacé la totalité de ses 22 000 couvercles par un nouveau matériau à faible teneur en fer, mais d’un coût deux à trois fois plus élevé. L’espoir de voir les bouches d’égout durablement bouchées en Chine vient surtout de Changchun, une ville du nord-est du pays où ont été mis au point des couvercles formés d’un mélange de poussière de charbon et de plastiques de recyclage. Ce matériau serait de 10 à 20 fois moins coûteux que son concurrent métallique prisé des voleurs. Il s’agit le plus souvent de chômeurs ou de ruraux venus en ville chercher du travail. La revente des plaques d’égout au poids leur permet de survivre. De même, il est courant de voir dans les campagnes les paysans sans le sou arracher les lignes électriques pour les revendre au poids. Les démunis s’attaquent parfois à d’autres biens collectifs, tels les rails de chemin de fer, en partant du principe qu’il s’agit de la propriété «du peuple». (Libération, le 26 janvier 2002)
Las armas cada vez mas sofisticadas que se acumulan en los arsenales de los mas poderosos y ricos podrán matar a los analfabetos, los enfermos, los pobres y los hambrientos, pero no podrán matar la ignorancia, las enfermedades, la pobreza y el hambre. (Fidel Castro)
De toutes les maladies, la plus grave et la plus répandue est, dans la classification de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dénommée pudiquement «Z 59.5». Cette maladie est la pauvreté extrême. Elle frappe plus d’un milliard d’êtres humains. La gravité a conduit le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) à fixer pour objectif prioritaire l’éradication de la pauvreté, comme un impératif éthique, social, politique et économique. Il n’y a là aucune fatalité, et c’est moins la pauvreté que la désorganisation sociale et politique qui fait l’urgence de la situation…Si nous pensons que la santé des peuples est un bien universel, capable de transcender les cultures, les religions comme une aspiration commune des peuples, alors il nous faut définir quelle santé nous semble être une vraie forme de vie. Laissons les concepts utopiques du complet bien-être physique et mental (car qui, conscient du monde où nous vivons, peut être en pareil état ?), pour affirmer que la vie, c’est-à-dire la santé, ne peut se définir qu’à travers un état permanent de résistance.(Gilles Brucker, Libération, 2 mai 2003)
Dessin Xavier Gorce, Le Monde, 17.12.02
Communiqué d’Amnistie internationale, 2003-10-21 La persistance de la pauvreté, le fait, en particulier, que plus d’un milliard de personnes vivent dans des conditions d’extrême pauvreté, constitue la plus grave crise des droits humains de notre époque. La Déclaration universelle des droits de l’homme et les engagements internationaux ultérieurs relatifs aux droits humains contiennent la promesse d’une vie dans la dignité, où toute personne a droit à un niveau de vie suffisant[1] et accès aux choses essentielles pour donner un sens concret à cette promesse ­ l’alimentation, l’eau, le logement, l’éducation, le travail et les soins médicaux. La persistance de la pauvreté constitue un déni de ces droits et, par conséquent, un déni de la dignité inhérente à tout être humain.Les personnes vivant dans des conditions d’extrême pauvreté souffrent par ailleurs de violations de leurs droits fondamentaux, conséquence de la marginalisation et de l’exclusion caractéristiques de la pauvreté dans tous les pays. La relative impuissance des pauvres perpétue les échecs systématiques des gouvernements pour améliorer leur situation. Elle les laisse également à la merci de l’exercice arbitraire du pouvoir de l’État, ce qui conduit à des atteintes à toute une série de droits humains fondamentaux. Pour défendre leurs droits, les personnes doivent avoir accès aux tribunaux, à la police ainsi qu’aux administrations chargées des différents services et y être traitées à égalité. Trop souvent, les pauvres se voient refuser l’accès à ces institutions et, dans de trop nombreux cas, sont traités de façon discriminatoire par elles.

La pauvreté constitue une violation des droits humains fondamentaux ; sa persistance génère de nouvelles violations, la marginalisation augmentant la vulnérabilité aux atteintes aux droits humains et sapant les efforts entrepris pour établir et défendre ces droits.

