MICHAEL GAMA BILDERBERG TRILATERALE

mickaelgama24.jpgLe service public vous informe FRANCE 3 Bilderberg et TRILATERAL
UN GRAND LIVRE D UN JEUNE BRILLANT ANTROPOLOGUE Michael Gama
Concernant cette courte interview diffusée sur << Soir 3, >> l’invité,
Michael Gama, un anthropologue de 24 ans qui a publié le livre très
documenté << Rencontres au sommet, >> n’avait que quelques minutes pour
exposer les bases de son étude.
C’était bien résumé pour les novices mais pour celui qui s’intéresse
déjà à ces sujets, la nouvelle se retrouve plutôt dans les commentaires d’un correspondant français publiés sur le site << Prison
Planet >> lorsqu’il dit, << je suis totalement surpris de voir qu’il a
été possible de mentionner ces groupes à la télévision française [en
parlant des Bilderberg et de la Commission trilatérale] et
particulièrement dans le bulletin de nouvelle Soir 3… >>

francs maçons : Le choc des affaires

C’est une histoire dont le Tout-Lille fait des gorges chaudes, une histoire qui a déjè fait tomber l’ancien secrétaire général adjoint de la mairie, un agent du Trésor, le vice-président de la cour d’appel de Douai et bientôt le patron du SRPJ de la métropole du Nord. Une sombre  » affaire de frangins « , comme on disait jadis. Au centre, Roger la Banane, de son vrai nom Roger Dupré, 58 ans, membre assidu du Grand Orient de France (GO). Ce promoteur immobilier doit son surnom à sa chevelure gominée, façon Dick Rivers des grandes années. Compromis avec lui, Bernard Flotin, numéro deux de l’administration municipale, écroué par le juge Charles Pinarel, qui instruit les dossiers immobiliers. Ce frère fréquentait assidûment Roger la Banane, son bar, où se côtoyaient notables et truands, et participait aux parties de chasse que ce dernier organise à Sainghin-en-Weppes. Il est accusé d’avoir touché quelques centaines de milliers de francs pour débloquer des dossiers. Egalement compromis, Alain Gravelines, agent du Trésor à Lille, écroué pour escroquerie. Ce franc-maçon arrangeait les affaires fiscales de la petite bande.

Et encore : Benoît Wargniez, ancien doyen des juges d’instruction de Lille – où il resta en poste plus de vingt ans – avant d’être promu, en 1996, conseiller à la cour d’appel de Douai. Lui aussi franc-maçon, il est devenu l’ami de Roger la Banane après l’avoir inculpé, il y a vingt-cinq ans, pour une histoire de détournement de matériel de chantier. Le magistrat a reçu des chèques – pour 120 000 francs – et a bénéficié d’un appartement à Courchevel. Ce qui lui vaudra d’être suspendu par le Conseil supérieur de la Magistrature et écroué deux mois à la prison de la Santé pour  » corruption et trafic d’influence  » dans le cadre d’une instruction menée par le juge parisien Jean-Pierre Valat, qui a entendu un à un les hauts magistrats de Lille et de Douai. Le juge Valat a pu mesurer à cette occasion à quel point les maçons avaient infiltré les milieux immobiliers, judiciaires et policiers de la région. Car la police, elle aussi, est atteinte : Roger la Banane a bénéficié de fuites. La police des polices a entendu, dans ce cadre, Lucien Aimé Blanc, ancien patron du SRPJ de Lille, membre de la Grande Loge Nationale de France (GLNF). Dans le collimateur également : son successeur, Claude Brillault, lui aussi maçon, un moment accusé au sein de son propre service d’être intervenu en faveur d’un entrepreneur ami de Roger la Banane.

C’est par miracle que cette procédure a pu avancer, tant ont été nombreuses les mutations-sanctions des magistrats et policiers qui se sont intéressés de trop près à ces affaires. Alain Lallemand, le procureur adjoint qui avait dénoncé en pleine audience correctionnelle  » un certain immobilier lillois où le truand côtoie le fonctionnaire, l’entrepreneur, le policier, voire le magistrat « , a ainsi été muté aux affaires civiles.

