…………….. LA FACE CACHEE DU PETROLE ……..

La Face cachée du Pétrole.
Ouvrage paru chez Plon en février 2006
A fait l’objet de 14 traductions en langues étrangères.
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Le pétrole est la clé de notre bien-être et de notre prospérité. Son existence conditionne aussi notre avenir et notre survie. Pourtant malgré l’importance et la gravité des enjeux, tout ce qui concerne le pétrole est depuis toujours, caché ou désinformé. Au terme d’une enquête de plusieurs années à travers la planète, dans les coulisses du monde pétrolier, Eric Laurent divulgue dans son livre des révélations stupéfiantes, qui sont autant de secrets soigneusement dissimulés.

  • Le choc pétrolier de 1973 au cours duquel les pays producteurs auraient imposé leur loi n’est qu’un gigantesque bluff. Il n’y a jamais eu de véritable pénurie, mais une manipulation des compagnies pétrolières et des pays producteurs qui se sont entendus secrètement pour augmenter les prix du pétrole. Le livre en explique les raisons.
  • Les révélations du dirigeant nazi, Albert Speer à Eric Laurent, sur le rôle crucial joué par le pétrole dans la politique menée par Hitler
  • La fraude légale qui permet aux compagnies pétrolières américaines d’être exonérées d’impôts fédéraux, plus leurs bénéfices sont élevés.
  • L’arme du pétrole saoudien a provoqué l’effondrement de l’union soviétique. Les responsables américains ont convaincu l’Arabie Saoudite d’augmenter massivement leur production pétrolière pour faire chuter les prix. L’or noir constituant la principale ressource en devises de Moscou, l’URSS s’est brusquement retrouvée ruinée.
  • Tous les chiffres publiés concernant les réserves mondiales sont totalement faux et considérablement exagérés. Pays producteurs et compagnies pétrolières gonflent leurs montants, manipulant les opinions.
  • L’hypocrisie scandaleuse des pays consommateurs qui protestent officiellement contre les hausses des prix du pétrole, tout en recueillant de substantiels bénéfices. En France, en comptant la TVA, 75 % du prix d’un litre d’essence part en taxes.
  • L’Arabie Saoudite, premier producteur mondial sur lequel nous comptons pour assurer le maintien de nos approvisionnements, a ses gisements qui arrivent à terme. C’est le secret d’Etat le plus soigneusement gardé. Ce pays qui prétend avoir encore 30 ou 40 années de réserves n’en a plus en vérité que 3 ou 4.
  • Un agent de la CIA dont l’identité a été révélée par la Maison Blanche parce que son mari s’opposait à la guerre en Irak, espionnait l’Arabie Saoudite et détenait des informations sur le déclin du pétrole saoudien que Bush et son administration voulaient à tout prix étouffer.
  • L’administration Bush qui connaît l’état réel des gisements saoudiens a, dès son arrivée au pouvoir, en janvier 2001, planifié l’invasion de l’Irak. Une commission secrète sur l’énergie, créée par le vice-président Cheney en a arrêté tous les détails et le 11 septembre a servi de prétexte à l’intervention militaire. Des documents de travail que cette commission a été contrainte de rendre public, montrent une carte de l’Irak ou, en mars 2001, 8 zones d’exploitations ont été tracées, juste à côté de la frontière saoudienne.
  • Comment Bush et ses collaborateurs falsifient les rapports sur la gravité des dangers climatiques, pour faciliter les agissements des compagnies pétrolières.
  • Les confidences faites à l’auteur par le conseiller du Président chinois pour la sécurité nationale et l’énergie, évoquent les risques d’une « guerre des ressources » et d’un affrontement militaire avec les Etats-Unis.

Postface

La Face cachée du Pétrole

J’ai été surpris de l’accueil extrêmement favorable réservé à ce livre, dès sa parution en mars 2006. Ecrire sur le pétrole, qui plus est d’une manière qui remet en cause les vérités admises, n’est pas un exercice facile. Les grandes compagnies, les pays producteurs et de nombreux journalistes spécialisés, qui reproduisent servilement les discours et les chiffres officiels sur un pétrole abondant et bon marché, n’aiment guère qu’on vienne leur porter la contradiction. Depuis des décennies l’univers pétrolier est celui du règne de la désinformation. Mais j’ai pu observer au cours des 12 derniers mois un phénomène passionnant qui bat en brèche toute cette stratégie : la prise de conscience de l’opinion et sa mobilisation.

