ALTERMONDIALISME, decryptage, videos sociologie

Posted in .... ATERMONDE ......, ....DOCUMENTAIRES ....., MES VIDEOS FAVORITES, scandales, sociologie with tags , , on mars 12, 2008 by rodolphepilaert63

Superscience – Avis De Grand Froid – 2sur4

Superscience – Avis de grand froid (États-Unis, 50 mn, 2006) Réalisation : Alex WILLIAMSON Production : PIONEER PRODUCTIONS,GRANADA Le réchauffement climatique est fréquemment évoqué, mais la Terre pourrait risquer tout autant une nouvelle grande glaciation. Notre planète a déjà enduré des changements radicaux de climat et la dernière période glaciaire ne remonte qu’à 10 000 ans à peine. Un nouveau dérèglement des climats aurait des conséquences catastrophiques sur la vie de tous les jours, comme en atteste une vague de froid extrême qui s’est abattue sur le Canada. Cette glaciation soudaine pourrait être causée par des éruptions massives de volcans dont les émissions voileraient alors la lumière du Soleil. Mais elle pourrait également être, paradoxalement, due au réchauffement de la planète. Plus d’infos : http://en.wikipedia.org/wiki/Gulf_Stream http://en.wikipedia.org/wiki/Shutdown_of_thermohaline_circulation

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire fiction science climatologie réchauffement refroidissement global Terre politique société
Envoyé : 07 mars 2008
Note :4.8
Votes :4

Superscience – Avis De Grand Froid – 1sur4

Superscience – Avis de grand froid (États-Unis, 50 mn, 2006) Réalisation : Alex WILLIAMSON Production : PIONEER PRODUCTIONS / GRANADA Le réchauffement climatique est fréquemment évoqué, mais la Terre pourrait risquer tout autant une nouvelle grande glaciation. Notre planète a déjà enduré des changements radicaux de climat et la dernière période glaciaire ne remonte qu’à 10 000 ans à peine. Un nouveau dérèglement des climats aurait des conséquences catastrophiques sur la vie de tous les jours, comme en atteste une vague de froid extrême qui s’est abattue sur le Canada. Cette glaciation soudaine pourrait être causée par des éruptions massives de volcans dont les émissions voileraient alors la lumière du Soleil. Mais elle pourrait également être, paradoxalement, due au réchauffement de la planète. Plus d’infos : http://en.wikipedia.org/wiki/Gulf_Stream http://en.wikipedia.org/wiki/Shutdown_of_thermohaline_circulation

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire fiction science climatologie réchauffement refroidissement global Terre politique société
Envoyé : 07 mars 2008
Note :5.0
Votes :2

Voyage autour du soleil – 5sur5

France 3 – Voyage Autour du Soleil / Space Odyssey: Voyage to the Planets (Grande-Bretagne, 86 mn, 2004-2005) Écriture et Réalisation : Joe AHERNE Production : Tim HAINES et Christopher RILEY Coproduction : Impossible Pictures « Dans un futur très proche, le vaisseau Pégase et son équipage de cinq astronautes part pour le plus formidable voyage spatial jamais entrepris par l’homme : songez à l’extraordinaire aventure humaine et scientifique que constitue ce voyage de six années, ponctué par de multiple explorations (Vénus, Mars, Pluton…) Et la découverte des beautés et des dangers que recèlent les planètes qui entourent notre Soleil. » Plus d’infos : http://www.imdb.com/title/tt0395417/ http://www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx?dvd=3220====http://www.dailymotion.com/playlist/xdwux_ccambour_voyage-autour-du-soleil

Auteur : avatarccambour
Tags : Documentaire fiction science espace vie extraterrestre planètes soleil système solaire Terre Vénus Mars Pluton Jupiter Saturne Io
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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Voyage autour du soleil – 3sur5

France 3 – Voyage Autour du Soleil / Space Odyssey: Voyage to the Planets (Grande-Bretagne, 86 mn, 2004-2005) Écriture et Réalisation : Joe AHERNE Production : Tim HAINES et Christopher RILEY Coproduction : Impossible Pictures « Dans un futur très proche, le vaisseau Pégase et son équipage de cinq astronautes part pour le plus formidable voyage spatial jamais entrepris par l’homme : songez à l’extraordinaire aventure humaine et scientifique que constitue ce voyage de six années, ponctué par de multiple explorations (Vénus, Mars, Pluton…) Et la découverte des beautés et des dangers que recèlent les planètes qui entourent notre Soleil. » Plus d’infos : http://www.imdb.com/title/tt0395417/ http://www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx?dvd=3220====http://www.dailymotion.com/playlist/xdwux_ccambour_voyage-autour-du-soleil

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Tags : Documentaire fiction science espace vie extraterrestre planètes soleil système solaire Terre Vénus Mars Pluton Jupiter Saturne Io
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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Voyage autour du soleil – 4sur5

France 3 – Voyage Autour du Soleil / Space Odyssey: Voyage to the Planets (Grande-Bretagne, 86 mn, 2004-2005) Écriture et Réalisation : Joe AHERNE Production : Tim HAINES et Christopher RILEY Coproduction : Impossible Pictures « Dans un futur très proche, le vaisseau Pégase et son équipage de cinq astronautes part pour le plus formidable voyage spatial jamais entrepris par l’homme : songez à l’extraordinaire aventure humaine et scientifique que constitue ce voyage de six années, ponctué par de multiple explorations (Vénus, Mars, Pluton…) Et la découverte des beautés et des dangers que recèlent les planètes qui entourent notre Soleil. » Plus d’infos : http://www.imdb.com/title/tt0395417/ http://www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx?dvd=3220====http://www.dailymotion.com/playlist/xdwux_ccambour_voyage-autour-du-soleil

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Tags : Documentaire fiction science espace vie extraterrestre planètes soleil système solaire Terre Vénus Mars Pluton Jupiter Saturne Io
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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Voyage autour du soleil – 2sur5

France 3 – Voyage Autour du Soleil / Space Odyssey: Voyage to the Planets (Grande-Bretagne, 86 mn, 2004-2005) Écriture et Réalisation : Joe AHERNE Production : Tim HAINES et Christopher RILEY Coproduction : Impossible Pictures « Dans un futur très proche, le vaisseau Pégase et son équipage de cinq astronautes part pour le plus formidable voyage spatial jamais entrepris par l’homme : songez à l’extraordinaire aventure humaine et scientifique que constitue ce voyage de six années, ponctué par de multiple explorations (Vénus, Mars, Pluton…) Et la découverte des beautés et des dangers que recèlent les planètes qui entourent notre Soleil. » Plus d’infos : http://www.imdb.com/title/tt0395417/ http://www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx?dvd=3220====http://www.dailymotion.com/playlist/xdwux_ccambour_voyage-autour-du-soleil

Auteur : avatarccambour
Tags : Documentaire fiction science espace vie extraterrestre planètes soleil système solaire Terre Vénus Mars Pluton Jupiter Saturne Io
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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Voyage autour du soleil – 1sur5

France 3 – Voyage Autour du Soleil / Space Odyssey: Voyage to the Planets (Grande-Bretagne, 86 mn, 2004-2005) Écriture et Réalisation : Joe AHERNE Production : Tim HAINES et Christopher RILEY Coproduction : Impossible Pictures « Dans un futur très proche, le vaisseau Pégase et son équipage de cinq astronautes part pour le plus formidable voyage spatial jamais entrepris par l’homme : songez à l’extraordinaire aventure humaine et scientifique que constitue ce voyage de six années, ponctué par de multiple explorations (Vénus, Mars, Pluton…) Et la découverte des beautés et des dangers que recèlent les planètes qui entourent notre Soleil. »Plus d’infos : http://www.imdb.com/title/tt0395417/ http://www.dvdcritiques.com/critiques/dvd_visu.aspx?dvd=3220====http://www.dailymotion.com/playlist/xdwux_ccambour_voyage-autour-du-soleil

Auteur : avatarccambour
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Envoyé : 06 mars 2008
Note :5.0
Votes :1

La Turquie – La Cappadoce – 3sur3

ARTE.tv – La Turquie – 3. la Cappadoce et ses habitations troglodytiques (Allemagne, 43 mn, 2005) Réalisation : Ernst Waldemar BAUER Coproduction : HR / Ernst Waldemar BAUER Villageois fuyant devant les Hittites, premiers chrétiens, ermites, ils ont été nombreux à apprécier les grottes de Cappadoce pour leur fraîcheur en été et leur température clémente en hiver, grâce au tuf volcanique. De véritables cités souterraines ont ainsi vu le jour, dont les traces sont encore visibles aujourd’hui, avec leurs pièces d’habitation, leurs salles communes, leurs étables, leurs pressoirs et même leurs cimetières. Les Byzantins, eux, ont construit des chapelles et des monastères accrochés à des hauteurs vertigineuses. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827007,day=5,week=10,year=2008.html====1/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m2t4_la-turquie-la-cappadoce-1sur3_travel2/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m2w8_la-turquie-la-cappadoce-2sur3_travel3/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m3bt_la-turquie-la-cappadoce-3sur3_travel

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire géographie histoire turquie méditerranée europe asie arte
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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La Turquie – La Cappadoce – 2sur3

ARTE.tv – La Turquie – 3. la Cappadoce et ses habitations troglodytiques (Allemagne, 43 mn, 2005) Réalisation : Ernst Waldemar BAUER Coproduction : HR / Ernst Waldemar BAUER Villageois fuyant devant les Hittites, premiers chrétiens, ermites, ils ont été nombreux à apprécier les grottes de Cappadoce pour leur fraîcheur en été et leur température clémente en hiver, grâce au tuf volcanique. De véritables cités souterraines ont ainsi vu le jour, dont les traces sont encore visibles aujourd’hui, avec leurs pièces d’habitation, leurs salles communes, leurs étables, leurs pressoirs et même leurs cimetières. Les Byzantins, eux, ont construit des chapelles et des monastères accrochés à des hauteurs vertigineuses. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827007,day=5,week=10,year=2008.html====1/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m2t4_la-turquie-la-cappadoce-1sur3_travel2/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m2w8_la-turquie-la-cappadoce-2sur3_travel3/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m3bt_la-turquie-la-cappadoce-3sur3_travel

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Tags : documentaire géographie histoire turquie méditerranée europe asie arte
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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La Turquie – La Cappadoce – 1sur3

ARTE.tv – La Turquie – 3. la Cappadoce et ses habitations troglodytiques (Allemagne, 43 mn, 2005) Réalisation : Ernst Waldemar BAUER Coproduction : HR / Ernst Waldemar BAUER Villageois fuyant devant les Hittites, premiers chrétiens, ermites, ils ont été nombreux à apprécier les grottes de Cappadoce pour leur fraîcheur en été et leur température clémente en hiver, grâce au tuf volcanique. De véritables cités souterraines ont ainsi vu le jour, dont les traces sont encore visibles aujourd’hui, avec leurs pièces d’habitation, leurs salles communes, leurs étables, leurs pressoirs et même leurs cimetières. Les Byzantins, eux, ont construit des chapelles et des monastères accrochés à des hauteurs vertigineuses. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827007,day=5,week=10,year=2008.html====1/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m2t4_la-turquie-la-cappadoce-1sur3_travel2/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m2w8_la-turquie-la-cappadoce-2sur3_travel3/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4m3bt_la-turquie-la-cappadoce-3sur3_travel

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire géographie histoire turquie méditerranée europe asie arte
Envoyé : 06 mars 2008
Note :0.0
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Robots sapiens, les hommes du futur – 3sur3

France 5 – Robots Sapiens, les hommes du futur / Robo Sapiens: The Secret (R)Evolution (Canada, 50 min., 2006) Écriture et réalisation : Dean LEWIS Coproduction : The Discovery Communications / Neural Code Productions Adaptation française : Danielle MARQUES "La toute prochaine évolution de l’homme semble liée à celle des nanotechnologies. Les scientifiques travaillent à créer une interface directe entre le cerveau humain et l’ordinateur. Le but : reproduire et multiplier les capacités humaines à l’aide des machines. Ainsi les micro-puces permettraient de penser plus vite et mieux, d’avoir plus de mémoire, d’écrire sur son ordinateur juste en pensant, ou pour un accidenté de communiquer avec son entourage. Les possibilités sont immenses. Aujourd’hui, à l’aide d’électrodes et d’autres appareillages, ils se concentrent sur le langage neuronal, c’est-à-dire celui du système nerveux. La micro-chirurgie, quant à elle, a fait des progrès spectaculaires : en implantant des électrodes dans le cerveau, des personnes paralysées seront bientôt capables de contrôler un membre artificiel ou un curseur d’ordinateur… Voilà la réalité qui rejoint la fiction." Plus d’infos : http://www.ledevoir.com/2004/07/31/60357.html====http://www.dailymotion.com/playlist/xdvhm_ccambour_robots-sapiens

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire science ingénierie robotique recherche médecine biologie neurone anticipation
Envoyé : 05 mars 2008
Note :5.0
Votes :2

Robots sapiens, les hommes du futur – 2sur3

France 5 – Robots Sapiens, les hommes du futur / Robo Sapiens: The Secret (R)Evolution (Canada, 50 mn, 2006) Écriture et réalisation : Dean LEWIS Coproduction : The Discovery Communications / Neural Code Productions Adaptation française : Danielle MARQUES "La toute prochaine évolution de l’homme semble liée à celle des nanotechnologies. Les scientifiques travaillent à créer une interface directe entre le cerveau humain et l’ordinateur. Le but : reproduire et multiplier les capacités humaines à l’aide des machines. Ainsi les micro-puces permettraient de penser plus vite et mieux, d’avoir plus de mémoire, d’écrire sur son ordinateur juste en pensant, ou pour un accidenté de communiquer avec son entourage. Les possibilités sont immenses. Aujourd’hui, à l’aide d’électrodes et d’autres appareillages, ils se concentrent sur le langage neuronal, c’est-à-dire celui du système nerveux. La micro-chirurgie, quant à elle, a fait des progrès spectaculaires : en implantant des électrodes dans le cerveau, des personnes paralysées seront bientôt capables de contrôler un membre artificiel ou un curseur d’ordinateur… Voilà la réalité qui rejoint la fiction." Plus d’infos : http://www.ledevoir.com/2004/07/31/60357.html====http://www.dailymotion.com/playlist/xdvhm_ccambour_robots-sapiens

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire science ingénierie robotique recherche médecine biologie anticipation
Envoyé : 05 mars 2008
Note :5.0
Votes :1

Robots sapiens, les hommes du futur – 1sur3

France 5 – Robots Sapiens, les hommes du futur / Robo Sapiens: The Secret (R)Evolution(Canada, 50 min., 2006) Écriture et réalisation : Dean LEWIS Coproduction : The Discovery Communications / Neural Code Productions Adaptation française : Danielle MARQUES "La toute prochaine évolution de l’homme semble liée à celle des nanotechnologies. Les scientifiques travaillent à créer une interface directe entre le cerveau humain et l’ordinateur. Le but : reproduire et multiplier les capacités humaines à l’aide des machines. Ainsi les micro-puces permettraient de penser plus vite et mieux, d’avoir plus de mémoire, d’écrire sur son ordinateur juste en pensant, ou pour un accidenté de communiquer avec son entourage. Les possibilités sont immenses. Aujourd’hui, à l’aide d’électrodes et d’autres appareillages, ils se concentrent sur le langage neuronal, c’est-à-dire celui du système nerveux. La micro-chirurgie, quant à elle, a fait des progrès spectaculaires : en implantant des électrodes dans le cerveau, des personnes paralysées seront bientôt capables de contrôler un membre artificiel ou un curseur d’ordinateur… Voilà la réalité qui rejoint la fiction." Plus d’infos : http://www.ledevoir.com/2004/07/31/60357.html====http://www.dailymotion.com/playlist/xdvhm_ccambour_robots-sapiens

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Tags : documentaire science ingénierie robotique recherche médecine biologie anticipation
Envoyé : 05 mars 2008
Note :5.0
Votes :4

La Turquie – De la mer Noire au mont Ararat – 3sur3

ARTE.tv – La Turquie – 2. De la mer Noire au mont Ararat (Allemagne, 43 min., 2007) Réalisation : Jan HAFT Coproduction : NDR Naturfilm/nautilusfilm/Jan Haft Des cheminées de fée de la Cappadoce jusqu’au pied du mont Ararat, dans l’est de l’Anatolie, s’étend une contrée peu peuplée, royaume des serpents, des étourneaux et des cigognes. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=826970,day=4,week=10,year=2008.html ====1/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4lqbj_la-turquie-de-la-mer-noire-au-mont_travel2/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4lqj1_la-turquie-de-la-mer-noire-au-mont_travel3/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4lrzi_la-turquie-de-la-mer-noire-au-mont_travel

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire géographie histoire turquie méditerranée europe asie arte
Envoyé : 05 mars 2008
Note :0.0
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La Turquie – De la mer Noire au mont Ararat – 2sur3

ARTE.tv – La Turquie – 2. De la mer Noire au mont Ararat (Allemagne, 43 min., 2007) Réalisation : Jan HAFT Coproduction : NDR Naturfilm/nautilusfilm/Jan Haft Des cheminées de fée de la Cappadoce jusqu’au pied du mont Ararat, dans l’est de l’Anatolie, s’étend une contrée peu peuplée, royaume des serpents, des étourneaux et des cigognes. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=826970,day=4,week=10,year=2008.html ====1/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4lqbj_la-turquie-de-la-mer-noire-au-mont_travel2/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4lqj1_la-turquie-de-la-mer-noire-au-mont_travel3/3 : http://www.dailymotion.com/video/x4lrzi_la-turquie-de-la-mer-noire-au-mont_travel

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire géographie histoire turquie méditerranée europe asie arte
Envoyé : 05 mars 2008
Note :0.0
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ALTERMONDIALISME, decryptage, videos sociologie

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The War – 1. Une guerre nécessaire – 2sur5

ARTE.tv – The War – 1. Une guerre nécessaire (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.php

Auteur : avatarccambour
Tags : Documentaire film 2e guerre mondiale témoignage
Envoyé : 10 mars 2008
Note :0.0
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The War – 1. Une guerre nécessaire – 1sur5

ARTE.tv – The War – 1. Une guerre nécessaire (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.php

Auteur : avatarccambour
Tags : Documentaire film 2e guerre mondiale témoignage
Envoyé : 10 mars 2008
Note :0.0
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Une entreprise comme il faut – 3sur3

ARTE.tv – Une entreprise comme il faut (France, 2004, 55mn) Réalisation: Thomas BALMÈS Coproduction : Making Movies / Margot Films / Artline Films Nokia cherche à devenir une entreprise "éthiquement" correcte, même dans ses usines chinoises. Mais que se passe-t-il quand un cadre rend compte de dysfonctionnements ? Faire des bénéfices ou rester moral ? La question est d’autant plus critique pour une société comme Nokia lorsqu’elle déplace sa production en Chine, là où la main-d’oeuvre est bon marché, et le droit du travail réduit à sa plus simple expression. En 2004, face à la pression des fonds d’investissement éthique qui réclament la preuve que les sous-traitants de Nokia respectent un minimum de règles, la société finlandaise décide de se doter d’une "directrice de l’éthique". À peine nommée, Hanna Kaskinen est chargée d’aller faire un contrôle chez deux fournisseurs en Chine. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827224,day=5,week=11,year=2008.html

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire économie finance société fraudes pouvoir
Envoyé : 08 mars 2008
Note :5.0
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Une entreprise comme il faut – 2sur3

ARTE.tv – Une entreprise comme il faut (France, 2004, 55mn) Réalisation: Thomas BALMÈS Coproduction : Making Movies / Margot Films / Artline Films Nokia cherche à devenir une entreprise "éthiquement" correcte, même dans ses usines chinoises. Mais que se passe-t-il quand un cadre rend compte de dysfonctionnements ? Faire des bénéfices ou rester moral ? La question est d’autant plus critique pour une société comme Nokia lorsqu’elle déplace sa production en Chine, là où la main-d’oeuvre est bon marché, et le droit du travail réduit à sa plus simple expression. En 2004, face à la pression des fonds d’investissement éthique qui réclament la preuve que les sous-traitants de Nokia respectent un minimum de règles, la société finlandaise décide de se doter d’une "directrice de l’éthique". À peine nommée, Hanna Kaskinen est chargée d’aller faire un contrôle chez deux fournisseurs en Chine. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827224,day=5,week=11,year=2008.html

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire économie finance société fraudes pouvoir
Envoyé : 08 mars 2008
Note :0.0
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Une entreprise comme il faut – 1sur3

ARTE.tv – Une entreprise comme il faut (France, 2004, 55mn) Réalisation: Thomas BALMÈS Coproduction : Making Movies / Margot Films / Artline Films Nokia cherche à devenir une entreprise "éthiquement" correcte, même dans ses usines chinoises. Mais que se passe-t-il quand un cadre rend compte de dysfonctionnements ? Faire des bénéfices ou rester moral ? La question est d’autant plus critique pour une société comme Nokia lorsqu’elle déplace sa production en Chine, là où la main-d’oeuvre est bon marché, et le droit du travail réduit à sa plus simple expression. En 2004, face à la pression des fonds d’investissement éthique qui réclament la preuve que les sous-traitants de Nokia respectent un minimum de règles, la société finlandaise décide de se doter d’une "directrice de l’éthique". À peine nommée, Hanna Kaskinen est chargée d’aller faire un contrôle chez deux fournisseurs en Chine. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827224,day=5,week=11,year=2008.html

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Envoyé : 08 mars 2008
Note :5.0
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Du côté des anges – 3sur3

ARTE.tv – Du côté des "anges" (France, 2007, 53 mn) Réalisation : Mathieu VERBOUD et Jean Robert VIALLET Écriture : Mathieu VERBOUD Coproduction : Zadig Productions / Arte France D’Enron à Airbus en passant par Veolia, ces justiciers modernes ont choisi de révéler secrets frauduleux ou négligences graves, en interne ou au public, à leurs risques et périls. Dire la vérité a toujours un prix. Un prix pour qui l’entend, pour qui la dit et… pour qui la cache. Plus on gravit l’échelle du pouvoir, plus le prix du silence augmente. Un jour, quelqu’un décide qu’il ne peut plus se taire et sa vie bascule. Aux États-Unis, ce quelqu’un s’appelle un whistleblower, celui qui donne l’alerte. Mathieu Verboud est allé à la rencontre de justiciers modernes qui ont tout tenté pour prévenir leur hiérarchie des dysfonctionnements dont ils étaient témoins, avant de décider de passer à l’attaque. Avec plus ou moins de succès. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827297,day=7,week=11,year=2008.html

Auteur : avatarccambour
Tags : documentaire économie finance société fraudes pouvoir
Envoyé : 08 mars 2008
Note :5.0
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Du côté des anges – 2sur3

ARTE.tv – Du côté des "anges" (France, 2007, 53 mn) Réalisation : Mathieu VERBOUD et Jean Robert VIALLET Écriture : Mathieu VERBOUD Coproduction : Zadig Productions / Arte France D’Enron à Airbus en passant par Veolia, ces justiciers modernes ont choisi de révéler secrets frauduleux ou négligences graves, en interne ou au public, à leurs risques et périls. Dire la vérité a toujours un prix. Un prix pour qui l’entend, pour qui la dit et… pour qui la cache. Plus on gravit l’échelle du pouvoir, plus le prix du silence augmente. Un jour, quelqu’un décide qu’il ne peut plus se taire et sa vie bascule. Aux États-Unis, ce quelqu’un s’appelle un whistleblower, celui qui donne l’alerte. Mathieu Verboud est allé à la rencontre de justiciers modernes qui ont tout tenté pour prévenir leur hiérarchie des dysfonctionnements dont ils étaient témoins, avant de décider de passer à l’attaque. Avec plus ou moins de succès. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827297,day=7,week=11,year=2008.html

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Envoyé : 08 mars 2008
Note :5.0
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Du côté des anges – 1sur3

ARTE.tv – Du côté des "anges" (France, 2007, 53 mn) Réalisation : Mathieu VERBOUD et Jean Robert VIALLET Écriture : Mathieu VERBOUD Coproduction : Zadig Productions / Arte France D’Enron à Airbus en passant par Veolia, ces justiciers modernes ont choisi de révéler secrets frauduleux ou négligences graves, en interne ou au public, à leurs risques et périls. Dire la vérité a toujours un prix. Un prix pour qui l’entend, pour qui la dit et… pour qui la cache. Plus on gravit l’échelle du pouvoir, plus le prix du silence augmente. Un jour, quelqu’un décide qu’il ne peut plus se taire et sa vie bascule. Aux États-Unis, ce quelqu’un s’appelle un whistleblower, celui qui donne l’alerte. Mathieu Verboud est allé à la rencontre de justiciers modernes qui ont tout tenté pour prévenir leur hiérarchie des dysfonctionnements dont ils étaient témoins, avant de décider de passer à l’attaque. Avec plus ou moins de succès. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/semaine/244,broadcastingNum=827297,day=7,week=11,year=2008.html

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Envoyé : 08 mars 2008
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1905, La Séparation – 5sur5

La Séparation. 1905, loi de séparation des Églises et de l’État (France, 81 mn, 2005) Réalisation : François HANSS Écriture : Bruno FULIGINI Coproduction : Grenade Productions/LCP-Assemblée Nationale/La ligue de l’enseignement La loi de séparation de l’Église et de l’État a cent ans en décembre 2005. Ce documentaire-fiction rend hommage aux députés de 1905 en reconstituant le débat parlementaire de l’époque. Cet hommage, réalisé dans l’hémicycle du palais Bourbon, consiste en un condensé du débat législatif à partir des discours authentiques des députés. Aristide Briand, joué par Pierre Arditi, est le rapporteur de la loi. En tant que défenseurs de l’église l’abbé Gayraud, député en soutane et le comte de Baudry d’Asson, député royaliste de Vendée affrontent Maurice Allard, anticlérical virulent et Jean Jaurès qui pour des raisons tactiques ne se met en avant que dans le débat d’amendements. Paul Doumer, président de la Chambre, orchestre les débats depuis le perchoir. Ces débats sont mis en perspective par des séquences documentaires qui permettent au téléspectateur de bien comprendre les enjeux de ces affrontements. Cette évocation permet de comprendre ses conséquences dans l’histoire de la société française et son actualité aujourd’hui. Avec : Pierre Arditi (Aristide Briand), Jean-Claude Drouot (Jean Jaurès), Jacques Gallo (Le compte de Baudry d’Asson), Michael Lonsdale (Paul Doumer), Claude Rich (L’abbé Gayraud) et Pierre Santini (Maurice Allard). Plus d’infos : http://www.assemblee-nationale.fr/12/evenements/1905/separation.asp http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp http://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_9_d%C3%A9cembre_1905_concernant_la_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tat http://en.wikipedia.org/wiki/1905_French_law_on_the_Separation_of_the_Churches_and_the_State http://en.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Envoyé : 07 mars 2008
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1905, La Séparation – 4sur5

La Séparation. 1905, loi de séparation des Églises et de l’État (France, 81 mn, 2005) Réalisation : François HANSS Écriture : Bruno FULIGINI Coproduction : Grenade Productions/LCP-Assemblée Nationale/La ligue de l’enseignement La loi de séparation de l’Église et de l’État a cent ans en décembre 2005. Ce documentaire-fiction rend hommage aux députés de 1905 en reconstituant le débat parlementaire de l’époque. Cet hommage, réalisé dans l’hémicycle du palais Bourbon, consiste en un condensé du débat législatif à partir des discours authentiques des députés. Aristide Briand, joué par Pierre Arditi, est le rapporteur de la loi. En tant que défenseurs de l’église l’abbé Gayraud, député en soutane et le comte de Baudry d’Asson, député royaliste de Vendée affrontent Maurice Allard, anticlérical virulent et Jean Jaurès qui pour des raisons tactiques ne se met en avant que dans le débat d’amendements. Paul Doumer, président de la Chambre, orchestre les débats depuis le perchoir. Ces débats sont mis en perspective par des séquences documentaires qui permettent au téléspectateur de bien comprendre les enjeux de ces affrontements. Cette évocation permet de comprendre ses conséquences dans l’histoire de la société française et son actualité aujourd’hui. Avec : Pierre Arditi (Aristide Briand), Jean-Claude Drouot (Jean Jaurès), Jacques Gallo (Le compte de Baudry d’Asson), Michael Lonsdale (Paul Doumer), Claude Rich (L’abbé Gayraud) et Pierre Santini (Maurice Allard). Plus d’infos : http://www.assemblee-nationale.fr/12/evenements/1905/separation.asp http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp http://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_9_d%C3%A9cembre_1905_concernant_la_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tat http://en.wikipedia.org/wiki/1905_French_law_on_the_Separation_of_the_Churches_and_the_State http://en.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Envoyé : 07 mars 2008
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1905, La Séparation – 3sur5

La Séparation. 1905, loi de séparation des Églises et de l’État (France, 81 mn, 2005) Réalisation : François HANSS Écriture : Bruno FULIGINI Coproduction : Grenade Productions/LCP-Assemblée Nationale/La ligue de l’enseignement La loi de séparation de l’Église et de l’État a cent ans en décembre 2005. Ce documentaire-fiction rend hommage aux députés de 1905 en reconstituant le débat parlementaire de l’époque. Cet hommage, réalisé dans l’hémicycle du palais Bourbon, consiste en un condensé du débat législatif à partir des discours authentiques des députés. Aristide Briand, joué par Pierre Arditi, est le rapporteur de la loi. En tant que défenseurs de l’église l’abbé Gayraud, député en soutane et le comte de Baudry d’Asson, député royaliste de Vendée affrontent Maurice Allard, anticlérical virulent et Jean Jaurès qui pour des raisons tactiques ne se met en avant que dans le débat d’amendements. Paul Doumer, président de la Chambre, orchestre les débats depuis le perchoir. Ces débats sont mis en perspective par des séquences documentaires qui permettent au téléspectateur de bien comprendre les enjeux de ces affrontements. Cette évocation permet de comprendre ses conséquences dans l’histoire de la société française et son actualité aujourd’hui. Avec : Pierre Arditi (Aristide Briand), Jean-Claude Drouot (Jean Jaurès), Jacques Gallo (Le compte de Baudry d’Asson), Michael Lonsdale (Paul Doumer), Claude Rich (L’abbé Gayraud) et Pierre Santini (Maurice Allard). Plus d’infos : http://www.assemblee-nationale.fr/12/evenements/1905/separation.asp http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp http://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_9_d%C3%A9cembre_1905_concernant_la_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tat http://en.wikipedia.org/wiki/1905_French_law_on_the_Separation_of_the_Churches_and_the_State http://en.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Envoyé : 07 mars 2008
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1905, La Séparation – 2sur5