Mais à Lille comme ailleurs, les langues commencent à se délier, depuis que le procureur Eric de Montgolfier a dénoncé, dans  » le Nouvel Observateur « , l’existence d’une maçonnerie d’affaires susceptible de nuire, par son influence, au bon fonctionnement de la justice sur la Côte d’Azur. En cause, entre autres, la protection dont a bénéficié Michel Mouillot, ancien maire de Cannes, mis en examen et écroué en 1996. Au coeur du système mafieux, la loge des Fils de la Vallée de la GLNF, où se côtoyaient Mouillot, Jean-Paul Renard, doyen des juges d’instruction de Nice, ainsi qu’une belle brochette d’affairistes corrupteurs, de magistrats et de policiers influents. Et influençables. Autre énorme scandale maçon, dans le Var : celui des militaires ripoux de l’arsenal de Toulon, qui touchaient des pots-de-vin sur leurs achats et ont bénéficié d’incroyables protections judiciaires et hiérarchiques. La chronique s’enrichit tous les jours. La GLNF vient ainsi de suspendre Guy Kornfeld,  » membre du collège national  » et  » adjoint au directeur des cérémonies « . Il avait été interpellé et inculpé à Monaco pour avoir remis à la banque Edmond de Rothschild, moyennant commission, 3,6 millions de francs de bons au porteur provenant d’un vol en Belgique.

Impossible d’occulter ce fait : depuis les affaires Luchaire, Pechiney et Société générale, il y a douze ans, jusqu’è l’affaire Elf, celle de la Mnef, des paillotes corses, des fausses factures du RPR, du Carrefour du Développement, du Crédit lyonnais, ou du sang contaminé, toutes ont impliqué, à des degrés divers, des francs-maçons. En 1996, un ancien  » premier grand surveillant  » de la GLNF, Pierre Bertin, évoquait dans une lettre aux dirigeants de son obédience les scandales de l’ARC, de la Garantie mutuelle des Fonctionnaires, des cliniques de Marseille, l’assassinat de Yann Piat, les affaires Schuller-Maréchal, la tour BP ou Conserver 21. Et d’ajouter une liste de  » certains frères impliqués dans lesdites affaires « .

Les trois grandes obédiences sont concernées. Que ce soient Roland Dumas, André Guelfi, André Tarallo ou Alfred Sirven dans l’affaire Elf ; Jacques Crozemarie dans l’ARC ; Michel Reyt ou René Trager fournisseurs de cash au PS et au RPR ; Michel Garretta au CNTS ; Pierre Despessailles ou Giancarlo Paretti au Crédit lyonnais ; sans oublier les hommes politiques Maurice Arreckx (UDF-PR), Jean-Michel Boucheron d’Angoulême (PS), Jacques Mellick (PS), Claude Pradille ou Patrick Balkany. Et encore ne citons-nous lè qu’une partie des personnalités franc-maçonnes ayant eu maille à partir avec la justice. Cruellement, la situation peut se résumer ainsi : la très grande majorité des francs-maçons, bien sûr, ne sont pas, loin de lè, des canailles ; mais on trouve une proportion effarante de frères parmi les escrocs patentés de la délinquance en col blanc. Alors même que le maçon, selon la règle, doit  » laisser ses métaux à la porte du temple « , c’est-è-dire l’argent, l’orgueil, l’intérêt…

On entend déjè les anathèmes : vous voulez  » vendre du papier en ressuscitant le vieux mythe du complot maçonnique « , cher aux ligues des années 30.  » Plus de 600 francs-maçons ont été fusillés ou déportés pendant la guerre « , rappelait Philippe Guglielmi, alors grand maître du Grand Orient, dans  » l’Humanité Dimanche « , en 1998. Vrai. Comme il est vrai que les francs-maçons ont presque toujours été persécutés par les régimes dictatoriaux. Et que Vichy les a traqués dans l’administration.  » Mais la vérité historique oblige à dire que les francs-maçons qui ont été les plus durement frappés étaient en même temps soit juifs, soit résistants, soit communistes ou bien tout à la fois « , dit un vénérable d’une loge du Grand Orient qui rappelle que si Jean Moulin et Pierre Brossolette étaient maçons, René Bousquet ou Maurice Papon l’étaient aussi. Tout comme Salvador Allende et… Augusto Pinochet ! Par pudeur, par crainte d’être accusée d’un retour aux méthodes d’avant-guerre, la presse parle rarement – sinon à mots couverts – du rôle des francs-maçons dans les affaires et dans la politique, alors que leur présence est souvent une clé pour les décoder. Comment comprendre les rapports entre l’ancien ministre de la Coopération Christian Nucci (condamné dans l’affaire du Carrefour du Développement) et son chef de cabinet Yves Chalier, qui l’a dénoncé, si l’on ne sait que ce dernier, subordonné dans le monde profane, était son supérieur en maçonnerie ? Chalier était le vénérable de Nucci, dans sa propre loge ! Et Jacques Delebois, le commissaire de police proche de Pasqua qui a accordé un vrai-faux passeport à Chalier pour lui permettre de fuir en Amérique du Sud, il était, lui aussi, un maçon assidu.