Un changement radical est en train de s’opérer. Les individus deviennent à la fois plus lucides face à la gravité des défis et plus sceptiques face aux propos lénifiants que leur tiennent les responsables politiques. Désormais nous savons que nous allons devoir vivre dans un contexte mondial dangereux et incertain, avec un pétrole de plus en plus cher qui ira en se raréfiant.

Pourtant, face à ces échéances critiques les acteurs pétroliers, grandes compagnies et pays producteurs, continuent impassibles de pratiquer la même stratégie du secret. Bien sûr, ils inondent les médias de chiffres censés refléter le niveau de production et l’état des réserves prouvées. Mais aucune de ces données n’est vérifiable. Selon un banquier britannique « Pas un investisseur à travers le monde n’accepterait d’investir de l’argent à partir d’informations aussi vagues ». Le seul moyen de déterminer avec précision l’état des réserves mondiales et l’ampleur de leur déclin, serait de connaître la production, gisement par gisement. Deux cent cinquante champs pétrolifères produisent entre 80 et 85 % des 85 millions de barils consommés quotidiennement à travers la planète. Pour l’immense majorité d’entre eux il est impossible d’avoir accès à ces informations.

Nous savons seulement que la taille des gisements découverts décline depuis plusieurs décennies. Les dernières zones pétrolières de grande ampleur, une partie de l’Alaska, la Sibérie occidentale et la Mer du Nord, ont été localisées entre 1967 et 1969. La découverte du dernier gisement « super géant », Cantrell au Mexique, remonte à 1976. Et pourtant les progrès technologiques permettent désormais de forer à plus de 12 kilomètres de profondeur, à un coût pratiquement identique à celui des forages effectués en 1859 par le colonel Drake à 20 mètres.

La flambée des prix du brut a renforcé la position financière et l’influence politique des quatre premiers pays producteurs, l’Arabie Saoudite, la Russie, l’Iran et le Venezuela. Les revenus annuels du Venezuela sont passés de 21 milliards de dollars en 2002 à 50 milliards de dollars en 2006 ; durant la même période les revenus annuels de l’Iran sont passés de 19 milliards à 60 milliards de dollars.

Les gouvernements de ces pays, avec des stratégies diverses, utilisent l’arme du pétrole au service d’une politique ouvertement anti-américaine et souvent anti-occidentale. Les pétro dollars saoudiens financent l’extrémisme islamique et souvent le terrorisme ; l’Iran veut asseoir son hégémonie régionale et menace d’interrompre ses approvisionnements pétroliers au cas où une intervention militaire serait envisagée contre son territoire ; le Venezuela utilise sa manne pétrolière sur le continent sud américain pour étendre son influence et réduire celle des Etats-Unis. Moscou développe une véritable diplomatie gazière et pétrolière. Elle lui permet de remettre au pas d’anciens satellites indociles, comme l’Ukraine, de retrouver une influence en Asie, courtisé par Pékin et Tokyo. Enfin, le projet de gazoduc en Europe offrirait à la Russie un moyen de pression sur les pays de cette zone et l’occasion d’une revanche sur l’embargo décrété par l’administration Reagan au début des années 80. Ces quatre pays producteurs de pétrole ont également un autre point en commun : leur volonté de rester en marge de la mondialisation en cours. Un expert a écrit : « Le capitalisme à l’échelle planétaire crée une demande, qui contribue à créer des espaces non capitalistes. » Ces pays rentiers sont des îlots d’exception au sein de l’économie mondiale. Des acteurs incontournables mais hostiles qui pèseront lourds dans la guerre des ressources qui se dessine actuellement à travers le monde.

Eric

Lau……………….rent

9 janvier 2007

 

  • Nous consommons chaque 12 jours, 1 milliard de barils de pétrole, l’équivalent d’un gisement géant, non renouvelable. Depuis 2001, aucune découverte nouvelle n’a eu lieu et pour 6 barils que nous con

    Réserves pétrolières, le grand secret.

    Selon la société de consultants énergétiques Wood Mackenzie, réputée pour les renseignements confidentiels qu’elle détient, en 2003, les dix premiers groupes pétroliers ont engagé 8 milliards de dollars de recherche pour des découvertes, dont le montant commercial s’est révélé inférieur à 4 milliards de dollars ! Ce résultat survient après une période 2001-2003 marquée par un déclin saisissant des réserves prouvées. Désormais, les gisements potentiels peuvent être localisés avec une grande précision, mais, comme me l’a confié le responsable d’une grande compagnie rencontré en mer Caspienne, à Bakou : « La prospection ressemble à la chasse. Nous disposons de fusils plus perfectionnés, mais à quoi bon, s’il n’y a plus de gibier. »

    Le coût des recherches devient beaucoup trop élevé, face à l’insuffisance de résultat obtenue. En 2004, Herold, un autre groupe de recherche spécialisé dans l’énergie à Wall Street, a comparé les réserves déclarées par les grandes compagnies, leurs découvertes annoncées et leur niveau de production.