La Séparation. 1905, loi de séparation des Églises et de l’État (France, 81 mn, 2005) Écriture : Bruno FULIGINI Réalisation : François HANSS Coproduction : Grenade Productions/LCP-Assemblée Nationale/La ligue de l’enseignement La loi de séparation de l’Église et de l’État a cent ans en décembre 2005. Ce documentaire-fiction rend hommage aux députés de 1905 en reconstituant le débat parlementaire de l’époque. Cet hommage, réalisé dans l’hémicycle du palais Bourbon, consiste en un condensé du débat législatif à partir des discours authentiques des députés. Aristide Briand, joué par Pierre Arditi, est le rapporteur de la loi. En tant que défenseurs de l’église l’abbé Gayraud, député en soutane et le comte de Baudry d’Asson, député royaliste de Vendée affrontent Maurice Allard, anticlérical virulent et Jean Jaurès qui pour des raisons tactiques ne se met en avant que dans le débat d’amendements. Paul Doumer, président de la Chambre, orchestre les débats depuis le perchoir. Ces débats sont mis en perspective par des séquences documentaires qui permettent au téléspectateur de bien comprendre les enjeux de ces affrontements. Cette évocation permet de comprendre ses conséquences dans l’histoire de la société française et son actualité aujourd’hui. Avec : Pierre Arditi (Aristide Briand), Jean-Claude Drouot ( Jean Jaurès), Jacques Gallo (Le compte de Baudry d’Asson), Michael Lonsdale (Paul Doumer), Claude Rich (L’abbé Gayraud) et Pierre Santini (Maurice Allard). Plus d’infos : http://www.assemblee-nationale.fr/12/evenements/1905/separation.asp http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asp http://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_9_d%C3%A9cembre_1905_concernant_la_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tat http://en.wikipedia.org/wiki/1905_French_law_on_the_Separation_of_the_Churches_and_the_State http://en.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Envoyé : 07 mars 2008
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1905, La Séparation – 1sur5

La Séparation. 1905, loi de séparation des Églises et de l’État (France, 81 mn, 2005)Réalisation : François HANSSÉcriture : Bruno FULIGINICoproduction : Grenade Productions/LCP-Assemblée Nationale/La ligue de l’enseignementLa loi de séparation de l’Église et de l’État a cent ans en décembre 2005. Ce documentaire-fiction rend hommage aux députés de 1905 en reconstituant le débat parlementaire de l’époque. Cet hommage, réalisé dans l’hémicycle du palais Bourbon, consiste en un condensé du débat législatif à partir des discours authentiques des députés. Aristide Briand, joué par Pierre Arditi, est le rapporteur de la loi. En tant que défenseurs de l’église l’abbé Gayraud, député en soutane et le comte de Baudry d’Asson, député royaliste de Vendée affrontent Maurice Allard, anticlérical virulent et Jean Jaurès qui pour des raisons tactiques ne se met en avant que dans le débat d’amendements. Paul Doumer, président de la Chambre, orchestre les débats depuis le perchoir. Ces débats sont mis en perspective par des séquences documentaires qui permettent au téléspectateur de bien comprendre les enjeux de ces affrontements. Cette évocation permet de comprendre ses conséquences dans l’histoire de la société française et son actualité aujourd’hui.Avec : Pierre Arditi (Aristide Briand), Jean-Claude Drouot (Jean Jaurès), Jacques Gallo (Le compte de Baudry d’Asson), Michael Lonsdale (Paul Doumer), Claude Rich (L’abbé Gayraud) et Pierre Santini (Maurice Allard).Plus d’infos : http://www.assemblee-nationale.fr/12/evenements/1905/separation.asphttp://www.assemblee-nationale.fr/histoire/eglise-etat/sommaire.asphttp://fr.wikisource.org/wiki/Loi_du_9_d%C3%A9cembre_1905_concernant_la_s%C3%A9paration_des_%C3%89glises_et_de_l%27%C3%89tathttp://en.wikipedia.org/wiki/1905_French_law_on_the_Separation_of_the_Churches_and_the_Statehttp://en.wikipedia.org/wiki/La%C3%AFcit%C3%A9

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Envoyé : 07 mars 2008
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Superscience – Avis De Grand Froid – 4sur4

Superscience – Avis de grand froid (États-Unis, 50 mn, 2006) Réalisation : Alex WILLIAMSON Production : PIONEER PRODUCTIONS / GRANADA Le réchauffement climatique est fréquemment évoqué, mais la Terre pourrait risquer tout autant une nouvelle grande glaciation. Notre planète a déjà enduré des changements radicaux de climat et la dernière période glaciaire ne remonte qu’à 10 000 ans à peine. Un nouveau dérèglement des climats aurait des conséquences catastrophiques sur la vie de tous les jours, comme en atteste une vague de froid extrême qui s’est abattue sur le Canada. Cette glaciation soudaine pourrait être causée par des éruptions massives de volcans dont les émissions voileraient alors la lumière du Soleil. Mais elle pourrait également être, paradoxalement, due au réchauffement de la planète. Plus d’infos : http://en.wikipedia.org/wiki/Gulf_Stream http://en.wikipedia.org/wiki/Shutdown_of_thermohaline_circulation

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Tags : documentaire fiction science climatologie réchauffement refroidissement global Terre politique société
Envoyé : 07 mars 2008
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Superscience – Avis De Grand Froid – 3sur4

Superscience – Avis de grand froid (États-Unis, 50 mn, 2006) Réalisation : Alex WILLIAMSON Production : PIONEER PRODUCTIONS,GRANADA Le réchauffement climatique est fréquemment évoqué, mais la Terre pourrait risquer tout autant une nouvelle grande glaciation. Notre planète a déjà enduré des changements radicaux de climat et la dernière période glaciaire ne remonte qu’à 10 000 ans à peine. Un nouveau dérèglement des climats aurait des conséquences catastrophiques sur la vie de tous les jours, comme en atteste une vague de froid extrême qui s’est abattue sur le Canada. Cette glaciation soudaine pourrait être causée par des éruptions massives de volcans dont les émissions voileraient alors la lumière du Soleil. Mais elle pourrait également être, paradoxalement, due au réchauffement de la planète. Plus d’infos : http://en.wikipedia.org/wiki/Gulf_Stream http://en.wikipedia.org/wiki/Shutdown_of_thermohaline_circulation

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Envoyé : 07 mars 2008
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videos sociologie decryptage altermonde

Posted in .... ATERMONDE ......, ....DOCUMENTAIRES ....., INVESTIGATIONS, MES VIDEOS FAVORITES, sociologie with tags , , on mars 12, 2008 by rodolphepilaert63

Le monde selon Monsanto – 7sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto(France, 2007, 108 mn)Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBINCoproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDRMonsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".Plus d’infos:http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.htmlhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Monsantohttp://fr.wikipedia.org/wiki/OGM====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
Tags : documentaire Monsanto lobby agriculture OGM génétique corporation chimie biotechnologies industrie controverse lutte écologie développement durable
Envoyé : 12 mars 2008
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Le monde selon Monsanto – 6sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto(France, 2007, 108 mn)Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBINCoproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDRMonsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".Plus d’infos:http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.htmlhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Monsantohttp://fr.wikipedia.org/wiki/OGM====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 12 mars 2008
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Le monde selon Monsanto – 5sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto(France, 2007, 108 mn)Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBINCoproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDRMonsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".Plus d’infos:http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.htmlhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Monsantohttp://fr.wikipedia.org/wiki/OGM====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 12 mars 2008
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Le monde selon Monsanto – 4sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto(France, 2007, 108 mn)Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBINCoproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDRMonsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".Plus d’infos:http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.htmlhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Monsantohttp://fr.wikipedia.org/wiki/OGM====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 12 mars 2008
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Le monde selon Monsanto – 3sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto(France, 2007, 108 mn)Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBINCoproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDRMonsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".Plus d’infos:http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.htmlhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Monsantohttp://fr.wikipedia.org/wiki/OGM====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 12 mars 2008
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Le monde selon Monsanto – 2sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto(France, 2007, 108 mn)Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBINCoproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDRMonsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle".Plus d’infos:http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.htmlhttp://fr.wikipedia.org/wiki/Monsantohttp://fr.wikipedia.org/wiki/OGM====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 12 mars 2008
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Le monde selon Monsanto – 1sur7

ARTE.tv – Le monde selon Monsanto (France, 2007, 108 mn) Réalisation et enquête : Marie-Monique ROBIN Coproduction : ARTE France, Image et Compagnie, Productions Thalie, Office national du film du Canada, WDR Monsanto, multinationale américaine née en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, et d’abord spécialisée dans l’industrie chimique, est devenue en un peu plus d’un siècle le leader mondial des biotechnologies, en particulier sur le marché des organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle détient les brevets de 90 % du maïs, du soja, du colza, ou du coton transgéniques cultivés dans le monde. Par le biais de rachats successifs, elle est en train de devenir le premier semencier de la planète et à terme, c’est la chaîne alimentaire toute entière qu’elle pourrait contrôler. Mais c’est d’abord avec le Round Up, son herbicide "total" (longtemps estampillé "biodégradable") qu’elle a commencé, à partir de 1974, à conquérir le monde. On lui doit aussi des produits aussi variés que le terrible Agent Orange, massivement déversé sur le Viêt-nam par l’armée américaine, les PCB (pyralène en France, interdit au début des années 80), l’aspartame ou les hormones de croissance (interdites en Europe et au Canada). Monsanto, avertit Marie-Monique Robin, est l’une des entreprises "les plus controversées de l’ère industrielle". Plus d’infos: http://www.arte.tv/monsantohttp://www.arte.tv/fr/content/tv/02__Communities/C4-knowledge_20and_20discovery/03-Dossier/2008.01.29__Monsanto/01__Programme/ART_20emission/1912682.html http://fr.wikipedia.org/wiki/Monsanto http://fr.wikipedia.org/wiki/OGMhttp://www.dailymotion.com/video/x4m4a2_monsanto-13_tech====http://www.dailymotion.com/playlist/xe80w_ccambour_le-monde-selon-monsantoAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 12 mars 2008
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The War – 2. Le temps de l’angoisse – 5sur5

ARTE.tv – The War – 2. Le temps de l’angoisse (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.phpAuteur : avatarccambour
Tags : documentaire film 2e guerre mondiale témoignages
Envoyé : 11 mars 2008
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The War – 2. Le temps de l’angoisse – 4sur5

ARTE.tv – The War – 2. Le temps de l’angoisse (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.phpAuteur : avatarccambour
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Envoyé : 11 mars 2008
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The War – 2. Le temps de l’angoisse – 3sur5

ARTE.tv – The War – 2. Le temps de l’angoisse (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.phpAuteur : avatarccambour
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The War – 2. Le temps de l’angoisse – 2sur5

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The War – 2. Le temps de l’angoisse – 1sur5

ARTE.tv – The War – 2. Le temps de l’angoisse (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.phpAuteur : avatarccambour
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The War – 1. Une guerre nécessaire – 5sur5

ARTE.tv – The War – 1. Une guerre nécessaire (États-Unis, 52 mn, 2007) Réalisation : Ken BURNS et Lynn NOVICK Écriture : Geoffrey C. WARD Production : Florentine Films / WETA-TV 14 heures d’une épopée sur la Seconde guerre mondiale vue par les Américains : une guerre que nous pensons connaître par coeur observée sous un tout autre angle. THE WAR donne la parole aux épouses américaines, aux soldats noirs, aux gens simples. À partir du 5 mars sur ARTE, tous les mercredis à 21 heures. Plus d’infos : http://www.arte.tv/fr/histoire-societe/The-War/1936100.html http://www.pbs.org/thewar/ http://www.evene.fr/cinema/films/la-guerre-8685.phpAuteur : avatarccambour
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Annie Lacroix-Riz, historienne, sociologie

Posted in .... ATERMONDE ......, sociologie with tags , , on mars 11, 2008 by rodolphepilaert63

Textes Europe concours 2007-2009

Annie Lacroix-Riz, université Paris 7, recueil pour les étudiants de concours (et les autres), envoi, 22 octobre 2007

 

Quelques têtes de chapitres :

  • La « réconciliation » franco-allemande de 1923 au sein de l’Internationale socialiste : des « manifestations décoratives »

  • Stresemann aux ministres-présidents des Länder, chancellerie du Reich, 3 juillet 1924

  • Lettre de Gustav Stresemann au Kronprinz (7 septembre 1925)

  • Discours de Stresemann, Berlin, le 14 décembre 1925, à la fédération des Deutsche Landmannschaften

  • Un jugement britannique sur les accords de Locarno (16 octobre 1925) et leurs suites

  • Article de Poincaré sur Pacte de Locarno, Vanguardia de Barcelone,

  • Discours de Schacht à Munich, le 18 juin 1929, « sur la conférence des experts à Paris » : pourquoi il faut signer le Plan Young

  • Annie Lacroix-Riz, Quelques précisions sur Hjalmar Schacht.

L’ntégralité du DOCUMENT ICI

AUTRES DOCUMENTS :


  • La perception militaire de l’URSS par l’Occident au début des années cinquante
    L’historiographie occidentale est encore largement dominée par la thèse selon laquelle l’URSS aurait, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, inspiré à l’Occident, des Etats-Unis à l’Europe, de réelles frayeurs militaires. De nombreux travaux relatifs aux premières années de la Guerre Froide ont cependant, depuis les années soixante, montré la fragilité de cette interprétation.
    De façon plus ou moins radicale, des chercheurs anglo-saxons et français ont mis en doute l’active contribution soviétique à la réorganisation politico-militaire de l’Occident au cours de l’après-guerre : ils ont ainsi dissocié du comportement de l’URSS des initiatives qui lui semblaient jusqu’alors étroitement, sinon exclusivement liées, tels la formation de l’Alliance Atlantique ou le réarmement allemand.
    DOCUMENT ICI

  • Réflexion sur l’ouvrage de G. Bossuat (1992) sur le plan Marshal
    Paru en 1994 sous la forme de 2 articles, Cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, (critique du livre de Gérard Bossuat, L’Europe occidentale à l’heure américaine. Le Plan Marshall et l’unité européenne 1945-1952, Complexe, Bruxelles, 1992).
    « Avant le Plan Marshall: Prêt-Bail et consensus américain », n° 54, 1994, p. 115-140.
    « Le Plan Marshall, ses clauses et ses conséquences », n° 55, 1994, p. 115-153.
    DOCUMENT ICI
  • La France face à la puissance militaire Ouest-allemande.« La France face à la puissance militaire ouest-allemande à l’époque du Plan Pleven (1950-1954) », publié dans les Cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, n° 45, 1991, p. 95-143DOCUMENT ICI

    La France et l’hégémonie atomique américaine, 1945-1950

    Communication au Colloque de l’Université de Mons-Hainaut, Hiroshima sans amour, 15 et 16 septembre 1995, publiée dans les Actes du colloque, Socialisme, Bruxelles, n° 252, novembre-décembre 1995, p. 337-352.

    En cette année du cinquantenaire des explosions atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki, le sentiment dominant, avivé par la reprise des essais nucléaires français, privilégie l’aspect épouvantable, incommensurable du phénomène. Celui tant de fois exprimé par les scientifiques naguère directement associés au Manhattan Project de guerre, qui fut brutalement formulé par en avril 1946 par «une personnalité scientifique» travaillant au service des États-Unis aux Pays-Bas sur «le cyclotron de 250 tonnes» installé chez Philips à Eindhoven, en réponse à la question d’un agent français de renseignement: «comment voyez-vous l’avenir atomique ?». «La fin du monde, sans phrase ni parole».

    Suite du
    DOCUMENT ICI

    Plan Marshall et commerce Est-Ouest : continuités et ruptures (cas français et perspective comparative) 1945-1952

    Le commerce entre l’Est et l’Ouest de l’Europe au lendemain de la guerre apparaît en France comme un terrain pratiquement inexploré. Dans le cadre du Plan Marshall, largement admis, bien qu’avec des nuances, comme "aide américaine" , le dossier est expédié avec assurance. Certes, "l’aide économique a limité en droit et en fait les échanges avec l’Europe de l’Est pour certains produits sensibles" ; mais la réduction de ces échanges aurait relevé davantage de l’incapacité des économies orientales à commercer, avant même que ne fût établi un embargo "coréen" de nature politico-militaire. "Le marasme économique des pays de l’Est européen explique plus la faiblesse des échanges de la France avec eux qu’un contrôle américain qui interdisait uniquement la réexportation de marchandises Marshall. Plus tard, la guerre de Corée, la volonté de priver l’Est de matières stratégiques (étain, caoutchouc), conduisirent Américains et Français à renforcer les embargos dans le cadre du Pacte Atlantique", estime Gérard Bossuat .

    Suite du

    DOCUMENT ICI

SUR LA « FAMINE GÉNOCIDAIRE STALINIENNE » EN UKRAINE EN 1933 : UNE CAMPAGNE ALLEMANDE, POLONAISE ET VATICANE
Annie Lacroix-Riz Ukraine 1933 mise à jour d’avril 2007
( Ce texte peut être téchargé en version compressée ICI )

Je vous livre les documents par volume d’archives et ordre chronologique. En note infrapaginale figurent des explications. Je suis à votre disposition pour toute demande supplémentaire. Les étudiants qui ont reçu l’an dernier une version initiale de ce texte y trouveront nombre d’éléments nouveaux.
Tout ce qui est entre guillemets est de la citation de document original. J’ai corrigé les fautes de frappe des textes originaux (pour renoncer à des (sic) trop nombreux).

La gigantesque campagne de presse (et autre propagande) de 1933 sur « la grande famine » d’Ukraine est, si l’on se fie aux fonds du Quai d’Orsay, un bobard lancé
1° pour préparer l’« alliance » polono-allemande de janvier 1934 (Varsovie et Berlin se font des politesses à propos de l’Ukraine que le Reich promet aux Polonais, « en échange du corridor de Dantzig », supercherie dont Berlin a déjà usé dans les années vingt) et
2°, objectif allemand essentiel, pour empêcher la réalisation l’alliance franco-soviétique qui se dessine depuis le retour d’Herriot au poste conjoint de Président du Conseil et de Ministre des Affaires étrangères (juin-décembre 1932). Les fonds publiés du Foreign Office « sur l’Ukraine et la grande famine de 1932-1933 » autorisent une interprétation similaire sur le sens de politique extérieure de l’opération de propagande de 1933 : le « mémorandum de Ponsonby Moore Crosthwaite sur l’histoire de l’Ukraine et ses relations avec la Pologne et la Russie, 11 décembre 1933 » est aussi clair que la correspondance du Quai d’Orsay citée ci-dessous.

Le Vatican, qui hait la Pologne, catholique certes, mais pillarde de territoires allemands, signe en juillet 1933 le Concordat du Reich qui prévoit, entre autres clauses secrètes, l’occupation commune de l’Ukraine. On comprend ainsi mieux le rôle, particulièrement actif, de la Curie romaine et l’utilisation dans l’opération ukrainienne de son instrument favori de l’expansion allemande à l’Est (notamment pour l’Anschluss et la liquidation de la Tchécoslovaquie), l’Allemand des Sudètes, par ailleurs cardinal (1933) archevêque de Vienne (1932), Innitzer .
L’URSS a connu en 1932-1933 une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement, pas une famine et en tout cas pas une famine à « six millions de morts », chiffre (scandaleux sur le plan méthodologique en particulier) lancé ces dernières années par le démographe Alain Blum, question examinée plus loin (sur le traitement universitaire récent de la question en France, mise au point dans la 3e partie du présent dossier).
Les développements ci-dessous relatifs aux ambitions affichées par le Reich en 1933 à propos de l’Ukraine (programme de conquête antérieur à 1914, et donc non spécifique du programme impérialiste nazi ) infirment, comme ceux du recueil que j’ai constitué sur l’armée rouge en 1937-1938, la thèse des dangers extérieurs instrumentalisés par Staline contre ses ennemis « imaginés » ou purement et simplement inventés.

CAMPAGNE GERMANO-VATICANE ET UKRAINIENNE SUR LA FAMINE EN UKRAINE, 1932-1933

Britanniques et Français ne voient pas la même chose que les Allemands et les Italiens, au motif que, exposent les tenants de la thèse de la famine, les premiers auraient « choisi de ne pas voir » originalité dans la correspondance diplomatique dont n’existerait aucun équivalent, autant que j’en puisse juger par près de trente ans de fréquentations régulières de ces fonds.

FONDS DU FOREIGN OFFICE

URSS 1918-40, VOL. 1036, SITUATION ÉCONOMIQUE, 3 AOÛT 1932-18 JANVIER 1940, ARCHIVES DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES (MAE)
339 folios [classement par volume, paginé] et voir infra la correspondance de 1933 du colonel Mendras, attaché militaire, fonds SHAT)

Copie du « correspondant particulier » à Berlin articles de Renaissance
Copie de l’article de Renaissance 17 août 1932, « Famine et chaos (Rapports de Consuls allemands) », 4-7, 4 p. [la France a une ambassade à Moscou, comme la Grande-Bretagne, qui a également un consulat à Leningrad , mais pas de multiples consulats en URSS, à l’inverse des Italiens et des Allemands : les sources sur la famine sont donc germano-italiennes et, on le verra, proviennent d’associations ukrainiennes émigrées séparatistes financées par le Reich, d’Ukrainiens émigrés, parfois depuis l’avant-guerre, etc., comme l’attestent les courriers du Quai d'Orsay cités plus loin]
Descriptif apocalyptique de la « situation dans le midi de la Russie
Région de Kharkov
[…] menacée de famine […] la situation du Donetz […] est catastrophique […] pas de savon […] L’instabilité de la main-d’œuvre arrête tout travail productif. » 1. « La situation des ouvriers et ingénieurs allemands est alarmante et ils supplient de les rapatrier. » Idem à Odessa. « La plupart des habitants n’ont pas de chaussures; […] Les denrées manquent partout. […] la moisson se fait mal », tout même eau, 3, et sq. « Les consuls [allemands] affirment que le Gouvernement soviétique va, dans très peu de temps, être insolvable. » 4

Copie de l’article de Renaissance du 16 août 1932, « Réclamation de M. Gosser à l’Intourist deux semaines dans les prisons du Guépéou) », 4-7, 4 p.

Lettre 171 de Dejean, ambassadeur de France à Moscou , au président du Conseil-ministre des Affaires étrangères Édouard Herriot, Moscou, 13 septembre 1932, 10, 2 p.
Sur « la gravité de la crise alimentaire », 1, et statut privilégié des diplomates, travailleurs et journalistes étrangers, 1-2

tous rapports sur situation catastrophique

Télégramme 971-2 de Beaumarchais, ambassadeur à Rome, 11 octobre 1932, ronéoté, 14-15
Cf. ma « conversation » d’aujourd’hui avec « M. Mussolini m’a dit aujourd’hui […] que la situation économique de l’URSS était inquiétante : le plan quinquennal avait notoirement échoué », etc. 1, sq.

copie sans numéro de la lettre de Dejean au président du Conseil-ministre des Affaires étrangères, Édouard Herriot, Moscou, 5 décembre 1932, 18-21, 4 p.
« a.s. de la soif de devises du Gouvernement soviétique »

Lettre 1165 d’André François-Poncet, ambassadeur en Allemagne , au ministre des Affaires étrangères Paul-Boncour, Berlin, 22 décembre 1932, 22-28, 7 p.
Dans la presse allemande sur la Russie (en italique, noms de journaux) « Il n’est question que de crises; crise de la production industrielle et surtout agricole, crise du ravitaillement, crise de l’approvisionnement en devises, indispensables au paiement des commandes passées à l’étranger, crise enfin (2) de l’armée rouge elle-même. » cf. Vossischezeitung, 3, Berliner Tageblatt, 3-4, sur « des révoltes chroniques […] au Kouban », car « la résistance des populations cosaques au système collectif d’exploitation agraire […] c’est cette indolence et non pas les quelques groupes de koulaks du Kouban ou d’ailleurs qui est la véritable ennemie du bolchevisme, comme elle avait été d’ailleurs celle de tout progrès au temps du régime bourgeois. » 4, et litanie continue, 4 sq. cf. la Vossischezeitung , 5, Deutsche Allgemeine Zeitung, 5-6, notamment sur crise armée rouge où « les courants dits “d’opposition de droite” y ont fait des progrès sensibles », mais « à la frontière mandchoue […] cette partie de l’armée soviétique, grâce à son éloignement de Moscou, aura pu échapper à toute contagion.” »
Confirmé par l’attaché militaire auprès de l’ambassade Japon à Berlin « qui, ayant eu l’occasion de traverser la Sibérie, il y a quelques mois, a constaté parmi les troupes rouges mobilisées […] un état d’esprit excellent et même, selon son expression, enthousiaste. » 7, et même confirmation sur mauvais état d’esprit armée rouge en Europe (6) par un Français « qui vient de faire un séjour en Allemagne et dans l’Est européen […].
D’après lui, l’armée prendrait en Russie une importance sans cesse croissante » et « manifesterait des tendance de plus en plus marquées à prendre les allures et surtout l’état d’esprit d’une garde prétorienne. L’influence de certains de ses chefs tels que Vorochilov, Blücher, Toukhatchevski y serait considérable et causerait de l’inquiétude au gouvernement de Staline. Le mécontentement des troupes dû à l’insuffisance du ravitaillement augmenterait le fossé qui s’est creusé entre militaires et civils. […]
La même personne m’a assuré d’autre part que les tendances subversives observées dans l’Armée rouge étaient encouragées par la Reichswehr. Celle-ci inquiète de la croissance du mouvement communiste en Allemagne, ne verrait pas d’un mauvais œil que l’État-major fît un coup d’État, qui débarrasserait la Russie du gouvernement actuel et de l’influence toute puissante de l’Internationale communiste. » Il convient de faire « les réserves » nécessaires sur « pareilles informations ». 7

Lettre 2 de Dejean à Paul-Boncour, Moscou, 3 janvier 1933, 1932-1934, 5 p.
« La crise du ravitaillement en URSS […] de plus en plus aiguë », 1, baisse des livraisons de céréales à l’État au 1er novembre 1932, fixées à 20,5 millions, seulement 11,4, 1; énormes exportations en 1930-31, en valeur 19,9 et 19,4% total des exportations, d’où « de sévères restrictions pour le marché intérieur. » en 1932, à la fois « une aggravation du rationnement de la population soviétique » et « une considérable diminution des exportations », 1,3 million tonnes pour 10 premiers mois de 1932, contre 4,2 millions pour 10 premiers mois de 31, 2, cf. chiffres détaillés, 2-3, bref il s’agit d’« un véritable effondrement, notamment pour le blé et pour l’avoine » sauf maïs, et en 1932, importation de céréales de 137 145 tonnes accélérée en septembre-octobre où d’ordinaire l’exportation constitue « un appoint considérable pour la balance commerciale soviétique. », 3, et aggravation du rationnement de la population cf. ordonnances des 4 et 16 décembre 1932, et population livrée au marché libre où prix « exorbitants », 4, et ordonnance 27 décembre augmentant « la pression d’un système de contrôle administratif et policier dont le but avoué est d’évacuer des villes une partie de la population » : rétablissement du système des « passeports individuels qui avait été aboli au début de la révolution en tant que “méthode policière destinée à opprimer les masses laborieuses”. » sans doute l’évacuation a-t-elle lieu « dans les camps de concentration du Nord de la Russie ou les vastes étendues de la Sibérie. » 5 [Dejean ne fournit sur ce point aucune information].

Lettre 17 de Dejean à Paul-Boncour, Moscou, 17 janvier 1933, 47-51, 9 p.
Dejean dénonce (selon son habitude) « les conséquences funestes d’une politique effrénée de collectivisation agricole ».