On peut citer aussi le cas de Georges Bonin, gouverneur du Crédit Foncier de France au moment de sa déconfiture, digne, toute proportion gardée, de celle du Crédit Lyonnais. Cet ancien inspecteur des finances ne faisait que de la représentation. Les filiales immobilières étaient sous la coupe de Marcel Gontard, ancien secrétaire général à la retraite, appointé comme  » conseiller auprès du gouverneur « . Explication : Gontard était d’un rang supérieur à celui de Bonin au Grand Orient.

Peut-on comprendre la bataille qui a opposé, à la tête d’EDF, Edmond Alphandéry et son numéro deux Pierre Daurès si on ne sait pas que l’ancien ministre voulait réduire l’influence des francs-maçons au sein de l’entreprise publique, alors que Daurès en était le chef de file ? La bataille s’est conclue par la défaite des deux hommes et la nomination à la présidence d’EDF de François Roussely, négociateur habile et franc-maçon (è la GLNF) convaincu. Sait-on encore qu’une partie des dérapages dans l’affaire Grégory tenait au fait que les réseaux francs-maçons, au sein de la magistrature et de la presse, faisaient circuler des informations manipulées ? Encore aujourd’hui, la connivence entre certains journalistes judiciaires et certains magistrats ne s’explique que par leur appartenance à la même obédience, voire à la même loge. A l’inverse, on ne peut décoder les conflits de personnes entre le parquet, les juges financiers et les policiers si l’on ne tient pas compte de l’appartenance de tel ou tel à la franc-maçonnerie et de l’hostilité de tel ou tel autre.  » Les juges du pôle financier sont ouvertement anti-maçons, affirme un membre  » initié  » de la brigade financière : nous faisons actuellement l’objet d’une véritable chasse aux sorcières, qui ne risque pas de se calmer avec l’arrivée de Renaud Van Ruymbeke, le tombeur de Robert Boulin et de Michel Reyt.  » Quand Eva Joly et Laurence Vichnievsky, les juges vedettes de l’affaire Elf, se disent victimes de pressions, elles ont en tête les services secrets, qui suivent le dossier avec une attention à peine dissimulée, mais aussi certains réseaux policiers, corses et aussi maçons, ceux-ci, du reste se recoupant souvent.

Peut-on écrire l’histoire d’Air France si l’on ne sait l’importance de la maçonnerie au sein de cette compagnie et d’abord à sa tête, de Pierre Giraudet à Christian Blanc ? Comment déchiffrer le jeu truqué des tribunaux de commerce sans parler des arrangements entre juges et administrateurs judiciaires maçons, récemment dénoncés par l’ex-policier Antoine Gaudino et le député Arnaud Montebourg ? Et comment apprécier le jeu des chaises musicales et des nominations au coeur de l’Etat si l’on ne sait que certaines places sont réservées aux inspecteurs des finances, aux X-Mines, mais aussi aux maçons ? A un moment, Jean-François Deniau postulait discrètement pour la présidence de la Fondation de France.  » On m’a expliqué de tous côtés que j’avais le bon profil pour le poste, mais que je n’avais aucune chance : il était réservé à un frère « , s’amuse l’ancien ministre. Et sait-on qu’il est difficile de devenir général dans l’infanterie de marine, l’ancienne  » coloniale « , si l’on est pas  » éclairé  » ?