    Conclusion : Toute leur production baissera d’ici 4 ans.

    La flambée actuelle des cours et les profits affichés par ces firmes masquent la réalité : l’industrie pétrolière devient un univers aussi sinistré que l’industrie automobile ou celle de l’acier, qui ont perdu, de 1986 à 1992, un million d’emplois. Désormais, pour six barils consommés chaque jour, un seul baril est découvert , et nous sommes confrontés à une situation historique sans précédent : le déclin des réserves et de la production coïncide avec une explosion de la consommation. Dans les prochaines années, la Chine, déjà deuxième consommateur mondial importera 60% de son pétrole.

    Au cours de ma dernière enquête, j’ai fait une découverte effarante : les chiffres concernant l’ampleur réelle des ressources pétrolières mondiales sont faux, qu’ils émanent de pays producteurs ou de compagnies pétrolières. En 1986, par un simple jeu d’écriture, un artifice comptable, les réserves totales des pays de l’Opep ont connu une croissance vertigineuse de plus de 65%, passant de 467 milliards de barils en 1982 à 771,9 milliards en 1991. Sans qu’aucune découverte d’importance ne justifie cette hausse. Shell a été condamné par la SEC (le gendarme américain de la Bourse) pour avoir surévalué artificiellement de 23% le montant de ses réserves. L’univers énergétique ressemble désormais à la définition que donnait Churchill de la vérité.  » Trop importante et trop grave pour ne pas être protégée par des mensonges. »

    La production pétrolière des Etats-Unis décline rapidement depuis les années 70, comme aujourd’hui celles de la mer du Nord, du Gabon, de l’Indonésie et même de la Russie. Selon un décret promulgué par Vladimir Poutine, les réserves pétrolières relèvent désormais du secret d’Etat, et la majorité des experts estime qu’il faut diviser par deux les chiffres publiés par Moscou. Malgré les affirmations optimistes des officiers saoudiens, le royaume, considéré comme le premier producteur mondial avec, théoriquement, 23 à 25% des ressources mondiales de la planète, connaît désormais des difficultés croissantes. Pas une seule découverte depuis 1967 et sept gisements géants qui assurent à eux seuls 90% de la production du pays. Ghawar, le plus important, exploité depuis 1948, manifeste des signes sensibles de tarissement. Il faut désormais injecté sept millions de barils/jour d’eau de mer pour maintenir la pression et assurer la sortie du pétrole.

    Face à ces réalités et à l’urgence des choix, les gouvernements des pays consommateurs sont terriblement mal informés et mal préparés. Sauf peut-être les Etats-Unis, où l’administration Bush a fait un choix discutable mais cohérent avec la doctrine selon laquelle « le mode de vie américain n’est pas négociable ». En 1999, le vice-président Dick Cheney, à la tête du géant pétrolier Halliburton, s’inquiétait : « En 2010, nous aurons besoin de 50 millions de barils supplémentaires chaque jour. D’où proviendra ce pétrole ? » En janvier 2001, une semaine seulement après l’investiture du nouveau président, Cheney crée et préside une commission sur l’énergie dont les objectifs, les participants et les séances de travail sont entourés d’un mystère absolu. Au point qu’une journaliste réputée du Washington Post, Dana Milbank, la qualifie de « société secrète ». 

     Le 17 juillet 2003, au terme d’un long affrontement juridique, la cour d’appel fédérale a ordonné de rendre public un certain nombre de documents de travail utilisés par la commission Cheney. Le plus saisissant est une carte de l’Irak, datée de mars 2001 où la commission Cheney a nettement découpé, en huit blocs d’exploitation, une vaste zone qui représente à peu près un tiers du pays, situé à proximité de la frontière avec l’Arabie saoudite. L’Irak est considéré comme le deuxième pays détenteur de ressources pétrolières de la planète. Bagdad constitue peut-être, pour des responsables américains, une alternative au déclin énergétique de Riyad.

    Nous sommes probablement entrés dans une logique de « guerre des resssources ».  Henri Kissinger écrivait en juin 2005 :  » La demande et la compétition pour l’accès à l’énergie pourrait devenir source de vie et de mort pour beaucoup de sociétés. »

    Article publié dans Le Journal du Dimanche du 2 avril 2006.sommons quotidiennement, un seul baril est découvert.

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