Lettre 17 du ministre de France en Finlande, Helsingfors, 11 février 1933, 60-61, 4 p.
Témoignage de l’ingénieur américain Henning Rowsing, « d’origine suédoise » de retour aux États-Unis via Scandinavie « après deux années de séjour en Russie », au journal Hufvudstadsbladet, 1, sur « le manque de vivres et, en général, des objets nécessaires à l’existence. […] il n’y a vraiment bon marché que le pain qui, avec des concombres, et arrosé de kvass, forme presque l’unique nourriture du peuple. » Manque de tissus et chaussures; « mauvais état des lignes, manque de locomotives et de wagons » et problème du logement « dans les (2) grandes villes dont la population a beaucoup augmenté » 3,5 millions habitants à Leningrad, plus à Moscou.
« […] on ne peut nier que le régime n’ait fait faire au pays d’appréciables progrès, notamment au point de vue de l’instruction publique. Les écoles se sont multipliées, il y a peu d’illettrés complets dans la jeune génération : les théâtres et autres locaux de plaisir ou d’art sont toujours remplis, et surprennent par leur éclat. De nombreux bains publics ont été ouverts. La propreté des villes s’est aussi fort améliorée, mais les transports publics urbains, tout comme les chemins de fer, laissent encore beaucoup à désirer.
[…] l’ingénieur américain a paru vouloir se garder de toute appréciation sortant de la pure objectivité, et de nature à lui interdire un retour éventuel au paradis soviétique. Il n’a pas un mot de commisération pour les innombrables habitants des villes dont le refus de passeport fait, ipso facto, des hors la loi. Il ne dit (3) rien des transports vers les régions nordiques de populations entières du Sud de la Russie, de ce brassage systématique de races auquel paraît procéder en ce moment le Gouvernement soviétique, ni de cette reprise de déportations des paysans d’Ingrie qui inquiète et indigne depuis quelque temps leurs frères de Finlande. » et « aucune réflexion […] non plus » du journal. 4

Lettre 75 de Dejean à Paul-Boncour, Moscou, 15 mars 1933, 46, 2 p.
Multiplication des queues dans les grandes villes depuis l’ouverture début mars 1933 de « boutiques » pour la vente de pain et viande sans carte alimentation, à des prix « voisins de ceux du marché libre », 1, « cortèges longs de 150 à 200 mètres […] dès 5 heures du matin. »
Mais la situation est bien pire encore en Ukraine où « sévit actuellement la plus effroyable disette. On peut parler de véritable famine pour les districts ruraux. » et de « pénurie des denrées les plus essentielles » dans grandes villes comme Kharkov et Kiev. « Depuis l’automne dernier, les prix du marché libre ont monté de 100 à 150%. […] Des cas de cannibalisme ont même été signalés par les Consulats d’Allemagne et d’Italie. » 2

Lettre 93 de Dejean à Paul-Boncour, Moscou, 12 avril 1933, 62-3, 3 p.
« Des rapports alarmants » sont envoyés par les consulats allemands « sur la crise alimentaire qui sévit particulièrement en Ukraine, dans le bassin de la Volga et dans le Nord-Caucase. De nombreux districts seraient réduits à une véritable famine. » « ravitaillement […] de plus en plus difficile » à Kiev, Kharkov, Odessa et pénurie « même les magasins du Torgsin » [d’État] où achats contre or, argent et devises. « Harassée par les privations et décimée par la maladie, la population ne donnerait aucun signe de réaction. » On constate une situation d’« abondance » par comparaison à « Moscou et Leningrad » où pour « les ouvriers et employés », 1, sont maintenus « des prix abordables dans les coopératives ». Mais les prix sont exorbitants pour « toute quantité supplémentaire » au rationnement. Et « réapparition du chômage […] depuis quelques mois » avec perte consécutive de la « carte d’alimentation ». La presse soviétique est optimiste, « Mais, d’après les rapports circonstanciés reçus par l’Ambassade d’Allemagne, l’état des travaux agricoles serait déplorable, non seulement à cause de la (2) désorganisation des exploitations agricoles, mais encore du fait qu’il n’y a pas de semences, que le nombre des chevaux de labour a diminué d’une façon considérable et qu’enfin environ 75% des tracteurs sont hors d’usage » d’où prévision d’une récolte « pire encore que celle de 1932. »
Krestinski, commissaire adjoint aux Affaires étrangères, m’a dit qu’on allait « envoyer dans les stations de tracteurs, 60% des jeunes gens qui suivaient des cours préparatoires aux examens diplomatiques et consulaires. “C’est que nous vivons en temps de guerre”, a ajouté ce haut fonctionnaire. Il y a cependant lieu de douter que la science marxiste puisse remplacer le labeur des paysans arrachés à leurs exploitations par l’offensive effrénée de la collectivisation. » (3)

Lettre 117 de Dejean à Paul-Boncour, Moscou, 3 mai 1933, 64-5, 3 p.
Extension du système des passeports en URSS, cf. détails sur la nouvelle ordonnance du 28 avril l’étendant à une série de villes (après Moscou, Leningrad et Kharkov), « ainsi qu’à une zone de 100 km, considérée comme zone de sécurité, le long de la frontière occidentale de l’URSS. » 2

Lettre 459 d’André Corbin, ambassadeur à Londres, à Paul-Boncour, Londres, 25 juin 1933, 66, 2 p.
Publication par le Times du 12 juin de la lettre de Sabline, président du comité d’assistance aux réfugiés russes, ancien chargé d’affaires de la Russie (tsariste) à Londres, sur « la famine […] en Ukraine, en Arménie et dans d’autres provinces […] menace d’être plus grave encore qu’en 1921 »; mais pas d’appel du gouvernement soviétique « à l’aide des Puissances étrangères » car ce serait un aveu public « échec de sa politique agraire. » et confirmé par lettre de Kerensky de ce matin, 1, « en ajoutant certains détails », joint, lettre de Kerensky, « The State of Russia ».

« Bureau de presse ukrainien à Bruxelles », août 1933, ronéoté, 68 (parties en italique soulignées dans le texte)
[les « sources » ukrainiennes séparatistes sur la « famine » citées ici et ci-dessous ont constitué l’essentiel de la matière des courriers publiés du Foreign Office ]
« L’Ukraine sous le joug de Moscou »
« Les horreurs de la famine de Ukraine », atroce « La misère est si grande que les hommes mangent les hommes. C’est ainsi que nous a arrangés le plan quinquennal.
La famine est due aux agissements des Moscovites », etc. « Toutes les mesures sont prises par les Soviets pour enlever, manu militari, aux paysans de l’Ukraine, les céréales, et les expédier en Moscovie ou à l’étranger. » d’où énorme solidarité des « Ukrainiens se trouvant hors de l’URSS […] Des comités de secours se sont constitués à Lwow , à Prague et dans d’autres endroits de l’Europe. L’épiscopat gréco-catholique ukrainien adresse une lettre “à tous les gens de bonne volonté” pour protester contre l’extermination par les bolchevistes “des petits et des miséreux, des faibles et des innocents”, et pour implorer l’aide pour l’Ukraine. Une Croix-Rouge ukrainienne est en voie d’organisation, une aide internationale à l’Ukraine est envisagée. »

Brochure de l’Association financière industrielle et commerciale russe , 3 rue Nicolo, Paris, « Collectivisation du village en URSS », 69-83, 29 p.
Vision d’horreur, ainsi conclue : « Si le plan des communistes est réalisable, Staline obtiendra sous forme de blé l’arme la plus puissante pour l’attaque contre le monde capitaliste. » 29

Télégramme 1472 de François-Poncet, ambassadeur à Berlin, à Paul-Boncour, Berlin, 18 août 1933, 2 p., 84-85
Le Völkische Beobachter du 18 août publie « sur la première page […] des photographies représentant des sujets russes réduits à l’état de squelettes » dans un article intitulé « Véritable visage de la Russie des Soviets – de quoi Hitler a sauvé l’Allemagne. »
+ « un article » p. 1 « consacré à l’enfer de la famine dans la Russie des Soviets » glose sur famine pire qu’en 1921-22, et sur l’insupportable plan quinquennal et son échec dans cet ancien « grenier de l’Europe », 1, etc.

Télégramme de Charles-Roux, ambassadeur auprès du Saint-Siège, très confidentiel, copie ronéotée sans numéro, Rome, 25 août 1933, 86, 1 p.
Charles-Roux a demandé des explications à Mgr d’Herbigny sur « l’appel » du cardinal archevêque de Vienne Innitzer « à la charité publique pour secourir les victimes de la famine en Ukraine et au Caucase […].
Les Allemands auraient suggéré au Pape de lancer lui-même cet appel en l’adressant à toute la catholicité. Le Souverain Pontife aurait refusé, pour ne pas s’exposer au reproche de faire cause commune avec les Hitlériens contre le communisme. Mais il aurait laissé les évêques libres, en chaque pays, d’agir à leur guise . En Allemagne se serait alors organisée une entreprise de secours matériels pour les Allemands de Russie; en Galicie orientale, les Polonais en auraient fait autant pour les Ukrainiens d’Ukraine. Enfin le Cardinal Innitzer aurait pris, à Vienne, l’initiative moins limitée qui vient d’être annoncée.
J’ai demandé à Mgr d’Herbigny si le Cardinal Innitzer s’y était décidé d’accord avec le Saint-Siège. Il m’a répondu que non.
Cela me paraît difficilement admissible. Il me semble peu probable qu’un membre du Sacré Collège ait pris sur lui de lancer un appel à la charité en suggérant une organisation internationale de secours par les soins de la Croix-Rouge et faisant allusion à des conditions à poser au Gouvernement russe. »

Lettre 335 de Charles-Roux au ministre des Affaires étrangères, Rome, 28 août 1933, 87-8, 3 p.
Article d’Innitzer publié dans l’Osservatore Romano du 24 août, et l’Osservatore Romano du 23 août « avait donné déjà des informations alarmantes sur la famine en Russie » avec des détails sur la cannibalisme, etc. « Toujours d’après ces mêmes renseignements » d’abord publiés par l’Écho de la Bourse de Bruxelles, « empreints d’une certaine exagération, à en juger par les intéressants rapports de notre Ambassadeur à Moscou, plus du tiers de la population de l’Ukraine aurait succombé à la faim, et, pour que les survivants puissent subsister, 15 à 20 pour cent de la population devait encore disparaître. »
Cf. glose d’Innitzer dans son appel sur cannibalisme, et appel à la Croix-Rouge internationale « mais […] aussi adressé à tous ceux qui négocient aujourd’hui en vue de nouer des relations économiques avec l’Union Soviétique […] afin que soit maintenu le principe de faire dépendre ces négociations d’un éclaircissement (chiarificazione) général sur la nécessité de venir en aide aux diverses régions de la Russie et de l’acceptation par l’Union Soviétique de ladite clause humanitaire.” »
Le Vatican soutient la thèse de sa non initiative auprès d’Innitzer, mais Charles-Roux la juge « peu plausible » : Innitzer s’est « au moins concerté avec le Saint-Siège avant d’émettre des propositions telles que la demande d’un “éclaircissement général” sur les causes et l’étendue de la famine. Cela signifie sans doute une “enquête générale” sur la situation économique de la Russie. » 2
Bref, « il est vraisemblable que les nouvelles précisions qu’il a données sur la famine en Russie, comme celles d’ailleurs figurant dans l’Écho de la Bourse, dans l’Osservatore ou dans La Croix , ont été puisées au service des Affaires russes du Vatican. »
PS. « La Croix du 22 août en publiant un court résumé » de l’appel d’Innitzer, « avait donné cette information supplémentaire, qui ne figure pas dans le journal pontifical : “ le Cardinal Innitzer annonce la création à Vienne d’un comité de secours interprofessionnel sous son patronage”. » 3

Août 1933, « Note sur les caractères généraux et la situation présente de l’économie soviétique », ronéoté, 89-150, 52 p. + tableaux

Télégramme de Rome Vatican, 1er septembre 1933, 1 p. 151
Sur d’Herbigny, etc. « M. Charles-Roux pense que le Cardinal de Vienne a agi d’accord avec le Saint-Siège. »

Lettre 267 de Charles Alphand, ambassadeur à Moscou, à Paul-Boncour, Moscou, 13 septembre 1933, 152-5, 7 p.
« Invité officiellement par le Gouvernement soviétique à participer au voyage » d’Herriot au Sud URSS, « six jours en Ukraine et dans le Caucase du Nord […].
Ce voyage fut […] l’occasion de manifestations les plus flatteuses à l’égard de la France. » qui a reçu les applaudissements unanimes de la foule soviétique partout, « sans […] jamais remarquer une note discordante. » 1 « Le fait seul qu’on les ait permises ou même provoquées montre le souci des Gouvernants de marquer leur désir de rapprochement avec la France.
Nous avons visité, outre les musées et les anciens monuments, le plus grand nombre possible d’usines et d’exploitations agricoles. » Alphand émerveillé par « le Dnieprostroï » où se trouve désormais « l’usine hydroélectrique la plus importante d’Europe. Sur une steppe russe il y a quatre ans, s’élève aujourd’hui une ville de 150 000 habitants, dont 40 000 ouvriers. » L’ambassadeur fournit ensuite des détails sur ses activités; sauf pour l’aluminium (1/6 « du plan prévu »), les usines sont encore en phase d’équipement et la production n’atteindra son « plein rendement que dans trois ou quatre ans, d’après les techniciens que j’ai pu approcher. » Visite des usines de panification à Kiev, de turbines et tracteurs à Kharkov, machines agricoles, cf. faucheuses-batteuses à Rostov, roulements à billes et moteurs à Moscou. « En rapprochant ces constatations des renseignements déjà fournis au Département sur les industries formidables de l’Oural (Magnitogorsk et Kouznietsk), sur les projets hydroélectriques de la Volga et de la Sibérie, sur les usines de Gorki et de Leningrad, on voit l’effort industriel énorme du Gouvernement des Soviets. Étant donnée la situation particulière de l’URSS, seul pays du monde qui soit en progression, ce développement ne peut nuire aux industries (2) européennes qu’en leur fermant le marché russe, car les facultés d’absorption de ce marché sont si grandes qu’il se passera 50 ou même 100 ans avant que les Soviets atteignent le point de prospérité les obligeant à déverser à l’étranger un surplus de production qu’ils n’absorberaient pas eux-mêmes. » Mais maintien d’« un grave problème […], celui des transports » : insuffisance du « réseau ferroviaire et routier […]. C’est dans cette voie […] que nous pourrions envisager une collaboration franco-soviétique.
En dehors de la question industrielle, une impression se dégage d’un voyage en URSS, celle d’un effort dans la construction de logements pour une population qui en dix ans s’augmente de la population de la France. À Moscou comme à Leningrad de grandes maisons ouvrières s’élèvent à vue d’œil presque dans chaque rue, mais la réussite la plus grande au point de vue de l’urbanisme se fait jour à Kharkov où en quatre ans une ville entière d’aspect nettement américain s’est édifiée à côté de la ville ancienne.
Enfin une des parties les plus importantes de notre tournée a été la visite des organisations soviétiques en Ukraine et dans le Caucase du Nord, le centre même des territoires où, d’après les récentes campagnes de presse, régnait une famine comparable à celle de 1922.
Vous verrez, m’avait-on dit, qu’au dernier (3) moment cette partie du voyage sera supprimée; on ne vous conduira pas dans cet enfer de la misère. Pour nous faire rencontrer à Moscou M. Molotov, qui partait en congé, on a supprimé du programme l’excursion de Crimée qui présentait un caractère plus particulièrement touristique; le voyage en Ukraine s’est déroulé normalement. Nous avons traversé de part en part, dans les deux sens, en chemin de fer, cet immense champ de céréales aux cultures interrompues à perte de vue, à l’humus noir épais où l’engrais est inutile. Nous avons, à 60 et 70 km des villes, visité des kolkhoz et un sovkhoz, et nous en revenons avec l’impression très nette de la fausseté des nouvelles répandues dans la presse et la conviction que j’esquissais dans ma correspondance d’une campagne inspirée par l’Allemagne et les Russes blancs désireux de s’opposer au rapprochement franco-soviétique.
Avant de parcourir ce pays, j’ai pu moi-même me faire l’écho de ces racontars colportés par les ennemis du régime, j’ai aujourd’hui la certitude de leur exagération.
Sans doute, nous dira-t-on, les Slaves, depuis Potemkine , ont un sens merveilleux de la mise en scène, on ne vous a montré que ce qu’on voulait que vous vissiez, comment voulez-vous, dans une excursion d’une semaine, ne parlant pas le russe, vous rendre compte de l’état d’une contrée d’une aussi vaste étendue? Nous avons néanmoins regardé par les fenêtres durant ce trajet de plus de 3 000 km, on n’a pas pu entièrement truquer la population qui nous a paru en meilleur état physique et d’habillement que celle des villes du Nord d’où nous venions. Notre auto a manqué d’écraser des poules de plus de quatre mois; nous avons aperçu l’étendue de ces champs qui viennent de donner une récolte que tous s’accordent à trouver exceptionnelle. Si vraiment des millions d’hommes étaient (4) morts de faim dans ces contrées, les malheureux eussent mangé leurs poules avant de songer à se nourrir de cadavres. Il eût fallu des millions de soldats pour les empêcher de manger les semences.
Que disent à ce sujet les autorités que nous avons interrogées? L’an dernier a eu lieu en effet un épisode des plus graves de la Révolution pour l’application du régime collectiviste à l’agriculture. Dans ces régions particulièrement riches, nous avons eu à lutter contre les paysans riches qui ne cultivent pas eux-mêmes leurs terres mais utilisent des salariés; contre ces koulaks plus ou moins ouvertement soutenus par l’Allemagne qui mène en Ukraine sa campagne séparatiste. Dans l’espoir de troubles graves, ces éléments contre-révolutionnaires sont tentés de susciter la grève des bras croisés.
Il en est résulté une diminution de la production des céréales qui à un moment a menacé sérieusement Moscou et a entraîné non seulement de graves difficultés dans les régions où le sabotage de la récolte avait été organisé, mais encore l’obligation de restrictions importantes dans les distributions de vivres. On a eu faim, c’est hors de doute. Mais par une action énergique du pouvoir central, action combinée de la police et des éléments politiques communistes, grâce à certaines concessions données à l’intérêt personnel (propriété d’une vache et des produits des jardins), la situation a pu être rétablie durant ces derniers mois et Staline, selon un mot de Radek , […] a gagné sa bataille de la Marne agraire.
Deux exemples typiques de cette campagne (5) et des difficultés […] nous ont été données par M. Kalinine que nous interrogions sur cette grave question de la famine. » Il nous a donné l’exemple de la commune de Tver « qui porte aujourd’hui mon nom, il y a trois kolhozes. Le premier a fort bien travaillé, a fait une bonne récolte et ses membres ont touché de bons bénéfices; le second a joint les deux bouts; mais le troisième, sous l’impulsion de nos adversaires, a saboté la récolte et ses adhérents ont risqué de mourir de faim. Sur ma demande, le Gouvernement leur a fait parvenir du secours. Je me suis, de ce fait, attiré l’animosité des deux autres kolhozes qui pensaient que ce n’était guère la peine de se donner du mal si, en ne faisant rien, on obtenait néanmoins sa subsistance.
[…] le second exemple de M. Kalinine est le suivant : l’an dernier on a manqué de lait à Moscou en en restreignant néanmoins la distribution aux enfants et aux ouvriers employés à des travaux nocifs. Or la personne chargée de la distribution du lait était précisément le gros négociant d’avant-guerre qui assurait le même service sous le régime tsariste. Le Président Kalinine fit appeler ce fonctionnaire pour lui demander comment avec une quantité double de lait il n’arrivait pas à fournir les catégories restreintes ci-dessus indiquées. L’intéressé n’eut pas de peine à lui montrer que la quantité était aujourd’hui insuffisante parce qu’auparavant le lait était le privilège de la classe noble et riche de Moscou.
Augmentation considérable des besoins, résistance politique d’éléments réactionnaires, telles sont les causes du (6) déséquilibre qui révolte nos esprits occidentaux mais qui paraissent naturels à l’esprit slave fataliste qui, peu soucieux des intérêts immédiats individualistes, reste tendu sur l’accomplissement du large programme qu’il s’est assigné. » 7

Documents de propagande de la Fédération européenne des Ukrainiens de l’étranger, transmis par lettre du secrétaire général et du secrétaire au ministre des Affaires étrangères français, Bruxelles, 27 septembre 1933, 1 p., 156
« Mémorandum sur la famine en Ukraine », 157-9, 3 p.
sur l’extermination de la population ukrainienne, et les conditions à imposer à URSS pour l’octroi de tout secours, la liberté totale d’intervention pour les missions de secours , 3

Bulletin du bureau de presse ukrainien, 42 rue Denfert-Rochereau, 28 septembre 1933, 160-6, 7 p., ronéoté.
cite notamment « deux articles » de Mlle Suzanne Bertillon dans Le Matin sur « la tragédie de l’Ukraine […] a pu interviewer de simples paysans ukrainiens notamment Martha Stebalo et son mari » couple expatrié depuis 1913 et établi aux États-Unis mais dont la famille serait en Ukraine , etc., 1, développement sur leur voyage en Ukraine en 1932, 1-2, où ils ont vu s’accumuler les « morts de faim », etc. La famine est organisée par les « autorités […] les plus acharnées à nous détruire. On veut nous faire périr, c’est une famine organisée. La moisson n’a jamais été aussi belle, mais il nous est interdit d’y toucher. Si nous sommes surpris coupant quelques épis c’est la geôle ou la fusillade, et dans la geôle, au bout de trois semaines, on meurt d’inanition […] des scènes épouvantables, elle parle de l’acharnement avec lequel les affamés se jettent sur la nourriture, des cris des enfant que la faim empêche de dormir. Elle cite également des cas de la folie et d’anthropophagie… » 2
cite article du Journal de Genève “L’Ukraine point névralgique” sur le « calvaire » des paysans ukrainiens, 3, « […] le régime soviétique ne s’appuie plus en Ukraine que sur le Guépéou et les baïonnettes. Les communistes eux-mêmes se sont tournés contre lui. » etc.
cite articles sur Ukraine « de nombreux journaux suisses, allemands, anglais, belges et autres » et même « certains journaux français » Journal des Débats, Dépêche Toulouse, Matin, Ordre, et cite Pierre Veber dans le Candide du 14 septembre qui veut faire intervenir la SDN, et tonne contre « les journaux qui rapportent ces horreurs nous montrent, en première page, la signature des traités franco-et italo-soviétiques! » et glose sur « notre monde “qui se prétend civilisé” » et son “pharisaisme (sic)”, 4
cite les articles du docteur Ewald Ammende, secrétaire du congrès des minorités nationales, de Vienne, dans la Reichspost et dans journal ukrainien Dilo de Lwow, et même glose.
Cite l’appel d’Innitzer sur « des centaines de milliers, des millions même, d’êtres humains sont morts de faim » en « ces quelques derniers mois, en Russie des Soviets », témoignages « dont la véracité ne peut être mise en doute », etc. et il « cite l’appel du Métropolite Szepticky, le mémorandum du docteur Ewald Ammende, 5, etc., et les interventions d’Innitzer sur le silence impossible « au moment même où les populations de l’URSS sont en proie à la famine et de ses conséquences : infanticide et cannibalisme » et « lance un appel ardent au monde civilisé pour organiser un secours aux affamés et avant tout au comité international e la Croix-Rouge.
Cette démarche du cardinal Innitzer a produit une grande impression parmi tous les Ukrainiens profondément touchés […] »
Cite appel Église gréco-catholique ukrainienne, signé de Szepticky « et tous les évêques » de ce clergé.
Cite appel Haut conseil réfugiés ukrainiens et création comité international secours à Ukraine, etc., 6
Et glose sur initiative des « Ukrainiens de Galicie », « manifestation ukrainienne à Cernauti en Roumanie » prévue 28 août, mais empêchée par autorités « craignant une protestation du côté de l’URSS »
Comité secours Prague et Bruxelles
« congrès européen des minorités et la famine en Ukraine », 7

Télégramme 814-6 de Massigli, représentant de la France à la SDN, Genève, 29 septembre 1933, ronéoté, 167-9, 3 p.
Le délégué norvégien à SDN Mowinckel (président du Conseil de la SDN) évoque les pétitions reçues « d’organisations ukrainiennes de Pologne, des États-Unis et du Canada » et « d’organisations charitables […] sur la famine en Ukraine »; mais il ne veut pas « inscrire la question à l’ordre du jour sans y être préalablement autorisé par une décision du Conseil »; le conseil a été réuni « en séance secrète »; il « n’a pas dissimulé les difficultés (1) de l’entreprise […] et il a confessé que Mme Kollontay qu’il avait rencontrée à Oslo niait formellement l’existence de la famine », donc il « suggérait que le Secrétaire général s’enquière discrètement et amicalement auprès du Gouvernement soviétique de l’existence de cette famine. »
Les délégués et le secrétaire général « lui-même » arguent « qu’une démarche » même « officieuse […] aurait un caractère politique du fait qu’elle émanerait de la SDN, risquerait de se heurter à une dénégation formelle (2) des Soviets et d’irriter ceux-ci sans résultat contre l’institution de Genève. » Paul-Boncour a proposé d’« orienter la question sur une organisation purement philanthropique telle que la Croix-Rouge […] » formule d’une lettre du président Conseil SDN « à la Croix-Rouge internationale » acceptée par le Conseil, etc. 3

Télégramme confidentiel 822 de Massigli, Genève, 30 septembre 1933, ronéoté, 170, 1 p.
En fait, l’intérêt de la Norvège pour les « questions ukrainiennes » s’explique « par le fait que des ressortissants norvégiens se seraient fait accorder en Ukraine soviétique du vivant du Docteur Nansen des concessions notamment de terrains miniers au sujet desquels ils seraient en ce moment en difficultés avec le Gouvernement de l’URSS. »
Demande « faire vérifier discrètement cette information par notre Ambassadeur à Moscou. » en marge, au crayon rouge, « fait »

Cf. lettre 467 du ministre des Affaires étrangères à Alphand, 12 octobre 1933, 174, 1 p.
Demande de renseignement sur ce dossier

Lettre 161 du Chayla, chargé d’affaires en Norvège, à Paul-Boncour, Oslo, 5 octobre 1933, 171, 1 p.
Transmet interview Mme Kollontay, « actuellement Ministre de l’URSS en Suède, […] au journal travailliste norvégien l’Arbeiderblad » après son « séjour à Oslo où elle a conservé beaucoup d’amis »

Traduction texte interview Arbeiderblad du 30 septembre 1933, 172-3, 4 p.
Mme Kollontay nie la famine mais évoque « le problème des transports », route et chemins de fer, 1, et invoque « la valeur » d’information venues « soit de Riga, soit de Berlin. », le sabotage de certains paysans en 1932, 2, mais le loyalisme l’emporte cette année, où « il n’est plus question de famine. » Elle insiste sur les énormes besoins de consommation soviétique (cf. 2, paysans naguère les pieds dans des chiffons, d’où problème aujourd’hui approvisionnement en chaussures), d’où besoin soviétique importations massives, et non « pas » aspiration « à nous isoler de l’étranger. » Elle mentionne les « relations […] excellentes avec les pays scandinaves, avec la France et avec tous les pays avec lesquels nous avons conclu des pactes de non-agression » et « des conventions spéciales avec l’Italie et avec la France. » 3; les rapports avec Allemagne sont « tendus en ce moment, mais nous faisons tout notre possible pour éviter tout ce qui pourrait les envenimer. » 4

Note manuscrite sans référence, 20 octobre 1933, 175, 1 p., in extenso
« M. de Fontenay , sur avis de M. de Robien, est venu demander des informations sur le Comité d’organisation de secours aux affamés de l’Ukraine dont il avait été sollicité d’accepter la présidence d’honneur. Il a indiqué que cette demande lui avait été faite par le prince Tokary.
En raison des conditions actuelles, des susceptibilités polonaises et soviétiques en matière ukrainienne, et de la personnalité même du prince Tokary (connu pour ses opinions d’extrême droite et qui fut associé à l’action de Petlioura et de Skoropadski ) il a été indiqué à M. de Fontenay qu’une grande prudence paraissait opportune.
M. de Fontenay a décidé de refuser la proposition qui lui était faite. »

Lettre 299 Charles Alphand à Paul-Boncour, Moscou, 24 octobre 1933, 176, 2 p.
J’ai interrogé Molotov sur le problème des « concessions norvégiennes » éventuelles « en Ukraine » et il a nié tout rapport avec relations générales URSS-Norvège. « Il estime que l’intervention de M. Mowinkel – dont d’ailleurs il se montre peu satisfait – est uniquement motivée par les fonctions du Président M. Mowinkel au Conseil de la Société des Nations » et « pense […] que les récentes élections en Norvège peuvent l’écarter prochainement de Genève. »
« J’ai posé les mêmes questions au ministre de Norvège qui m’a répondu que le Docteur Nansen avait utilisé une partie provenant des fonds du Prix Nobel qui lui avait été attribué (1-2) à la création de fermes modèles en Ukraine »; mais ces « concessions […] sont arrivées à expiration et conformément au contrat ces fermes ont fait retour à l’État. Il n’y a donc eu aucune difficulté à ce sujet. » La seule autre concession, « normalement » appliquée, est celle « de pêcherie de phoques dans la Mer Blanche. » 2

Lettre du président intérimaire du Comité d’organisation de secours aux affamés de l’Ukraine à l’ambassadeur Peretti de la Rocca, Paris, 20 octobre 1933, 178, 1 p.
« Monsieur l’Ambassadeur de Panafieu qui est membre du comité central de la Croix-Rouge française et par conséquent ne peut occuper de poste dirigeant dans notre Comité, nous engage vivement à prier Votre Excellence de bien vouloir prendre notre œuvre sous sa protection et d’accepter la présidence de notre Comité » qui « s’est assuré déjà le patronage des cardinaux et d’autres personnalités et l’énergique appui de l’archiduc Guillaume d’Autriche, cousin germain du Roi Alphonse XIII, qui se joint à nous pour prier Votre Excellence de bien vouloir accepter la présidence de notre Comité », et cf. notre « réunion plénière » sans date « dans une dizaine de jours », etc.
transmis avec lettre manuscrite de Peretti de la Rocca à « mon cher ami » en marge au crayon « urgent. M. Rochat », 25 octobre 1933, 177, 1 p.
Je n’accepterais « que si le Département y voyait un avantage évident. »

notice biographique du prince Tokary, manuscrite, de la même main que supra, « cl. (sic) 7 novembre 1933 », 179
né 24 juin 1885 en Ukraine, « arrive en France le 9 novembre 1924.
Ancien propriétaire foncier en Ukraine, connu pour ses opinions d’extrême droite. A pris part au mouvement national ukrainien sous la dictature de l’hetman et qui fut associé à l’action de Petlioura et de Skoropadski, a été envoyé à ce titre comme Conseiller de la légation ukrainienne à Vienne.
Après le retour des bolcheviki (sic) en Ukraine, s’est réfugié à Varsovie où il a participé à la conclusion du traité conclu en 1920 entre la Pologne et Petlioura. Attaché à la personne de ce dernier, fut alors Ministre des Affaires étrangères du “front ukrainien”, puis ministre adjoint.
É tait (? illisible) (1930) président de l’association des Anciens combattants ukrainiens. “Renseignements favorables en privé”. Secrétaire général du Cercle d’études ukrainiennes (61, bd Saint-Germain). »

Note dactylographiée, sans référence, 7 novembre 1933, 180
Reprend les mêmes thèmes que ceux des deux manuscrits sur le prince Tokary.
« Il semblerait donc que les organisateurs ukrainiens de ce Comité paraissent poursuivre en l’espèce un but plus politique qu’humanitaire. […] Il y a lieu de noter, en outre, que si, en dépit des dénégations soviétiques, une forte disette paraît s’être effectivement manifestée en certaines régions de l’Ukraine, notamment au moment de la “soudure”, la gravité semble en avoir été vivement exagérée et exploitée par une campagne (de source allemande, semble-t-il) hostile au régime soviétique. Enfin la situation sous ce rapport paraît s’être sensiblement améliorée depuis les récoltes.
Enfin, en présence des susceptibilités tant soviétiques que polonaises à l’égard de toute activité ukrainienne, une certaine réserve paraît dans les conditions actuelles particulièrement opportune en ce domaine. »

Réunion du 21 novembre 1933 de la Commission des affaires étrangères, ronéoté, 184, 1 p.
« La France et la Russie »
rapport du Sénateur de l’Isère Serlin « très circonstancié et très vivant des impressions […] de ce voyage en Russie […] en compagnie de M. Édouard Herriot et de divers autres membres du Parlement français ».
Il « a montré les transformations sociales accomplies par le régime actuel dans le sens de la double formation d’une élite fondée sur le mérite personnel et d’une classe moyenne recrutée dans les masses ouvrières;
Les usines, nombreuses et géantes, fonctionnent à plein rendement : il n’y a pas de chômage en Russie.
L’électrification, l’aviation et les voies fluviales sont poussées avec une activité fiévreuse.
Moscou et Kharkov sont d’immenses chantiers de constructions.
L’enseignement et le service sont obligatoires. Le service militaire actuel est de deux ans pour les armes ordinaires, de trois ans pour l’aviation et de quatre ans pour la marine.
L’enseignement supérieur scientifique et artistique est très développé.
Les moyens de transports laissent à désirer. Il en est de même de la voirie. […] “la Russie est une ferme et une usine travaillant à feu continu. La collectivité, dirigée dictatorialement, n’épargne aucun effort, aucun sacrifice, pour réaliser à la fois une industrie et une agriculture adaptées à une nation de 165 millions d’habitants”.
Le dynamisme de la jeunesse est dominé par une mystique de la science et de l’industrialisation appliquée à la masse. »
Remerciements du président de la Commission des affaires étrangères Henry Bérenger, et « nombreuses questions […] posées par » Général Bréguet, Yves Le Trocquer, Eccard, Dalbiez, Fernand Merlin, François Labrousse et Albert Fouilloux. »
Décision d’impression de la communication Serlin à « porter à la connaissance du Gouvernement. »