Les francs-maçons eux-mêmes ont d’ailleurs pris la mesure du problème et engagé une opération tabliers propres afin d’en finir avec les combines qui gangrènent leurs obédiences et souillent leur réputation.  » Nous avons radié 71 personnes en 1999, et le rythme actuel est de 3 par mois, explique Jean-Pierre Pilorge, porte-parole de la GLNF, qui passe, ajoute-t-il, une heure à lire la presse chaque matin pour voir si l’un de nos membres est mis en cause  » (déclaration au  » Journal du dimanche « ). Mais cette justice maçonnique n’est pas toujours sauvage.  » Les frères ont droit comme tout le monde à la présomption d’innocence « , explique un ancien conseiller de l’Ordre du Grand Orient. On préfère donc souvent suspendre plutôt qu’exclure. Et le renvoi du fautif est généralement annoncé au moment où les médias sont alertés.  » On a le droit de tricher, pas celui de se faire prendre « , résume un vénérable du GO. Au reste, la frontière entre exclusion et suspension n’est pas toujours claire. Le faux facturier Michel Reyt, qui accumule les condamnations, navigue entre les loges Demain, à Paris, et Victor Schoelcher, à L’Haÿ-les-Roses, au gré de ses exclusions provisoires et successives. Pourquoi ajouter aux soucis de ce vieux frère, initié en 1957 à la loge Emancipation, et qui se contentait, dit-il,  » d’établir des liens entre les entreprises du BTP et les élus  » ? Max Théret, condamné dans l’affaire Pechiney, a été aussi vite réintégré dans la loge Demain (voir encadré p. 18) qu’il en avait été exclu. Quant à Olivier Spithakis, l’ancien patron de la Mnef, qui vient tout juste de sortir de prison préventive, il a plus mal vécu l’exclusion de Rigueur et Fidélité, sa loge parisienne de la GLF, que son séjour à la prison de la Santé. Heureusement pour lui, il est toujours le bienvenu à Bandol, parmi ses frères de la loge Harmonie et Progrès. Toutes ces affaires nauséabondes n’empêchent pas que la maçonnerie a fait beaucoup pour la société, y compris dans une période récente. Elle reste, pour la plupart des frères, un moyen de s’élever intellectuellement et de s’ouvrir aux autres. Elle change parfois les hommes, par la grâce de l’impressionnante initiation et du rituel, qui oblige le franc-maçon, lors des  » tenues « , à parler debout,  » à l’ordre « , posément, une main sur la poitrine, lorsque le vénérable leur donne la parole et pour un temps limité. Qui le force à écouter ses frères. Et qui empêche, théoriquement, toute dérive genre café du commerce. Prenez Patrick Le Lay, patron de TF1 et vénérable de sa loge à la GLNF. Pugnace, tendu, gagneur quand il parle télévision, il change de ton lorsqu’il répond aux questions sur son engagement maçon. Calme et comme apaisé. Sa dernière  » planche  » ? Elle portait sur  » les dernières paroles du Christ « . Devant des journalistes profanes, Le Lay n’en dira pas plus.

Dans les loges, parfois des dizaines d’années avant leur promulgation, on a débattu des lois créant l’impôt sur le revenu, les congés payés, le logement social, la majorité à 18 ans, la légalisation de l’avortement ou l’abrogation de la peine de mort. Le frère Lucien Neuwirth a voué toute son énergie à faire voter la loi sur la contraception qui porte son nom, et qui avait été longuement travaillée dans les loges. Mais aujourd’hui, le débat s’est appauvri : les maçons, à l’image de la société, sont divisés sur les nouveaux problèmes de société, comme le chômage ou l’illettrisme, le communautarisme, la société multiraciale, l’islam, la bioéthique, etc. Le déclin idéologique conduit les obédiences au repli. Au sein du Grand Orient, certains se sont peu à peu enfermés dans un discours laïque intégriste sans prise sur l’époque.