Un autre débat sur la question des droits humains apparaît de façon sous-jacente dans les statistiques sur la pauvreté. La Déclaration universelle des droits de l’homme précise que tous les êtres humains « …naissent libres et égaux en dignité et en droits. » Dans un monde globalisé, le fait qu’un nombre important de gens vivent dans des conditions qui les privent de leur dignité, alors même que le fossé entre riches et pauvres s’élargit, à la fois entre pays mais également à l’intérieur d’un même pays, est une contradiction directe apportée à cette notion de dignité et d’égalité de tous.

Amnesty International a grandi en tant qu’organisation en se donnant pour but de dénoncer les injustices. Nous pensons que la défense des droits humains peut et doit passer par la lutte contre les injustices sociales qu’il faut dénoncer avec la même rigueur que les injustices portant sur les droits civils et politiques des personnes. C’est ce que compte faire Amnesty International, en mettant en lumière le déni des droits fondamentaux des personnes qui se cachent dans les statistiques sur la pauvreté, en veillant à ce que les communautés marginalisées et exclues aient un plus grand accès aux institutions pouvant leur permettre de faire valoir leurs droits ­ et en dénonçant la discrimination dont ces institutions font preuve à leur endroit ­ en insistant aussi pour qu’au niveau mondial tous les gouvernements reconnaissent et remplissent leurs obligations en matière d’éradication de l’extrême pauvreté.

Eric Le Boucher : La pauvreté était asiatique au XIXe siècle, elle sera africaine au XXIe. Le Monde, 15 mai 2004La division par deux de l’extrême pauvreté sur la planète depuis vingt ans fait chaud au cœur. La chute est saisissante : de 1981 à 2001, la part de la population des pays en développement vivant avec moins de 1 dollar par jour est passée de 40 % à 21 %, selon les dernières statistiques de la Banque mondiale. L’évolution s’observe aussi en nombre absolu : la misère ne touche plus que 1,1 milliard d’individus, contre 1,5 milliard en 1981. Ce chiffre est, à l’examen, très décevant. La réduction de la pauvreté mondiale va moins vite que la croissance, signe que le monde est de plus en plus inégalitaire. On pourrait s’en accommoder si l’évolution n’était pas, en fait, complètement disparate.LA CROISSANCE NE SUFFIT PAS

La baisse mondiale est entièrement due au succès asiatique, qui s’explique lui-même, en très grande partie, par la Chine. Si l’on exclut cette dernière des statistiques, l’évolution globale mondiale est légèrement négative, le gain obtenu dans les autres pays asiatiques (notamment en Inde) étant compensé par la forte remontée de la pauvreté en Afrique (+ 150 millions), tandis que les chiffres stagnent en Amérique latine. Comme il n’y a qu’une Chine, la poursuite de la lutte contre la pauvreté apparaît compromise et les craintes de la communauté internationale sont fortes de ne pas atteindre l’objectif du Millénaire de l’ONU, qui est de la diviser, à nouveau, par deux de 1990 à 2015. Est-ce possible ? Comment ?

Les réflexions des économistes du développement se sont enrichies ces derniers mois sous le feu critique des mouvements antimondialisation. Le modèle libéral dit du « consensus de Washington » (ouverture commerciale, rigueur budgétaire, privatisations…) est en partie remis en cause, au moins au sein de la Banque mondiale, pour laisser la place à plus de prudence idéologique, d’abord, et à des considérations sociales et politiques pour chaque pays, ensuite.

Essayons de résumer:

1) Du succès asiatique dans les années passées demeure un constat : la cause principale du recul de la pauvreté est la croissance économique. Seule la croissance permet, de surcroît, d’améliorer les autres indicateurs sociaux comme la mortalité infantile ou la scolarisation.

2) La croissance, condition nécessaire, n’est pourtant pas suffisante. L’Inde, dont le décollage récent est remarquable, obtient des résultats décevants contre la pauvreté. La part de la population disposant de moins de 1 dollar par jour n’est passée que de 36 % il y a dix ans à 28 % aujourd’hui (contre une réduction de 35 % à 16 % en Chine pendant la même période). La raison en est que la richesse nouvelle a été absorbée par les classes aisées de la « shining India » (« l’Inde qui brille »). Autrement dit, la réduction de la pauvreté impose d’accompagner la croissance par une politique redistributive, faute de quoi elle se transforme en accroissement des inégalités. La persistance de la malnutrition enfantine en Asie, malgré le boom économique, confirme que les Etats ne peuvent pas laisser la croissance jouer seule.