Lettre 221 de Jean Payart, chargé d’affaires , à Louis Barthou, 3 juin 1934, 243-251, 9 p. (non paginé)
« perspectives […] médiocres » de la prochaine récolte céréales, mais sans doute « les Soviets » pourront-ils « prévenir » la « famine », « la situation économique générale » s’améliore : cf. excédent balance commerciale, et « la production de l’or serait en accroissement constant » et l’URSS en importera si nécessaire, comme déjà fait « d’après la presse anglaise, […] en Australie et en Nouvelle-Zélande. » 3, Forte hausse des prix du pain, de « près de 100% […] à Moscou », donc hausse des salaires, 4, cf. tableau 4-5, et détails, 5-7, risque d’« inflation dangereuse », mais l’État est maître de tout, prix, etc., 8

Lettre 9236 du Ministère de l’Intérieur au ministre des Affaires étrangères, confidentiel, Paris, 16 août 1934, 1 p., 252
Transmet « une note n° 9263 […] de mes services »
Jointe, P. 9263, Paris, 11 août 1934, 2 p., 253-4
D’après « un correspondant qui occupe une haute situation à Shangaï » allé en URSS, des « progrès de tous ordres » ont été accomplis en « trois ans ». D’après lui « on a maintenant […] une impression d’ordre que l’on était loin d’éprouver il y a quelques années. La prospérité visible a aussi augmenté considérablement. Les gens sont mieux vêtus et l’on n’aperçoit plus les queues interminables » de « jadis. Dans la banlieue des grandes agglomérations se construisent des villas qui contrastent heureusement avec les grandes maisons communes que le nouveau régime édifiait naguère exclusivement […] on a tout lieu de croire […] que les progrès industriels sont en rapports (sic) avec les progrès sociaux remarqués. Ils auraient permis de donner une assise sérieuse à la puissance militaire de l’URSS maintenant redoutable. » 1
Situation dont les Japonais sont conscients et qui « est de nature à les faire hésiter à entamer une lutte dont l’issue serait certaine. C’est pourquoi leur expansion paraît s’orienter de plus en plus vers la Chine. » 2


7 N 3121, URSS, RAPPORTS DES ATTACHÉS MILITAIRES, 1933-1934

Lettre Colonel Mendras 23, au Ministre de la Guerre, Moscou, 13 juillet 33, 2 p. (parties en italique soulignées dans le texte)
« compte rendu d’entretien avec le Docteur [Otto] Schiller », (glose allemande, du ton habituel de la campagne de Berlin et rien de plus… source, également, dans l’op. cit., des Anglais, qui se trouvent dans la même situation que les Français)
É loge sur les qualités remarquables de l’« attaché agricole à l’ambassade d’Allemagne à Moscou, le Docteur Schiller », etc., etc., cf. « un copieux rapport » sur son « voyage de trois semaines en Ukraine » communiqué au colonel Mendras, et sa glose sur les « plusieurs millions d’hommes qui seront morts de faim cette année. […] nouvelle famine » d’« un caractère tout particulier, du fait de l’habileté férocement asiatique, avec laquelle les Bolcheviks l’ont exploitée. Lorsqu’en décembre dernier, ils ont pu se convaincre que la famine devenait inévitable, ils ont décidé de la “diriger” (1) grâce aux prélèvements massifs opérés par l’État sur les récoltes et de l’utiliser », pour
« 1° se débarrasser de tous les éléments de la population hostiles au régime ou simplement gênants, en répartissant la famine dans les régions où dominaient ces éléments : Ukraine, Caucase du Nord, Sibérie occidentale […] parmi les plus fertiles de l’Union […] J’ai pu me rendre compte de visu que l’irréductible sentiment d’indépendance des Cosaques du Nord-Caucase était aujourd’hui définitivement aboli – par voie d’anéantissement, des villages entiers étant maintenant déserts. Les velléités de séparatisme manifestées par l’Ukraine ont subi le même sort.
2° obliger le paysan à travailler […]. Cette méthode radicale a d’ailleurs produit des résultats indéniables. Mon dernier voyage m’a permis de consacrer que la récolte en Ukraine s’annonçait nettement meilleure que celle de l’an dernier. » 2

Jointe, traduction rapport Schiller, février 1933, 124 p.
une étude économique et géographique générale, tirée des statistiques et de la presse soviétiques, qui ne contient rien sur ce qui nous intéresse, et dont ressort un véritable déchaînement contre la collectivisation, et sur la « situation critique » agriculture soviétique (j’ai renoncé à l’annoter, mais vous disposez de la « source »).

Lettre du Colonel Mendras au Ministre de la Guerre, Moscou, 20 octobre 33, 14 p. « Compte rendu de voyage en Ukraine » (dont il est aisé de relever les multiples antagonismes, internes et compte tenu de ce qui précède)
« Sur la famine, que l’exagération et la source même de certains renseignements m’avaient induit pendant longtemps à mettre en doute, j’ai recueilli sur place des précisions indiscutables. À Bogatchka (Ouest de Poltava), l’un des coins des (sic) plus riches – comme son nom même l’indique – d’une des région les plus fertiles du monde, on m’a affirmé qu’au printemps nombre d’habitants avaient été réduits à manger de l’herbe et des feuilles d’arbres. On m’a cité tel village, où une centaine de personnes étaient mortes de faim et un paysan m’a dit estimer (6) à deux mille le nombre des décès causés par la famine dans son rayon » équivalent « d’un arrondissement français », mais a refusé honnêtement gloser « sur les rayons voisins, qu’il connaissait mal » et « a ajouté que son artel (communauté agricole) avait dû assurer la récolte dans un village voisin, Kravtchenko, presque entièrement dépeuplé. » et « sur la route de Moscou à Kiev, j’ai rencontré plusieurs familles qui émigraient en Ukraine où elles avaient entendu dire qu’il y avait une belle récolte et personne pour la rentrer. » (et c’est tout… j’ai cité tous les cas)
paysans ne donnent « que des réponses évasives […] sur le principe même de la collectivisation », mais intarissables « pour vitupérer l’État, auquel il faut tout donner et qui ne vous laisse rien, ni pour manger, ni pour nourrir le bétail. » 7
à Kiev et Kharkov, « un effort d’urbanisme évident » dont « des résultats grandioses […] déjà […] à Kharkov […], mais une population d’aspect extérieur uniformément misérable et dans les coins écartés, pas mal de loqueteux […] Il faut mettre à part Berditchev, métropole juive, prodige de misère et de saleté, qui offre une spectacle véritablement hallucinant. (8)
La campagne ne m’a pas fait mauvaise impression. » paysans l’air toujours misérables, « portent la plupart de lamentables défroques » et chaumières semblent « sur le point de tomber en ruines. » mais pas neuf… « Par contre, en Ukraine, surtout dans la région de Poltava, on rencontre beaucoup de villages riants, donnant au moins l’illusion de l’aisance avec leurs maisonnettes blanchies à la chaux et leur église fraîchement peinte de couleurs claires. Partout des enfants, beaucoup d’enfants, allant sagement en classe avec leurs livres sous le bras. La famine semble déjà loin, ou du moins pour le passant, il n’en reste plus de signe extérieur apparent dans ces hameaux où vaguent en liberté poules, porcs, oies et canards. » mais le plus frappant est « l’extraordinaire richesse du sol » des « régions des Terres noires […] cette Beauce qui se développe à perte de vue, sur des centaines de km. Et quand on songé que des milliers [souligné par moi] d’hommes ont pu mourir de faim sur cette terre bénie, on comprend à la fois l’aveugle puissance de l’esprit de système déchaîné chez un Staline et l’effarent inertie du paysan russe. »
Sur le séparatisme, information pas possible « Je dois cependant noter l’accueil véritablement triomphal fait par Kiev, le 1er octobre, à Vorochilov venu en inspection avec Boudenny, (9) Egorov et Iakir. » et détail sur « une de ces journées populaires que les Bolcheviks organisent périodiquement avec un sens étonnant de la mise en scène.
[…] Entre la Russie, la Pologne et l’Allemagne, l’indépendance d’un pays aussi riche que l’Ukraine ne peut être qu’une fiction, et les séparatistes sont éternellement voués à cristalliser leurs rêves autour d’une intervention étrangère, polonaise ou germanique. Là gît la condamnation d’un mouvement qui sera toujours réduit à s’appuyer sur les utopies des intellectuels ou les appétits des aventuriers. » 10
France quasi inconnue, 10, Allemagne pas aimée mais admiration, et cf. importance de leurs consulats, « un cadre tout prêt à reprendre les tradition interrompues », qui « a d’ailleurs des auxiliaires et des informateurs bénévole disséminés un peu partout et jusque dans les colonies allemandes, pourtant intégrées depuis plus d’un siècle dans l’Empire russe. J’ai pu moi-même constater que le Consul allemand de Kiev entretenait des relations suivies et intimes avec nombre de colons, particulièrement ceux de Korostychev, gros village sis à 30 km à l’Est de Jitomir et où la méthode et l’application germaniques tranchent sur tout le pays environnant. » 11
Bilan « Les Bolcheviks ont fait un effort colossal (11) dans le domaine de industrie, où ils ont obtenu des résultat substantiels et même, dans certaines branches, étonnants. Tout n’est certes pas parfait. » cf. maintien retard des transports par rapport au « rythme accéléré de l’industrie lourde […] Un gros effort d’équipement et d’organisation s’impose, les dirigeants s’y résoudront forcément un jour peut-être prochain – nous devons en être avertis pour ne pas laisser passer l’occasion d’y coopérer.
Malgré tout, l’œuvre accomplie force l’admiration, d’autant plus qu’elle l’a été au prix des lourdes privations, que les chefs, imbus d’une mentalité de guerre, ont imposées au pays sans sourciller. » et cf. rupture « brutalement l’équilibre de la production nationale » par l’ébranlement des « fondements de l’agriculture […] déclenchant ainsi la crise la plus grave que la Russie ait subie depuis la Révolution. », 12 puis glose très idéologique sur sens combat contre les koulaks, 12-13, et sur crise paysannerie, 13. « Face à la crise, les Bolcheviks (13) ont réagi avec une énergie farouche […] tous les moyens ont été bons pour forcer le paysan à travailler, la famine même a été dirigée pour punir les paysans. » et certitude « récolte cette année […] suffisant sinon pour supprimer les difficultés alimentaires, du moins pour écarter le danger d’une famine générale. » et conclut sur « le sphinx » paysan. « Cette énigme, nul ne peut dire si les Bolcheviks la résoudront ou s’ils seront dévorés petit à petit par le Sphinx. » 14

LA QUESTION UKRAINIENNE DANS LA STRATÉGIE ET LA TACTIQUE ALLEMANDES DE 1933

EUROPE URSS 1918-1940, VOL. 985, RELATIONS ALLEMAGNE-URSS, JUIN 1932-MAI 1933,

Télégramme 440 confidentiel de François-Poncet, Berlin, 16 mars 1933, ronéoté, 148-50, 3 p. [éclairé par la correspondance du SHAT citée infra]
Vinogradov [alors conseiller de l’ambassade soviétique à Berlin] a tenu « certains propos intéressants » à « l’un de mes collaborateurs »; il lui a dit que Chintchuk [ambassadeur de l’URSS à Berlin] s’attend à une convocation « en audience particulière par M. Hitler », jusqu’ici accordée seulement, et deux fois, pour l’ambassadeur italien, Cerruti. « C’est sous la pression des milieux économiques et industriels intéressés aux échanges commerciaux avec la Russie, et surtout sous la pression des chefs de la Reichswehr, que M. Hitler songerait à ce geste public en faveur de l’Ambassadeur de l’URSS, afin de montrer que les persécutions infligées au parti communiste allemand ne sauraient porter ombrage à l’amitié germano-russe. »
cf. intérêt particulier de « la mission soviétique à Berlin » pour le compte rendu du journal Paris « appartenant aux émigrés russes et repris ensuite par la presse polonaise » d’« un entretien que M. Rosenberg, député national-socialiste et (1) rédacteur diplomatique du Völkische Beobachter, aurait eu récemment à Locarno avec des Délégués fascistes italiens », Rosenberg était « accompagné […] d’une personnalité ukrainienne en résidence en France, et de M. Wladimir de Korostowetz, qui est à Berlin l’un des principaux collaborateurs de l’Hetman Skoropadsky. »
cf. incontestables « projets qui hantent les cerveaux nationaux-socialistes dans ce domaine » et leur consensus malgré leurs divergences « en matière de politique étrangère », sur le fait « que le destin assigne à l’Allemagne, en Europe orientale, une mission de civilisation et de colonisation. Une personnalité nationale-socialiste affirmait, hier encore, à l’un de mes collaborateurs, que l’Allemagne et l’Italie avaient eu à ce sujet des conversations précises, où l’on avait envisagé le retour au Reich du Corridor, en échange d’une portion du territoire ukrainien, accordée à la Pologne. Privé de toute issues sur la Mer Baltique, le Gouvernement de Varsovie se verrait ainsi dédommagé par un débouché sur la Mer Noire , conformément aux intérêts économiques de l’Italie, qui considérerait désormais l’Europe (2) centrale et les Balkans contre son hinterland commercial. Le fonctionnaire hitlérien […] a été jusqu’à affirmer que l’Italie et la Turquie avaient déjà négocié un accord en vue d’assurer une libre communication de la Pologne, installée sur la Mer Noire, avec la Méditerranée.
Toutes ces informations ont un côté fantastique. », mais l’URSS est ainsi placée « dans un état d’inquiétude permanente à l’égard des projets de la nouvelle diplomatie allemande. » 3

EUROPE URSS 1918-1940, VOL. 986, RELATIONS ALLEMAGNE-URSS, JUIN 1933-MAI 1934, MAE
« Note de l’ambassade des Soviets en Allemagne au ministre allemand des Affaires étrangères », manuscrit, 24 juin 1933, 12-13, 2 p.
reproduction dans presse soviétique note remise 22 juin par Chintchuk [ambassadeur d’URSS à Berlin] au secrétaire d’État von Bülow, ministre des Affaires étrangères par intérim, 1, cf. Vie économique, journal de l’industrialisation, 24 juin 1933, 2
Chintchuk proteste au nom de son gouvernement contre le passage suivant du texte de la délégation allemande à la conférence économique mondiale de Londres : “Le second moyen consiste à mettre à la disposition “d’un peuple sans espace” de nouveaux territoires où cette race énergique puisse fonder des colonies et se livrer à de grands travaux pacifiques. Nous ne souffrons pas de surproduction, mais de sous-consommation forcée. La guerre, la révolution et la ruine intérieures ont trouvé leur point de départ en Russie et dans les vastes régions de l’Orient. Ce processus de désagrégation se poursuit. Le moment est arrivé d’y mettre un terme” ». Bref il s’agit d’« un appel à la guerre contre l’URSS » et de « l’exigence que soient fournies des territoires de l’Union Soviétique à la colonisation allemande. » 1.
Ce texte est « en contradiction flagrante avec les obligations » allemandes (1) en vertu du traité germano-soviétique Berlin 24 avril 1928 ((sic) au lieu de 1926), d’où « une protestation décisive » de « mon gouvernement » auprès du « Gouvernement allemand […] contre la violation des relations contractuelles entre nos deux pays qui a été admise par l’Allemagne ».

Lettre 247 très confidentielle de Gentil, chargé d’affaires près le Saint-Siège, Rome, 29 juin 1933, 15-16, 4 p.
« informations qui m’ont été rapportées à titre strictement confidentiel » issues de celles données par Cerruti, ambassadeur d’Italie à Berlin, « à un haut prélat du Vatican. », propos d’autant plus importants qu’il « venait d’être reçu par Mussolini » donc exprimait « certaines opinions du Duce » et a regretté son manque de temps « pour obtenir une audience du Pape, » façon d’exprimer sa volonté « que sa conversation fût communiquée à Pie XI. » 1, et ce d’autant plus qu’il « a parlé presque uniquement de la situation du communisme en Allemagne et en Russie, question à laquelle le Pape s’intéresse tout particulièrement. »
Il « aurait d’abord cité l’opinion de M. Göbbels sur la facilité avec laquelle le parti communiste avait été écrasé en Allemagne » d’après lui « parce que le parti communiste allemand n’était fort qu’au point de vue électoral ; il manquait de chefs : il avait eu de nombreuses occasions d’étouffer le mouvement hitlérien à ses débuts ; mais il resta passif et ne prit aucune initiative.
M. Göbbels affirme que ce parti ne se relèvera pas : lui-même recevait chaque jour des milliers de lettres d’ancien militants communistes qui protestent de leur loyalisme envers le régime hitlérien : 23 000 communistes seraient dans des camps de concentration, mais la plupart ne seraient plus dangereux et on n’en garderait guère que 5 000. »
Cerruti lui-même « aurait déclaré que le Gouvernement allemand ne pouvait pas ne pas envisager l’éventualité de la disparition du régime soviétique dans un avenir plus ou moins proche. L’action des Japonais en Mandchourie et Transbaïkalie pourrait hâter cette fin. » ancien ambassadeur à Moscou, il « serait persuadé que si les Japonais poussaient une pointe vers Vladivostok et la province maritime, le Gouvernement des Soviets se verrait dans l’obligation (2) d’intervenir. » et les forces armées soviétiques « seraient aisément balayées par les forces japonaises », et « la lutte du Gouvernement soviétique » serait telle que « amènerait inévitablement l’effondrement du régime. »
D’après Cerruti, « Göbbels » aurait dit « que le Gouvernement allemand n’avait plus aucune vue sur l’Alsace, pays trop difficile à gouverner et qui n’avait donné à l’Allemagne que des déboires . Par contre, la frontière orientale devrait être révisée tôt ou tard. A ce moment, se poserait la question de l’Ukraine qui se détacherait un jour ou l’autre de la Russie : cet immense territoire pourrait servir de débouchés aux produits allemands ; de plus ne pourrait-on étudier une combinaison pour remplacer le couloir polonais du nord par dédommagement en Ukraine, une espèce de couloir polonais vers la Mer Noire.
Le prélat » informateur « m’a dit » avoir « posé une question sur l’avenir catholique de l’Allemagne. M. Cerruti, qui d’ailleurs a tout le temps manifesté un vif enthousiasme envers M. Hitler, avec la seule réserve que le “Führer” allait trop vite et brûlait les étapes, a affirmé que celui-ci (3) était de formation trop catholique pour jamais devenir un ennemi de l’Église. Il ne pouvait en dire autant de M. Göbbels qui serait devenu anti-catholique le jour où l’Église a refusé de bénir son mariage avec une divorcée. » 4

Télégramme François-Poncet 1245-6, 5 juillet 1933, ronéoté, 17-8, 2 p.
Sur l’inquiétude allemande vis à vis des pactes orientaux signés à Londres malgré l’indifférence affectée « tout d’abord » par la presse, 1, mais cette fausse indifférence « n’empêche pas d’ailleurs qu’une vaste collecte et diverses manifestations publiques ne soient organisées en ce moment à travers tout le Reich pour venir en aide aux 100 000 Allemands environ qui meurent de faim en Russie. Il ne vient pas à l’idée des autorités allemandes que cette propagande bruyante puisse être désagréable au Gouvernement russe. » 2

Lettre 727 de François-Poncet à Paul-Boncour, Berlin, 5 juillet 1933, 20-2, 3 p.
Sur la campagne de presse délirante sur la « situation tragique […] des colonies allemandes de Russie […] devant la famine de plus en plus menaçante. » mobilisation de l’église évangélique, Croix-Rouge, Ligue pour Protection du germanisme à l’étranger, et grande campagne de la section de Berlin défense du Deutschtum , cf. discours, 1 et sq.
Manifestation publique prévue vendredi 7 juillet au Lustgarten de Berlin et pour préparation, « des affiches représentant le portrait tragique d’un enfant allemand de Russie souffrant de la famine »; or « les pires misères » ne sont pas une nouveauté pour « les peuples de l’Union Soviétique […] Jusqu’ici, l’Allemagne avait toujours jugé opportun d’observer à ce sujet un silence prudent. Mais cette fois, M. Göbbels n’a pas voulu laisser passer une si belle occasion de manifester avec ostentation la sollicitude du Gouvernement national-socialiste allemand à l’égard des branches du peuple allemand les plus lointaines et les plus anciennement détachées du tronc commun. Il a mis également à profit cette occasion pour flétrir les résultats du régime marxiste. » 2, or cette exploitation va choquer Moscou, à l’époque où l’industrie allemande a sérieusement besoin de la reprise des « relations économiques avec Moscou » et où Berlin redoute les pactes orientaux de Litvinov. « Tant d’insouciance étonne et montre le désarroi qui s’est emparé de la politique extérieure du IIIè Reich. » 3

Télégramme François-Poncet 1263-65, 7 juillet 1933, ronéoté, 23-5, 3 p.
Sur l’inquiétude allemande des pactes orientaux signés à Londres

Télégramme François-Poncet 1268, 7 juillet 1933, ronéoté, 26, 1 p.
La manifestation à Berlin prévue supra est annulée, car l’ambassade russe a menacé Berlin d’organiser des contre-manifestations à Moscou.
Lettre 969 de François-Poncet à Paul-Boncour, Berlin, 31 août 1933, 10 p., 32-41
Campagne de plus en plus déchaînée contre URSS « Les récits les plus alarmants qui circulent en Allemagne sur le développement de la famine en Russie ont notamment servi d’aliment à une campagne contre le régime soviétique, plus énergique et surtout plus généralisée que celles que l’on avait pu enregistrer antérieurement. » depuis signal donné par Völkische Beobachter de 18 août « sur la situation intérieure de la Russie un article d’une violence extrême », cf. mon télégramme 1478, 1 (cf. in URSS 18-40 situation économique, vol. 1036) « accompagné de toute une série de photographies de victimes de la famine les plus propres à frapper les imaginations. » Protestation de l’ambassade soviétique « qui a pris pour parti de nier systématiquement qu’il y ait la moindre famine en Russie » et a parlé de faux; « quoiqu’il en soit, “la famine en Russie”, “la détresse des Allemands de la Volga”, sont devenues les rubriques habituelles de la presse allemande. Des journaux relativement modérés comme la Vossischezeitung ont publié, d’autre part, une série d’articles plus alarmants les uns que les autres sur l’avenir immédiat de la Russie en se complaisant à insister sur les vices du régime et sur l’échec inévitable des grandes tentatives de M. Stalin. (sic) »
À la réunion de la presse évangélique à Berlin, « il a été décidé que les protestants d’Allemagne se joindraient aux efforts du Cardinal Archevêque de Vienne pour organiser une action internationale et interconfessionnelle en faveur des victimes de la faim. »
Certes la hargne de la presse contre URSS n’est pas nouvelle, mais jusqu’ici elle faisait « preuve (2) […] de mesure et de prudence. » et « haine » du « Gouvernement national-socialiste » contre « le régime soviétique », cf. son organisation d’une manifestation au Lustgarten de Berlin, mais « l’avait décommandée au dernier moment ». Pourquoi cette aggravation? « Il semble que la réponse doive être surtout cherchée dans des motifs de politique intérieure , dans la lutte à outrance que le Gouvernement de M Hitler mène contre le communisme et en faveur de laquelle aucune arme, aucun moyen de pression ne saurait être épargné. » 3, or les diplomates soviétiques « sont, au moins autant que des diplomates, des communistes ou des envoyés d’un État communiste.
[…] Quand M. Göbbels dans son discours de Königsberg estime nécessaire d’assurer à ses auditeurs allemands “qu’ils ne mourront ni de faim ni de froid au cours de l’hiver qui vient”, il ne doit pas paraître tellement superflu aux services du Ministère de la Propagande, d’assurer ces mêmes Allemands que des sujets d’un État communiste sont, eux, la proie de la famine. Cette propagande semble, d’ailleurs, être couronnée de succès, et, autant qu’on en peut juger, le petit bourgeois allemand est en effet parfaitement convaincu que la Russie actuelle est le pire des enfers. »
mais aussi « il semble bien […] que la crainte d’offenser Moscou, naguère encore toute puissante, ait beaucoup perdu de sa force convaincante. » 4, et conviction de Berlin qu’on arrive à la fin de l’ère de collaboration cf. « changement survenu dans l’orientation de la politique soviétique. »
« Mais ce que Berlin ressent surtout, c’est une inquiétude profonde, et sans cesse croissante.
Cette inquiétude se manifeste en ce moment d’une façon particulièrement frappante, tandis que l’Allemagne assiste au voyage de M. Herriot, apprend que la signature d’un accord économique entre la France et l’URSS est imminente, et lit les abondants extraits qui paraissent dans sa presse de l’article » de Karl Radek dans Les Izvestia, 5, et dans Gazeta Polska, « et qui ne lui permettent plus de douter de la réalité du rapprochement polono-soviétique.
Cet article a fait sensation. Les journaux allemands lui ont donné une grande publicité, et si l’on songe qu’il y a quelques semaines, ces journaux n’osaient pas révéler au public le voyage du même Radek en Pologne et dans le corridor, on peut mesurer l’étendu (sic) du chemin parcouru dans la connaissance et l’acceptation de la situation nouvelle ». cf. particulière émotion du Courrier de la Bourse (Berliner Börsenzeitung), conteste péril allemand contre URSS, et invoque fait que « les Polonais sont précisément en train de persécuter leur (6) parti communiste pour son activité illégale.
[…] La catholique Germania exprime des craintes analogues », 7, cf. citations, 7-8
« Les bureaux de la Wilhelmstrasse auront sans doute jugé opportun de rassurer l’opinion, et ils ont chargé de ce soin l’officieuse Correspondance diplomatique et politique, cf. son article hier sur France et Russie « est allée chercher des consolations dans ce même éditorial du Temps » du 29 août cité aussi par la Berliner Börsenzeitung. « Passant sous silence la plus grande partie de cet éditorial où le journal parisien rappelle toute la part que le Gouvernement national-socialiste a prise dans le rapprochement franco-soviétique, la “Correspondance” n’en retient que la dernière partie, où le “Temps” met ses lecteurs en garde contre des illusions. » cf. citation Correspondance diplomatique et politique : “En France même, […] on commence à se mettre en garde contre d’excessives illusions à l’égard de la politique soviétique… L’attitude des milieux compétents français montre à quel point ils se trouvent embarrassés et divisés sur cette question… L’importance des voyages de Ministres ne doit pas être exagérée. La visite de M. Herriot, qui s’intéresse personnellement au développement de l’Union Soviétique a un caractère privé. Le but du voyage de M. Pierre Cot est surtout de décider des Autorités soviétiques à acheter des avions en France […] Ce qui intéresse surtout l’Allemagne en cette occasion, c’est de contrecarrer les efforts que fait la France pour nuire aux rapports germano-(8)soviétiques en jetant le soupçon sur les buts de la politique extérieure de l’Allemagne. Celle-ci doit saisir cette occasion pour rappeler qu’elle entretient toujours avec l’Union des Soviets des rapports d’amitié”. »
Bref, « Pour apaiser ses inquiétudes, celle-ci [Allemagne] proclame que la Russie est dans une situation des plus alarmantes, qu’elle se trouve, en fait, réduite à l’impuissance et que tous les accords qu’elle peut conclure ne sauraient avoir qu’une valeur très relative. Sans arriver à se convaincre elle-même, elle blesse le Gouvernement des Soviets aux points les plus sensibles, ce qui ne l’empêche pas de lui offrir ensuite son amitié. La crainte du communisme, d’une part et la crainte de la Pologne de l’autre, les divergences qui existent entre certains grands intérêts allemands et les passions du parti au pouvoir expliquent sans aucun doute beaucoup des contradictions et du trouble de l’Allemagne. Celle-ci, en outre, subit à son tour les effets du mirage russe qu’elle a elle-même si puissamment travaillé à créer . Pendant dix ans, elle a tenu l’Europe dans l’inquiétude par le prestige de ses mystérieux accords avec la Russie. Tenue à l’écart, impuissante, elle voit (9) se développer à Paris, à Varsovie, à Rome, à Moscou des négociations entre les Soviets et d’autres Puissances, et elle éprouve à son tour les tourments de l’incertitude et du soupçon. » 10

Télégramme Alphand 339, Moscou, 9 septembre 33, 42-44, 3 p. (souligné dans le texte)
Commentaire polémique des Izvestia d’un communiqué de l’agence Wolff du 5 septembre postulant l’existence de « relations normales entre l’Allemagne et l’URSS et démentant les insinuations de la presse française, notamment du Matin, concernant les visées de l’Allemagne sur l’Ukraine », 1 : observe que « de telles déclarations ont été faites à plusieurs reprises par le Gouvernement allemand. Cela n’empêche pas le parti national-socialiste d’Allemagne et ses troupes de choc d’organiser des sections de gardes-blancs qui proclament ouvertement leur (mot passé) [volonté? Intention? ou tout synonyme] de participer à une guerre antisoviétique » ni « jusqu’ici des organes édités auprès du Gouvernement allemand de publier des travaux (2) consacrés à la question du partage de l’URSS. » cf. n° 8 de Reich und Volk « édité avec les subsides de l’État. » 3

7 N 2999, RAPPORTS DES ATTACHÉS MILITAIRES EN POLOGNE, 1933-35, SHAT
Rapport 368 de l’attaché militaire d’Arbonneau, Varsovie, 15 novembre 33, 11 p.
Sur « l’assassinat par un étudiant ukrainien d’une fonctionnaire du Consulat soviétique, des bagarres sanglantes qui ont eu lieu peu de jours après dans une rue de Lwow » et leurs suites, claires « sur l’agitation menée en Galicie orientale par l’organisation ukrainienne nationale (OUN) » dont « l’État-major […] est à Berlin; Konowalec et ses adjoints, en très bonnes relations avec l’État-major allemand, sert les plans de ce dernier dont l’intérêt est d’entretenir sur les arrières de la Pologne une activité anti-polonaise et une effervescence permanente. Dans son ensemble, la population ruthène de Pologne orientale condamne les moyens terroristes de l’OUN. » mais (10) « par les chimères qu’elle entretient d’une Ukraine indépendante ou autonome, elle favorise ces attentats. » 11

ASPECTS DE LA COLLABORATION GERMANO-POLONAISE CONTRE L’UKRAINE SOVIÉTIQUE, 1933-1935
Cette action allemande anti-polonaise et anti-russe (et pas spécifiquement anti-bolchevique) n’empêche pas la Pologne de Pilsudski (et de son ministre des Affaires étrangères Beck, successeur à sa mort en mai 1935) de se croire l’alliée « ukrainienne » du Reich. Sur l’acharnement russophobe et la servilité pro-allemande des dirigeants polonais, jusqu’à l’assaut du Reich en septembre 1939, une des meilleures sources est fournie par les archives allemandes, (Documents on German Foreign Policy), dont on trouvera écho dans Le choix de la défaite). Mais les archives françaises sont riches .