Exemple de cette évolution : la loge République, où se sont retrouvés au début des années 90 des avocats ambitieux, comme Francis Spizner, de jeunes socialistes, comme Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Marie Le Guen ou Marc Rosenblat, adjoint d’Olivier Spithakis à la Mnef, ainsi que des ex-trotskistes du PCI, comme Gérard Desportes, rédacteur en chef de  » Libération « , qui dément aujourd’hui – contre tous les témoignages de ses anciens frères – avoir jamais appartenu à la franc-maçonnerie. Il y avait lè des personnalités modérées, en quête de vérité, comme le magistrat Jean-Luc Sauron ou Michel Colin, futur directeur de cabinet de Martine Aubry, aujourd’hui cadre à la Générale des Eaux, mais aussi des ultra-laïcards, comme André Bellon, ex-député socialiste des Alpes- de-Hautes-Provence. Peu à peu, le sectarisme tendance lambertiste l’a emporté :  » Le port du foulard par une élève résultait d’un complot mondial contre la République, la CFDT avait adopté le programme de Vichy, et Delors, c’était Doriot « , se souvient un membre de la loge, qu’il a quittée, avec d’autres, en 1996. A ses yeux, la logorrhée gauchisante masquait le conservatisme le plus absolu :  » Ceux qui parlaient de lâcher le latin ou le grec au lycée étaient dénoncés comme des liquidateurs de la culture républicaine ! « 

 » En réalité, les grands idéaux maçonniques sont arrivés symboliquement au pouvoir il y a vingt-cinq ans, lorsque Valéry Giscard d’Estaing, président de droite, a serré la main d’un prisonnier de droit commun, à Lyon « , explique plaisamment un frère influent. La maçonnerie s’est alors trouvée en panne d’idées, tandis que les alternances successives relativisaient les antagonismes politiques dans la société profane. Comme ciment, il ne restait plus que l’opposition au Front national et la solidarité maçonnique (pour le meilleur et quelquefois le pire). Et voilè que le chiffon rouge du FN a lui-même fini par se déchirer…

Consciente de ce vide, la franc-maçonnerie s’efforce de jouer un rôle politique, comme en 1988, lors du règlement négocié du problème de la Nouvelle-Calédonie. A la demande de Michel Rocard, Roger Leray, grand maître du Grand Orient, avait organisé la  » mission de dialogue  » avec Jacques Lafleur et Jean-Marie Djibaou (tous deux membres de la GLNF), sous l’égide de Christian Blanc. Mauvais remake, le 22 janvier dernier, au siège du Grand Orient, rue Cadet, à Paris. Une réunion secrète est organisée par le grand maître Simon Giovannaï à la demande de Raymond Ceccaldi, membre du Conseil de l’Ordre du GO et président du Conseil économique et social de Corse, entre quatre nationalistes corses et quatre maçons, dont Serge Jakobowicz, délégué national du PS aux associations, et François Rebsamen, secrétaire national chargé des fédérations, qui démentira sa participation. Car la négociation, rendue publique, sera un fiasco, socialistes et francs-maçons profitant de l’aubaine pour régler leurs petits comptes internes (voir encadré p. 24). Retour à la case départ.

C’est à une véritable révolution culturelle qu’appellent désormais les plus audacieux des francs-maçons. En cause : le recrutement par cooptation, responsable de tant de dérives, grandes ou petites, quand le repli corporatiste ou notabiliaire l’emporte sur le désir d’ouverture. Comme celles de la loge Spartacus, créée en 1984 par le grand maître Roger Leray, dont le vénérable est Gérard Emery, directeur délégué à France Télévision : elle réunit des responsables de l’audiovisuel public et de Canal+, parmi lesquels Jean-Pierre Cottet, ancien directeur des programmes de France 2, ou Alain Moreau, avec qui celui-ci avait créé une maison de production, des ingénieurs de France Télécom, des producteurs et des diffuseurs de programme télé, dans un promiscuité troublante.