3) La meilleure façon de promouvoir la croissance reste l’insertion dans le commerce mondial. La pauvreté d’un pays ne s’explique pas par la mondialisation mais par sa non-participation à la mondialisation. Précision : nous parlons ici du commerce des biens et pas de la mondialisation financière, qui, difficile à maîtriser par les Etats du tiers-monde, a provoqué des crises monétaires désastreuses – en Argentine, par exemple.

LA NÉGLIGENCE DU NORD

4) Comme 70 % des habitants des pays en développement vivent de l’agriculture, les enjeux se concentrent sur ce secteur. L’Asie a profité de la libéralisation des produits industriels, l’Amérique du Sud et l’Afrique attendent les fruits d’une libéralisation agricole. La poursuite de la lutte contre la pauvreté passe par la fin des subventions du blé, du sucre, du coton, du riz, aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Mais, s’il faut que cesse l’égoïsme des pays développés, il faudra aussi que les marchés ouverts ne soient pas captés au seul profit des « grands » du Sud comme le Brésil ou l’Afrique du Sud. L’analyse des ouvertures devrait se faire plus fine, par filière et par pays, ce qui ne semble pas devoir être le cas au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

5) Les pays les plus pauvres – pensez à l’Ethiopie – manquent d« avantages comparatifs » commerciaux. Pour eux, l’aide financière extérieure est indispensable. Or comme le crie James Wolfensohn, le directeur général de la Banque mondiale, l’attention du Nord s’est détournée de la pauvreté, et cette négligence s’est encore aggravée depuis les attentats du 11 Septembre. Les montants des crédits publics ont fondu à 58 milliards de dollars en 2002, dont seulement 38 milliards d’argent frais. « Pour les pays les plus pauvres, l’aide représente à peine 3 % de leur PIB », somme bien insuffisante pour les dynamiser.

L’INITIATIVE BROWN

Pour sortir l’aide publique au développement de cette impasse, Gordon Brown, le chancelier de l’Echiquier britannique (ministre des finances), propose d’emprunter pour grouper plusieurs années d’aides en un seul gros paquet, les remboursements venant, plus tard, de la croissance retrouvée. La poursuite du recul de la pauvreté dépend du Nord, de ses aides, de ses marchés. Elle dépend d’abord des pays du Sud, de leur capacité à organiser leur Etat, à lutter contre la corruption, à concentrer leur effort sur l’éducation et sur l’amélioration du sort des femmes. C’est en cours dans de nombreux pays, et l’examen général ne rend pas forcément pessimiste. Sauf pour l’Afrique. En 1980, un pauvre de la planète sur dix était africain ; aujourd’hui, un sur trois ; en 2015, un sur deux. La pauvreté était au XIXe siècle associée à l’Asie, elle devient au XXIe siècle un problème africain.

Carte des pays sous-alimentés dans le monde, chiffres sur la pauvreté depuis 1981 (2004).
Une personne meurt de faim dans le monde toutes les quatre secondes

815 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Ce chiffre diminue en moyenne de 6 millions par an. Mais il faudrait que cette baisse passe à 28 millions pour réduire de moitié le nombre de personnes mal nourries d’ici à 2015, objectif fixé par l’Onu.30 pays d’Afrique subsaharienne souffrent de sous-alimentation, soit plus de la moitié des 50 pays recensés par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La Somalie détient le triste record de malnutrition de la planète: 75% de sa population en souffre.24.000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes les quatre secondes.

3 600 calories avalées en moyenne quotidiennement par un Américain: 67% de plus qu’un Africain…

350 milliards d’euros, c’est la somme que les pays de l’OCDE (les nations les plus riches) consacrent chaque année aux subventions agricoles. Dans le même temps, ils versent 8 milliards d’euros pour soutenir l’agriculture des pays en développement.

Quatre multinationales se partagent 90% du commerce mondial des céréales.

3,7 kg de riz doré (Golden rice), un riz transgénique vanté pour ses qualités en vitamine A propres à lutter contre la cécité: c’est le total qu’un adulte devrait consommer chaque jour pour couvrir ses besoins en vitamine A.

Dossier Libération, 09 septembre 2002

Les PMA (pays les moins avancés)

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