7 N 3024, RAPPORTS DES ATTACHÉS MILITAIRES EN POLOGNE, 1928-9, ET 1933-9, SHAT

Renseignement 17795, 11 juillet 1933, « Ukraine. Relations entre la Pologne et l’Allemagne », 2 p. « Informateur très sérieux, mais recoupements nécessaires ».
Frantinsek Lickoski, « d’origine tchèque, citoyen polonais de l’ancien territoire contesté par la Tchécoslovaquie, est l’agent secret du Colonel Beck auprès du groupe Skoropatski [ici toujours écrit avec d au lieu de t] à Berlin […] information […] très importante. Car le fait qu’un homme aussi connu et aussi compromis que Lickoski, » qui « était l’ami intime de Cernotski, directeur de la maison de France à Prague, en 1919-20-21 », « puisse faire, sans difficultés, la navette entre Berlin et Varsovie permet de supposer qu’il y a entente entre Berlin et le colonel Beck », qui « serait d’ailleurs en excellents termes personnels avec Hitler. Il se rend compte, d’autre part, que la France abandonne la Pologne et il l’a déclaré en termes formels à un journaliste français il y a quelques jours. Aussi cherche-t-il des assurances du côté allemand. C’est ce qui expliquerait une intensité plus grande des pourparlers au sujet de l’Ukraine. » Varsovie dément et jure que « la Pologne ne renoncera jamais au couloir. » 1, « impression » du « journaliste mentionné plus haut. » mais « l’informateur » est convaincu « que la Pologne se déciderait à un arrangement pour le Couloir si l’on peut aboutir à une solution satisfaisante du côté de l’Ukraine. Étant donné sa situation intérieure, la Russie devra céder à la pression germano-polonaise. Quant à la liberté des communications navales polonaises, elle sera tout aussi assurée par Bosphore que par le Skager Rak [Skagerrak, détroit Mer du Nord-Baltique] car les Polonais s’entendront facilement avec les Turcs. Enfin Odessa vaut bien Gdynia [port de Dantzig].
Le plus gros écueil résiderait dans la maladresse des Polonais à l’égard des Ukrainiens d’ailleurs peu disposés à les subir. À tout le moins faudrait-il laisser à l’Ukraine une autonomie administrative.
Nota. Le groupe Skoropatski tend, de plus en plus, à devenir le groupe dirigeant, depuis l’avènement de Hitler.
Berlin ayant pris nettement la direction du mouvement le groupe Petlioura se rallie au groupe Skoropatski. »

EMA 2ème Bureau, renseignement Depas 882 « d’un informateur compétent et généralement bien renseigné », H/25.7/9, 23 juillet 1934, 2 p.
Dimitri Levitzki, à Vienne, « vient d’offrir à un journaliste ukrainien M. Paneyko, le poste de chef de la propagande ukrainienne à Londres et à Paris », mais Paneyko a refusé car il est l’« adversaire du séparatisme ukrainien. »
Déclarations de Levitzki [chef de l’UNDO (parti nationaliste ukrainien)] « au cours de l’entretien » avec Paneyko : il lui a parlé de la « politique commune » désormais de l’UNDO et UVO (organisation militaire ukrainienne) sous la direction de Konovaletz. « Cette politique est menée en plein accord avec Varsovie et Berlin et a pour but de préparer et de seconder la politique polono-allemande qui vise à séparer dans un délai de trois ou quatre ans l’Ukraine de l’URSS. D’après le plan polono-allemand l’Ukraine séparée de l’Union Soviétique formera un État indépendant sous le protectorat de la Pologne et de l’Allemagne. La Galicie orientale restera partie intégrante de la Pologne mais recevra une autonomie provinciale. (1)
D’après M. Levitzki entre l’Allemagne et la Pologne l’accord est parfait en ce qui concerne l’Ukraine.
L’UNDO a cessé toute propagande et activité anti-polonaises en Galicie et marche maintenant avec le bloc gouvernemental polonais. Toute son activité ainsi que celle de l’UVO est dirigée contre les Soviets, ces deux organisations font une propagande séparatiste en Ukraine. » Sur l’assassinat de Pieracki, Ministre de l’Intérieur, « par des Ukrainiens » Levitzki le dit l’œuvre d’« Ukrainiens exaltés à l’insu de Konovaletz, qui croyait sincèrement à un attentat des fascistes polonais. » et glose sur le fait que « Konovaletz […] le considère comme un coup de poignard à la cause ukrainienne. » et Levitzki espère « que ce crime n’aura pas de répercussions fâcheuses sur la politique ukrainienne de la Pologne ». et il « a […] ajouté qu’il a eu des conversations à Berlin avec les hommes de confiance d’Hitler (Rosenberg, Göbbels et Hess) et à Varsovie avec M. Beck et qu’il a la certitude absolue qu’au sujet de l’Ukraine il y a un accord entre la Pologne et l’Allemagne. »

EMA 2ème Bureau, renseignement Depas 1426, « source autorisée de seconde main, 4 novembre 1935 », G/7.11.35/5
« L’Allemagne et la Pologne ont organisé en territoire ukrainien soviétique, plusieurs bandes qui seraient chargées, au début d’une guerre, de détruire certains points importants du réseau ferroviaire de l’URSS.
Les points à détruire seraient :
la gare de Kazatin
la gare de Jmerinka
les voies ferrées Jmerinka-Kopaï et Jmerinka-Porokourov
la gare de Rakhni
la gare de Birzoula
la gare de Znamenka.
Par ailleurs une intense propagande est fait en Ukraine, en faveur de l’indépendance du pays, par les colons allemands. Cette propagande est dirigée d’Allemagne, par le Martin Luther Bund, d’Erlanger, et par l’association évangélique Licht im Osten de Vernigerode am Harz. »

MISE AU POINT BIBLIOGRAPHIQUE SUR LES SOURCES DE « SIX MILLIONS DE MORTS » : ALAIN BLUM ET LES HISTORIENS FRANÇAIS

Annie Lacroix-Riz :

Je signale deux exemples récents (1994 et 2001) sur la façon dont se diffuse en France la thèse de la famine, présentée sous les atours de la scientificité et de façon catégorique, mais sur des bases précaires :
L’historienne Sabine Dullin impute à la furie exportatrice, céréales comprises, de Staline (en vue d’« acquérir des positions solides sur le marché international et de supplanter les concurrents » ) « la terrible famine de 1933 qui fit environ six millions de morts et prit des proportions dramatiques en Ukraine, dans le Caucase du Nord et au Kazakhstan » .
La source unique citée de cette information est un ouvrage, dont il a été fait grand cas , du démographe Alain Blum, dont je vous livre le développement. Cet auteur cite plusieurs des textes de contemporains puisés aux « Archives diplomatiques » , notamment la dépêche du 13 septembre 1933 de l’ambassadeur de France à Moscou (Charles Alphand) et l’interview de la « Ministre de l’URSS en Suède » (et non pas en Norvège, son poste antérieur ) Mme Kollontay à la presse norvégienne, présentés ci-dessus. Il relève les motivations du scepticisme éprouvé à l’égard de la thèse de la famine ukrainienne « par une partie de l’opinion et des responsables gouvernementaux » français, leur « méfiance » à l’égard d’« informateurs [provenant] surtout de l’Allemagne et des mouvements ukrainiens, suspectés d’être proches de l’extrême droite , et donc prêts à utiliser n’importe quel argument contre les Soviets. En outre, existe la crainte, toute diplomatique, de mettre en péril le processus de rapprochement engagé avec l’Union Soviétique, au profit d’une Allemagne de plus en plus menaçante. » Cette interprétation est certes compatible avec les sources originales françaises, mais ces précautions diplomatiques, indubitables, n’excluent en aucun cas l’existence d’une correspondance spécifique sur la « famine » ou la disette, d’ailleurs présente dans les fonds « économiques ». Suit une présentation des textes consacrés au prince Tokary, à Petlioura et à Skoropadski qu’on a également pu lire ci-dessus. Alain Blum conclut de ces mises en garde en provenance du Quai d’Orsay :
« Quoiqu’il en soit, l’aveuglement de certains Occidentaux reste surprenant tant les faits sont tragiques. Car l’ampleur des pertes est considérable. En 1933, six millions de décès sont imputables à la famine, à ajouter aux quatre millions de décès observés en temps normal. Le taux de mortalité dépasse 70 pour mille : en 1932, il était inférieur de 30 pour mille! » La source de ce propos catégorique est indiquée à la n. 61 : « Des travaux récents donnent une estimation qui paraît solide, bien que certaines hypothèses utilisées par leurs auteurs, en particulier celles qui concernent les migrations vers l’étranger, puissent paraître, il est vrai, conduire à sous-estimation de certains phénomènes. De plus, ces auteurs ont aussi choisi de concentrer l’essentiel du déficit démographique de la décennie 1930 sur cette seule année 1933, ce qui peut paraître un peu extrême » (on remarquera le paradoxe de l’expression « un peu extrême »).
Ces « travaux récents » et « ces auteurs » se bornent donc à un ouvrage statistique russe, qui, d’une part, « sous-estime » les migrations et, d’autre part, procède au regroupement, scientifiquement irrecevable, des morts d’une décennie sur une année. Cette curieuse méthode de resserrement des chiffres, qui permet ensuite d’ironiser sur « l’extraordinaire continuité de la machine administrative qui ne cesse de fonctionner malgré la mortalité parfois multipliée par plus de 10 » est-il spécifique à l’URSS et à l’abominable Staline que les catastrophes, massacres avec ou sans guerre, n’anéantissent pas « la machine administrative » ? , est cependant jugée encore insuffisante pour évaluer le phénomène : « et encore cette terrible mortalité est-elle ici quelque peu minimisée; car ces chiffres concernent l’ensemble du pays. » .
La carte de « l’extension régionale de la famine de 1933 » et les graphiques sur le « mouvement mensuel des décès dans quelques région de l’URSS » qui font suite à ces propos procèdent d’un regroupement chronologique de même type, l’année statistique 1933 n’étant pas disponible : « Les archives, incomplètes, ne permettent pas de présenter un panorama géographique précis. Mais le recensement de 1939 autorise une reconstitution indirecte des événements en rattachant la génération de 1934 à celle de 1938. » etc. Comment peut-on fournir des chiffres mensuels pour 1933, alors qu’on admet par ailleurs ne pas disposer du simple chiffre annuel? Si les témoignages français (et soviétique, a fortiori) sont récusés comme relevant de « l’aveuglement de certains Occidentaux », en revanche sont retenus ceux des consuls italiens, au titre des « témoignages qui affluent de toutes parts ». Mais alors, pourquoi la formule is fecit, cui prodest, appliquée aux « aveuglements » français présumés, est-elle rejetée comme grille de lecture des rapports des consuls italiens, seule source « littéraire » retenue avec le « grand nombre de récits de vies, qui forment un panorama large de cette histoire tragique », recueillis par « la commission [américaine] pour l’étude de la famine en Ukraine » ?
Pourquoi le lecteur n’est-il pas informé de ce qu’établit la correspondance diplomatique française, pourtant consultée par Alain Blum : seuls les rapports des consuls allemands et italiens firent état d’une « famine » ukrainienne tuant les paysans par millions – les textes les plus pessimistes de Dejean s’appuyant explicitement sur les comptes rendus allemands. Ceux du Foreign Office également, Londres s’appuyant sur les mêmes sources, notamment Or, l’Italie, engagée dans une alliance avec le Reich qui ne datait pas du 30 janvier 1933 , jouait alors les « auxiliaires » de Berlin en général avec sa proposition (essentiellement antisoviétique) de Pacte à Quatre, et en particulier avec sa participation à la campagne politique sur l’Ukraine déchaînée par les hitlériens dès les premières semaines de leur arrivée au pouvoir, en compagnie de l’autre « auxiliaire » du Reich, la Pologne, obsédée par sa russophobie (non réductible à l’antisoviétisme) et objet d’une campagne de séduction du Reich qui aboutit au « traité d’amitié » du 26 janvier 1934, simple morceau de papier qui arracha officiellement Varsovie à sa (fausse) alliance avec Paris.
Il est également permis de douter du sérieux des études conduites à Harvard, université essentielle dans la gestion idéologique de l’« empire » américain, notamment via ses centres d’activités « russes » gravitant autour du « Russian Research Center », et « modèle de coopération avec la CIA et le FBI » . James Mace, « directeur exécutif de la Commission américaine sur la famine en Ukraine » (mentionnée par Alain Blum comme source sérieuse de connaissance) de 1986 à 1990, établi depuis 1993 comme spécialiste de sciences politiques à Kiev, en Ukraine, a animé un dossier dans un hebdomadaire français, Courrier international, intitulé, comme son article : « Comment on étouffe un génocide ». Ce texte dépourvu de toute note de référence est assorti d’un article, identique de ce point de vue, de Raymond Clarinard, intitulé « Une politique délibérément meurtrière » et surtitré « historiographie ».
Il en ressort qu’il n’existe pas d’historiographie sur la famine ukrainienne, au motif, nous est-il expliqué, de « l’indifférence occidentale. Peu d’historiens et de chercheurs occidentaux s’intéressent à la famine de 1933 et plus généralement à l’Ukraine, ce qui accroît encore l’isolement des spécialistes locaux. Ces derniers doivent travailler sans moyens, dans un pays rongé par la corruption et où l’Histoire, précisément parce qu’elle est fertile en polémiques, suscite la méfiance de l’opinion publique. D’où le silence qui continue de planer soixante dix ans après les faits sur la famine “artificielle” et ses millions de victimes. »
On se demande bien 1° pourquoi pareil sujet eût échappé à une historiographie « occidentale » si friande des horreurs soviétiques; 2° en quoi « l’isolement » des historiens vernaculaires – qui auraient donc impérativement besoin des « Occidentaux » pour trouver leurs sujets et effectuer leurs recherches – les eût empêchés d’enquêter sur leur pays martyrisé par les Russes : sujet tabou ou au contraire particulièrement porteur dans l’Ukraine, amatrice de « polémiques » antirusses, de la dernière décennie? En quoi la corruption du pays constitue-t-elle un obstacle à cette mise au travail d’historiens « sans moyens »? En vertu de quel privilège le fait de travailler sur l’URSS dispense-t-il les chercheurs de se plier aux règles méthodologiques valables pour toute recherche historique, notamment en matière de maniement des sources?
Le seul ouvrage qui, à ma connaissance (acquise grâce aux indications fournies en juillet 2005 par l’universitaire belge Jean Pestieau), traite des étapes historiques de la campagne de propagande, d’origine nazie, allemande et américaine (Hearst et sa presse) dans les années trente et quarante, relancée dans les années 1980 de l’ère Reagan, est celui, essentiel et épuisé mais téléchargeable de
Tottle Douglas, Fraud, Famine and Fascism. The Ukrainian Genocide Myth from Hitler to Harvard, Toronto, Progress Book, 1987. Cet ancien photographe de presse apporte notamment la démonstration, comparaison de photographies à l’appui, que celles des années 1930, publiées par la presse Hearst et par la presse et les publicistes nazis, ont été empruntées à la famine de 1922 (famine de la Russie soviétique épuisée par la « guerre civile étrangère » pour reprendre une expression de Chautemps en novembre 1937 à propos de l’Espagne (voir mon ouvrage à paraître Le choix de la défaite qui avait suivi la Grande Guerre).


MISE À JOUR PARTIELLE EFFECTUÉE ENTRE NOVEMBRE 2006 ET AVRIL 2007

RÉPONSE À UN AMI CORRESPONDANT QUI M’A TRANSMIS L’ARTICLE BAPTISÉ « ENQUÊTE » « LE TABOU DE L’“HOLODOMOR” UKRAINIEN », PARU DANS LE MONDE, 24.11.06

(sur le sort de ce texte, envoyé au Monde, voir la précision apportée à la fin)
Commentaire du texte de M. Benoît Hopquin (reproduit ci-dessous) qui me met en cause, tant sur le fond de mes recherches, opposées à celles d’autres chercheurs (I), que sur mon comportement envers lui (III), sans préciser les liens entre les aspects politiques et historiques de la vieille campagne sur l’« extermination par la faim » ou « génocide stalinien » contre l’Ukraine ravivée ces deux dernières années en France (II).
Remarques concernant mes recherches et celles d’autres chercheurs
« La gravité de la famine est cependant contestée par quelques historiens revendiquant leur fidélité communiste. » Le Monde a pris l’habitude de préciser que j’étais « membre du parti communiste » pour déprécier mes travaux depuis les 9 et 11 octobre 1996, où il a présenté mes découvertes (alors censurées) sur la collaboration économique franco-allemande en général et la fabrication en France par Ugine, la vente au Reich et l’utilisation du Zyklon B en particulier. C’est mon appartenance politique qu’invoqua M. Nicolas Weill, le 11 octobre 1996, dans son article « Des entreprises françaises au service de l’Allemagne nazie », pour déprécier un aspect de mon article « Les élites économiques françaises et la collaboration économique: la banque, l’industrie, Vichy et le Reich ». Dans cette étude censurée et bloquée depuis avril 1994 par la revue historique du ministère des Finances Études et documents, finalement publiée par la Revue d’Histoire de la Shoah. Le monde juif, n° 159, janvier-avril 1997, p. 8-123, je comparais les patronats américain et français et relevais la collaboration économique entre les États-Unis et le IIIème Reich : « les Alliés anglo-saxons […] assurèrent au Reich des livraisons massives, presque jusqu’au terme du conflit, par le biais des neutres Espagne et Suisse notamment: moyen à la fois de prolonger une guerre lucrative et d’épuiser, avec le partenaire-rival allemand, les Soviets. »
Cet extrait, d’une audace limitée, me valut le grief de « déborder largement [m]on sujet » et d’entretenir des arrière-pensées coupables : « on devine clairement où l’auteur veut en venir… ». Depuis les insinuations de M. Weill, la considérable et fructueuse collaboration économique germano-américaine, notoire depuis des décennies dans l’historiographie anglo-saxonne, est devenue (notamment par la publicité faite à des travaux sur la famille Bush dans les années trente et quarante) un sujet médiatique banal en France. La correspondance diplomatique dont je faisais état a donc été avérée et mes conclusions vérifiées. Ma « fidélité communiste », que nul n’a besoin d’invoquer, sauf à pouvoir démontrer qu’elle me conduirait à violer les règles de mon métier, demeure dépourvue de rapport avec la matière du dossier « ukrainien » présenté par M. Benoît Hopquin à titre de nouvelle démonstration.
« La Française Annie Lacroix-Riz, qui enseigne à Paris-VII, dénonce ainsi une “opération de propagande”, “un bobard” et préfère évoquer “une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement” (Sur la “famine” en Ukraine en 1933 : une campagne allemande, polonaise et vaticane) ». Je ne suis donc que « la Française Annie Lacroix-Riz, qui enseigne à Paris-VII », ou « l’historienne »; Nicolas Werth, présenté comme « l’un des meilleurs connaisseurs français de la période », est gratifié de son titre de « directeur de recherche à l’Institut d’histoire du temps présent, dépendant du CNRS »; « l’historien Stéphane Courtois, coauteur du Livre noir du communisme » (ouvrage auquel Le Monde a consacré depuis sa sortie une publicité éditoriale exceptionnelle) est également supposé savoir de quoi il parle. M. Benoît Hopquin a omis de préciser mon titre de professeur d’histoire contemporaine (et divers autres titres, qui figurent sur la 4e de couverture de nombre de mes livres : ancienne élève de l’École normale, agrégée d’histoire, Docteur ès Lettres) et ma spécialité de relations internationales : ces deux qualités légitiment pourtant mon intervention sur la « campagne allemande, polonaise et vaticane » qui escorta en les dissimulant les plans allemands de conquête de l’Ukraine. Certifiant les compétences de MM. Werth et Courtois, le journaliste suggère la minceur des miennes : mes a priori politiques aggraveraient donc ma médiocrité et mon incompétence professionnelles.
Le document dont il fait état n’a pas été publié. Il a été destiné originellement à mes étudiants dans le cadre d’une question de concours d’agrégation et de CAPES de 2003-2004 (« Les sociétés, la guerre et la paix, Europe, Russie-URSS, États-Unis, Japon, 1911-1946 »), sujet qui offrit à M. Nicolas Werth le thème à grand succès, diffusé dans nombre de manuels de préparation, de « la guerre de Staline contre son peuple ». Je l’ai ensuite adressé à mes listes de diffusion via Internet, origine évidente de la frénésie contre ma personne et mes travaux déployée depuis avril 2005 par plusieurs organisations « ukrainiennes », dont la cléricale « Ukraine 33 ».
Le caractère inédit de ce recueil critique de textes originaux en rendra l’accès plus difficile aux lecteurs du Monde et par voie de conséquence entravera le contrôle par ce dernier des propos ainsi tenus (la seule référence jusqu’ici publiée sur la polémique relative à « la famine en Ukraine » figure dans mon dernier ouvrage, Le choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2006, p. 205). Envoyé en 2004 à mes étudiants de concours, le texte a été enrichi en 2005, sur la base de nouvelles découvertes d’archives et analyses de travaux. Intitulé d’abord « Sur la “famine” en Ukraine en 1933 : une campagne allemande, polonaise et vaticane », il a vu en 2005 son titre ainsi modifié : « Sur la “famine génocidaire stalinienne” en Ukraine en 1933 : une campagne allemande, polonaise et vaticane ». Il a circulé en version PDF sous ce titre depuis juillet 2005 et sur mon site http://www.historiographie.info. On le trouvera ci-joint (certains de mes destinataires l’ont déjà reçu, d’autres, non, comme le second texte joint : cf. infra).
Le contenu de cette présentation critique de correspondance diplomatique et militaire contemporaine des faits me dispense d’argumenter longuement sur le fond scientifique de la question (mais on trouvera ci-dessous des observations sur des travaux alors non mentionnés). Il démontre que M. Benoît Hopquin connaît mon travail sur la seule base des propos tenus contre moi par M. Courtois et les siens dans leurs diverses tribunes idéologiques et politiques, dont certaines portent le label officiel du gouvernement ukrainien, sur Internet (Ukraine Europe, etc.) et ailleurs. Le dossier infirme en effet notamment deux passages de l’article du Monde : 1° « Les réfractaires s’appuient notamment sur le voyage d’Edouard Herriot dans la région en 1933. L’homme politique radical s’était répandu sur la prospérité des campagnes ukrainiennes. Mais des travaux historiques ont, depuis, démontré comment le voyageur, obnubilé par sa volonté d’un rapprochement franco-soviétique, avait été magistralement abusé par ses hôtes »; 2° « Tandis que des hommes mouraient de faim, l’URSS exportait des céréales (1,7 million de tonnes en 1932, puis en 1933). »
J’ai réagi par ailleurs en octobre 2005 contre la campagne conduite sans répit par les groupements « ukrainiens » œuvrant en France et par leurs amis, notamment MM. Courtois et Panné, contre Bruno Drweski, maître de conférences habilité à diriger des recherches à l’INALCO, et, depuis près de deux ans, contre moi-même, dans un texte qu’on trouvera également joint au présent courrier (« Des champions de l’Ukraine indépendante et martyre à l’Institut d’histoire sociale » : fichier « La Banque Worms et l’institut d’histoire sociale »). Les lecteurs y trouveront par ailleurs des éléments complétant le documentaire historique produit par l’historien et documentariste allemand Hans-Rüdiger Minow qui doit être diffusé sur Arte le mercredi 29 novembre à 20 h 40, « Quand la CIA infiltrait la culture ».
« Nicolas Werth s’est engagé depuis le début de l’année 2000 dans un projet de publication de documents sur le Goulag (6 volumes, sous l’égide de la fondation Hoover et des Archives d’État de la Fédération de Russie) » (précision figurant sur son site). La fondation Hoover (Hoover Institution on War, Revolution and Peace, fief républicain depuis sa création en 1919, rattaché à l’université de Stanford) comme nombre d’institutions de recherche et universités américaines, finance depuis sa création des études sur l’URSS et le communisme dont les motivations dépassent les enjeux scientifiques. On se reportera, sur les liens entre « l’empire » américain et les études universitaires commanditées depuis 1919 et surtout depuis 1945, aux travaux de James Allen Smith, The Idea Brokers: Think Tanks and the Rise of the New Policy Elite (Free Press, 1991), Christopher Simpson, éd., Universities and Empire : money and politics in the social sciences during the Cold War, New York, New Press, 1998, et Sigmund Diamond, Compromised Campus : the collaboration of Universities with the Intelligence Community, 1945-55, Oxford University Press, New York, 1992.
Ces ouvrages révèlent la subordination de nombre d’institutions universitaires et autres think tanks aux stricts impératifs de la politique extérieure américaine – statut dont témoigne également le documentaire télévisé déjà cité. Je ne travaille pour ma part « sous l’égide » d’aucune institution privée ou d’État, mais grâce au traitement que m’assure, via la puissance publique, l’impôt du contribuable français, lequel n’oriente pas mes recherches. Les études sur le Goulag et sur « la famine en Ukraine » que ne finance sans doute pas la Fédération de Russie, mais qui mobilisent « les pays […] abritant une forte communauté ukrainienne comme les États-Unis, le Canada ou l’Australie, [qui] ont aujourd’hui reconnu officiellement [son] caractère génocidaire » sont dotées de moyens financiers considérables, sans cesse croissants depuis les années 1980. J’ai fait connaître en 2004 mon opposition à ce type de patronages et financements extérieurs à la sphère universitaire et ma critique des atteintes contre l’indépendance des chercheurs y afférentes (L’histoire contemporaine sous influence, Paris, Le temps des cerises). Je maintiens entièrement cette position.
M. Nicolas Werth, désormais rallié à la thèse de l’extermination stalinienne, renoncerait à se montrer « circonspect sur la qualification de l’Holodomor [car…] les derniers textes exhumés des archives, notamment des lettres de Staline, ont infléchi sa position. » Quels textes récemment découverts? Assurément pas ceux qu’ont consultés R.W. Davies et S. Wheatcroft pour rédiger The years of Hunger, Soviet agriculture 1931-1933, New York, Palgrave Macmillan, 2004, livre fort documenté qui conclut à la « famine rurale » mais exclut son caractère planifié et génocidaire. « Est-ce un génocide? Plutôt oui. » Que signifie le jugement « plutôt oui » concernant un génocide, acte radical s’il en est? Aucun historien ne prétend que le IIIème Reich a « plutôt » visé « la destruction des juifs d’Europe ».
Selon la chercheuse canadienne Lynne Viola, la thèse de la famine (en l’occurrence, « dans les implantations spéciales » de koulaks déportés) demeure fragile. Le processus se serait étiré sur cinq mois, entre une « “menac[e] de famine imminente” » (souligné par moi) en février-mars 1933 et une amélioration « à la fin de l’été 1933 » récolte une fois achevée, donc, après que l’appareil d’État eut multiplié les efforts pour améliorer les rations et parer à la catastrophe de « récoltes […] très mauvaises » de l’année précédente. Mme Viola, qui admet, comme beaucoup de chercheurs anglo-saxons, qu’on ne saurait confondre les estimations de « fugitifs » quittant l’Ukraine « affamée » et les nombres de morts, conclut son article « La famine de 1932-1933 en Union Soviétique » (pas seulement en Ukraine) par ce mélange de recul et de brouillage des concepts qui en caractérise l’ensemble : « […] la famine frappa toute la paysannerie, par-delà l’Ukraine et les autres enclaves non russes au sein de l’Empire. Aussi cette famine » (que l’auteur n’a pas démontrée) « peut-elle être considérée comme une conséquence atroce de la guerre menée contre la culture paysanne, guerre qui débuta par la collectivisation et la “dékoulakisation” qui tenta d’éradiquer la culture paysanne tout entière. Le terme de génocide culturel serait alors plus approprié pour décrire cette famine que celui de génocide national adopté par nombre de chercheurs ukrainiens » (art. cit., Vingtième siècle n° 88, octobre-décembre 2005, p. 5-22, passim) et par leurs homologues non ukrainiens, France comprise.
Pourra-t-on un jour recenser des « millions de morts » dans le bref délai écoulé entre une « “menac[e] de famine imminente » et un rétablissement des approvisionnements? Staline et le régime soviétique auraient donc eu la capacité d’enfouir à jamais les morts entassés en quelques mois, alors que l’extermination de six millions de juifs étirée sur près de trois ans a accumulé des preuves immédiatement visibles, perçues d’emblée très au-delà des frontières de la réalisation du processus, et conservées sur les lieux du génocide malgré les efforts que fit le IIIème Reich pour en dissimuler toute trace à partir de 1944. Lynne Viola est plus prudente que les chercheurs et démographes français, tel Alain Blum, non cité par Benoît Hopquin : grave lacune de l’article, puisque ce démographe a fourni en 1994 (Naître, vivre et mourir en URSS, 1917-1991, Paris, Plon) à Nicolas Werth le chiffre non de « cinq », mais de « six millions de morts » cité en 1997 (Le livre noir du communisme, Paris, Laffont, p. 178, n. 1). Cette estimation, établie sur une base méthodologique hautement fantaisiste, a été reprise sans critique par tous les « soviétologues » français depuis lors (voir la « Mise au point bibliographique sur les sources de « six millions de morts » : Alain Blum et les historiens français », dans mon texte joint sur « la campagne allemande, polonaise et vaticane) : cette historienne se garde de compter les morts et, si je comprends bien le français, qualifie de « génocide culturel » la liquidation de la propriété privée de la terre soviétique.
Quelle vaine emphase! Pourquoi ne pas soumettre à Raul Hilberg les nouveaux concepts de « “plutôt” génocide » et de « génocide culturel », qui mesurent surtout la pression idéologique et politique écrasante exercée depuis plus de deux décennies sur la « soviétologie » mondiale, mêlant attraits (pour les financements et l’avancement des carrières « occidentales ») et intimidation (contre tout avis indépendant, fatalement iconoclaste).