Ce genre de relations consanguines est institutionnalisé dans les fraternelles, ces associations qui regroupent les frères d’une même profession, quelle que soit leur obédience. En contradiction totale avec l’idéal maçon, qui est de  » rassembler ce qui est épars « , c’est-è-dire de regrouper des hommes de toute origine.  » Elles bousillent la franc-maçonnerie « , affirme un vénérable d’une loge de la GLNF, patron d’une grande entreprise cotée en Bourse, qui souhaite ouvertement leur interdiction. Mais certains veulent, au contraire, leur donner un statut officiel. Celle des parlementaires est l’une des plus emblématiques. C’est à travers elle que Christian Poncelet (RPR) a pu être élu à la présidence du Sénat, avec la bienveillance de Michel Dreyfus-Schmidt et de Michel Charasse (PS) qui a embrassé le vainqueur, trois fois, devant les caméras. Il y en a une cinquantaine d’autres : l’une regroupe les enseignants, l’autre les informaticiens, ou encore les avocats, les amateurs de chasse, les personnels d’Air France, les VRP. Il y a des fraternelles de la marine, de l’arme de terre ou de mer, et même des fraternelles interarmes ! Elles posent de vrais problèmes lorsqu’elles réunissent preneurs et donneurs d’ordres. Comme la fraternelle des HLM, qui regroupait architectes, responsables d’offices et cadres du BTP. Ou celle des professions de santé, qui s’est donné le joli nom de Cash (voir article p. 30). Les fraternelles de la police, de la gendarmerie, de la magistrature, des mandataires de justice posent d’autres problèmes, soulevés par le procureur Montgolfier.

Il y a aussi dans certaines villes un  » club des 50  » qui réunit 50 hommes d’affaires maçons, et pas un de plus, qui cultivent entre eux leurs intérêts réciproques. On tombe lè dans les bas-fonds de la maçonnerie d’affaires. A l’autre extrême, secrète et mythique, il y a la maçonnerie des  » grades supérieurs « . Ceux qui y ont accès sont triés sur le volet. Ils se cooptent dans le secret le plus absolu. Particularité : les hauts grades sont libérés de toutes les contraintes, en particulier du rituel. Dans cette hiérarchie de l’ombre, on trouve le gratin de la haute fonction publique ainsi que quelques grands patrons. L’affairisme, dit-on, n’y a pas sa place.

On peut appréhender de deux façons cet entrelacs de réseaux influents. Beaucoup de frères dédramatisent en raillant la  » cordonite  » des notables qui font carrière en maçonnerie, faute d’avoir réussi ailleurs, et qui s’échappent de leur triste quotidien en empilant titres, grades et honneurs. En province, la franc-maçonnerie est souvent le réseau de ceux qui n’en ont pas. On y retrouve la France profonde, celles des milliers de présidents d’harmonies ou de clubs philanthropiques, qui permettent de retrouver les copains, devant un pastis. Ce qui expliquerait, au passage, les réticences des grandes loges à l’égard de toute mixité et l’importance des  » agapes  » qui suivent les  » tenues « . Parfois, il s’agit d’une simple bonne bouffe. Parfois, les agapes sont exceptionnelles, comme celles organisées par le cuisinier Joël Robuchon (GLNF) après une  » planche  » brillante, consacrée à la nourriture et à la terre. Mais on peut aussi dénoncer le caractère non démocratique de ces réseaux secrets.  » C’est un système fossilisé, devenu dans le meilleurs des cas un lieu de promotion sociale et de protection réciproque, et dans le pire une association de malfaiteurs « , grince un ancien frère. Jugement sévère mais quelquefois fondé.

La protection, cependant, n’est plus ce qu’elle était, même dans les hautes sphères. Ancien grand maître du GO, Gilbert Abergel, quand il s’est trouvé sans emploi, a eu toutes les peines du monde à se recaser : même les employeurs maçons le trouvaient trop voyant ! Personne n’a rien proposé de sérieux à Christian Blanc, après son départ tonitruant d’Air France. Il vient même d’être écarté de la PME néerlandaise, financée par l’homme d’affaires franco-israélien Jean Friedmann, dans laquelle il a tenté de rebondir. Quant à Jean Bergougnoux, son engagement maçon ne l’a pas empêché d’être viré de la présidence de la SNCF après les grèves de 1995 ; il est aujourd’hui salarié à EDF, grand incubateur de francs-maçons.