Les liens entre les aspects politiques et historiques de la vieille campagne sur l’« extermination par la faim »
Si M. Benoît Hopquin a distingué deux domaines, politique et scientifique, de traitement du thème de l’« Holodomor » ukrainien, il a omis de signaler leurs liens organiques, qui accentuent les dépendances susmentionnées. Il eût dû
1° reconnaître que les promoteurs du thème du génocide à « millions de morts » sont les groupements « ukrainiens » (ou prétendus tels), héritiers des fascistes ukrainiens actifs entre les années trente et l’occupation allemande de l’URSS, puis réfugiés et choyés en Amérique du Nord, dont Douglas Tottle a décrit l’histoire entre 1934-1935 et les années 1980 (Fraud, Famine and Fascism. The Ukrainian Genocide Myth from Hitler to Harvard, Toronto, Progress Book, 1987, ouvrage épuisé mais téléchargeable: Adobe reader, tottlefraud.pdf). Ce travail minutieux d’un ancien photographe ridiculise le jugement prêté à Nicolas Werth sur « un silence absolu de soixante ans ». « 5 millions de morts », nous dit-on, soit au-dessous désormais du chiffre fatidique du génocide juif, qui, selon les politiciens ou les spécialistes labellisés par le journaliste du Monde (qui en a oublié plusieurs), peut s’élever jusqu’à 15 millions, voire davantage : près de la moitié de la population de l’Ukraine du début des années trente, en quelques mois, au maximum entre l’été 1932 et la soudure avec la récolte de 1933;
2° parler du chef et chef d’orchestre du mouvement, M. Askold S. Lozynskyj, président du Congrès mondial ukrainien siégeant aux États-Unis et dont dépendent officiellement les trois associations ukrainiennes, Ukraine 33 incluse, qui ont promu ledit thème en France et sollicité à différentes reprises, depuis avril 2005, mon exclusion de l’université ou la prise de sanctions administratives contre moi (y compris à l’Élysée le 27 février 2006, pendant près d’une heure, en présence de M. Laurent Bili, conseiller technique à la Présidence de la République).
Ces groupements « ukrainiens », qui dénoncent la « famine génocidaire stalinienne » d’Ukraine (soviétique), sont à ma connaissance issus, quand ce n’est pas d’outre-Atlantique, d’Ukraine occidentale, zone dévolue à la Pologne entre-deux-guerres et grand centre, à « Lwow » (nom polonais de Lvov, ancienne Lemberg), de la « propagande » sur « la famine en Ukraine (soviétique, donc orientale) » diffusée avec une intensité accrue depuis l’été 1933. Ils ont déclaré publiquement que l’abominable forfait avait été perpétré par les judéo-bolcheviques, ce qui n’a pas fait sortir de ses gonds la grande presse américaine, d’ordinaire sensible à l’antisémitisme (voir document ci-joint, intitulé « Lozynsky July 18 » sur la controverse de juillet 2002 parue dans le New York Times et le lien http://zustrich.quebec-ukraine.com/news02_shmul.htm). C’est de cette zone, sise 150-200 km à l’Est de la Ligne Curzon, attribuée à la Russie en 1919 puis dévolue, grâce à l’aide militaire et politique de la France en croisade contre les Soviets, à la Pologne de Pilsudski, cœur du « cordon sanitaire », que « le président Viktor Iouchtchenko », auteur du « projet de loi “sur la perpétuation de la mémoire des victimes de la famine” », a tiré la majorité de ses électeurs.
J’ai signalé le 22 mars 2006 par courrier au CRIF et à la LICRA, organisations juives qui avaient montré jusqu’alors une grande indulgence ou patience à l’égard de groupes revendiquant une belle ardeur dénonciatrice contre tous les génocides, génocide juif inclus, les périls d’un compagnonnage avec ces antisémites de choc. Les destinataires respectifs de ce message, MM. Roger Cukierman et Richard Sereno, n’ont pas cru devoir me répondre. La LICRA a cependant, deux mois plus tard, été confrontée à la réalité politique de l’entreprise : les hérauts du « génocide stalinien », dont elle ne pouvait ignorer les publications, en France, aux États-Unis et ailleurs, ont pu rendre le 25 mai suivant un hommage officiel à leur héros Petlioura.
M. Benoît Hopquin n’a pas jugé bon de mentionner l’événement, si éclairant sur la nature des organismes voués à la stigmatisation de la « famine génocidaire stalinienne » et sur les intentions du gouvernement ukrainien, activement soutenu par celui des États-Unis en vue de la reconnaissance parlementaire du « génocide » par tous les États alliés, membres ou futurs membres de l’OTAN. La LICRA a alors, via son président Patrick Gaubert, protesté (en vain) contre le projet de commémoration (23 mai) puis contre sa tenue, sous la protection de la police (tribune du Monde du 26 mai 2006, « Une commémoration des plus douteuses » ; voir aussi l’information du 27 mai de l’agence d’informations israélienne Metula « Un pogromiste honoré sur la tombe du soldat inconnu », que m’a transmise aussitôt Dominique Vidal, que j’en remercie à nouveau. Sa protestation a valu à M. Gaubert des attaques confirmant l’antisémitisme des zélateurs de Petlioura, que l’Ambassadeur d`Ukraine en France Yuriy Sergeyev avait déguisé le 24 mai en dénonciation « d’une erreur fâcheuse qui provient d’un manque de l’information réelle, ainsi que par la traînée des falsifications de l’époque du régime totalitaire soviétique » (transcription selon l’original, http://www.amb-ukraine.fr/?id=29101).
Je me réserve de développer le champ de la connaissance sur le rôle des organisations petliouristes (parmi bien d’autres) dans la campagne allemande sur la « famine génocidaire stalinienne », tintamarre qui, depuis l’été 1933 – date à laquelle prit fin la grave disette ou la famine , couvrit les plans allemands de conquête militaire de l’Ukraine. Le Reich visait la saisie de la totalité de l’Ukraine, au détriment des territoires soviétique, roumain et polonais, et ce en dépit de la longue association de Varsovie aux plans allemands de subversion et à la subvention des groupes antisoviétiques dans les territoires soviétiques de l’Ukraine : cette œuvre germano-polonaise dura jusqu’à l’assaut allemand contre la Pologne (Le choix de la défaite, p. 188, 196-198, 205, 208, 225, 393-399, 411, 478-481), mais l’historiographie dominante y voit des « soupçons [infondés] de conspiration » de l’OGPU (Lynne Viola, art. cit., p 17).

Remarques concernant mon comportement
« Contactée par Le Monde, l’historienne n’a pas donné suite à notre appel », écrit M. Benoît Hopquin. Il s’agit d’une contrevérité. J’ai trouvé dans mon casier à l’université, le 15 novembre, un message manuscrit dont j’ignore la date de dépôt (entre le 9 et le 15) rédigé par un membre du personnel administratif (secrétariat de l’UFR GHSS de Paris 7). Il me signalait qu’un journaliste du Monde me priait de le contacter à propos de « la famine en Ukraine » et avait laissé ses coordonnées dans ce but. Considérant que le souhait d’un journaliste ne vaut pas convocation de justice ou de police (a fortiori quand il provient d’un organe malveillant qui me « dénonce » régulièrement comme « communiste »), j’ai écrit à cette collègue le message suivant le 15 novembre à 20 h 36 :
« Chère Madame,
Merci de votre message. Si M. Hopquin, du Monde, souhaite me contacter et vous le fait savoir (je ne le contacterai naturellement pas puisque c’est lui qui me sollicite), je vous remercie de lui communiquer mon adresse électronique ou mon téléphone [...suivaient mes numéros de téléphone fixe et de portable].
Bien cordialement,
Annie Lacroix-Riz »
Ma collègue du secrétariat de l’UFR pourra naturellement confirmer mes dires. Je ne suis en effet pas à la disposition de Benoît Hopquin, et il est d’usage que les demandeurs sollicitent directement les universitaires : mon université a toujours fourni mes coordonnées personnelles aux journalistes, ainsi mis en mesure de me contacter directement.

Bien cordialement à tous,
Annie Lacroix-Riz

(Ce texte, envoyé au Monde, n’a fait l’objet d’aucune mention, pas même pour préciser que le journaliste Benoît Hopquin avait proféré une contrevérité sur son prétendu contact avec moi).

—-Message d’origine—–
Transmis par mon correspondant vendredi 24 novembre 2006 17:40 À : annie.lacroix-riz@*********

ENQUÊTE LE TABOU DE L’"HOLODOMOR" UKRAINIEN LE MONDE | 24.11.06 | 14H15 • MIS À JOUR LE 24.11.06 | 14H15

L’Histoire n’est pas neutre. Dans l’ex-Union soviétique encore moins qu’ailleurs. L’Ukraine s’apprête à commémorer, samedi 25 novembre, la famine qui a frappé le pays en 1932 et 1933. Connue sous le nom d’"Holodomor" ("extermination par la faim", en ukrainien), cette page de l’ère stalinienne a fait plusieurs millions de morts, principalement dans les régions de Kharkiv et de Dniepropetrovsk. L’anniversaire est, cette année, plus politique que jamais. Le président Viktor Iouchtchenko a déposé, début novembre, un projet de loi "sur la perpétuation de la mémoire des victimes de la famine". Le texte prévoit notamment de punir quiconque contesterait son caractère génocidaire. "Nous n’accusons aucun peuple, aucun pays et personne, en Ukraine, de génocide. Ce n’est pas le but de cette loi", a assuré le président, le 15 novembre. Tout de même. L’affaire survient alors que Viktor Iouchtchenko est en train de rompre le pacte de gouvernement scellé en août, après les élections législatives, avec le parti prorusse de Viktor Ianoukovitch, qui représente justement ces russophones dont les parents sont venus s’installer en Ukraine pour combler la saignée démographique de la famine. Les partisans de M. Ianoukovitch sont divisés sur l’opportunité de voter ce projet de loi. En visite à Kiev, début novembre 2006, Sergueï Lavrov, ministre russe des affaires étrangères, a de son côté refusé que la famine soit considérée comme un génocide.
Le texte fouaille une blessure de la mémoire ukrainienne. Occultée de l’histoire officielle soviétique, l’Holodomor a marqué les familles et entretenu le ressentiment vis-à-vis de Moscou. Dans les périodes de tensions avec le grand voisin ou dans les phases d’impopularité interne, le gouvernement ukrainien se saisit de la tragédie. En 2003, avant la "révolution orange", le Parlement ukrainien avait voté une résolution – pas une loi – qui assimilait déjà la famine de 1932-1933 à un "génocide", "un acte terroriste délibéré du système stalinien" et "un des facteurs importants pour la reconnaissance de l’indépendance ukrainienne".
L’offensive du président est également diplomatique. Le 27 octobre, un représentant ukrainien a appelé, lors d’une réunion de l’Assemblée générale de l’ONU, "tous les Etats à condamner l’Holodomor et à promouvoir sa reconnaissance internationale, particulièrement par les Nations unies, comme génocide contre la nation ukrainienne". Une dizaine de pays, la plupart abritant une forte communauté ukrainienne comme les Etats-Unis, le Canada ou l’Australie, ont aujourd’hui reconnu officiellement ce caractère génocidaire. La France, qui aime tant légiférer sur l’Histoire, ne fait pas partie de la liste. "Le gouvernement français n’envisage pas, à ce stade, de se prononcer sur la qualification politique et juridique de la grande famine comme crime de génocide", assurait, en 2005, le ministère des affaires étrangères, en réponse à une question écrite d’un sénateur.
L’exploitation politique de la famine ne facilite pas le travail des historiens, déjà compliqué par le long interdit qui a pesé sur le sujet. "Nous sortons d’un silence absolu de soixante ans", constate Nicolas Werth, l’un des meilleurs connaisseurs français de la période, directeur de recherche à l’Institut d’histoire du temps présent, dépendant du CNRS. L’ouverture partielle des archives de l’ex-URSS a amélioré la connaissance, tout comme les témoignages des derniers survivants, recueillis notamment par Georges Sokolov (L’Année noire 1933 : la famine en Ukraine, Albin Michel). Les rapports de la Guépéou sur les "difficultés alimentaires" apportent un éclairage glacial mais circonstancié. Les estimations divergent encore sur le bilan, mais le chiffre de 5 millions de morts est le plus fréquemment évoqué.
La gravité de la famine est cependant contestée par quelques historiens revendiquant leur fidélité communiste. La Française Annie Lacroix-Riz, qui enseigne à Paris-VII, dénonce ainsi une "opération de propagande", "un bobard" et préfère évoquer "une sérieuse disette conduisant à un strict renforcement du rationnement" (Sur la "famine" en Ukraine en 1933 : une campagne allemande, polonaise et vaticane). Contactée par Le Monde, l’historienne n’a pas donné suite à notre appel.
Les réfractaires s’appuient notamment sur le voyage d’Edouard Herriot dans la région en 1933. L’homme politique radical s’était répandu sur la prospérité des campagnes ukrainiennes. Mais des travaux historiques ont, depuis, démontré comment le voyageur, obnubilé par sa volonté d’un rapprochement franco-soviétique, avait été magistralement abusé par ses hôtes. Le journaliste américain Walter Duranty, correspondant du New York Times à Moscou, prix Pulitzer 1932, a également nié jusqu’à sa mort, en 1957, l’existence d’une famine. Mais son journal a récemment soumis ses articles à un examen critique et conclu que sa couverture était "discréditée". Une campagne a été lancée outre-Atlantique pour que le prix Pulitzer lui soit retiré.
Si la réalité de la famine n’est plus guère contestée, le principal débat concerne donc la qualification de génocide. La pénurie alimentaire est née de réquisitions massives, virant au pillage, organisées à partir de l’été 1932. Elle a surtout touché les régions les plus hostiles à la collectivisation des terres et les foyers du nationalisme ukrainien. Les victimes avaient interdiction de sortir du périmètre dans lequel les vivres avaient été confisqués. Elles y étaient renvoyées quand elles tentaient de s’en échapper. Tandis que des hommes mouraient de faim, l’URSS exportait des céréales (1,7 million de tonnes en 1932, puis en 1933).
Selon l’historien Stéphane Courtois, coauteur du Livre noir du communisme, "cette famine préméditée, organisée, systématisée était destinée à éliminer la partie la plus dynamique de la paysannerie. Il faut appeler cela un génocide de classe". "C’est un génocide par famine", estime le docteur Yves Ternon, auteur de Guerres et génocides au XXe siècle, ouvrage à paraître en janvier chez Odile Jacob. "Les historiens ont la volonté de contenir la définition de génocide, mais, même selon des critères restrictifs, la mort par famine délibérée de 5 millions de personnes est sans aucun doute un génocide", poursuit le spécialiste."Une volonté punitive est-elle une volonté génocidaire ?", interroge cependant Pavel Chinsky, normalien franco-russe enseignant à Moscou et auteur de Staline. Archives inédites 1926-1936 (éd. Berg). Egalement opposés à la collectivisation, les nomades du Kazakhstan, les paysans des bords de la Volga ou les cosaques du nord du Caucase ont été à la même époque l’objet de mesures répressives qui ont abouti à de terribles famines.
Longtemps, Nicolas Werth s’est montré circonspect sur la qualification de l’Holodomor. Mais les derniers textes exhumés des archives, notamment des lettres de Staline, ont infléchi sa position. "Est-ce un génocide ? Plutôt oui. Par rapport aux autres famines qui ont touché l’Union soviétique, celle-ci se distingue par la volonté d’éradiquer le nationalisme et de punir des paysans. Elle est aggravée volontairement. Il y a une spécificité", estime-t-il. Près de soixante-quinze ans après, les archives ne sont encore qu’entrouvertes et le débat est soumis aux pressions. "Il y a, dans certaines démarches historiques, la recherche d’une part de revanche", regrette Pavel Chinsky. "Être historien reste un métier difficile en Russie", constate-t-il.
Benoît Hopquin. Article paru dans l’édition du 25.11.06

Le caractère génocidaire de « la famine en Ukraine » est exclu par nombre de travaux récents, que je n’avais pas encore lus quand j’ai fait ma présentation critique et archivistique sur la question en 2003-2005 :
Enfin, sur « la famine en Ukraine », voir la référence aux travaux de Mark Tauger que je n’avais pas encore lus quand j’ai fait ma présentation critique et archivistique sur la question en 2003-2005 (référence qui m’a été fournie récemment par une correspondante que je remercie une fois de plus). Commencer par exemple par sa critique du « Livre Noir du Communisme on the Soviet Famine of 1932-1933 », critique documentée sur les méthodes utilisées par Nicolas Werth pour illustrer, via cette question de « la famine de 1932-1933 », sa thèse centrale, celle de « la guerre de Staline contre son peuple ». Je rappelle que ce chercheur est devenu depuis dix ans, grâce à sa contribution audit livre, le champion de la « soviétologie » française à usage universitaire et scolaire (ce qui l’a qualifié comme conseiller des réalisateurs de l’émission de la chaîne Bertelsmann sur « Staline, le tyran rouge » qui a reçu la caution du Ministère de l’éducation nationale et de l’association des professeurs d’histoire et géographie).


LISTE DES TRAVAUX DE MARK B. TAUGER

(Référence fournie en mars 2007 par une correspondante que je remercie une fois de plus).
Commencer par exemple par sa critique du « Livre Noir du Communisme on the Soviet Famine of 1932-1933 », critique documentée sur les méthodes utilisées par Nicolas Werth pour illustrer, via cette question de « la famine de 1932-1933 », sa thèse centrale, celle de « la guerre de Staline contre son peuple ». Je rappelle que ce chercheur est devenu depuis dix ans, grâce à sa contribution audit livre, le champion de la « soviétologie » française à usage universitaire et scolaire (ce qui l’a qualifié comme conseiller des réalisateurs de l’émission de la chaîne Bertelsmann sur « Staline, le tyran rouge » qui a reçu la caution du Ministère de l’éducation nationale et de l’association des professeurs d’histoire et géographie).
Mark B. Tauger, Ph.D. UCLA, Associate Professor, Specialization: Russian and Soviet History, Mark.Tauger@mail.wvu.edu

Writings on Soviet Famines and Agriculture, and Other Famines

There items are articles in journals or books, and two are free-standing small monographs in two series: the Carl Beck Papers published by the University of Pittsburgh and the Donald Treadgold Papers published by the University of Washington. Because of copyright restrictions not all of these are available for downloading from this site. For those that are not available, please email me and I should be able to send a PDF copy to you. The Treadgold Papers has allowed me to email a PDF version of my paper to interested readers outside the U.S. upon request. I urge interested readers in the U.S. to obtain the publications in the Beck and Treadgold Papers from the publishers rather than downloading them. Both series have websites:

Carl Beck Papers: http://www.ucis.pitt.edu/crees/cbpaper.html
Treagold Papers: http://depts.washington.edu/reecas/dwt/dwt.htm
Tauger, et al Papers: "The 1932 Harvest and the Famine of 1933."
Tauger, ‘The 1932 Harvest and the Famine of 1933, SR 91.pdf (2463 kb)
First exchange with Conquest on 1991 article
Second exchange with Conquest on 1991 article
" Natural Disaster and Human Actions in the Soviet Famine of 1931-1933."
Tauger, Natural Disaster and Human Actions.pdf (4592 kb)
" Statistical Falsification in the Soviet Union: A comparative Case Study of Projections, Biases, and Trust"
Tauger, Statistical Falsification in the Soviet Union.pdf (4644 kb)
" Grain Crisis or Famine? The Ukranian State Commission for Aid to Crop-Failure Victims and the Ukranian Famine of 1928-1929."
Tauger, Grain Crisis or FamineQ, in Raleigh, Provincial Lan.pdf (1626 kb)
Tauger, Soviet Peasants, Collectivization, Resistance and Adaptation.pdf
" Le Livre Noire du Communisme on the Soviet Famine of 1932-1933"
Tauger, Chapter for Roter Holocaust book b.pdf
(175 kb)
R. W. Davies, M. B. Tauger, S. G. Wheatcroft
" Stalin, Grain Stocks and the Famine of 1932-1933"
Davies, Tauger, and Wheatcroft, ‘Stalin, Grain Stocks…’
, SR 95.pdf (1737 kb)
" War die Hungersnot in der Ukraine intendiert?"
Tauger, M. War die Hungersnot in der Ukraine intendiertQ Ro.pdf
(482 kb)
Tauger, on famines and scholarship, H-Russia 04.16.02, my p.pdf (50 kb)

Entitlement, Shortage, and the 1943 Bengal Famine: Another Look, Journal of Peasant Studies, vol. 31, no. 1, Octobor 2003, 45-72. (1,000 kb

historienne Annie Lacroix-Riz sociologie

Posted in .... ATERMONDE ......, .....HISTOIRE...., INVESTIGATIONS, sociologie with tags , , on mars 11, 2008 by rodolphepilaert63

2007-2009 « PENSER ET CONSTRUIRE L’EUROPE, 1919-1992 », HISTORIENS ET
GÉOGRAPHES
Annie Lacroix-Riz, professeur d’histoire contemporaine, université Paris 7
I. REMARQUES GÉNÉRALES, ADRESSÉES À ROBERT FRANK, JEAN-MICHEL GUIEU ET
JENNY RAFLIK
Le Pecq, le 20 septembre 2007
Chers collègues,
Je viens de prendre connaissance de la bibliographie parue dans Historiens et
Géographes sur la nouvelle question d’histoire contemporaine intitulée « Penser l’Europe,
1919-1992 », n° 399, p. 145-183.
Elle appelle des remarques que j’adresse tant au membre du jury d’un des deux
concours de recrutement, Robert Frank, qu’aux rédacteurs de ce texte dont il a dirigé la thèse,
Jean-Michel Guieu, maître de conférences à l’Université de Paris-1 et Jenny Raflik, PRAG à
l’université de Cergy-Pontoise. Mes remarques ont pour objet, puisque l’unilatéralisme
s’installe en histoire contemporaine, le respect du pluralisme scientifique à l’université et dans
l’enseignement secondaire, que rejoindront la plupart des candidats reçus à l’agrégation et
dont les manuels sont rédigés, sous l’égide des universitaires, dans le même esprit que les
bibliographies de concours.
La méthode de l’attribution des « étoiles » (une ou deux), pratiquée dans une
bibliographie antérieure (2003) à laquelle j’ai proposé à Historiens et Géographes un
complément critique, aussitôt rejeté 1, s’enracine : elle ne bénéficie qu’aux travaux relevant de
ce que le politologue conservateur britannique Pinto-Duschinsky a naguère qualifiés
d’« europtimistes ».
Ce courant caractérise la quasi-totalité de la production francophone, la
totalité quand il s’agit de colloques, tous financés en totalité ou en partie par les institutions
européennes officielles 2. Il est pratiquement seul représenté dans cette bibliographie
« officielle » – elle jouit de ce statut -, la bibliographie non « européiste » étant pratiquement
évincée.
Je signalerai quelques sommets de la caricature étoilée et de ce que je m’obstine à
considérer comme preuves de complaisance et de dépendance, liens qui font mauvais ménage
avec la liberté et la sincérité intellectuelles. Robert Frank, directeur de thèse des deux
rédacteurs en titre de la bibliographie (p. 145) et membre spécialiste du jury d’agrégation, se
voit décerner deux étoiles dans les paragraphes fondamentaux (sans parler du reste de sa
constellation) : « I. Outils de travail. A. Historiographie de la construction européenne », pour
un article de 12 p. (n° 3, p. 147), et « II. Généralités sur l’ensemble de la période » pour deux
articles de 15 et 20 p. (n° 61 et 62, p. 150). Gérard Bossuat, professeur d’histoire
contemporaine à l’université de Cergy-Pontoise, où exerce comme PRAG une rédactrice de la
bibliographie, cumule les étoiles, y compris ici (deux pour le n° 59, avec un ouvrage très
« europtimiste », Fondateurs de l’Europe unie). Pierre Gerbet, pour sa Construction de
l’Europe, ouvrage pour la rédaction duquel l’auteur n’a jamais consulté la moindre archive
originale (n° 64, p. 150), reçoit une étoile (et pourquoi donc une seulement?). Un des
sommets est atteint p. 160 de la bibliographie : figure ici, parmi des centaines d’autres
1 « Complément à la bibliographie de CAPES-agrégation 2003-2005 parue dans Historiens et
Géographes n°383 », La pensée, n° 336, octobre-décembre 2003, p. 137-157.
2 Annie Lacroix-Riz, L’histoire contemporaine sous influence, Pantin, Le temps des cerises, 2004, p.
62-66.
2
ouvrages ou articles du même type, l’ouvrage (n° 340) de Marie-Thérèse Bitsch, 1957-2007.
Cinquante ans de traité de Rome. 1957-2007 (sic). Pourvu d’une étoile, ce travail, qui n’est
pas encore publié (ce qui illustre la confiance absolue en Marie-Thérèse Bitsch des rédacteurs
de la bibliographie), le sera par les « Offices des publications officielles des Communautés
européennes [à paraître fin 2007] » – comme un certain nombre des travaux cités dans la
bibliographie. Les auteurs d’ouvrages financés et agréés par une instance officielle de l’union
européenne peuvent-ils être considérés comme ayant disposé en l’occurrence d’une totale
indépendance intellectuelle?
J’arrête la liste, pour ne pas lasser le lecteur, mais j’ai fourni là un échantillon fort
incomplet de ces façons dignes du « passe-moi le séné, que je te passe la rhubarbe », où les
commensaux de colloques « européens » trouvent tous leur place plus ou moins étoilée (Mme
du Réau, Mme Badel, M. Bussière 3, M. Schirmann, M. Dumoulin, M. Mioche, M. Soutou,
etc.). Si ces façons sont courantes, et même admises par consensus tacite dans les milieux
universitaires, elles n’en méritent pas moins vive critique, et je ne désespère pas de
convaincre un jour une partie de mes collègues de les dénoncer publiquement – alors qu’ils
les déplorent ou les critiquent volontiers oralement en privé.
Les étudiants, ainsi poussés à un conformisme « européiste », comprendront aisément
la ligne qui leur est dictée en vue de la réussite au concours. Rappelons pourtant que ce
courant « européiste » ne représente pas la totalité de la production scientifique, dont les
éléments « dissidents » sont en France, moi incluse, exclus depuis une quinzaine d’années des
colloques à financement « européen », supposés exclusivement scientifiques, que fréquentent
assidûment tous les historiens à une ou deux étoiles. On comprend à lire la bibliographie
l’enjeu « scientifique » des invitations (ou des non-invitations) à ces colloques « européens » :
elles conditionnent la « reconnaissance » académique en matière européenne. Le procédé est
d’autant plus choquant que les payeurs et décideurs ne sont pas ou pas strictement
universitaires. Cette reconnaissance impliquant valorisation unilatérale des collègues
« europtimistes » a pour contrepartie la quasi-exclusion des autres, ceux qui ne sont pas
invités dans lesdits colloques, bien qu’ils travaillent, aussi assidûment, dans les centres
d’archives et tirent de la consultation des fonds originaux des travaux respectant les normes
académiques.
Ces exclusions de la bibliographie « officielle » constituent l’autre volet de la
préparation à l’agrégation, celui de l’échec à éviter. Elles ne me visent pas seule, mais
frappent tout le courant non-« européiste ». Celui-ci est actuellement très faible, je l’admets,
en France, où aucun étudiant ne peut se lancer dans une thèse sur l’union européenne, à
quelque période que ce soit, s’il ne suit pas la doxa : aucun jury « agréé » ne pourrait être
formé pour examiner ses travaux (ce qui dispense d’évoquer la question de sa carrière
universitaire). Il est à cet égard significatif que des auteurs peu « européistes » au début de
leur carrière soient évincés de la bibliographie pour cette phase d’enfer ou de purgatoire, puis
cités dans leur phase de repentance : l’historien américain John Gillingham offre l’exemple le
plus frappant de cette impitoyable sélection.
Je ne retiendrai de la censure qui me frappe personnellement – si on compare la prise
en compte, considérable sinon exhaustive, des travaux des collègues « européistes » – que ce
qui constitue un scandale caractérisé, par comparaison avec les autres choix des rédacteurs.
J’ai fourni à ces derniers le 8 mai 2007 une liste, non exhaustive, de 35 travaux personnels
consacrés à la question, dont six livres – parmi lesquels trois de plus de 600 p. et étayés par
3 Notamment cité deux fois pour le même ouvrage, Paribas, l’Europe et le monde, 1872-1992, n° 226 et
627, dont la brève partie relative à l’Occupation est honnêtement indiquée comme puisée dans deux de mes
articles que je n’avais d’ailleurs, à tort, pas fournis aux rédacteurs : « Les grandes banques françaises de la
collaboration à l’épuration, 1940-195 », revue d’histoire de la deuxième guerre mondiale, « I. La collaboration
bancaire », n° 141, 1986, p. 3-44; « II. La non-épuration bancaire 1944-1950», n° 142, 1986, p. 81-101.
3
des milliers de notes puisées aux archives originales, centrés sur la question européenne
jusque dans leur titre 4. J’ai obtenu d’eux-mêmes et de Robert Frank l’assurance de leur
respect du pluralisme : des pièces (ou extraits) de notre correspondance de mai 2007, bornées
à mon premier courrier et à mon échange avec M. Frank, figurent à l’annexe 1 du présent
texte. Je remercie par avance les auteurs de la bibliographie de me préciser par écrit sur quelle
base quatre de mes articles ou communications ont été sélectionnés et aucun livre.
Ce nouvel exemple de l’hégémonie du « penser conforme », ici établie avec quelque
malice et grande habileté, souligne encore le caractère indécent d’une réponse qui vient d’être
adressée à Robert Soucy par Serge Berstein, au terme d’un débat publié par Vingtième siècle,
n° 95, juillet-septembre 2007. L’historien américain, très rudement attaqué par Michel
Winock dans Vingtième siècle, n° 90, d’avril-juin 2006, après avoir répondu dans le n° 95, et
subi une réponse de Michel Winock à sa propre réponse, se voit livrer un assaut final par M.
Berstein, avocat enflammé de M. Winock. M. Berstein classe Soucy dans la catégorie
inférieure « des historiens étrangers, acharnés à vouloir démontrer l’existence d’un fascisme
français »; cite un ouvrage (Michel Dobry, dir., Le mythe de l’allergie française au fascisme,
Paris, Albin Michel, 2003) dans des termes qui incitent les étudiants ou les collègues à ne
surtout pas le lire, évoquant « le terrorisme intellectuel appliqué par les staliniens zélés en une
époque qu’on voulait croire révolue » 5.
« Le terrorisme intellectuel » peut être soit violent et odieux, comme dans ce dernier
cas, qui atteste que « les historiens du consensus » ne sont pas aussi modérés qu’ils le croient
(l’allusion aux vilains « historiens étrangers » est fâcheuse dans la conjoncture actuelle), soit
feutré, comme dans notre bibliographie de concours. Dans Historiens et Géographes n° 399,
on n’assaille pas ouvertement les « dissidents », « acharnés à vouloir démontrer » que le
« Penser et construire l’Europe, 1919-1992 » est moins harmonieux que ne l’établissent ou le
postulent les « Offices des publications officielles des Communautés européennes »; on se
contente de ne les point nommer ou on s’arrange pour les caser, à dose homéopathique, à une
place telle que les étudiants n’iront pas les y chercher.
Il faut donc à nouveau constater :
- que les bibliographies de concours, accordant un monopole de fait, surtout par le
procédé des « étoiles », aux colloques et séminaires auxquels participent les rédacteurs de la
bibliographie et les professeurs nommés aux jurys de concours, deviennent un instrument
suprême pour recruter des historiens « conformes », non-« dissidents », en violation des
traditions libérales de l’université française (violation d’autant plus choquante en l’occurrence
que les citoyens français se sont récemment montrés majoritairement non européistes, cf.
infra);
- que notre historiographie dominante pratique désormais les méthodes de l’ancienne
École libre des Sciences politiques devenue Institut d’études politiques dans le but de former
des « élites » intellectuelles acquises sans réserves aux vertus du statu quo, en l’occurrence
« européen »;
- qu’il est anormal que les anciens étudiants et thésards du professeur nommé au jury
de l’agrégation en tant que spécialiste d’une question (spécialité que nul ne lui conteste) – cité
treize fois dans un cadre collectif et huit fois en nom propre – soient seuls en responsabilité de
la bibliographie correspondante;
- qu’il est aussi anormal que la subordonnée hiérarchique d’un professeur soit
rédactrice d’une bibliographie qui cite ce supérieur trente-cinq fois; mais aucun des ouvrages
d’un professeur « dissident » aussi qualifié sur l’histoire de l’Europe que le précédent;
4 Les trois ouvrages publiés chez Armand Colin, voir liste à l’annexe 2.
5 Serge Berstein, « Pour en finir avec un dialogue de sourds. À propos du fascisme français »?
Vingtième siècle, n° 95, p. 243-246, citations, p. 244.
4
- que la valeur scientifique des travaux et le respect des droits et libertés des citoyensétudiants,
futurs professeurs (dispensateurs d’enseignement civique) ou non, auraient requis
référence à un minimum plus décent d’historiographie non « europtimiste ». Les candidats au
concours qui ont voté comme la majorité des électeurs français au référendum sur la
constitution européenne de mai 2005 se sentiront particulièrement contraints et censurés.
Quelque ait été leur vote, tous seront interdits d’information équilibrée.
Munis d’un viatique étroit, unilatéral et prétendument consensuel, les nouveaux
professeurs seront en outre de plus en plus dépourvus des connaissances nécessaires pour
décrire à leurs élèves les réalités de l’Europe-sphère d’influence des États-Unis dans la crise
(celle de « l’Europe » incluse). N’accéderont de 2007 à 2009 au droit à l’enseignement de
l’histoire que des étudiants ralliés à une « histoire hagiographique, théologique, téléologique
de la construction européenne » 6. Il se confirme en histoire contemporaine que les esprits
critiques à l’égard de la vulgate « européiste » ou qui, plus simplement, ont conservé le goût,
naguère licite et même apprécié, de la disputatio auront beaucoup plus de peine que les autres
à franchir le cap de l’agrégation. On confrontera à la réalité de cette censure les propos
répétitifs mondains des jurys de concours déplorant l’ignorance crasse des divers courants de
pensée et d’analyse par les candidats : ces derniers sont non seulement incités à, mais
désormais contraints de fait d’en savoir le moins possible à ce sujet. Au point où nous en
sommes, l’exposé des contradictions inter-impérialistes, banal avant et pendant la Première
Guerre mondiale, et pas seulement chez Lénine 7, pourrait être explicitement proscrit. De ce
point de vue, « le terrorisme intellectuel » pratiqué par M. Berstein est plus honnête et clair
que la bibliographie officielle de Contemporaine.
Il serait évidemment convenable qu’Historiens et Géographes publie une
bibliographie complémentaire « critique », comme cela s’est parfois produit, en Moderne
notamment – pratique disparue, depuis longtemps, en Contemporaine. Je le demande
officiellement, sans illusion sur le verrouillage, attesté à plusieurs occasions, de la revue
corporative. Je suis disposée à ce que les rédacteurs de la bibliographie publient spontanément
mes compléments « en ligne » : cette méthode esquivera le refus prévisible de publication
imprimée d’Historiens et Géographes. Le refus éventuel confirmera en l’accentuant la
censure dont l’historiographie critique a été une fois de plus victime. Les professeurs de
l’enseignement secondaire, nombreux à déplorer la transformation des manuels en simples
instruments de consensus social et politique, devraient être informés, par leur association et
leur revue, du débat ou du complément critique que je sollicite. Le présent document figurera
sur mon site http://www.historiographie.info/menu.html, qui comporte également plusieurs de
mes travaux sur « penser et construire l’Europe ». Il va de soi que l’écho de ce modeste
moyen d’expression est incommensurable avec celui d’un rapport académique pourvu d’un
canal corporatif normal.
II. REMARQUES SUR LA BIBLIOGRAPHIE
Mes observations à ce sujet suivent la progression logique de la bibliographie.
« II. Généralités […]
C. La dimension économique de la construction européenne », p. 150
Mon article paru en allemand « Frankreich und die europäische Integration. Das
Gewicht der Beziehungen mit den Vereinigten Staaten und Deutschland, 1920-1955 » (« La
France et l’intégration européenne des années vingt aux années cinquante : le poids des
relations avec les États-Unis et l’Allemagne »), pourrait normalement figurer dans ce
6 Conception que Robert Frank m’a dit le 8 mai rejeter formellement, cf. infra.
7 Vladimir Lénine, L’impérialisme, stade suprême du capitalisme, Paris, La Dispute, réédition, 1976.
5
paragraphe où M. Bussière est cité (n° 88), pour un article de 16 p. (et dans diverses autres
rubriques, d’ailleurs).
Le titre français de ce gros article figurait dans la bibliographie « européenne » que
j’ai envoyée le 8 mai 2007 aux rédacteurs de la bibliographie, à la suite de son intitulé en
allemand. La seule mention de la langue allemande relève d’autant plus de la censure que les
rédacteurs en ont reçu, également à cette date, le texte Word en français (et, peu après, le texte
imprimé en allemand). Je leur ai par ailleurs signalé le 27 juillet que ce texte allait paraître en
septembre sous forme d’un petit ouvrage : L’intégration européenne de la France. La tutelle
de l’Allemagne et des États-Unis, Pantin, Le temps des cerises, 2007, 107 p. (trop tard, m’a
répondu M. Guieu, la bibliographie étant alors « sous presse »). Je vous remercie de me
préciser pourquoi un travail général, consacré à la période 1920-1955, a été consigné dans la
liste (n° 820), au paragraphe « IX. Le rôle des politiques nationales dans la construction
européenne depuis 1945 », p. 176).
« D. Les “forces vives” », p. 151
Sur le Vatican, ne sont cités que des ouvrages cléricaux – qualificatif relevant du
constat, non de la polémique -, notamment celui, au n° 96 (De la chrétienté à l’Europe), de
Philippe Chenaux, « professeur d’histoire de l’Église moderne et contemporaine à l’université
du Latran à Rome ».
J’ai contribué, par mon ouvrage Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première
Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, 1996, 540 p., réédité
en 2007, à éclairer sur la base de sources diplomatiques originales ou publiées la contribution
vaticane à l’histoire de l’Europe. Sur quel critère scientifique ce livre a-t-il été évincé de cette
bibliographie, rendu ainsi strictement monocolore? Les étudiants qui auront le souci de
présenter des « forces vives » une vision contrastée, incluant la mienne, seront-ils
sanctionnés? J’ai constaté que mon ouvrage, boycotté pendant plusieurs années par la
production cléricale, est désormais couramment cité dans les bibliographies de celle-ci, y
compris par M. Chenaux dans un de ses récents ouvrages (Pie XII, Diplomate et pasteur,
Paris, Cerf, 2003). Pourquoi a-t-il été exclu de la liste destinée à nos futurs professeurs de
l’enseignement public et laïque?

« III, L’entre-deux-guerres
A. Le contexte des relations internationales », p. 152
Pourquoi seule la thèse de Jacques Bariéty (n° 129) est-elle citée, et non l’article,
essentiel, rédigé avec Charles Bloch, « Une tentative de réconciliation franco-allemande et
son échec », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. XV, juillet-septembre 1968, p.
433-465? Cet article pourrait être également cité en « G. Europe économique : problèmes,
projets et réalisations », p. 155, il ne l’est pas.
Pourquoi l’exclusion des deux travaux, essentiels, de Charles Maier? :
Recasting bourgeois Europe, Stabilization in France, Germany and Italy in the decade
after the First World War, Princeton, Princeton University Press, 1975
«The two postwar eras and the conditions for Stability in twentieth-Century Western
Europe», American Historical Review, vol. 86, n° 2, avril 1981, p. 327-365 (qu’on pourrait
également trouver dans « V. De 1945 à nos jours: généralités, A. Le contexte international de
la construction européenne »).
Pourquoi, alors qu’est mentionnée la thèse de Jean-Marie Soutou, n° 138, L’or et le
sang, ne trouve-t-on pas trace de celle de Fritz Fischer, traduite, Les buts de guerre de
l’Allemagne impériale 1914-1918, Paris, Trévise, 1970? D’une part, cette dernière, qui expose
la parfaite continuité de la politique extérieure allemande du Reich wilhelminien au Reich
hitlérien (en passant par la République de Weimar) a marqué de manière indélébile
6
l’historiographie allemande et internationale; et, d’autre part sa place s’impose ici par simple
honnêteté intellectuelle. M. Soutou la conteste en effet très vivement et postule la supériorité
de la sienne. Les étudiants sont donc incités à connaître une critique sévère de la
problématique de Fritz Fischer et à tenir cet assaut pour convaincant sans que l’ouvrage
incriminé leur soit rendu accessible par leurs tuteurs. Sur quelle base pourront-ils se faire une
opinion personnelle documentée?
Pourquoi ne trouve-t-on pas mentionné l’excellent ouvrage de John Gillingham, d’une
tonalité très différente de la production « européiste » qui a accompagné la progression de la
carrière et de la notoriété, au sein des milieux concernés, de cet historien américain, Ruhr
coal, Hitler and Europe. Industry and Politics in the Third Reich, London, Methuen, 1985?
Non seulement il traite des années 1933-1945, mais il éclaire aussi les motivations et le
caractère déterminant de l’influence du Comité des Forges dans la réconciliation francoallemande
ou la « politique douce » française (à l’égard du Reich) de la seconde moitié des
années vingt. Par son étude documentée de l’écrasement, à l’ère hitlérienne, du salaire des
mineurs, il est plus éclairant sur « la construction d’une Europe sociale » (thème reporté à
l’après 1945, « VI. Les architectures européennes de 1945 à nos jours. B ») que les ouvrages
cités p. 165-166.
Même remarque pour la non-mention de la thèse de Frank Costigliola, Awkward
Dominion: American Political, Economic and Cultural Relations with Europe, 1919-1933,
Ithaca, Cornell UP, 1984 (l’auteur est gratifié d’une petite consolation, la citation d’un article
mineur, avec faute de frappe sur son nom : Costigliora, n° 963, cf. infra). À elle seule, cette
omission suffirait à prouver le caractère défectueux du découpage de la bibliographie qui
suggère que la question du poids des États-Unis sur la « construction européenne » ne se pose
que depuis 1945 voire 1947 : un paragraphe qui devrait commencer avec la date initiale du
programme -, « X. L’Europe en construction et les autres », p. 181-183 – est cantonné ici à
l’après-1945. Qui saura que les « Quatorze points de Wilson » du 8 janvier 1918, une des
affirmations majeures de la politique américaine dite « de la Porte ouverte », constituent une
étape aussi décisive du « Penser et construire l’Europe » que le « discours de Harvard » de
Marshall du 5 juin 1947?
Pourquoi mon ouvrage Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années
1930, Paris, Armand Colin, 2006, 671 p., réédité en janvier 2007, que M. Guieu, spécialiste
de l’entre-deux-guerres, a reçu et dont il a accusé réception le 15 mai, n’est-il cité, ni ici, p.
152? Ni en « C. études sur l’idée européenne entre les deux guerres », p. 153? Ni en « D. Les
milieux intellectuels et l’idée européenne », p. 153? Ni en « E. Les milieux pacifistes, la
réconciliation franco-allemande et l’idée européenne », p. 154? Ni en « F. Les milieux
politiques et diplomatiques », p. 154? Ni en « G. Europe économique : problèmes, projets et
réalisations », p. 156? Ni dans « Autres mouvements » (paragraphe non numéroté), p. 157. M.
Guieu, spécialiste de « l’esprit » de la Société des Nations, se cite lui-même six fois (certes
modestement, sans étoile, à la différence de ses aînés), pour sa thèse (à paraître) et des articles
plus ou moins longs (n° 171, 172, p. 153; 186, 187, 199, p. 154; 257, p. 157).
On aimerait donc savoir sur quel critère les étudiants n’ont été pas incités à s’informer
aussi de la présentation – étayée par près de 3 500 notes presque exclusivement puisées aux
archives – que je fournis de l’engouement germano-européen des milieux dirigeants de
l’économie, des journalistes et publicistes et des élites politiques et militaires dans les années
trente. Et en quoi cet ouvrage est indigne de figurer auprès des 164 ouvrages et articles qui
sont proposés à la lecture des étudiants dans « III, L’entre-deux-guerres »?
L’exclusion frappe aussi deux gros ouvrages qu’on devrait trouver mentionnés soit en
« D. Les milieux intellectuels », p. 153, soit en « E. Les milieux pacifistes », p. 154, soit en
« F. Les milieux politiques », p. 154 :
7
Antoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française, Paris, PFNSP, 1977, 3
vol.
Barbara Lambauer, Otto Abetz et les Français ou l’envers de la Collaboration, Paris,
Fayard, 2001, dont les quatre premiers chapitres traite de l’avant juillet 1940.
La bibliographie ne dit donc rien du rôle du Reich avant et surtout après février 1933
dans l’exploitation et le financement à fins « réconciliatrices » et « européennes » des milieux
d’anciens combattants, d’intellectuels et de publicistes. L’action politique depuis le tout début
des années trente d’Otto Abetz, futur ambassadeur d’Allemagne sous l’Occupation, et son
action corruptrice de la presse, considérable, de 1933 à 1939 – élément majeur du « Penser
l’Europe » à l’ère hitlérienne – sont absents de ce guide comme (presque totalement) des 19
volumes des Documents diplomatiques français, 2e série (1936-1939). Cette censure exclut de
la préparation la dimension hitlérienne de l’européanisme : les candidats au concours ne
sauront pas (ne doivent pas savoir?) que dès 1933 (et pas seulement sous l’Occupation) le
« Penser l’Europe » s’est déployé sous l’égide de l’Allemagne nazie. La même remarque vaut
pour les « projets économiques », sur lesquels on devrait trouver davantage de références
(« G. Europe économique »). La bibliographie devrait mentionner :
Scott Newton, Profits of peace : the political economy of Anglo-German
Appeasement, Oxford, Oxford University Press, 1996
Les candidats y relèveraient l’influence et l’intense activité « européenne » de l’Anglo-
German Fellowship, groupant, du côté britannique, les délégués de la grande industrie et de la
City. Ils pourraient comparer ce cas à celui de la France, dont le « Comité France-
Allemagne » de novembre 1935 fut le prolongement politique et la filiale du « Comité francoallemand
d’information et de documentation », groupement patronal fondé en septembre 1926
sous l’égide du cartel de l’acier d’Emil Mayrisch (et simultanément).
On peut s’étonner qu’une bibliographie de concours, déjà placée sous les auspices des
autorités européennes de l’édition, mentionne la biographie du couple Mayrisch de l’historien
luxembourgeois Gilbert Trausch (n° 239), édité par la « Banque de Luxembourg » (« banque
luxembourgeoise à caractère privé, spécialisée dans l’asset management (sic), la gestion de
patrimoine et de fortune », dont le principal actionnaire est le Crédit industriel et commercial),
sans signaler qu’il s’agit d’un ouvrage de commande et de communication, catégorie en
général destinée à l’encadrement des sociétés concernées.
Pourquoi pas?, du même auteur,
l’ouvrage de même type, publié l’année suivante, L’ARBED dans la société luxembourgeoise,
Luxembourg, ARBED, 2000, qui fait disparaître de son étude, entre 1937 et 1945, la société
officiellement luxembourgeoise, de fait très « européenne » et notamment franco-allemande,
p. 52.
« IV. La Seconde Guerre mondiale et l’idée européenne (1939-1945) », p. 158 sq.
Dans « A. Généralités », p. 158
Est cité un petit article (12 p.) de Jacques Willequet « Opinions belges sur l’avenir de
l’Europe » (n° 296), p. 158.
En revanche, la thèse de John Gillingham, également fort différente de sa production
« européiste » de la dernière décennie, Belgian Business in the Nazi New Order, fondation Jan
Dhondt, Gand, 1977, manque à l’appel. C’est fort dommage : elle éclaire aussi la décennie
trente et la façon dont le grand capital belge se prépara sous la houlette de la Société générale
de Belgique à l’Occupation et à une Europe germanique. Ainsi est confirmé le fait qu’il y a un
bon et un mauvais Gillingham. Le bon est réhabilité à partir de son ouvrage, plus
« européiste » (mais encore très documenté), n° 836, Coal, steel and the rebirth of Europe
1945-1955: the Germans and French from Ruhr conflict to economic community, Cambridge
1991. Est également mentionné l’ouvrage de la réhabilitation définitive, rédigé sans référence
8
aux archives, peu historique stricto sensu et très « européo-américain », le n° 353, p. 160 :
European Integration, 1950-2003, Cambridge University Press, 2003.
Pourquoi mon ouvrage Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la
collaboration économique avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, coll. « Références »
Histoire, 1999, 661 p., n’est-il pas cité? L’économie, véritable fondatrice de « l’Europe » et
qui a procédé de 1940 à 1944 à des réalisations essentielles du « couple » franco-allemand, est
quasiment absente de la bibliographie. Or, l’ouvrage concerné étudie tous les aspects
économiques de ce qui constitua ensuite une base essentielle de l’Europe occidentale. Cette
absence de l’économie réelle doit-elle rendre plus comestible à nos futurs professeurs le
« manuel franco-allemand » de la réconciliation gommeuse des réalités historiques? À cet
égard, on comparera les activités capitalistiques de Robert Bosch en France occupée, avec
l’aval du Reichswirtschaftsministerium (Ministère de l’économie du Reich), à l’ouvrage de
Joachim Scholtyseck cité dans « III, L’entre-deux-guerres. G. Europe économique », au n°
238, p. 156 (dont je traduis ici le titre allemand), « Robert Bosch et la résistance libérale
contre Hitler 1933-1945 », posant Bosch en industriel « européen » et résistant.
Le découpage adopté atteint ici les sommets de l’absurde. « A. Généralités », p. 158,
est un fourre-tout. « B. Projets d’union franco-britannique » cite cinq travaux sur un néant, à
en juger par les archives originales (p. 158-159). « B. (sic) L’Europe des collaborateurs » se
borne à la collaboration politico-idéologique. Les auteurs de la bibliographie considèrent donc
la « collaboration économique » comme exclue de « l’idée européenne » : les cartels sont-ils
sans lien avec la suite d’après-guerre? Et les sociétés mixtes? Et le plan d’union monétaire
sous l’égide du Reichsmark du maître suprême de la haute banque sous l’Occupation, Henri
Ardant, une des évidentes origines de l’euro? Les étudiants ne doivent donc pas connaître les
vastes plans européens de ceux qui construisirent l’Europe bien plus que tous les idéologues
ou auxiliaires politiques, ici classés en « collaborateurs » et « résistants ». La « résistance »
(contre l’Allemagne hitlérienne occupante) des « Européens » fut parfois fort tardive : ayant
accompagné la nécessaire transition entre l’Europe du Blitzkrieg et les perspectives (au
tournant de 1941) d’une Europe de la Pax Americana, elle se confondit largement et souvent
exclusivement avec les liens anglo-saxons des intéressés. Le phénomène montre une fois de
plus que les États-Unis, qui furent les principaux mentors de ces « résistants », ne sauraient
être confinés à l’après 1945. Et pourquoi n’a-t-on pas évoqué l’européanisme des anciens
nazis (parfois jusqu’en 1944-1945) devenus démocrates « européens » convaincus,
« collaborateurs » devenus a posteriori « résistants » en somme? Cf. infra, « IX. Le rôle des
politiques nationales dans la construction européenne depuis 1945 »
On présente clairement « les plans soviétiques pour l’Europe occidentale » (« Soviet
plans for postwar Europe ») 8 en citant la communication de Vojtech Masny (en général
Mastny en français ou en anglais), isolée d’un ouvrage collectif (Antonio Varsori et Elena
Calendri, dir., n° 294, p. 158). Pourquoi n’a-t-on pas précisé le thème et l’auteur de la
communication sur les plans américains pour la Scandinavie que j’ai signée dans l’ouvrage
collectif Michel Dumoulin, dir., Plans des temps de guerre pour l’Europe d’après-guerre
1940-1947, Bruxelles, 12-14 mai 1993, Actes du colloque, Bruylant, Bruxelles, 1995, (n° 292,
p. 158)?: « La Scandinavie et l’Europe d’après-guerre: projets et prises de positions de la
guerre à 1947 », p. 527-562. Je ne cite à cet égard qu’un exemple, le procédé ayant été utilisé
systématiquement à mon encontre – à l’inverse de la méthode utilisée pour les historiens
agréés, dont les communications de colloques ou contributions à des ouvrages collectifs ont
été le plus souvent sinon toujours précisées et paginées.
8 Dans ce domaine, on verra plus loin une remarque relative à l’omission d’un ouvrage essentiel sur la
conception soviétique de l’Europe entre 1939 et 1953, celui de Geoffrey Roberts.
9
Autre habile procédé, mes quatre articles cités suggèrent que je n’ai pas travaillé sur la
construction européenne depuis le début des années 1990 – sauf l’article en allemand (n° 820),
datant de 2002, qu’aucun étudiant n’ira chercher ou ne pourra lire.
« V. De 1945 à nos jours : généralités
A. Le contexte international de la construction européenne », p. 160 sq.
Pourquoi l’étude de l’influence des États-Unis a-t-elle été reportée dans « X. L’Europe
en construction et les autres »? Les États-Unis ne sont pas « les autres » mais un bâtisseur
essentiel de l’union européenne, qui a concerné l’Europe de la sphère d’influence américaine
de 1945 (cf. infra).
Pourquoi ne trouve-t-on pas, aux côtés de William Hitchcock, France restored (n°
331), caricature idéologique « occidentale », deux ouvrages issus d’une importante recherche
en archives? :
1° mon ouvrage, tiré d’une thèse d’État, Le choix de Marianne: les relations francoaméricaines
de 1944 à 1948, Paris, Éditions sociales, 1986
2° Irwin Wall, L’influence américaine sur la politique française 1945-1954, Paris,
Balland, 1989.
A été exclu (il pourrait aussi figurer dans « IV. La Seconde Guerre mondiale »),
l’ouvrage fondamental de Lloyd C. Gardner, Spheres of influence. The great powers partition
Europe, from Munich to Yalta, 1938-1945, New York, Ivan R. Dee, Chicago, 1993.
Pourquoi l’ouvrage d’Alan Milward, The Reconstruction of Western Europe 1945-
1951, Methuen, London, 1984, essentiel sur le rôle des États-Unis, n’est-il pas classé dans
« A. Le contexte international de la construction européenne », p. 162? Ou dans « B. Les
constructions européennes depuis 1945 ». Il est rejeté dans « X. L’Europe en construction et
les autres », p. 181-183, et cité au n° 985, soit à l’avant-dernière page de la bibliographie.
Alors que M. Soutou, historien du loup-garou soviétique, est cité pour La guerre de
cinquante ans (n° 335, p. 160), n’ont pas été classés :
Arnold Offner, Another Such Victory: President Truman and the Cold War, 1945-
1953, Stanford, CA, Stanford University Press, 2002;
Michael Sherry, In the shadow of war : the US since the 1930’s, New Haven, Yale
University Press, 1995 (qui pourrait aussi bien figurer dans « VI. Les architectures
européennes de 1945 à nos jours. 1. Ouvrages généraux », p. 167).
Pourquoi dans « D. Témoignages sur la construction européenne », p. 161, a-t-on omis
Armand Bérard, un des diplomates les plus sincères (citant très largement sa correspondance
originale, je puis en juger personnellement), Un ambassadeur se souvient. Washington et
Bonn, 1945-1955, Paris, Plon, alors que les Mémoires de Jean Monnet, hautement fantaisistes
à tout propos (n° 391, p. 161), sont crédités de deux étoiles?
Jean Monnet, par ailleurs, constitue le thème, dans « VII. Les acteurs de la
construction européenne depuis 1945. G, Le rôle des grandes personnalités et décideurs dans
la construction européenne » (p. 172-174), au paragraphe « Le rôle de Jean Monnet », p. 174,
de 17 articles ou ouvrages d’inspiration essentiellement hagiographique, dont quatre signés de
Gérard Bossuat. Manque ici cruellement la vision d’un Jean Monnet plus « américain »
qu’« européen » : celle de nombreux diplomates, classés par ailleurs, dont Massigli, celle du
diplomate Armand Bérard et la mienne.
« VI. Les architectures européennes de 1945 à nos jours. D. La construction d’une
Europe de la Défense, 4. L’échec de la Communauté européenne de Défense », p. 168,
Pourquoi ne trouve-t-on pas, alors que Gérard Bossuat et Philippe Vial sont cités
chacun deux fois, mes articles :
10
« La France face à la puissance militaire ouest-allemande à l’époque du Plan Pleven
(1950-1954) », n° 45, Cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, 1991, p. 95-143.
« La perception militaire de l’URSS par l’Occident au début des années cinquante: peur
de l’Armée rouge ou “ogre soviétique”? », Cahiers d’histoire de l’institut de recherches
marxistes, n° 46, 1991, p. 19-61.
Je doute que ce soit seulement parce qu’ils proviennent d’une revue non agréée, les
articles publiés dans les revues agréées n’ayant pas davantage eu droit de cité, tel celui intitulé
« La France face à la menace militaire allemande au début de l’ère atlantique: une alliance
militaire redoutée, fondée sur le réarmement allemand (1947-1950) », Francia, vol. 16, cahier
n° 3, mai 1990, p. 49-71.
« F. La construction d’une Europe de la culture », p. 168-169,
En fonction de quel critère les étudiants ne sont-ils pas incités à lire l’ouvrage
important de Frances Stonor Saunders, traduit en français, Qui mène la danse, la Guerre
froide culturelle, Denoël, 2004? Il fournit une clé « américaine » à ce qui est ici qualifié
d’« Europe de la culture », donc présente une thèse que les candidats ignoreront.
L’ouvrage pourrait également figurer dans « VII. Les acteurs de la construction
européenne depuis 1945. D. Les milieux intellectuels et artistiques », p. 170, où a été cité
Pierre Grémion, auteur d’une thèse (Intelligence de l’anticommunisme, 1995, n° 646). M.
Grémion a très largement emprunté à la thèse pionnière, qui a été évincée, de
Peter Coleman, The Liberal Conspiracy : the Congress for Cultural Freedom and the
Struggle for the Mind of Postwar Europe, New York, Free Press, 1989.
« VII. Les acteurs de la construction européenne depuis 1945 », 169 sq.
« C. Forces syndicales »