Reste la question qui nourrit tant de fantasmes : quelle est l’influence des réseaux maçons sur la vie publique ? Dans l’enseignement, on a beaucoup dit qu’ils avaient joué un rôle déterminant dans l’élimination de Claude Allègre et dans la constitution du cabinet de Jack Lang.  » Complètement faux, récuse le recteur Christian Forestier (GO), directeur de cabinet. Je suis le seul maçon du cabinet ! Et je puis vous assurer que la maçonnerie ne joue aucun rôle dans l’Education nationale.  » Et dans le recrutement politique ? De nombreux députés et élus locaux sont maçons – ainsi que beaucoup de préfets : Claude Erignac et… Bernard Bonnet, par exemple. En Touraine, centre de la franc-maçonnerie française, ils le sont presque tous. Alain Rafesthain, le successeur de Michel Sapin à la présidence de la Région du Centre, a d’ailleurs été désigné par les loges. Au gouvernement, on compte trois maçons connus : Christian Pierret (Industrie), Jean-Pierre Masseret (Anciens Combattants) et Jean-Luc Mélenchon (Enseignement professionnel). Les journalistes ? TF1 est leur fief. Seul Charles Villeneuve assume son appartenance ; Bruno Cortes revendique son jardin secret. Jean-Claude Narcy et Robert Namias opposent un démenti sec, qui ne convainc pas tout le monde. Dans la presse écrite, on cite Alexandre Adler, initié de fraîche date. Il y a d’autres journalistes maçons, moins en vue, à commencer par l’ancien grand maître (GO) Patrick Kessel ; mais depuis la mort de Georges Bérard-Quélin, inventeur du Club du Siècle, ou le relatif effacement de Jean Miot, responsable d’une myriade d’organismes professionnels, président du puissant syndicat de la presse parisienne, puis PDG de l’AFP, l’image du grand maçon d’influence a singulièrement pâli.

La filière nucléaire française civile, via le Commissariat à l’Energie atomique et EDF, et plus encore la bombe atomique, en revanche, reste très liée aux maçons.  » La bombe française était un vrai projet d’indépendance nationale, affirme un de ceux qui a connu cette épopée : c’était une affaire d’hommes et de conscience.  » Tout s’est joué au sein d’une fraternelle, à la direction des affaires militaires du CEA. Dont le président est aujourd’hui Emmanuel Duval. Beaucoup d’industriels de la Défense sont maçons – dont Pierre Faurre, patron de la Sagem, membre de la GL, ou Serge Dassault (GO, actuellement sous le coup d’une mesure de suspension)… Et beaucoup de militaires aussi, à commencer par un des plus hauts gradés, le général cinq étoiles Raymond Germanos (GLNF), inspecteur général des armées. Via la GLNF, des passerelles sont jetées vers l’industrie de défense des Etats-Unis, où l’implantation maçonne est très forte, comme dans tout l’establishment américain.

Bref, plus que jamais, l’influence de la maçonnerie répond à la définition qu’en donnait de Gaulle :  » Pas assez importante pour qu’on s’y intéresse ; trop importante pour qu’on s’en désintéresse.  » Assez importante en tout cas pour nécessiter une clarification. Un nombre croissant de maçons n’hésitent plus aujourd’hui à la dire : le secret, qui a couvert tant de dérives inavouables, et alimenté du même coup toutes les suspicions, est aujourd’hui l’ennemi de cette maçonnerie d’idéal à laquelle ils veulent continuer de croire.  » Le secret a eu une raison d’être dans le passé ; il n’en a plus dans une société démocratique comme la nôtre « , confient tous ceux qui nous ont parlé et qui, pourtant, refusent de se découvrir. Aux Etats-Unis, la maçonnerie a pignon sur rue. Al Gore s’affiche comme un maçon convaincu. En Grande-Bretagne, le plus haut grade appartient au roi, aujourd’hui au prince Charles, puisque le trône est occupé par une femme. Le secret de l’appartenance demeure, mais plus pour longtemps. Tony Blair a demandé que les policiers et les magistrats maçons se dévoilent. Les obédiences françaises ont crié au scandale, agitant la mémoire de Vichy. Mais dans le secret de leur conscience, beaucoup de maçons savent que l’on a changé d’époque.

2 Réponses to “MICHAEL GAMA BILDERBERG TRILATERALE”

  1. [audio src="http://www.whatiswrongwithgrooving.com/media/_platten_home/audio/000Z_BARLACH_ZYKLUS.mp3" /]

    …………. UN PETIT GROOVE POUR VOE ESGOURDES …..

  2. [audio src="http://www.whatiswrongwithgrooving.com/media/_platten_home/audio/_____NORBERT_1_1_.mp3" /]

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