La bibliographie, « européiste » en diable, ignore les syndicats qui ne le sont pas
(parfois majoritaires après-guerre, comme en France et en Italie) et évacue la recherche
internationale, qui converge sur le rôle décisif des États-Unis dans le remodelage du
syndicalisme ouest-européen et ses scissions depuis la fin de la guerre :
Anthony Carew, Labour under the Marshall Plan, Manchester, Manchester University
Press, 1987, ouvrage majeur et indispensable;
« The Schism within the World Federation of Trade Unions : Government and Trade
Union Diplomacy», International Review of Social History, 1984, part 3, p. 297-335;
Michael Fichter, Besatzungsmacht und Gewerkschaften. Zur Entwincklung und
Anwendung der US-Gewerkschaftspolitik in Deutschland 1944-1948, Opladen, Westdeutscher
Verlag, 1982;
Roy Godson, American Labor and European Politics. The AFL as a transnational
Force, New York, Crane, Russak & C°, 1976;
Annie Lacroix-Riz, outre Le choix de Marianne, inclus dans la bibliographie envoyée
aux rédacteurs,
« La reconstitution du syndicalisme ouest-allemand: stratégies occidentales et
triomphe américain 1945-1949 », Cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, « I.
1945-1946: débats de fond et prédominance de l’action souterraine », n° 36, 1989, p. 65-92;
« II. Vers la fusion syndicale trizonale: combats d’arrière-garde français et offensive
américaine, 1947-1949 », n° 39, 1990, p. 35-70
« Autour d’Irving Brown: l’AFL, le Free Trade Union Committee, le Département
d’État et la scission syndicale française (1944-1947) », Le Mouvement Social, avril 1990, p.
79-118;
Karl Lademacher, éd., Gewerkschaften im Ost-West-Konflikt : Die Politik der
American Federation of Labor im Europa der Nachkriegzeit, Melsungen, 1982;
11
Denis Mac Shane, International Labour and the Origins of the Cold War, Oxford, The
Clarendon Press, 1992;
Charles S. Maier, « Le plan Marshall et les syndicats », Le Monde, Liber n° 2,
décembre 1989;
Le Mouvement social, n°162 (n°spécial), janvier-mars 1993, « Syndicats d’Europe »;
Federico Romero, Gli Stati Uniti e il Sindicalismo europeo 1944-1951, Roma,
Edizioni Lavoro, 1989;
Peter Weiler, British Labor and the Cold War, Stanford University Press, Stanford,
1988;
« The United States, International Labor and the Cold War : the Break-Up of the
World Federation of Trade Unions », Diplomatic History, V, 1981, p. 1-22.
Je renonce, concernant le reste de « VII. Les acteurs », à mentionner la liste de mes
articles évincés (voir la bibliographie fournie le 8 mai 2007, annexe 2), sauf pour « E. Les
milieux religieux », p. 171 : règne toujours le monopole l’historiographie cléricale avec deux
titres de Philippe Chenaux, dont Une Europe vaticane?, n° 656 (absence confirmée du
Vatican, l’Europe et le Reich).
Je n’avais pas indiqué aux deux rédacteurs, mais il s’inscrit dans ce paragraphe, mon
article décrivant la brutale mutation démocratique et européenne, depuis mai 1945, des deux
églises chrétiennes allemandes :
« Églises et retour au statu quo en Allemagne occidentale (1945-1949) », guerres
mondiales et conflits contemporains, numéro spécial, « Les deux Allemagnes dans la Guerre
froide », n° 210, avril-juin 2003, p. 19-46 – numéro spécial, dirigé par le professeur Chantal
Metzger, qui aurait pu figurer dans le paragraphe qui suit.
IX. Le rôle des politiques nationales dans la construction européenne depuis 1945.
A. La France, l’Allemagne et la construction européenne », p. 176
Pourquoi Pierre Guillen, cité pour un article de 12 p. sur « La France et la construction
européenne dans les années cinquante » (n° 818, p. 176), ne l’est-il pas pour son excellent
manuel L’Allemagne 1945-1973, Paris, Hatier, 1979? Il décrit notamment la tactique ouestallemande
de « meilleur élève atlantique » et « meilleur élève européen » du « maître
d’école » américain (dernière formule figurant dans des archives diplomatiques que j’ai citées
dans tel article évacué de la bibliographie), appliquée avec succès en vue de balayer les
contraintes et limitations diverses imposées (aux conférences de Yalta et Potsdam) au Reich
vaincu.
Se trouvent également exclus les manuels du professeur Alfred Wahl (par opposition
aux agréés et étoilés, dont tous les manuels sont cités), notamment :
Histoire de la République fédérale d’Allemagne, Paris, Armand Colin, 1991, plusieurs
fois rééditée depuis ;
La seconde histoire du nazisme dans l’Allemagne fédérale depuis 1945, Paris, Armand
Colin, 2006, 335 p., étudiant les anciens nazis, dirigeants de l’économie et de l’appareil d’État
de 1933 (et auparavant) à 1945, devenus, aux mêmes fonctions, champions proclamés de
« l’Europe » et de la démocratie occidentale.
Autre bon exemple, exclu, de mutations brutales masquant une profonde continuité de
certains milieux « européens » de l’entre-deux-guerres à l’après-1945 :
Bernard Ludwig, « La propagande anticommuniste en Allemagne fédérale. Le “VVF”
pendant allemand de Paix et Liberté », Vingtième siècle, octobre-décembre 2003, p. 33-42.
« C. Le Royaume-Uni », p. 177-178
12
Alors que sont consacrés à la question très peu de travaux en langue française, a été
exclu l’ouvrage d’un collègue explicitement présenté dans une bibliographie d’il y a quelques
années (1997) comme « marxiste » (non-« marxiste » ou tout adjectif équivalent n’étant
jamais précisé). Au moins y figurait-il naguère.
Richard Farnetti, L’économie britannique de 1873 à nos jours, A. Colin, 1993.
Du paragraphe « Les relations américano-britanniques et la construction européenne »
a été évincée la bibliographie (pas toujours « marxiste ») qui établit, comme Richard Farnetti,
que le plus grand combat « européen » du 20è siècle a eu pour enjeu la rivalité américanobritannique
(entre vieil impérialisme dominant et impérialisme prétendant à la relève) – enjeu
au moins aussi décisif voire davantage que le conflit américano-soviétique, notamment
Richard Gardner, Sterling-Dollar Diplomacy : Anglo-American Cooperation in the
Reconstruction of Multilateral Trade, Oxford, 1è éd. 1956, rééd. 1969;
Sterling-Dollar Diplomacy in current Perspective : the Origins and Prospects of our
international economic Order, Columbia University Press, New York, 1980;
Donald Cameron Watt, Succeeding John Bull, America in Britain’s place, Cambridge
University Press, Cambridge, 1985;
Randall B. Woods, A changing of the Guard, Anglo-American Relations 1941-1946,
University of North Carolina Press, Chapel Hill, 1990.
« F. Les États d’Europe méridionale. La Grèce », p. 181
La bibliographie ne dépaysera pas les candidats spectateurs de l’émission « Welcome
in Greece, Mr Marshall », produite par Madeleine Avramoussis, diffusée sur Arte le 5 juin
2007, qui battait des records de complaisance et d’omission (elle ne permettait notamment pas
de comprendre les enjeux pétroliers de l’insertion américaine de la Grèce dans l’Europe
unifiée). On devrait au minimum y joindre :
Thomas G. Paterson, On every front: the making of the Cold War, New York, 1979
(ouvrage valable pour l’Europe entière);
Ronald Radosh, American Labor and United States Foreign Policy, New York,
Random House, 1969 (sur le remodelage américain du syndicalisme grec);
Georges Stathakis, beaucoup plus « critique » au colloque international sur le Plan
Marshall de 1991 que comme conseiller de l’émission citée, non explicitement mentionné au
n° 968 (ouvrage collectif), « The Marshall Plan in Greece », René Girault et Maurice Lévy-
Leboyer, dir., Le Plan Marshall et le relèvement économique de l’Europe, p. 577-589;
Lawrence S. Wittner, American Intervention in Greece, New York, Columbia University
Press, 1982.
« X. L’Europe en construction et les autres », p. 181-183.
Sur un plan général, il est absurde de considérer comme « les autres » l’un des artisans
essentiels, depuis l’entre-deux-guerres, de la construction d’un marché européen unifié, les
États-Unis. Le choix idéologique unilatéral opéré ici en fait une question secondaire, placée
sur le même plan que l’URSS, loup-garou idéologique, mais ectoplasme de fait concernant la
question (cf. infra).
Gérard Bossuat est cité ici notamment pour son ouvrage L’Europe occidentale à
l’heure américaine. Le Plan Marshall et l’unité européenne 1945-1952, Complexe, Bruxelles,
1992 (n° 961) – soit à cette occasion, pour la vingtième fois en nom propre (il l’est également,
quinze autres fois, pour direction d’un ouvrage collectif ou participation).
J’ai consacré à ce travail une longue critique, absente de la bibliographie de concours,
critique qui s’appuie notamment sur une importante bibliographie anglo-saxonne (également
absente d’Historiens et Géographes) : « Réflexion sur un ouvrage récent (1992) », Cahiers
d’histoire de l’institut de recherches marxistes, 1994 (critique de Gérard Bossuat, L’Europe
13
occidentale à l’heure américaine. Le Plan Marshall et l’unité européenne 1945-1952,
Complexe, Bruxelles, 1992) : « Avant le Plan Marshall: Prêt-Bail et consensus américain »,
n° 54, 1994, p. 115-140;« Le Plan Marshall, ses clauses et ses conséquences », n° 55, 1994, p.
115-153. Mentionner cette critique aurait permis de montrer aux candidats qu’il existe en
France deux conceptions historiographiques opposées du rôle des États-Unis dans la
« construction européenne » des « Pays Marshall » (expression courante des archives
américaines du temps).
Sur le Plan Marshall, aucun des auteurs étrangers cités n’appartient au groupe nonconformiste,
marxiste ou marxisant (dit « révisionniste »), qui a apporté une contribution
décisive depuis les années soixante à la connaissance de cette phase décisive de la
« construction européenne ». On relèvera notamment l’absence des ouvrages fondateurs de :
William Appleman Williams, The Tragedy of American Diplomacy, Dell Publishing
C°, New York, 1972 (1è éd., 1959);
Gabriel Kolko, The Politics of War. The World and the United States Foreign Policy,
1943-1945, New York, Random House, 1969, rééd. 1990 (qui pourrait aussi bien figurer dans
« IV. La Seconde Guerre mondiale et l’idée européenne (1939-1945). A. Généralités », p.
158;
Gabriel et Joyce Kolko, The Limits of Power. The World and the United States
Foreign Policy 1945-1954, New York, Harper and Row, 1972.
L’article de Frank Costigliola sur de Gaulle et Kennedy, est cité (n° 963), mais pas sa
contribution à l’important ouvrage collectif d’un des principaux spécialistes américains
d’histoire des relations internationales (cité plus haut, à propos de la Grèce) :
Thomas G. Paterson, dir., Kennedy’s quest for victory, American Foreign Policy,
1961-1963, Oxford University Press, 1989.
On en retiendra :
Frank Costigliola, « The Pursuit of Atlantic Community : nuclear arms, dollars, and
Berlin », Paterson, dir., Kennedy’s, p. 24-56 (qui pourrait aussi bien figurer dans VI. D. 3.
L’OTAN, p. 164);
William S. Borden, « Defending hegemony : American Foreign economic policy »,
Paterson, dir., Kennedy’s, p. 57-85, essentiel.
Aurait dû figurer sur l’environnement bancaire de la reconstruction américaine de
l’Europe occidentale :
Gian Trepp, Bankgeschäfte mit dem Feind. Die Bank für Internationalen
Zahlungsausgleich im Zweiten Weltkrieg. Von Hitlers Europabank zum Instrument des
Marshallsplans, Zurich, Rotpunktverlag, 1996.
Dans « E. L’Europe et l’URSS »,
Alors que figurent dans la bibliographie de concours nombre d’ouvrages, parfois
étoilés, non parus à cette date, celui de Roberts Geoffrey, publié en octobre 2006, Stalin’s
Wars: From World War to Cold War, 1939-1953. New Haven & London: Yale University
Press, 2006, n’est pas cité. Il étudie la conception soviétique de l’Europe occidentale, future
zone d’influence américaine, d’après mai 1945 (il aborde également à ce sujet la fin de la
guerre, et pourrait avec donc bonheur figurer, auprès de Vojtech Mastny, dans « IV. La
Seconde Guerre mondiale », « Soviet plans for postwar Europe »).
J’avais fourni aux rédacteurs une liste d’articles sur la question, d’une tonalité très
différente de celle des treize travaux qui ont été retenus ici, décrivant l’URSS comme un
facteur nul de la « construction européenne » germano-américaine. Aucun n’a été cité (les
titres de la liste que je joins à nouveau, en annexe, sont explicites, notamment « 1947-1948.
Du Kominform au “coup de Prague”, l’Occident eut-il peur des Soviets et du communisme? »,
n° 324, août-septembre 1989, historiens et géographes, p. 219-243).
14
ANNEXES
Annexe 1
Le contenu de la bibliographie ne respecte pas les engagements de pluralisme de fait
qui avaient été pris par le professeur spécialiste, au concours, de la question d’histoire
contemporaine, comme il ressort de la correspondance qui suit.
1° Message adressé par moi-même le 8 mai 2007 aux deux rédacteurs de la
bibliographie de concours, avec demande de communication à M. Frank. Le message que je
cite supprime des passages relatifs à l’identité de certains collègues nommément cités, au rôle
neutre :
« Chers collègues,
J’ai été avisée le week-end dernier par [un] collègue […] que la question de
Contemporaine porterait sur “la construction européenne”. Ce dernier m’ayant parlé d’une
“question très “institutionnelle”” et commençant en 1957, je lui ai fait les remarques qui
suivent, et dont vous excuserez la franchise, légitimée par la conjoncture historiographique:
“J’ose présumer que les “inventeurs” de la question ne pourront pas faire l’économie de la
construction européenne d’avant 1957, puisqu’elle est au coeur de la réorganisation par les
États-Unis de leur sphère d’influence en Europe après 1945 – sans parler des projets de l’entredeux-
guerres.” Je souhaitais aussi qu’il fût suggéré aux responsables du jury de “1° ne pas
confier la bibliographie aux seuls historiens “europtimistes” […] qui se prennent en France
pour les dieux du stade parce qu’ils ont réduit les autres au silence, mais qui émerveillent
nettement moins l’historiographie internationale “critique” (non réduite au silence en dehors
de nos frontières); 2° ne pas borner la liste bibliographique à leurs oeuvres, colloques
“européens” financés par l’argent de l’UE en tête (je te renvoie sur ce point aux remarques de
Pinto-Duschinsky que j’ai commentées dans mon opuscule L’histoire contemporaine sous
influence)”.
Bref, je faisais observer à notre collègue qu’il serait bon que le jury respectât les droits
et coutumes de la “disputatio” qui avaient été négligés en Contemporaine ces dernières
années. Ils avaient même été mis à mal dans la bibliographie officieuse ou officielle de 2003
sur les peuples, la paix et la guerre de 1911 à 1946, comme je l’ai observé dans un article
critique paru, après le refus de la revue Historiens et Géographes de publier un complément
bibliographique, dans La Pensée – la bibliographie ayant à peu près banni l’historiographie
marxiste ou marxisante, mais décerné des “étoiles” à des manuels qui n’avaient pas encore
paru (« Complément à la bibliographie de CAPES-agrégation 2003-2005 parue dans
Historiens et Géographes n°383 », La pensée, n° 336, octobre-décembre 2003, p. 137-157).
Ayant demandé à [X] s’il avait quelque information sur le sujet et ses responsables, j’ai
appris de lui que mes craintes étaient infondées, puisque “l’un des membres du jury d’agreg
sera[it] Robert Frank” et que, vous-mêmes, chargés de la bibliographie, manifestiez le souci
“d’avoir des points de vue qui ne soient pas purement franco-français”. Cette dernière
remarque signifie sans doute que vous avez aussi de l’historiographie française une image
pluraliste, non limitée, pour ne donner que deux exemples, à la saga des grands hommes des
“Marches” avides de paix ou à la thèse du rôle direct ou indirect déterminant du loup-garou
soviétique sur la construction européenne d’après 1945 (ou d’après 1918).
Ayant passé une grande partie de mes décennies de recherche sur la question, je me
permets de vous joindre:
1° un travail qui mentionne une importante bibliographie anglo-saxonne 9 (la
publication en allemand de cet article inclut une grosse bibliographie allemande, qu’a assurée
9 Aucun titre n’en a été retenu.
15
le collègue responsable du n° spécial de la revue Beiträge zur Geschichte des
Nationalsozialismus, Thomas Sandkühler): si vous me communiquez votre adresse postale, je
vous adresserai l’article “Frankreich und die europäische Integration. Das Gewicht der
Beziehungen mit den Vereinigten Staaten und Deutschland, 1920-1955”).
2° le CV de la partie totalement ou partiellement “européenne” de mes travaux qui
vous permettra de juger du caractère central qu’y occupe la question pour les premières
décennies du programme: 1918-1955.
A votre entière disposition pour discuter de la question sur une base pluraliste, je vous
prie, chers collègues, d’agréer mes meilleures pensées, et de les transmettre à Robert Frank,
dont je n’ai pas les coordonnées électroniques (et auquel, naturellement, vous pouvez
transférer mon courrier). »
2° Réponse reçue de Robert Frank, 8 mai 2007
« 1) La question, n’est pas purement institutionnelle (non, quelle horreur !). Il s’agira
de croiser toutes les sous-disciplines de notre discipline historique. Une histoire globale : une
histoire politique, économique, sociale, culturelle. Bref, les mouvements européens, les
milieux favorables à l’Europe, les oppositions et opposants à la construction européenne, les
réalités de cette dernière, avec ses dynamiques, ses blocages, ses contradictions, les débats
qu’elle suscite, sa dimension idéologique, géopolitique, le rôle des acteurs, des réseaux, des
États, des sociétés, des opinions et des imaginaires, des acteurs et facteurs extérieurs
(superpuissances comprises), etc., tout cela fait partie de la question. L’idée est précisément de
refuser toute histoire hagiographique, théologique, téléologique de la construction
européenne (souligné par moi, ALR) 10.
2) La question commence à 1919. On aurait pu évidemment remonter à la fin XIXe,
mais cela aurait fait trop. L’entre-deux-guerres (ce qui comprend évidemment les
traumatismes de 1914-1918) et la seconde guerre mondiale sont en effet des périodes
cruciales, et, en plus, elles ont fait l’objet de nombreux travaux.
3) La question est donc large et énorme. D’où la parenthèse dans le libellé qui écarte
les expériences de construction européenne propres aux pays communistes, à savoir la
CAEM, le Pacte de Varsovie en tant qu’objets d’étude. C’est peut-être dommage, mais cela
aurait fait trop. Il valait mieux garder une longue période. »
3° Réponse de moi-même à la réponse de Robert Frank, 8 mai 2007
« Cher Robert,
Merci de ta réponse extrêmement rapide: la période traitée et la façon large et ouverte
dont vous envisagez le traitement du sujet me rassurent. J’avais par ailleurs bien pensé qu’il
s’agissait de l’unification européenne capitaliste, et pas imaginé une seconde que le monde
socialiste y fût inclus.
Tu n’ignores sans doute pas que le débat a grandement manqué dans la présentation
bibliographique de l’avant-dernière question. Historiens et Géographes, qui vient de s’illustrer
aux côtés du ministère de l’éducation nationale dans l’invraisemblable promotion du “tyran
rouge” de la chaîne Bertelsmann, me semble n’avoir pas alors rempli sa mission, incompatible
avec une sorte d’histoire officielle.
Tu sais également que notre histoire dominante, à tendance très “europtimiste”, ne
représente pas la totalité de la production internationale (je reconnais que les “europtimistes”
sont ici nombreux, mais, même ici, ils ne sont pas seuls) et ailleurs (où ils sont parfois
nettement moins nombreux, notamment dans les pays anglophones). D’où mon inquiétude, et
mon intervention auprès de tes (anciens) étudiants, qui devraient, compte tenu de ce que tu
10 Je considère que la bibliographie est antagonique avec cette conception fort engageante.
16
m’as exposé, avoir le souci du pluralisme scientifique qui a si cruellement fait défaut à propos
de bibliographie “officielle” de la question peuples, guerre et paix 1911-1946. »
Annexe 2
Conforme au texte adressé à Jean-Michel Guieu et Jenny Raflik le 8 mai 2007 – à
l’exception de l’ouvrage 7 (voir précision) et de mes coordonnées personnelles. J’ai numéroté
les travaux (ce que j’avais omis de faire).
_________________________________________
Annie LACROIX-RIZ, ancienne élève de l’école normale supérieure (Sèvres), agrégée
d’histoire, docteur-ès-Lettres, professeur d’Histoire contemporaine à l’université Paris VIIDenis
Diderot
Adresse postale : 2 place Jussieu, 75005 PARIS; lieu d’enseignement : 103, rue de
Tolbiac, dalle des Olympiades, 75013 PARIS
[…]
LISTE DE TRAVAUX TOTALEMENT OU PARTIELLEMENT EN RELATIONS AVEC LA
« CONSTRUCTION EUROPÉENNE »
1°. THÈSE DE DOCTORAT D’ÉTAT
1. « CGT et revendications ouvrières face à l’État, de la Libération aux débuts du Plan
Marshall (septembre 1944-décembre 1947). Deux stratégies de la Reconstruction », 4 vol. (2
de texte: 1215 p., 2 de notes: 978 p. + table des matières, index et errata). Thèse d’État
soutenue à l’Université de Paris I, le 7 novembre 1981. Jury: J. BOUVIER, J.-M. MAYEUR,
A. PROST, R. TREMPE, C. WILLARD.
2°. LIVRES
1. Le choix de Marianne: les relations franco-américaines de 1944 à 1948, Paris,
Editions Sociales, 1986, 222 p.
2. L’économie suédoise entre l’Est et l’Ouest 1944-1949: neutralité et embargo, de la
guerre au Pacte Atlantique, L’Harmattan, 1991, 311 p.
3. Le Vatican, l’Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide
(1914-1955), Paris, Armand Colin, coll. « Références » Histoire, 1996, 540 p., réédité en
janvier 2007
4. Industrialisation et sociétés (1880-1970). L’Allemagne, Paris, Ellipses, 1997, 128 p.
Industriels et banquiers français sous l’Occupation : la collaboration économique
avec le Reich et Vichy, Paris, Armand Colin, coll. « Références » Histoire, 1999, 661 p.
5. L’histoire contemporaine sous influence, Pantin, Le temps des cerises, 2004, 145 p.,
2e édition (1e, 120 p.)
6. Le Choix de la défaite : les élites françaises dans les années 1930, Paris, Armand
Colin, 2006, 671 p. ., réédité en janvier 2007
7. L’intégration européenne de la France. La tutelle de l’Allemagne et des États-Unis,
Pantin, Le temps des cerises, 2007, 107 p. (annoncé aux rédacteurs le 27 juillet et ajouté ici en
septembre 2007)
3°. CONTRIBUTIONS À DES OUVRAGES ET COMMUNICATIONS
1. « Crédits américains et coopération européenne (1949-1954) », contribution à
l’ouvrage de Patrick Fridenson et André Strauss, Le Capitalisme français 19e-20e siècle.
Blocages et dynamismes d’une croissance, Paris, Fayard, 1987, chapitre XVIII, p. 327-349.
2. « Paris et Washington au début du Plan Schuman », communication au colloque
d’Aix-la-Chapelle de mai 1986 sur les débuts du Plan Schuman 1950-1951, Die Anfänge des
17
Schuman-Planes 1950-1951, éd. Klaus SCHWABE, Nomos Verlagsgesellschaft, Baden-
Baden, 1988, p. 241-268.
3. « Puissance ou dépendance française? La vision des "décideurs" des Affaires
étrangères en 1948-1949 », communication au colloque d’Augsburg d’avril 1984 sur La
perception de la puissance en Europe en 1948-1949, René Girault et Robert Frank, dir., La
puissance française en question! 1948-1949, Paris, Publications de la Sorbonne, 1988, p. 53-
76.
4. « Plan Marshall et commerce Est-Ouest: continuités et ruptures (cas français et
perspective comparative) 1945-1952 », communication au colloque du comité pour l’histoire
économique et financière de la France et du Comité d’histoire industrielle, Paris, 21-23 mars
1991, Le Plan Marshall et le relèvement économique de l’Europe, en trois parties :
« I. Une indispensable étude préalable: le commerce Est-Ouest de la guerre au Plan
Marshall (1945-printemps 1947) »; « II. Les débuts du Plan Marshall et la codification de
l’embargo (automne 1947-fin 1948) », Etudes et Documents, t. 4, 1992, p. 415-448 et 448-
480.
« III. L’embargo marshallien de l’ère atlantique: de la signature du Pacte au miracle
coréen (1949-1952) », Actes du Colloque, Imprimerie nationale, Paris, 1993, p. 650-683.
5. « La Scandinavie et l’Europe d’après-guerre: projets et prises de positions de la
guerre à 1947 », communication au colloque Plans des temps de guerre pour l’Europe
d’après-guerre 1940-1947, Bruxelles, 12-14 mai 1993, Actes du colloque, Bruylant,
Bruxelles, 1995, p. 527-562.
6. « Le Vatican, la France et l’Allemagne après les deux guerres mondiales »,
communication au colloque du Comité franco-allemand de recherches sur l’histoire de la
France et de l’Allemagne aux XIXè et XXè siècles, Les tiers dans les relations francoallemandes,
Paray-le-Monial, 6-8 octobre 1994, Oldenburg Verlag, 1996, p. 183-193
(communication si rétrécie – réduite à 6 notes de référence – que j’ai dû la transformer en
article, du même titre, cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, n° 63, 1996, p.
33-58).
7. « La transformation d’un ami en ennemi: l’URSS, le Quai d’Orsay, Washington et la
presse entre l’alliance de guerre et la guerre froide, 1941-1948 », Pratiques et cultures
politiques dans la France contemporaine. Hommage à Raymond Huard, Centre d’histoire
contemporaine du Languedoc-Roussillon, Université Paul Valéry, Montpellier III, 1995, p.
111-149.
8. « La BRI et la Banque de France de l’apaisement à la guerre : de la collaboration
des Banques centrales à l’“or allemand” », communication au colloque La construction
historique d’une identité monétaire en Europe (fin XVIIIème-XXème siècles), Mission
historique de la Banque de France, 19-21 janvier 2000, Olivier Feiertag et Michel Margairaz,
dir., Politiques et pratiques des banques d’émission en Europe (XVIIe-XXe siècles), Paris,
Albin Michel, 2003, p. 387-412.
9. « Frankreich und die europäische Integration. Das Gewicht der Beziehungen mit
den Vereinigten Staaten und Deutschland, 1920-1955 » (« La France et l’intégration
européenne des années vingt aux années cinquante : le poids des relations avec les États-Unis
et l’Allemagne »), contribution au vol. 18 de Beiträge zur Geschichte des
Nationalsozialismus, Thomas Sandkuehler et al., éd., Göttingen, Wallstein-Verlagen, 2002, p.
145-194.
10. « Les comités d’organisation et l’Allemagne : tentative d’évaluation »,
communication au colloque « Des comités d’organisation, pour quoi faire? L’organisation de
l’économie dirigée sous Vichy », Caen, 3-4 avril 2003, dir. Hervé Joly, Les comités
d’organisation et l’économie dirigée du régime de Vichy, Centre de recherche d’histoire
quantitative, Seconde Guerre mondiale, Caen, 2004, p. 47-62.
18
11. « Paris face aux relations germano-américaines, 1945-1955 », colloque de Bonn,
28-29 septembre 2004, « Allemagne, France, États-Unis : transferts, imaginations, relations »,
Chantal Metzger-Hartmuth Kaelble, éd., Actes, Munich, Franz Steiner Verlag, 2006, p. 21-34.
12. « Les relations patronales franco-allemandes dans l’empire au cours des années
trente : quelques jalons », colloque « L’esprit économique impérial ? Groupes de pression &
réseaux du patronat colonial en France & dans l’empire (1830-1970) », IEP Bordeaux, sous la
direction d’Hubert Bonin, 23-25 novembre 2006, Actes à paraître
4°. ARTICLES
1. «La perception française de la politique américaine en Europe de 1945 à 1948»,
chirm, n° 25, 1986, p. 119-154.
2. « Du bon usage de la “politique de la gauche non communiste” », chirm, n° 30,
1987, p. 75-104.
3. «L’entrée en guerre froide», participation au débat avec Yves Durand, André Kaspi
et Pierre Barral, chirm, n° 30, 1987, p. 7-53.
4. «Sécurité française et menace militaire allemande avant la conclusion des alliances
occidentales: les déchirements du choix entre Moscou et Washington (1945-1947)»,
communication au colloque de Strasbourg-Klingenthal de mai 1987 sur le problème allemand
vu par les voisins occidentaux de l’Allemagne 1944-1963, relations internationales, n° 51,
automne 1987, p. 289-312.
5. «Vers le Plan Schuman: les jalons décisifs de l’acceptation française du réarmement
allemand (1947-1950)», guerres mondiales et conflits contemporains, 1989:
«I. De la reconstruction prioritaire au réarmement», n° 155, juillet 1989, p. 25-41.
«II. Paris et le projet américain de réarmement de l’État allemand», n° 156, octobre
1989, p. 73-87.
6. «L’entrée de la Scandinavie dans le Pacte atlantique (1943-1949): une indispensable
"révision déchirante"», guerres mondiales et conflits contemporains, cinq articles:
«I. La préhistoire de l’adhésion scandinave au Pacte atlantique: 1943-1947», n° 149,
janvier 1988, p. 57-92.
«II. La phase finale de l’atlantisation scandinave (1947-48-1949)» (quatre articles,
échelonnés sur six ans par le rédacteur en chef de la revue, J.-C. Allain successeur de G.
Pedroncini, alors que la suite de l’article de 1988 était annoncée comme devant « paraîtr[e]
prochainement »).
«A. Les étapes de la capitulation scandinave», n° spécial sur la Scandinavie, n° 160,
1990, p. 39-86.
«B. Les motivations de l’engagement atlantique scandinave: mythes et réalités»
«L’URSS et les Scandinaves du Kominform à l’adhésion atlantique», n° 170, avril
1993, p. 147-159
«Les autres Scandinaves et l’URSS en 1948-1949», n° 172, octobre 1993, p. 137-152
«Les seules frayeurs scandinaves: les stipulations du Pacte atlantique», n° 173, janvier
1994, p. 149-168.
« La France face à la menace militaire allemande au début de l’ère atlantique: une
alliance militaire redoutée, fondée sur le réarmement allemand (1947-1950) », Francia, vol.
16, cahier n° 3, mai 1990, p. 49-71.
7. « Une “politique douce” précoce: Paris face à la politique allemande de Washington
1944-1945 », revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 3, t. 38-3, juillet-septembre
1991, p. 428-461.
8. « “Bonne Allemagne” ou reconstruction prioritaire: Paris et Washington du départ
du Général de Gaulle à la Conférence de Moscou (janvier 1946-printemps 1947) », guerres
mondiales et conflits contemporains, n° 169, janvier 1993, p. 137-177.
19
9. « 1947-1948. Du Kominform au “coup de Prague”, l’Occident eut-il peur des
Soviets et du communisme? », n° 324, août-septembre 1989, historiens et géographes, p. 219-
243.
10. « La dénazification économique de la zone d’occupation américaine: la perception
française du phénomène », revue historique, n° 574, janvier 1991, p. 303-347.
11. « La France face à la puissance militaire ouest-allemande à l’époque du Plan
Pleven (1950-1954) », n° 45, Cahiers d’histoire de l’institut de recherches marxistes, 1991, p.
95-143.
12. « La perception militaire de l’URSS par l’Occident au début des années cinquante:
peur de l’Armée rouge ou "ogre soviétique"? », chirm, n° 46, 1991, p. 19-61.
13. «Réflexion sur un ouvrage récent (1992)», 2 articles chirm, 1994 (critique du livre
de Gérard Bossuat, L’Europe occidentale à l’heure américaine. Le Plan Marshall et l’unité
européenne 1945-1952, Complexe, Bruxelles, 1992) :
«Avant le Plan Marshall: Prêt-Bail et consensus américain», n° 54, 1994, p. 115-140.
«Le Plan Marshall, ses clauses et ses conséquences», n° 55, 1994, p. 115-153.
14. «Le Vatican et les buts de guerre germaniques de 1914 à 1918 : le rêve d’une
Europe allemande», revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 42-44, octobre-décembre
1995, p. 517-555.
15. «Les relations commerciales et financières germano-suisses et leurs implications
politiques pendant la Deuxième Guerre mondiale, 1940-1945», chirm, n° 68, 4è trimestre
1997, p. 99-119.

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